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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 04:15

Les différentes formes de Djihâd !

(Partie 1)

Sheïkh Sâlih el Fawzân : Ihdhar e-Sharîk el Khawwân.

Au Nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux,

Louange à Allah ! Le Seigneur de l’univers ! Il a ordonné le Jihâd et Il en a fait une obligation pour tous Ses serviteurs en fonction des moyens de chacun et des possibilités. Allah (I) révèle en effet : [Faites le Jihâd pour Allah comme il convient].[1] Cette injonction est adressée à tous les musulmans. Ce devoir incombe à toute personne qui en a la capacité. Le Très-Haut ordonne à Ses créatures de se soumettre au Jihâd comme il convient de la même façon qu’Il leur a ordonné de Le craindre comme il convient.

Il existe quatre sortes de Jihâd :

  1. Le Jihâd sur soi.
  2. Le Jihâd contre Satan.
  3. Le Jihâd contre les infidèles
  4. Le Jihâd contre les hypocrites.

À l’origine, il consiste à se dompter soi-même. Personne ne peut prétendre combattre l’ennemi extérieur tant que dans un premier temps, il n’a pas pris le dessus sur soi en se soumettant aux obligations et en s’éloignant des interdictions. D’où les paroles du Prophètes (e) : « Le mujâhid, c’est celui qui soumet son âme à l’obéissance d’Allah et le muhâjir (l’émigré), c’est celui qui s’éloigne des choses qu’Allah a interdites. » Ce dernier (e) déclarait notamment au cours de ses sermons (khutba el hâja) : « Et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre nous-mêmes et nos mauvaises actions. » Un jour, il interpella El Husaïn ibn ‘Ubaïd en ces termes : « Embrasse l’islam et je t’apprendrai des paroles qui te seront utiles. » Il embrassa l’Islam et le Prophète (e) lui prescrivit ensuite : « Dis : Ô Allah ! Inspire-moi la raison et protège-moi contre moi-même. » Celui qui n’est pas épargné par son propre mal ne peut parvenir au Très-Haut étant donné qu’il devient lui-même un obstacle.

Ainsi, il existe deux catégories d’individus : des individus qui parviennent à dominer et à vaincre leur âme en la rendant docile et des individus qui se laissent dominer par leurs penchants en leur devenant dociles. Allah évoque ces deux catégories dans le Verset suivant : [Quant à celui qui se rebelle • et qui privilégie la vie d’ici-bas • l’Enfer sera son refuge • Quant à celui qui craint de comparaître devant Son Seigneur et qui retient son âme de sombrer dans les passions • le Paradis sera son refuge].[2] Ainsi, l’âme incite l’individu à la rébellion et à privilégier la vie d’ici-bas. Tandis que le Seigneur ordonne à Son serviteur de Le craindre et de contenir son âme. Soit l’individu se laisse guider par ses mauvais penchants qui vont lui causer sa perte soit il sauve sa personne en répondant à l’appel de Son Seigneur. L’âme incite entre autre à la cupidité et à ne pas dépenser sur le sentier d’Allah, mais Allah invite à dépenser sur Son sentier comme le révèle le Verset suivant : [Dépensez cela vaut mieux pour vous • Quiconque se préserve de la cupidité de son âme fera partie des vainqueurs].[3]

Ainsi, l’âme gaspille à cœur joie des sommes énormes en vue d’acquérir les futilités de se monde, mais elle fait preuve de beaucoup moins d’empressement quand il s’agit de donner aux pauvres. Parfois, elle incite à faire le mal, parfois elle se culpabilise après avoir sombré dans le péché et parfois elle s’apaise lorsqu’elle se tourne vers l’adoration, l’évocation et l’amour d’Allah. Avoir l’âme apaisée est un sentiment louable, être attiré vers le mal est un sentiment blâmable et se culpabiliser est un sentiment entre les deux.

