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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 16:17

Fatwas de savants d’Arabie Saoudite sur les caricatures

(Partie 4)

Sheïkh Sâlih ibn ‘Abd Allah ibn Humaïd

Président du Conseil des sages

et membre de l’Ordre des Grands Savants d’Arabie saoudite

Question : votre Éminence pensez-vous que ces caricatures soient le signe qu’il y a des changements rapides dans les relations internationales ?

En réponse : comme nous l’avons mentionné, il me semble que, par une loi universelle, les prophètes ont depuis toujours été raillés par leurs ennemis. Le Prophète (r) a pendant toute sa vie été éprouvé par des railleries qui peuvent prendre des formes différentes (par des caricatures ou verbales). Il va sans dire que nous ne devons pas garder le silence. Il faut toujours garder à l’esprit qu’Allah nous avait prévenus qu’une telle chose allait arriver tant au cours de sa vie qu’après sa mort. Une chose est sûre, c’est qu’Allah donne toujours la victoire à ses envoyés. C’est une loi universelle qui s’abat contre tous les ennemis des messagers : [C’est ainsi que Nous avons infligé à chaque prophète un ennemi parmi les criminels, mais Allah te suffit comme guide et secoureur].[1]

Question : les nouvelles annoncent que le journal danois a été fermé. Est-ce que cette mesure est suffisante ?

En réponse : je pense que pour ce genre de décision il faille revenir aux personnes compétentes. Si nous devions suivre tout le monde, nous ne serions plus où mettre de la tête. Les musulmans – qu’Allah les récompense – réagissent à des degrés différents. Allah a insufflé à l’homme l’esprit de divergence. Certains sont prévisibles et prévoyants, d’autres voient sous un mauvais œil des solutions sur le long terme.

C’est pourquoi, le mieux, selon moi, c’est de remettre la décision d’accepter des excuses aux institutions islamiques, qui représentent le discours officiel. Si, par exemple, l’organisation du Congrès islamique ou un État musulman prend la décision d’accepter des excuses, il incombe aux musulmans de s’y soumettre. En revanche, si chacun fait comme bon lui semble, c’est l’anarchie. Les uns prennent en considération les ruses de l’ennemi, les autres se concentrent plutôt sur leurs forces, et pensent qu’à long terme, nous serions les perdants dans de nombreux domaines. Chacun a son propre point de vue. Il incombe donc de remettre cette décision entre les mains des responsables musulmans et des organisations islamiques.

Question : de nombreux jeunes ont des réactions spontanées face aux événements de grande envergure, et s’imaginent qu’ils peuvent prendre les choses en main, ce qui perturbe bon nombre d’entre eux. Qu’en pensez-vous ? Et quels conseils pouvez-vous leur donner, qu’Allah vous couvre de Ses bienfaits ?

En réponse : je pense avoir évoqué certains critères à respecter au cours de mon discours. Il incombe de contrôler ses émotions, indépendamment du fait qu’elles engendrent d’énormes avantages. L’important, c’est de se maitriser. Le rôle de maitriser les foules revient en grande partie aux savants, qui leur font profiter de leurs orientations. Ils recommandent notamment aux jeunes de les suivre à la lettre. Ne pas en tenir compte est à l’origine de nombreux problèmes dans la communauté. Les gens ne sont plus derrière les savants, et ce divorce a engendré de grands inconvénients. La discipline est de rigueur. Les savants eux-mêmes doivent tenir compte de ce phénomène, et mettre en place des solutions. Les gens, surtout les jeunes, doivent prendre conscience qu’ils doivent s’auto-discipliner.

Sheïkh ‘Abd Allah ibn Mohammed ibn Khnaïn

Membre de l’Ordre des Grands Savants d’Arabie saoudite

et du Comité permanent de la Fatwa.

Question : il y a une catégorie de gens qui, dès qu’un événement touche le pays, appelle immédiatement à faire des manifestations. Nous aimerions éventuellement une fatwa sur le sujet ?

En réponse : nul doute que des événements comme la campagne de caricatures au Danemark dirigée contre le Prophète (r) sont très répréhensibles. Néanmoins, la réaction doit être adéquate. Elle doit répondre aux ambitions souhaitées sans que cela ne porte atteinte à la société dans laquelle on vit, à sa propre personne, ou à la cause qu’on défend. Si les manifestations sont des pratiques courantes en Occident, il ne convient pas de les importer dans les pays musulmans. Qui peut maitriser un bain de foule excité, et capable d’actes de vandalisme contre les commerces et les véhicules.

Il est facile de rassembler les gens, mais il est plus difficile de les contrôler et de les empêcher de commettre des actes de pillage.

Ainsi, il incombe d’exprimer son mécontentement en prodiguant le bon conseil aux autorités dans les limites prescrites par la religion, et sans que cela ne porte préjudice ni à soi-même ni aux autres ni à la cause que l’on défend. Il n’est pas permis d’organiser des manifestations qui entrainent des inconvénients comme le désordre, les incendies et la dégradation des véhicules et des commerces.

Sheïkh Mohammed ibn Hasan Âl e-Sheïkh

Membre de l’Ordre des Grands Savants d’Arabie saoudite

et du Comité permanent de la Fatwa.

