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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 16:14

La différence entre avoir reçu la preuve céleste et l’avoir comprise

Pour mieux comprendre le sujet du takfîr, il incombe de distinguer entre avoir reçu la hujja et l’avoir comprise. Il ne s’agit pas de la comprendre aussi précisément que les croyants ni de s’y soumettre pleinement. La présence du message prophétique suffit en elle-même, à condition d’avoir les outils pour l’assimiler (être majeure, sain d’esprit, connaitre la langue en question ou bien passer par un traducteur). Les six piliers du dogme n’offrent aucune circonstance atténuante à celui qui n’y donne pas foi. Les adeptes des autres confessions ne sont pas considérés musulmans, bien que beaucoup d’entre eux soient ignorants. La plupart des Juifs et des chrétiens aujourd’hui sont des suiveurs. Pourtant, ils ne sont pas excusables. Il est inadmissible d’en douter, au risque de se vouer soi-même à la mécréance.

Par ailleurs, les textes scripturaires de l’Islam n’acceptent aucun scepticisme, qui est une forme d’ignorance, dans les questions touchant aux fondements de la foi. Ne serait-ce que de douter de la pertinence de la Résurrection est une annulation de l’Islam à l’unanimité des savants. Il n’est pas pertinent pour prendre la défense de cette catégorie d’individus de mettre en avant qu’ils ne comprennent pas le message céleste. Le Coran lui-même ne leur accorde pas cette excuse.[1] Pour plus de détails, voir : Les wahhabites taxent-ils de mécréants les ignorants musulmans sans faire de détail ?

Or, ce constat ne va nullement à l’encontre du principe imposant un savoir minimum pour l’iqâma el hujja. La preuve, c’est que aimmat e-da’wa établissent que le rôle d’établir la preuve céleste contre les hommes revient aux savants et aux prédicateurs. Sinon, ils n’auraient aucune utilité. La présence du Coran dans les maisons ne suffit pas en soi.[2] ‘Alî ibn Abî Talib a dit : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[3] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[4] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais Il le reprend en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[5]

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[6]

Ibn Sahmân est l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de la religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[7]

La bonne conception des textes est relative, elle varie d’une personne à une autre, bien que les textes en eux-mêmes soient clairs. Le rôle des savants est justement de rendre leur compréhension accessible aux gens simples.

[1] Voir : kashf e-shubhataïn d’ibn Sahmân (p. 91-93).

[2] Voir : misbâh e-zhalâm d’Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 123-124).

[3] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[4] Rapporté par Muslim (1920).

[5] Rapporté par el Bukhârî (100) et Muslim (2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[6] Hadîth rapporté par Ahmed (12600), selon Anas (t).

[7] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 85).

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Publié par mizab
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commentaires

Ali91 02/06/2014 15:15

Salam alikoum,

barakAllah oufik,

Je n'ai pas compris une chose. Peux tu m'expliquer arhi ?

Le Prophète prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais Il le reprend en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »

cela ne veux t'il pas dire qu'un jour il n y aura plus du tout de savant sur terre ?

pourtant on a cette parole : ‘

Alî ibn Abî Talib a dit : "La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes."

De cette parole, je comprend l'inverse. (qu'il y aura toujours des savants pour établir la preuve céleste)

peux tu nous expliquer ces hadith arhi ? barakAllah oufik.

mizab 03/06/2014 17:06

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

wa fik baraka Allah !

Le premier hadith parle de la situation à la fin des temps, et le second parle de la situation avant la fin des temps...

C'est de cette façon qu'il est possible de conjuguer entre les deux hadith, wa Allah a'lam !

