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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 18:33

Un jour, Sheïkh Sulaïmân e-Ruhaïlî m’expliquait qu’on n’avait pas prêté au sujet l’attention qu’il méritait. Il soulignait également qu’on en faisait une mauvaise approche, et qu’il y avait un problème de méthodologie. L’analyse objective, à ses yeux, veut de prendre pour base de réflexion, les textes scripturaires de l’Islam et l’opinion des savants des premières générations en commençant par les Compagnons et leurs successeurs, avant de se tourner vers les avis des savants des générations plus récentes qu’il incombe de replacer dans leur contexte, et de les expliquer conformément aux intentions de leurs auteurs, en mettant les passions de côté. Pour Sheïkh el ‘Uthaïmîn, tout le monde s’accorde sur le principe du ‘udhr bi el jahl, mais s’il y a divergence entre les savants, c’est dans la façon dont cela se traduit dans la pratique.

En faisant en effet un résumé des paroles des savants des différentes tendances sur le sujet, on se rend compte paradoxalement que leur discours se rejoint.

Les cas où l’ignorance n’est pas une excuse dans les questions évidentes, non dans les questions subtiles qui réclament de faire iqâma el hujja.

  1. Celui qui vit en terres musulmanes ou dans un pays limitrophe.
  2. Celui qui vit à une époque où le savoir est répandu et accessible à tous.
  3. Celui qui a la possibilité de poser des questions aux savants sur les choses qu’il ignore.

Les cas où l’ignorance est un facteur excusable dans les questions évidentes et à fortiori dans les questions subtiles

  1. Celui qui vit dans les périodes de fatra (sans prophétie) ou dans celle où la lumière de la prophétie s’est estompée.
  2. Celui qui vit en terre ennemi, étant donné qu’en principe, le savoir n’y est pas répandu.
  3. Le bédouin qui vit loin des villes.
  4. Le nouveau converti.
  5. Et, par analogie, tous ceux qui répondent au même signalement.

Pour faire cette classification, je me suis paradoxalement aidé du livre ‘âridh el jahl de Râshid e-Râshid.[1] Ainsi, comme nous l’avons vu, l’état d’ignorance n’est pas une excuse en soi, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. Wa Allah a’lam !

Ainsi, tout devient plus clair, et les contradictions que semblent avoir au premier abord les paroles des savants, voire les paroles d’un même auteur se dissipent tout d’un coup. En conjuguant entre elles, nous arrivons au juste milieu entre deux tendances extrêmes : celle qui voit le ‘udhr à outrance et celle qui le refuse à outrance, en sachant que les mérites reviennent à Allah Seul !

D’autres passages de certains érudits peuvent également porter à confusion. Certains d’entre eux affirment qu’il incombe de faire comprendre la hujja avant de se prononcer sur un cas particulier et d’autres affirment que la seule présence du Coran suffit, en guise de hujja, et qu’il n’est pas besoin de l’établir. Nous nous hasardons ici à conjuguer entre ces deux discours. Soit, qu’il existe deux sortes de hujja :

  • Hujja el maqâl (la preuve par l’explication et les arguments) : qui consiste à exposer verbalement les preuves divines à un cas particulier. C’est les cas où l’ignorance est un facteur excusable dans les questions évidentes et à fortiori dans les questions subtiles.
  • Hujja el maqâm (la preuve par la situation et le contexte) : c’est-à-dire que la preuve est tellement répandue et connue de tous, qu’il n’est pas besoin de l’exposer verbalement. C’est les cas où l’ignorance n’est pas une excuse dans les questions évidentes, non dans les questions subtiles qui réclament de faire iqâma el hujja el maqâl. Wa Allah a’lam !

[1] ‘âridh el jahl (p. 213).

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Publié par mizab
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