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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 18:45

Le kharijisme

(Partie 3)

Que disent les textes sur les gouverneurs et l’union des musulmans ?

[Ô croyants ! Si vous suivez une partie des gens qui ont reçu le Livre, ils vont vous ramener à la mécréance, après que vous ayez goûté à la foi • Comment pourriez-vous renier, alors que les Versets d’Allah vous sont récités, et que Son Messager est au milieu des vôtres ? Celui qui s’accroche à Allah est alors guidé sur un droit chemin • Ô croyants ! Craignez Allah comme il se doit, et vous devez mourir en tant que musulmans • Accrochez-vous tous ensemble à la corde d’Allah et ne vous divisez point Souvenez-vous des bienfaits qu’Allah vous a prodigués lorsqu’Il a réuni vos cœurs, alors que vous étiez des ennemis ; par Sa faveur, vous êtes devenus des frères. Vous étiez auparavant aux bords de l’Enfer, mais Il vous en a sauvé. C’est ainsi qu’Allah vous montre Ses Signes, ainsi serez-vous guidés • Qu’un groupe d’entre vous appelle au bien, qu’ils ordonnent le bien et qu’ils interdisent le mal ; ceux-là seront les bienheureux • Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et qui ont divergé, après qu’ils aient reçu les preuves évidentes ; Ceux-là auront un châtiment immense • Le jour où des visages seront blancs et des visages seront noirs][1] ; ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui – a fait le commentaire suivant : « Le visage des adeptes de la tradition et de l’union sera blanc, et celui des adeptes de l’innovation et de la division sera noir. »[2]

• D’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr – qu’Allah les agrée son père et lui –, le Messager d’Allah (r) a dit : « Vous allez suivre les coutumes des enfants d’Israël empan par empan, à tel point que si l’un d’entre eux avait des relations avec sa mère en public, il y en aurait parmi vous pour l’imiter. Les enfants d’Israël se sont divisés en soixante-douze sectes. » Puis, le hadith conclut : « Quant à cette communauté, elle va se diviser en soixante-treize sectes ; toutes sont vouées à l’Enfer à l’exception d’une seule.

  • Laquelle Messager d’Allah, demandèrent les Compagnons ?
  • C’est la voie sur laquelle nous sommes mes Compagnons et moi. » » Rapporté par e-Tirmidhî.[3]

• [Quand leur vient une nouvelle qui est soit rassurante soit alarmante, ils la répandent. S’ils avaient ramené la chose au Messager et aux responsables de l’autorité parmi eux, les personnes compétentes auraient su comment la gérer. Si ce n’était la Faveur d’Allah à votre égard et Sa Miséricorde, vous auriez suivi Satan excepté un petit nombre d’entre vous].[4]

• [Ô croyants ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et aux détenteurs de l’autorité parmi vous. Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du jugement dernier ; cela vaut mieux et aura de meilleures conséquences pour vous].[5]

• Le Prophète (r) explique : « Accrochez-vous au groupe, car le loup s’attaque aux brebis égarées. »[6]

• Selon ibn Mas’ûd (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Qu’Allah fasse resplendir le visage de l’individu qui a compris mes propos après les avoir entendus et mémorisés avant de les transmettre ! Il se peut qu’un porteur d’un savoir ne soit pas savant, ou bien qu’il le transmettre à quelqu’un de plus savant que lui. Il y a trois choses grâce auxquelles le cœur du musulman ne renferme aucune rancune : vouer toutes ses actions avec une sincérité exclusive à Allah, prodiguer le bon conseil aux musulmans, et rester dans leurs rangs, car leur prêche (ou leur invocation) est, pour eux, un rempart. »[7]

• Selon el ‘Irbâdh ibn Sâriya (t), le Messager d’Allah (r) nous fit un sermon émouvant, qui bouleversa les cœurs et qui fit couler des larmes. Nous décidâmes de lui demander : « Messager d’Allah ! On n’a l’impression que c’est un sermon d’adieu. Qu’est-ce que tu nous recommandes avant de nous quitter ?

Je vous recommande de craindre Allah (U), d’écouter et d’obéir au gouverneur, même s’il est esclave [abyssin]. Celui qui vivra parmi vous assistera à de nombreuses divergences. Accrochez-vous donc à ma tradition et à celle des nobles khalifes bien guidés. Tenez-la bien et prenez-la fermement par les molaires. Et méfiez-vous des choses nouvelles, car toute nouveauté est innovation et toute innovation est égarement. » E-Tirmidhî a fait ensuite le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et authentique. »[8]

Selon el Hârith el Ash’arî (t), le Prophète (r) a dit : « Je vous donne cinq commandements qu’Allah m’a ordonné : l’obéissance aux autorités, le djihâd, l’émigration, et l’union de la communauté. En déviant de cette union d’un empan, on délie l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’on y revienne. Et en revendiquant des noms de l’ère païenne, on compte parmi les gens de l’Enfer. » Un homme s’exclama : « Messager d’Allah ! Même si on fait la prière et le jeûne ?