Il est possible de les conjuguer d'une autre façon en disant que relativement, après la mort des savants, ce sont les ignorants qui reprennent le relais, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de savants dans l'absolu, mais qu'ils ne sont plus à tel endroit, à telle époque...

wa Allah a'lam !

mizab 03/04/2014 06:43

et si on est pas convaincu par ce texte, voici d'autres preuves qu'à certaines occasions le sheikh el Fawzan tolère la divergence, même si parfois, il dit autre chose :

8- Sheïkh el Fawzân

Je me hasarde ici à ramener des paroles de Sheïkh el Fawzân, qui, bien qu’apparemment il ne voit pas le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar (ne serait-ce que dans les faits), tolère la divergence qui existe entre les savants. Il souligne en effet : « Quant à taxer d’apostat un cas particulier, la question est sujette à divergence entre les savants. Il incombe en effet de réunir les conditions et d’exclure toute restriction possible avant de sortir un individu de la religion. »

Ailleurs, il explique que cette question qui touche à la Loi divine, revient aux vrais savants, non aux ignorants ou aux savants autoproclamés. Il existe deux sortes d’ignorance : une qu’il est possible de remédier en s’informant auprès des savants à sa disposition, et l’autre qu’il est impossible de remédier, car loin du monde et de tout contact extérieur. Ainsi, si la négligence du premier ne joue pas en sa faveur, ce n’est pas le cas pour l’incapacité du second. Pour toute la période où il n’a pas accès au savoir, il reste excusable. Il peut certes très bien faire allusion aux non-musulmans, mais il est encore plus explicite ailleurs où il distingue entre l’annulation de l’Islam établie par consensus, et un fautif éventuel. Il ne faut pas se précipiter, à ses yeux, de le taxer de mécréant, car il peut très bien avoir été motivé par l’ignorance ou l’erreur d’interprétation. Il a pu également être induit en erreur par son suivisme (taqlîd).

Dans el mukhtasar ‘alâ el ‘aqîda e-nûniya (p. 1329), il va jusqu’à donner des excuses au commun des gens parmi les shiites râfidhites, car ignorant des tenants et aboutissants de leur véritable croyance. Quoi qu’il en soit, cela ne veut pas dire que Sheïkh n’a pas un autre discours, mais les faits sont là.

Ailleurs, on l’interrogea sur l’istighâtha bi el djinns, et quand on lui demanda s’il incombe au fautif de refaire l’attestation de foi, voici quelle fut sa réponse : « Il doit se repentir à Allah ; dans la situation où il était ignorant, il se contente de se repentir, mais s’il l’a fait en toute connaissance de cause, alors il doit renouveler son adhésion à l’Islam. »

Sheïkh el Fâwzân a également préfacé l’excellente recherche, que l’adversaire se targue de mettre en avant ‘âridh el jahl de Râshid e-Râshid et dans lequel il fait la synthèse de sa position en disant : « … Quant à celui qui commet du shirk, dans la mesure où il n’a pas accès à la science, comme ceux qui vivent dans les pays non-musulmans et dans les sociétés où il n’y a pas de prédicateurs qui appellent au tawhîd, de sorte qu’il ne peut remédier à son ignorance, dans ce cas, il est excusable, selon l’opinion la plus vraisemblable des savants. »

Ensuite, je me suis paradoxalement aidé de son livre pour faire la classification suivante :

En faisant en effet un résumé des paroles des savants des différentes tendances sur le sujet, on se rend compte paradoxalement que leur discours se rejoint.

• Les cas où l’ignorance n’est pas une excuse dans les questions évidentes, non dans les questions subtiles qui réclament de faire iqâma el hujja.

1- Celui qui vit en terres musulmanes ou dans un pays limitrophe.
2- Celui qui vit à une époque où le savoir est répandu et accessible à tous.
3- Celui qui a la possibilité de poser des questions aux savants sur les choses qu’il ignore.

• Les cas où l’ignorance est un facteur excusable dans les questions évidentes et à fortiori dans les questions subtiles

1- Celui qui vit dans les périodes de fatra (sans prophétie) ou dans celle où la lumière de la prophétie s’est estompée.
2- Celui qui vit en terre ennemi, étant donné qu’en principe, le savoir n’y est pas répandu.
3- Le Bédouin qui vit loin des villes.
4- Le nouveau converti.
5- Et, par analogie, tous ceux qui répondent au même signalement.

Ainsi, comme nous l’avons vu, l’état d’ignorance n’est pas une excuse en soi, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. Wa Allah a’lam !

