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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 10:57

Fatwas de savants d’Arabie Saoudite sur les caricatures

(Partie 3)

Sheïkh ‘Abd el ‘Azîz ibn ‘Abd Allah Âl e-Sheïkh

Le grand Muftî d’Arabie Saoudite

Question : Quel est le statut concernant celui qui profère des injures contre le Messager d’Allah (r) ou qui porte atteinte à sa noble personne ? Son repentir lui sera-t-il accordé ?

En réponse : nul doute qu’un individu qui respecte le Messager (r) ne peut en aucun cas proférer des injures contre lui. Le simple fait d’y penser ne peut provenir de quelqu’un ayant la foi la plus infime. Seuls un hypocrite, un apostat, un athée, un Juif ou un chrétien – qu’Allah nous en préserve – peut oser faire une chose pareille. Quant au musulman, en dépit des péchés qu’il puisse avoir, il ne peut blasphémer contre la personne de Mohammed (r) qui représente un don d’Allah offert à Ses créatures. (Allah a fait la faveur aux croyants de leur avoir envoyé un Messager issu des leurs, pour leur réciter Ses Versets et les purifier. Il leur apprend le Livre et la Sagesse, alors qu’auparavant ils étaient dans un égarement manifeste).[1]

Certains savants prétendent qu’aucun repentir ne peut expier une telle faute qui touche à la personne du Messager d’Allah (r).

S’il était vivant, il ne tiendrait certainement pas rigueur d’une telle offense, mais après sa mort, il faut la réparer et lui rendre son droit sans accepter le repentir de son auteur. Selon une autre tendance, il faut l’accepter. Quoi qu’il en soit, il est gravissime d’insulter le Prophète ; cela ne peut en tout état de cause provenir d’une personne dont le cœur a goûté à la foi – qu’Allah nous en préserve –.

Question du Sheïkh D. Mohammed el ‘Uthmân enseignant à l’Université du Koweït : Votre Éminence qu’Allah vous récompense ! Comment pourrions-nous faire en sorte que cette offense envers le Messager d’Allah (r) soit à l’origine de la renaissance islamique ?

En réponse : Allah (Y) s’adresse à son Prophète (r) suite à la diffamation dont il fut victime : [Ceux qui sont à l’origine de cette diffamation sont un groupe parmi vous. Ne pensez pas que cela soit un mal pour vous, mais c’est plutôt un bien],[2] [Il se peut que vous détestiez une chose dans laquelle Allah met un grand bien].[3] Cette offense venant des caricatures publiées dans certains journaux européens a réveillé quelque chose d’extraordinaire dans le cœur des musulmans. Elle a suscité un certain éveil, la foi, l’attention, l’intérêt, la ferveur et le zèle envers ce Noble Prophète. C’est une bonne chose en soi. Nul doute que les ennemis de l’Islam ne se gênent pas pour insulter le Prophète (r) que ce soit par la parole ou à travers leur silence. S’ils ne l’insultent pas oralement, ils le font dans les gestes puisqu’ils s’opposent à sa religion.[4] Or, cette affaire a créé entre les musulmans une certaine complicité et a renforcé entre eux les liens d’entente, de compassion, de solidarité, d’entraide, et d’union pour une cause commune qui s’incarne dans la défense de cette religion. Cet événement peut très bien in Shâ Allah engendré un éveil dans le cœur des musulmans les invitant ainsi à revenir aux principes de la sunna. La sunna à laquelle il faut se conformer et qu’il faut mettre en pratique. Il incombe en effet d’appliquer les enseignements du Prophète (r) dans notre vie de tous les jours.

Le but en effet, c’est de les mettre en pratique non d’exprimer uniquement son mécontentement. Il n’est pas suffisant de désapprouver la chose sans que nous revenions à la vérité. Il faut bien comprendre que la religion connaît des ennemis comme Allah nous l’apprend : (Les juifs et les chrétiens ne t’agréeront pas avant que tu te soumettes à leur religion).[5] Vouloir dialoguer ou discuter avec eux est un effort inutile, car leur cœur est comme Allah le décrit : (Ils ont déclenché la haine et l’animosité du bout des lèvres, mais leur poitrine cache pire encore).[6] Nous devons donc suivre et revenir à la Tradition de notre Prophète (r) dans la parole et les actes ; il ne suffit pas de parler, mais il faut le soutenir en le suivant, et en le prenant en exemple.