  • Même si on fait la prière et le jeûne. Donnez-vous les noms qu’Allah vous a donnés ; Il vous a appelés musulmans, croyants et serviteurs d’Allah ! »

Rapporté par Ahmed et e-Tirmidhî qui a fait le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et authentique. »[9]

• Le Prophète (r) dit : « Vos meilleurs émirs sont ceux qui vous aiment et que vous aimez ; ils prient sur vous et vous priez sur eux. Et vos pires émirs sont ceux qui vous détestent et que vous détestez ; ils vous maudissent et vous les maudissez.

  • Messager d’Allah ! Ne devons-nous prendre l’épée contre eux, lui demanda-t-on ? Non, tant qu’ils font la prière. »[10]

• « Faites obéissance à votre émir, même s’il était un esclave abyssin qui vous mène par le Livre d’Allah. »[11]

« … Sauf si vous constatez une mécréance qui est claire et limpide. »[12]

• « Quiconque se rebelle contre l’émir et s’écarte de la communauté, et qu’il vienne à mourir dans cette situation, il meurt selon les coutumes de l’ère païenne. »[13] Une autre version précise : « Il retire de son cou le lien qui le lie à l’Islam. »[14]

• « Nulle obéissance à la créature qui réclame de désobéir au Créateur. »[15]

• « Si un hâkim (juge, gouverneur, savant, etc.) donne une bonne sentence à la suite d’un effort d’interprétation, il a deux récompenses, mais s’il se trompe, à la suite de cet effort, alors il n’en aura qu’une. »[16]

• Selon Ziâd ibn Hudaïr (t), ibn ‘Omar m’a dit : « Sais-tu qui peut ruiner l’Islam ?

  • Non, répondis-je !
  • Un savant qui commet une erreur, un hypocrite qui se sert du Coran pour polémiquer, et des émirs égarés au pouvoir. »[17]

• Selon une version du hadîth de Hudhaïfa (t) cité plus haut : « Après moi, il y aura des émirs qui ne suivront pas ma voie et qui ne seront pas fidèles à ma tradition. Il y en aura parmi eux qui auront des cœurs de démon dans une carapace humaine.

  • Que dois-je faire, Messager d’Allah, si je parviens à cette époque ?
  • Obéis à l’émir, même s’il te frappe le dos et s’il prend ton argent, fais-lui obéissance. »[18]

• Le Prophète (r) a dit : « Mettez à mort quiconque veut s’introduire au milieu des vôtres, alors que vous êtes réunis autour d’un seul homme, pour diviser les rangs et vous désunir. »[19]

• Un jour, Usâma ibn Zaïd (t) fut interpellé en ces termes : « Ne devrais-tu pas te rendre chez ‘Uthmân pour lui parler ?

  • Pensez-vous que je devrais attendre pour lui parler de le faire en votre présence, fustigea-t-il ? Par Allah ! Je lui ai parlé entre lui et moi, sans pousser une porte que je n’aimerais pas être le premier à ouvrir. »([20])

En commentaire à cette annale, el Qâdhî ‘Iyâdh – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique : « Usâma veut dire qu’il ne veut pas ouvrir la porte de la condamnation publique de l’Imam car il a conscience des mauvaises conséquences que cela peut engendrer. Prodiguer un conseil avec douceur et en privé est plus à même de porter ses fruits. »([21])

• Selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les préserve son père et lui –, le Messager d’Allah (r) a dit : « Quiconque voit chez son émir une chose qu’il réprouve, il doit l’endurer, car celui qui vient à mourir en s’ayant écarté d’un empan du groupe, meurt à l’état de l’ère païenne. »([22])

• Selon ‘Iyâdh ibn Ghanm (t), le Messager d’Allah (r) affirme : « Celui qui veut donner conseil au sultan, il ne doit pas le faire en public, mais il doit le prendre [seul ndt.] par la main. S’il accepte, c’est tant mieux, sinon il aura accompli son devoir. »([23])

• Selon Anas ibn Mâlik (t), les grands parmi les Compagnons nous ont avertis en ces termes, le Messager d’Allah (r) préconise : « N’insultez pas vos émirs, ne les trompez pas, ne les détestez pas, mais craignez Allah et patientez, car le moment est proche. »([24])

• Selon Ziyâd el ‘Adawî, j’étais avec Abû Bakra au pied du minbar (chaire ndt.) d’ibn ‘Âmir qui faisait un sermon. Comme il portait un vêtement transparent, Abû Bilâl s’exclama : « Regardez l’émir, il porte les habits des pervers !