Ce même Sheïkh el Fâwzân est l’auteur de la préface à dahr iftirâât ahl e-zaïgh wa el irtiyâb ‘an da’wa el imâm Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb de Sheïkh Rabî’ el Madkhalî, et qui est une réfutation à el Hasan ibn Farhân el Mâlikî. L’auteur s’inspire de plusieurs citations des savants de aimmat e-da’wa pour légitimer le principe du ‘udhr bi el jahl.

Ainsi, les passages du Sheïkh el Fawzân laissant entendre que les tenants du ‘udhr bi el jahl aient sombré dans l’irja contredisent son autre discours que nous venons de mentionner. Nous avons vu plus haut qu’aucun savant n’est à l’abri de la contradiction, et notre doyen, aussi éminent soit-il, n’échappe pas à la règle. Quoi qu’il est possible de les orienter dans le bon sens, en disant qu’il fait allusion aux détracteurs de la da’wa najdite, qui, depuis l’époque de l’Imam Mohammed, à l’instar de Sulaïmân ibn ‘Abd el Wahhâb, Dâwûd ibn Jarjîs, ‘Uthmân ibn Mansûr, et ibn ‘Ajlân, véhiculent des arguments fallacieux contre les traditionalistes. en voici quelques-uns :
- Sulaïmân ibn ‘Abd el Wahhâb, cherchait à atténuer les méfaits de l’association.
- Pour reprendre les paroles d’Abd e-Rahmân ibn Hasan (le petit-fils de l’Imam), ibn Jarjîs autorisait l’istighâthâ bi ghaïr Allah (invoquer le secours à une créature), ou pour reprendre celles de son fils ‘Abd e-Latîf, ibn Jarjîs considérait que cette pratique relevait du shirk asghar, pour ne pas dire qu’elle était recommandée.
- Ibn Jarjîs et ‘Uthmân ibn Mansûr, qui malheureusement reçut sa mauvaise influence, prétendaient, en s’appuyant sur des textes d’ibn Taïmiya et d’ibn el Qaïyim, que tous les ignorants sans détail étaient excusables. Or, l’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais l’incapacité d’avoir accès à la vérité, à condition, bien sûr, de la rechercher.
- Dâwûd ibn Jarjîs et ibn ‘Ajlân prétendaient aussi que l’erreur d’interprétation rapportait systématiquement une récompense en plus du fait qu’elle était excusable. Ils imputaient cette opinion à ibn Taïmiya et son élève ibn el Qaïyim comme nous l’avons vu. Ils voulaient faire passer l’idée que seul un obstiné pouvait sortir de l’Islam. Le suivisme aveugle et l’ignorance seraient, à leurs yeux, dans tous les cas excusables.
- Dâwûd ibn Jarjîs ne pénètre pas certaines nuances. Il attribue à ibn Taïmiya et à son élève un discours erroné. Il s’imagine qu’ils ne condamnent pas ces pratiques païennes. Pire, il s’imagine que l’erreur dans ces domaines rapporte une récompense dans l’absolu à celui qui n’en a pas connaissance. Or, il incombe de distinguer entre l’acte auquel le Législateur donne le statut d’« association », de « mécréance » ou de « perversité » et la personne. Le fait qu’une personne peut être excusable, cela ne rend en aucun cas son acte louable. Il y a une différence entre le statut d’un acte et le statut de son auteur.
- ‘Abd e-Latîf reproche à ibn Jarjîs d’accorder de façon formelle l’excuse de l’ignorance aux quburites, et, par rapport à cela, de stigmatiser les savants de aimmat e-da’wa.

Selon Ziâd ibn Hudaïr (), ibn ‘Omar m’a dit : « Sais-tu qui peut ruiner l’Islam ?
- Non, répondis-je !
Un savant qui commet une erreur, un hypocrite qui se sert du Coran pour polémiquer, et des émirs égarés au pouvoir. »

En commentaire à ce hadîth, Sheïkh el Fawzân souligne : « Ibn ‘Omar, le fils du Prince des croyants ibn el Khattâb (), est l’auteur d’une annale dans laquelle il met en lumière les facteurs qui font du mal à la religion musulmane et à ses adeptes, et pouvant même la ruiner.