Question de son Éminence Sheïkh ‘Abd el ‘Azîz el ‘Anazî membre du service du Prêche et de l’Orientation : Votre Éminence qu’Allah vous comble de Ses bienfaits et qu’Il rende votre savoir prolifique aux musulmans ! Certains messages font le tour des portables ; ils invitent à invoquer conjointement (en groupe) – suite à l’affaire des caricatures – contre les ennemis de l’Islam, cela est-il permis qu’Allah vous comble de Ses bienfaits ?

En réponse : il faut plutôt inviter les gens à s’attacher à la Tradition et à la mettre en pratique. Nous devons les encourager à imiter leur Prophète (r) dans la façon de prier, de s’habiller, de boire, et de manger. Dans les relations avec les autres, il faut, tout comme lui, être sage, posé, sincère, loyal, porteur du bon conseil. Notre devoir est de prendre sa Tradition comme un mode de vie.

Question : Votre Éminence ! Quelqu’un se plaint de certaines expressions en vogue du type : Me voici Mohammed ! Ma vie pour sauver la tienne Messager d’Allah ! En s’adressant directement au Prophète (r). Il pense qu’il faudrait les rectifier.

En réponse : il n’y a aucun intérêt à dire des choses pareilles. L’important, ce sont les actes. Il ne sert à rien de parler. Nous devons défendre la Tradition en la faisant vivre. Comment puis-je dire : Me voici Mohammed ! Alors que je contredis la sunna dans les actes ! Nos principes ne tiennent pas à des paroles, mais il faut améliorer notre situation et remettre nos erreurs en question (en ayant transgressé la sunna), afin de rectifier le tir.

Question : Quelqu’un demande quelle est l’explication de ce Verset : (Nous te suffisons contre les railleurs)[7] ?

En réponse : Allah (I) l’a épargné de leur mal et de leurs préjudices ; Il lui a dévoilé qu’ils avaient de mauvaises paroles, c’est pourquoi Il a dit : (Nous te suffisons contre les railleursCeux qui veulent diviser le Coran).[8] Allah le préserve ainsi de leur mal, Il le défend contre eux, et dévoile que leur discours est faux. Allah les a humiliés à la Bataille de Badr où bon nombre de ces fameux railleurs ont péri.

Sheïkh ‘Abd Allah ibn ‘Abd e-Rahmân el Ghudaïyân

Membre de l’Ordre des Grands Savants d’Arabie saoudite

et du Comité permanent de la Fatwa.

Question : le boycott de certains pays non-musulmans peut-il porter préjudice à notre religion ou à notre vie matérielle ?

En réponse : l’une des règles de la Législation musulmane consiste à relier les causes aux effets. Les causes représentent les origines, et les effets, les résultats. C’est pourquoi, nous voyons qu’Allah (I) a légiféré la punition corporelle pour le meurtre. La peine de mort est l’effet, et le meurtre volontaire est la cause. Allah (I) révèle à ce sujet : [Dans la loi du talion, vous y trouvez la vie, ô vous les hommes doués de raison !][9] La loi prévoit l’amputation de la main pour les cas de vol ; l’amputation de la main est l’effet, et le vol est la cause. Ainsi, nous pouvons constater en nous penchant sur les textes du Coran et de la sunna que le Législateur relie les causes aux effets.

Deux procédés se détachent :

L’un consiste à faire passer les causes avant les effets, et l’autre, le contraire ; soit à faire passer les effets avant les causes. En fonction des cas, l’un passe avant l’autre. Le but, c’est de relier les causes aux effets. Ainsi, le boycott qui est prôné aujourd’hui est un effet ; la cause étant la campagne de dénigrement lancée contre la personne du Messager (r). Tout le monde connait l’histoire où Jibrîl (u) se présenta à ce dernier sous la forme d’un bédouin. Là où nous voulons en venir, c’est qu’il le questionna au sujet de l’excellence, puis de la foi. La réponse fut pour ce dernier point : « C’est de croire en Allah, Ses anges, Ses Livres, Ses messagers, et au jour du jugement dernier. »[10]

Croire au Prophète (r) est donc l’un des piliers de la foi, et cette campagne transgresse ce pilier. La cause est effective, et le boycott tient lieu d’effet. Par rapport à ce que nous venons de voir il y a peu, d’un côté, la cause est constatée dans un État, et d’un autre côté, celui-ci ne la condamne pas. Nous avons vu précédemment que le simple fait de s’abstenir de ses devoirs est une faute en soi.