- Tais-toi ! Répondit aussitôt Abû Bakra. J’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Allah méprise quiconque méprise le pouvoir (sultan) d’Allah sur terre. »([25])

J’aimerais conclure ce chapitre avec deux annales extraordinaires qui résument ce sujet.

• Sahl e-Tusturî a dit : « Les gens vivront bien tant qu’ils encenseront les sultans et les savants. En faisant cela, Allah leur améliorera leur vie religieuse et leur vie matérielle. Cependant, en les dénigrant, ils mettront à mal leur vie présente et leur vie future. »[26] Nous comprenons mieux maintenant pourquoi notamment les kharijites sont-ils les pires des hommes, étant donné qu’ils s’acharnent inlassablement contre ses deux catégories d’individus par lesquels se maintient pourtant l’équilibre des sociétés.

• El Barbahârî a dit : « Si tu vois un homme invoquer Dieu contre le sultan, alors sache qu’il est un innovateur, et si tu vois un homme invoquer Dieu pour le sultan, alors sache qu’il est un traditionaliste. »[27] ou un « pseudo salafi » ou « talafi » c’est selon !

À suivre…

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

[1] La famille d’Imrân ; 100-106

[2] Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna d’e-Lâlakâi (1/72).

[3] Rapporté par e-Tirmidhî (2641) qui a fait le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et singulier. » ; un autre hadîth-témoin vient le renforcer ; il est rapporté par Mu’âwiya chez Ahmed (16937), et Abû Dâwûd (4597), avec une chaine narrative jugée bonne ; il est rapporté également par Anas ibn Mâlik chez ibn Mâja (3993), avec une chaine narrative jugée potable ; il est enfin rapporté par ‘Awf ibn Mâlik chez ibn Mâja (3992) ; ainsi, en regard de toutes ses chaines narratives, il est considéré authentique.

[4] Les femmes ; 83

[5] Les femmes ; 59

[6] Rapporté par Abû Dâwûd (547), e-Nasâî (847), et Ahmed (6/446), selon Abû e-Dardâ (t).

[7] Rapporté par Shâfi’î dans son musnad (1190), el Baïhaqî dans e-dalâil (1/23), e-Tirmidhî (2658), selon ibn Mas’ûd (t) ; il est rapporté par Ahmed (21590), ibn Mâja (230), et Dârimî (229), selon Zaïd ibn Thâbit (t).

[8] Rapporté par Abû Dâwûd (4607), ibn Mâja (42, 43), e-Tirmidhî (2676), et Ahmed dans son musnad (17145).

[9] Rapporté par Ahmed (22910) et e-Tirmidhî (2863).

[10] Rapporté par Muslim (1855), selon ‘Awf ibn Mâlik (t).

[11] Rapporté par Muslim (1298), selon Umm el Husaïn el Ahmisiya – qu’Allah l’agrée –.

[12] Rapporté par el Bukhârî (7056) et Muslim (1709).

[13] Rapporté par Muslim (1848), selon Abû Huraïra (t).

[14] Rapporté par Abû Dâwûd (4758) et Ahmed (5/180), selon Abû Dharr (t).

[15] Rapporté par Ahmed (3889), selon ‘Alî ibn Abi Talib (t).

[16] Rapporté par el Bukhârî (7352), et Muslim (1716), selon ‘Amr ibn el ‘Âs (t).

[17] Rapporté par e-Dârimî dans e-sunna (99).

[18] Rapporté par Muslim (1847).

[19] Rapporté par Muslim (1582), selon ‘Arfaja ibn Shuraïh (t).

([20]) Rapporté par Ahmed dans el musnad 36/117 (21784), el Bukhârî (3267) et Muslim (2989) auquel les termes cités en haut reviennent.

([21]) Fath el Bârî 13/67 (7098).

([22]) Rapporté par Ahmed 4/290 (2487), el Bukhârî (7054), et Muslim (55, 1849).

([23]) Rapporté par Ahmed 24/48-49 (15333), et ibn Abî ‘Âsim dans e-sunna 2/507 (1096).

([24]) Rapporté par ibn Abî ‘Âsim dans e-sunna 2/474 (1015), et el Baïhaqî dans el jâmi’ li shu’ab el îmân 10/27 (7117).

([25]) Rapporté par Ahmed dans el musnad 34/79 (20433), et e-Tirmidhî auquel les termes cités en haut reviennent et qui a fait ensuite le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et singulier. »

[26] Tafsîr el Qurtubî (5/260).

[27] Sharh e-sunna (p. 113).

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Publié par mizab
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