« Un savant qui commet une erreur » : une mauvaise fatwa, par exemple risque, d’égarer les gens qui la prendront pour argent comptant, car venant du savant un tel. En faisant des fatwas, on s’aventure dans une pente très glissante ; le savant a une lourde responsabilité. C'est pourquoi il doit bien réfléchir avant de se prononcer, peser les conséquences de ses paroles, et ne pas sortir du cadre des textes religieux. Sa fatwa n’aura pas le même impact que si elle venait d’une personne quelconque, et qui d’entrée n’est pas crédible. L’erreur du savant de notoriété publique est lourde de conséquences. En gardant cela à l’esprit, il prendra doublement ses précautions, et n’avancera rien avant de s’en assurer…. »

Oum&abou 03/04/2014 00:14

Bon je pense avoir trouve la réponse dans "la différence entre le statut absolu et le statut particulier" en répondant à la question il répond à une généralité

mizab 03/04/2014 06:41

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


Oui, c'est effectivement une réponse possible, mais il y a une autre hypothèse disant que tout bonnement sheikh el Fawzan ne voit pas le 'udhr bi el jahl dans le shirk akbar, ou qu'il considère que la preuve céleste est établie...

quoi qu'il en soit, il tolère la divergence sur le sujet, en sachant qu'elle existe, et j'ai même ramené dans un article plusieurs propos de lui sur la chose. Je les remets à l'occasion :

http://mizab.over-blog.com/la-divergence-sur-le-%E2%80%98udhr-bi-el-jahl-partie-1

Sheïkh ‘Abd el ‘Aziz fit le commentaire de taïsîr el ‘Azîz el Hamîd. Publié avec el fawâid el ‘ilmiya min e-durûs el bâziya, il fut préfacé par Sheïkh el Fawzân. Dans les questions, on l’interrogea notamment sur le statut de ceux qui commettent du shirk akbar. Il démontre dans un premier temps que l’acte en lui-même est clairement du shirk faisant sortir de l’Islam. Puis, il est plus évasif quand il s’agit de se prononcer sur un cas particulier, sous prétexte que la question d’iqama el hujja est sujette à un examen approfondi dans les milieux savants.

Dans la question suivante, il est plus explicite. Si, aux yeux de certains érudits, le ‘udhr bi el jahl n’est pas attribué dans le shirk akbar, ce n’est pas l’avis, nous apprend-il en substance, d’autres de leurs confrères qui imposent l’iqâma el hujja, et qui font donc la distinction entre l’acte de shirk et son ism (dans le sens de wasf), et le statut de leur auteur et son hukm. Après quoi, si l’intéressé persiste dans son égarement, il sera mis à mort pour apostasie. Il doit donc comprendre qu’il est dans l’erreur et revenir à la vérité pour échapper aux sanctions prévues en conséquence.

Plus loin, il souligne qu’une restriction au takfir comme l’ignorance peut faire obstacle au takfîr mu’ayyin, bien que l’acte en lui-même relève sans le moindre doute possible des pratiques préislamiques (je ne rentre pas dans les considérations de ne pas l’appeler mushrik pour des raisons de da’wa ; qu’on n’aille pas dire que je tronque ses paroles). Il fait donc toujours la distinction entre le hukm et le ism. La question suivante, il met en avant la position de certains savants sur l’obligation d’iqâma el hujja, même pour les questions de shirk akbar. Ces derniers supposent en effet qu’il peut être ignorant ou, pour une raison ou pour une autre, avoir été induits en erreur.

Le site suivant a traduit les deux dernières fatwas en entier :

http://forum.daralhadith-sh.com/discussion/460/cheikh-ibn-baz-sur-le-fait-de-declarer-un-individu-precis-mecreant/p1

Oum&abou 03/04/2014 00:06

As salamoualaykoum
Barakallahu fik
Je suis tombée sur une parole de sheokh al fawzan ( si mes souvenirs sont bons) qui répondait à une question par rapport à une personne qui commettait du shirk et il a dit on doit la juger sur l'apparence sur l'instant t si elle commet un acte de shirk elle est mécréante et que pour l'au-delà son jugement reviens à Allah.
Ici vous parler de plusieurs conditions pour takfir une personne , des conditions... Comment mettre en relation ces paroles des salafs avec elle de Shayna fawzan ?
Barakallahu fik