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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:22

Le consensus Vs le hadîth de la shafâ’a

(Partie 2)

Les exigences de la shahâda

• Hasan el Basrî disait : « La foi ne repose pas sur les apparences ni sur des espoirs, mais elle émane du cœur et se traduit par les actes. »[1]

• Le Messager d’Allah (r) a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre [les hommes] jusqu’à ce qu’ils disent : lâ ilâh illâ, et qu’ils donnent foi à ma mission. S’ils le disent, ils auront protégé contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que la Loi en réclame, et Allah (U) est Celui qui les jugera. »[2]

• Le Prophète (r) recommanda à Mu’âdh : « Tu vas te rendre auprès d’un peuple adeptes du Livre, la première chose que tu dois leur prêcher, c’est l’attestation qu’il n’y d’autre divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah et que Mohammed est Son Messager. S’ils s’y soumettent, alors enseigne-leur qu’Allah leur a imposé cinq prières au cours du jour et de la nuit. S’ils s’y soumettent, alors enseigne-leur qu’Allah leur imposé l’aumône... »[3]

• Après la mort du meilleur des hommes (r), certaines tribus arabes refusèrent de verser l’aumône légale. Abû Bakr e-Siddîq (t) monta aussitôt une armée pour les ramener à l’ordre, en justifiant : « Par Allah ! Je combattrai quiconque fait la distinction entre la prière et l’aumône. » Il l’avait dit en réponse à ‘Omar qui s’opposa à cette campagne. D’ailleurs, il le lui fit savoir en ces termes : « Comment peux-tu combattre ces hommes, toi, qui connait les paroles du Messager d’Allah (r) : « J’ai reçu l’ordre de combattre [les hommes] jusqu’à ce qu’ils disent : lâ ilâh illâ. S’ils le disent, ils auront protégé contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que la Loi en réclame, et Allah est Celui qui les jugera. »

  • Justement, fit remarquer le premier Khalife, l’aumône est le droit sur la richesse que la loi réclame. Par Allah ! S’ils refusaient de me verser ne serait-ce qu’une entrave de chameau qu’ils donnaient au Messager d’Allah (r), je les combattrais pour cela. » [4]

‘Omar se laissa convaincre par cette explication, et félicita le Prince des croyants en disant : « Par Allah ! Le Seigneur avait inspiré Abû Bakr (t). J’ai su alors qu’il disait la vérité. »[5]

Explication

Les exigences du tawhîd se vérifient à deux niveaux :

Premièrement : réaliser l’essence de la foi consiste à se soumettre aux exigences et aux conditions de l’attestation de foi, qui s’opposent littéralement à la grande association, relevant de l’apostasie à l’unanimité des traditionalistes.

En revanche, il est possible que le fidèle ne fournisse pas parfaitement les exigences du tawhîd. Ce n’est pas souvent qu’un individu soit purifié totalement du shirk, de l’innovation, et des péchés, comme le souligne ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan.[6] L’essentiel pour être sauvé de l’Enfer éternel, c’est de fournir l’essence du tawhîd ou de ne pas commettre ce qui s’oppose à son essence à tous les niveaux. Nous n’allons pas parler ici des critères du takfîr ni du ‘udhr bi el jahl, car nous l’avons amplement fait ailleurs.[7] Néanmoins, j’aimerais souligner qu’ibn Taïmiya distingue entre les païens d’origines et les musulmans qui commettent du shirk.[8] C’est à la lumière de ces explications que nous comprenons des textes comme : [Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit, mais il pardonne les péchés moindres à qui Il veut ; quiconque associe quoi que ce soit à Allah aura sombré dans un égarement manifeste][9] ; [Allah interdit le Paradis à quiconque Lui associe quoi que ce soit ; sa demeure sera l’Enfer où les injustes n’auront aucun secoureur][10] ; [Ainsi, Allah leur montrera leurs œuvres, comme pour les affliger davantage, car ils ne sortiront jamais de l’Enfer].[11]

Deuxièmement : un hadîth exprime que les musulmans désobéissants ayant fourni l’essence du tawhîd jouiront de l’intercession dans l’au-delà. Puis, avec Sa Main, Allah sortira de l’Enfer une poignée d’hommes qui n’auront fait aucun bien au cours de leur vie, comme nous allons le voir.[12]

Il existe un consensus affirmant que sans les actes, on ne peut prétendre à la foi

Certains, comme nous l’avons démontré dans un article précédent, ramènent un consensus sur la chose. Voici une liste non exhaustive des anciens ayant signalé ce crédo : ‘Alî ibn Abî Tâlib, ‘Abd Allah ibn Mas’ûd, ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs, Zaïd ibn Aslam, Sa’îd ibn Jubaïr, el Hasan el Basrî, ibn Qatâda, ‘Atâ ibn Abî Rabâh, Qatâda, Nâfi’ mawlâ ibn ‘Omar, Makhûl, Maïmûn ibn Mihrân, Mohammed e-Zuhrî, Dâwûd ibn Abî Hind, Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn ‘Uthmân ibn ‘Affân, el Awzâ’î, Sufiân e-Thawrî, Mohammed ibn Muslim e-Tâifî, Sa’îd ibn ‘Abd el ‘Azîz e-Dimashqî, l’Imâm Mâlik, el Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, Sufiân ibn ‘Uaïyna, l’Imâm Shâfi’î, Abû Bakr el Humaïdî, Ishâq ibn Rahawaïh, Abû thawr, l’Imâm Ahmed, el Muzanî, ibn Qutaïba dans une certaine mesure, Sahl e-Tusturî, Mohammed ibn Nasr el Marwazî, ibn Khuzaïma dans une certaine mesure, ibn Khafîf, el Multaï, el Âjurrî, Abû Tâlib e-Makkî, ibn Batta, el Khattâbî, ibn Zamanaïn, Abû Ismâ’il el Harawî, el Baghawî, Yahyâ el ‘Imrânî, etc.[13]