Faire un Jihâd sur soi consiste ainsi à se contenir et à ne pas se soumettre aux penchants de l’âme. Un Hadith affirme à ce sujet : « L’homme intelligent c’est celui qui fait ses propres comptes (ou qui soumet son âme), et qui œuvre pour l’autre vie. Quant à l’incapable, il suit ses passions et il fonde sur Allah de faux espoirs. » Faire ses propres comptes revient à faire son autocritique… ‘Omar ibn el Khattâb (t) est l’auteur des paroles suivantes : « Faites vos comptes avant qu’on vous les fasse et pesez-vous avant que l’on vous pèse. Il vaut mieux pour le Jugement de demain –le jour où vous serez pesés pour la grande comparution – que vous faites vos comptes dès aujourd’hui. [Ce jour-là, vous comparaîtrez et rien vous concernant ne sera caché].[4] Maïmûn ibn Mihrân a dit : « L’individu ne peut prétendre à la piété s’il n’est pas plus scrupuleux à faire ses propres comptes qu’un marchant envers son associé. » C’est pourquoi, selon le dicton, l’âme est comparable à un associé infidèle. Si tu n’examines pas ses comptes, il se sauve avec ton argent. ‘Omar ibn el Khattâb (t) fit le courrier suivant à l’un de ses exécutants : « Fais tes comptes pendant que tout va bien avant qu’on te les fasse quand tout ira mal. En faisant ainsi, au bout du compte, tu gagneras la satisfaction et fera des envieux. Quant à celui qui se laisse distraire par la vie et qui se laisse absorber par ses passions, il n’aura au bout du compte que déception et regret. »

El Hasan affirme quant à lui : « Les comptes seront plus faciles le Jour de la Résurrection pour ceux qui faisaient leurs propres comptes sur terre. Les comptes y seront plus pénibles pour ceux qui s’investissent dans la religion sans faire leurs comptes. La chose pouvant aider l’individu à faire ses comptes, c’est de savoir que plus il fait des efforts aujourd’hui plus il se reposera demain quand c’est les autres qui recevront leurs comptes. Et plus il est négligeant aujourd’hui plus les comptes lui seront pénibles demain. S’il se fait ses comptes dès aujourd’hui, il gagnera demain une place au Firdaws, et s’il est négligeant aujourd’hui il sombrera dans la déception demain au moment d’entrer en Enfer. » La personne intelligente, déterminée et qui a foi en Allah et au Jour du Jugement Dernier doit sérieusement faire les comptes de ses actes, de ses pas, et de ses pensées. Le Jour de la Résurrection, il sera facile de voir lequel sera lésé entre celui qui faisait ses comptes sur terre et celui qui les négligeait. [Le jour où chacun trouvera ses bonnes actions devant lui, ainsi que ses mauvaises actions. Il souhaitera alors qu’il y ait une longue distance entre elles et lui].[5]

Alors serviteurs d’Allah, craignez Votre Seigneur ! Faites vos comptes dès maintenant et faites [sur vous] un vrai Jihâd. L’Imam ibn el Qaïyam –qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne à ce sujet : « Le Jihâd sur soi s’effectue en quatre étape : La première : consiste à s’instruire de la vraie religion et du droit chemin sans lequel on ne peut obtenir le bonheur ni sur terre ni dans l’au-delà. Le malheur s’abat sur celui qui n’apprend pas sa religion.

Deuxièmement : il incombe de faire un effort sur soi afin de mettre ces enseignements en pratique ; car s’instruire sans mettre en pratique dans le meilleur des cas c’est tout bonnement inutile.

Troisièmement : il faut faire l’effort de propager la religion et de l’enseigner aux autres. Sinon, ceux qui cachent les preuves évidentes et la bonne voie qu’Allah a révélées, ils ne peuvent profiter de leur savoir et se mettre à l’abri du châtiment d’Allah.

Quatrièmement : il faut endurer les difficultés et les ennuis qu’engendrent la Da’wa (le prêche). Il en faut supporter tous les inconvénients pour Allah. »

En arrivant au bout de ses quatre étapes, l’individu s’élève à l’échelon des rabbânî (grands pédagogues). Les anciens s’accordent à dire que le savant ne peut prendre le statut de rabbânî sans mettre en pratique et enseigner la vérité qu’il a apprise. Celui qui apprend, pratique et enseigne le savoir est considéré comme un grand dans le Royaume de cieux. Luqmân notamment recommanda à son fils : « Mon fils ! La foi dirige l’individu et les actes le conduisent. Mais l’âme est dure, à la moindre négligence de la part du conducteur, elle s’égare de la route. Si la négligence provient du dirigeant, elle s’endurcit d’avantage. Il suffit que la foi et les actes combinent leurs efforts pour la mener sur le droit chemin. »

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI

[1] Le pèlerinage ; 78

[2] E-Nâzi’ât ; 37-41

[3] E-Taghâbun ; 16

[4] L’évidence ; 18

[5] La famille de ‘Imrân ; 30

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Publié par mizab
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