Ce dernier fit un long discours dont voici un extrait qui parle notamment du mouloud :

Toutes ces raisons évoquées nous incitent à nous pencher sérieusement sur la vie du Prophète (r). Il ne s’agit pas de le faire un seul jour ou en réaction aux attaques qu’il a subites. Nous ne devons pas être ainsi ! Consacrer un seul jour pour rendre hommage à Mohammed (r) ! Un jour que les gens sont susceptibles d’orner de futilités, de balivernes, et des œuvres que lui-même (r) n’aimerait certainement pas ! Il n’est pas pertinent de faire des choses qu’il (r) n’aime pas ! À ceux qui disaient : « Tu es notre maître et le fils de notre maître », ce dernier (r) répondit : « Ne m’élevez pas en éloge comme l’ont fait les chrétiens avec ‘Isâ le fils de Mariam ; je suis simplement le serviteur d’Allah et Son Messager, alors dites : le serviteur d’Allah et Son Messager. »[2]

Pourtant, il est bel et bien notre maître, il est même le maître des fils d’Adam. Malgré cela, il a craint que Satan fasse sortir certains gens des limites tolérées pour les entrainer dans les domaines interdits. Pour protéger le domaine de l’unicité et pour parer à tout moyen menant à l’association, il leur a interdit de lui faire des éloges à outrance qui sortent des limites tolérées.

Non seulement certains musulmans se préoccupent de Mohammed (r) juste une seule nuit, mais ils y font des choses que lui-même ne tolère pas. Il ne l’a d’ailleurs jamais fait vivre ni lui ni ses Compagnons, qui sont pourtant les hommes les plus aimés à ses yeux et vice versa. Ils ne l’ont jamais fait vivre (y) ; ceux-là mêmes qui l’accompagnaient dans ses guerres et qui l’aimaient à tel point qu’ils le préféraient à eux-mêmes. Pourtant, ils n’ont jamais consacré de pratiques comme celles qui ont lieu durant certaines périodes de l’année et que la religion n’a jamais légiféré.

(Ont-ils des associés qui leur légifèrent de la religion, ce qu’Allah ne leur a pas autorisé).[3] Autrement dit, nous devons suivre Mohammed (r), car Allah (I) nous l’a ordonné à travers les Versets : (Dis : si vous aimez vraiment Allah alors suivez-moi donc ; Allah vous aimera),[4] (et ne suivez pas les sentiers qui vous disperseront de son chemin),[5] (Dis : voici mon chemin sur lequel j’appelle à Allah).[6]

Son chemin (r) est clair ; il ne permet pas que l’on innove dans la religion, comme le mentionne le hadîth : « Toute chose innovée dans nos enseignements sera refusée. »[7] Quand il parle de « nos enseignements », il fait allusion à des choses qui sont connues et notoires. Le Verset suivant donne encore plus de précision dessus : (Aujourd’hui, Je vous ai parachevé votre religion, Je vous ai parfait de Mes bienfaits et Je vous ai agréé l’Islam comme religion).[8] La religion a été parachevée et elle est complète. Après la mort de Mohammed (r), il n’y a plus de Révélation. Si la Révélation s’est interrompue, qui peut bien avoir légiféré ce rituel que l’on voue à Allah alors que Son Messager (r) ne l’a pas fait. Ce rituel a donc été ajouté à la religion qui semblerait inachevée.

L’amour légiféré par la Révélation est celui qui permet de se rapprocher d’Allah (I) et qui nous met en valeur. Notre réaction face à la campagne de caricatures ne doit pas être mue par les émotions. Faut-il s’enflammer à chaque nouvel événement et se détourner dès que tout est fini ? Ce genre d’attitude ne peut nous mettre en valeur et ne peut répondre à l’ambition de défendre le Prophète (r) ! Si encore cette ambition était une fin en soi, mais il incombe plutôt à tout musulman d’avoir comme préoccupation dans sa vie de rechercher comment vivait Mohammed (r) afin de mettre ses ordres en pratique et de s’éloigner de ses interdictions. C’est exactement ce qu’Allah nous ordonne en disant : (Les enseignements que le Messager vous a donnés, prenez-les et ce qu’il vous a interdit, renoncez-y).[9]

C’est cet objectif, ô combien important, que nous devons garder entre les yeux en étudiant la sîra. Il s’agit de suivre et de se conformer à la voie prophétique dans l’espoir d’obtenir l’Agrément d’Allah.[10]

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

[1] Le Furqân ; 31

[2] Rapporté par el Bukhârî (3445), selon ‘Omar ibn el Khattâb (t).

[3] La concertation ; 21

[4] La famille d’Imrân ; 31

[5] Le bétail ; 153

[6] Yûsaf ; 108

[7] Rapporté par el Bukhârî (2697) et Muslim (1718), selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée –.

[8] Le repas céleste ; 3

[9] Le rassemblement ; 7

[10] Juste avant, il disait :

La sîra nous apprend que le Prophète (r) subit des pressions de la part de ses ennemis. Le musulman peut ainsi se rendra compte que ses propres difficultés sont insignifiantes à comparer. Ses ennemis voulurent le faire renoncer à sa mission, en le raillant, en insufflant la suspicion, et en le séquestrant dans les ravins des Banû ‘Âmir. Ils frappèrent le Prophète (r) d’un blocus qu’ils étendirent aux Banû Hâshim et aux Banû Manâf. Leurs détracteurs étaient tellement durs qu’ils les empêchèrent d’amener des provisions, de l’eau, et de la nourriture, ce qui les força à manger les feuilles des arbres.

Malgré cela, voyez comment réagit Mohammed ibn ‘Abd Allah, le Messager d’Allah (r), – pour qui je donnerais père et mère, et moi-même – le jour de la conquête de La Mecque. Comment se comporta-t-il envers ses oppresseurs ? Les tua-t-il ? Leur fit-il du mal ? Au contraire, quand il entendit Sa’d ibn ‘Ubâda dire une parole qui prenait des allures de vengeance, il lui retira l’étendard pour le remettre à son fils Qaïs ibn Sa’d ibn ‘Ubâda. Le Prophète (r) était une miséricorde qu’Allah offrait aux hommes.

Il (r) ne se vengeait pas pour son compte, il était plutôt soucieux de guider l’humanité.

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Publié par mizab
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