L’exception à la règle

• « Il viendra une époque où personne ne connaitra ni prière ni jeûne ni pèlerinage ni ‘umra en dehors du vieil homme et de la vieille femme qui diront : « À l’époque de nos parents, les gens disaient : la ilâh illa Allah ! » On demanda à Hudhaïfa ibn e-Nu’mân (t) : « Cela pourra-t-il leur servir ?

  • Cela va les sauver de l’Enfer, répondit-il. »[14] »[15]

• D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Sa’îd qui fait remonter ses paroles au Prophète (r) : « (…) Faites-en sortir [en parlant de l’Enfer] ceux que vous connaissiez. Ils les reconnaitront, car le feu n’aura pas le droit de détériorer entièrement leur silhouette, et ils en feront sortir un grand nombre qui auront été brûlé jusqu’aux mollets ou jusqu’aux genoux.

Ils diront : « Seigneur, il ne reste aucun de ceux que nous a désigné !

Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre et retourneront vers le Tout-Puissant pour lui dire : « Seigneur, nous n’avons oublié aucun de ceux que nous a désigné !

  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un demi-dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre (…)

« Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde ! »

Ils en sauveront un grand nombre. »

Abû Sa’îd el Khudrî conclut : « Si vous doutez des propos que je vous raconte, alors nous n’avez qu’à lire le Verset : [Allah ne fait subir à personne la moindre lésion ; la bonne action, Il la décuple et Il gratifie de Sa part une récompense immense].[16]

Allah proclamera alors : « Les anges ont intercédé, les prophètes ont intercédé, et les croyants ont intercédés ; il ne reste maintenant plus que Moi, le plus Miséricordieux des miséricordieux ! Il plongera alors une poignée dans l’Enfer, et Il en sortira des gens tout calcinés qui n’ont accompli le moindre bien sur terre. Il les déposera dans le « fleuve de la vie » qui sillonne les artères du Paradis. Ils pousseront aussi vite qu’une graine (déposée par l’écume) après le passage d’un torrent. Ils brilleront comme des perles et se feront reconnaitre par les habitants du Paradis à leur collier étincelant.

Ils seront les affranchis du Paradis qu’Allah sauvera sans qu’ils n’aient accomplie la moindre bonne action ni le moindre bien sur terre !

Ensuite, il leur sera convié : « Bienvenue au Paradis où tout ce que vous avez sous les yeux est à vous. » Comblés au-delà de leurs attentes, ils demanderont malgré tout : « Seigneur, comble-nous d’une chose que Tu n’as offerte à personne avant nous !

  • J’ai encore mieux pour vous !
  • Seigneur, que peut-il y avoir de mieux ?
  • Je vous accorde désormais Mon Agrément qui vous épargnera Mon Courroux à tout jamais ! »[17]

À suivre…

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

[1] La foi se traduit par les actes comme la hijra qui relève des actes. Cette parole s’oppose à la tendance murjite qui estime que la foi s’avère uniquement au niveau du cœur ou du cœur et des paroles. Néanmoins, en règle générale, sans les actes, la croyance et la parole n’ont aucune valeur, comme nous allons l’expliquer.

[2] Hadîth rapporté par Muslim (21), selon Abû Huraïra (t).

[3] Rapporté par el Bukhârî (1458) et Muslim (19).

[4] Rapporté par el Bukhârî (6924, 6925) et Muslim (20), selon Abû Huraïra (t).

[5] Rapporté par el Bukhârî (6924, 6925) et Muslim (20), selon Abû Huraïra (t).

[6] Voir : fath el Majîd (p. 75).

[7] Voir notamment : http://mizab.over-blog.com/article-ibn-taimiya-et-le-udhr-bi-el-jahl-dans-le-shirk-akbar-partie-1-114115826.html

http://mizab.over-blog.com/article-el-udhr-bi-el-jahl-dans-le-shirk-akbar-partie-1-66829360.html

[8] manhaj e-sunna (2/396).

[9] Les femmes ; 116

[10] Le repas céleste ; 72

[11] La vache ; 167

[12] Rapporté par el Bukhârî (7439) et Muslim (183).

[13] Voir : http://mizab.over-blog.com/article-le-seuil-minimum-de-la-foi-partie-1-107961935.html

[14] Rapporté par ibn Mâja (4049) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahâdîth e-sahîha (87), et sahîh el jâmi’ (6/339).

[15] Majmû’ el fatâwa (11/407-408).

[16] Les femmes ; 40

[17] Rapporté par el Bukhârî (7439), et Muslim (183).

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Publié par mizab
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