Question : dans certains pays, il y a des imams qui consacrent l’invocation du qunût pendant la prière du fajr. C’est l’occasion pour invoquer contre ceux qui se sont attaqués au Prophète (r). Est-il légiféré de réserver des invocations au cours de la prière dans le but de défendre notre Prophète (r) ?

En réponse : il faut distinguer entre les événements personnels et les événements collectifs. Si chacun est responsable de ses propres affaires, il incombe de revenir aux personnes compétentes pour les affaires collectives de ce genre. Ces dernières vont décider s’il faut lui réserver un qunût. Ce genre de décision n’incombe pas à n’importe qui.

Question : nous recevons de nombreux texto encourageant à imprimer certains livres dans la langue de ceux qui ont porté atteinte au Messager (r). Ceux-ci proposent un numéro de compte en banque pour recevoir les dons. En sachant que ces messages sont anonymes, quel conseil pouvez-vous donner à ce sujet ?

En réponse : certains voleurs aiment pêcher en eau trouble. C’est sûrement à ce genre d’individus auquel nous avons affaire. Il incombe de ne pas jeter son argent par les fenêtres, et de ne le mettre que dans les causes pour lesquelles on est sûr du résultat.

Question : de quelle façon pouvons-nous actuellement défendre notre Prophète Mohammed (r) ?

En réponse : le Messager a dit : « Celui qui voit un mal doit s’y opposer avec la main, et s’il ne peut le faire, alors avec la langue, et s’il ne peut le faire, alors avec le cœur. »[11] Chacun doit défendre le Prophète (r) en fonction de ses capacités.

À suivre…

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

[1] La famille d’Imrân ; 164

[2] La lumière ; 11

[3] Les femmes ; 19

[4] Au début du 12ème siècle, commence à se répandre en Occident des poèmes et chroniques portant sur la ‘’biographie’’ de Mahomet. Les attaques portent plus sur le ‘’personnage Mahomet’’ que sur les musulmans eux-mêmes, et s’attardent sur les points suivants : les portraits soulignent la déficience physique et mentale d’un homme victime de crises épileptiques ; ils critiquent la licence de sa vie privée que l’idéal coranique d’un paradis rempli de jouissances charnelles confirmerait ; la vision prophétique est contestée au profit de celle d’un chamelier ignorant devenu jouet de juifs et de chrétiens hérétiques, nestoriens, jacobites, ou ariens (…)

Deux siècles plus tôt, les motifs des églises romaines associent le thème de l’Apocalypse au combat des forces du Bien contre les forces du Mal représentées par l’Islam (…)

Géopolitique constantes et changement dans l’histoire AYMERIC CHAUPRADE p. 452, 453.

Philippe Sénac a étudié les représentations iconographiques de l’Islam en Occident et en tire plusieurs conclusions : le Sarrasin est toujours un guerrier : l’Islam est associé à la violence ; il est toujours laid et hirsute ; l’Islam est aussi associé à l’œuvre du diable. « L’esthétique nous apprend-t-il, se mêle ici à l’affaire : à Angoulême, il se tord de douleur ; à Oloran il grimace ; à Estella, il s’enlaidit davantage : ses traits sont grossiers, ses cheveux hirsutes, ses lèvres épaisses ; à Clermont-Ferrand, comme à Chartres, sur le vitrail de la cathédrale où resplendit l’admirable légende de Charlemagne, les combattants sarrasins ont le nez aquilin, l’œil obscure des rapaces en quelque sorte. L’Islam synonyme de laideur. » P. SENAC, L’image de l’Autre, Histoire de l’Occident médiéval face à l’Islam, Paris Flammarion, 1983, p. 71.

[5] La vache ; 120

[6] La famille d’Imrân ; 118

[7] El hijr ; 95

[8] El hijr ; 95-96

[9] La vache ; 179

[10] Rapporté par el Bukhârî (50), Muslim (9), selon Abû Huraïra (t).

[11] Rapporté par Muslim (49), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t).

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Publié par mizab
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