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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 14:25

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh

et la règle du hukm et du ism

(Partie 2)

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh aurait-il changé d’avis ?

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh aurait-il changé certaines de ses positions au contact de Sheïkh el Albani ? Nous en parlerons peut-être à l’avenir si Allah nous prête vie, mais dors et déjà, notons qu’il y a au moins une dizaine d’années, en compagnie de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd, il fut l’un des membres du jury de la thèse ès Doctorat taqrîrât aimmat e-da’wâ fî masâil el îmân du D. Yâsir e-Salâma.

Au cours de la soutenance, le passage ambigus d‘Abd Allah évoqué plus haut fut mentionné.[1] Il s’agit d’une longue fatwâ coécrite avec son frère Husaïn, et Sheïkh Hamd ibn Nâsir ibn Mu’ammar. Tout comme le D. Mohammed Hishâm, l’élève ne résout pas la problématique qu’elle soulève ; elle était pourtant grosse comme une couleuvre ou comme le nez au milieu du visage, mais elle est passée comme une lettre à la poste !

Néanmoins, elle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, comme en témoigne l’échange qu’elle a suscité entre Sheïkh Sâlih et le chercheur. Nous reproduisons ici le passage qui nous intéresse :

  • Sheïkh Sâlih : Très bien, passons à la citation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir et de ses coauteurs qui est deux lignes au dessus de celle du Sheïkh Sulaïmân.
  • Le chercheur : celle-ci : « Nous ne portons pas pour autant de jugement sur lui, étant donné que la preuve céleste n’a pas été établie contre lui. En même temps, si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman, mais nous disons qu’il s’est comporté comme un mécréant sauf que nous ne pouvons le juger ainsi avant d’avoir établi la preuve céleste contre lui. »
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, cet avis est celui de Sheïkh Hamd ibn Nâsir et consorts, mais n’est-il pas possible qu’il se soit tout simplement trompé. Les savants de aimmat e-da’wa, aussi respectables soient-ils, sont-ils sujets à l’erreur ? Ne pensez-vous pas que cette allégation soit discutable ? Qu’est-ce que cela veut dire : « si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman » ? Y aurait-il un état intermédiaire entre la mécréance et l’Islam ?
  • Le chercheur : cela veut dire, au mieux, que nous n’avons pas suffisants d’éléments pour le juger…
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, que dit la règle ? En principe, toute personne affiliée à l’Islam est musulmane jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance est un état nouveau qui vient interférer l’état initial, l’Islam, et qui le remet en question, sous certaines conditions et considération. Ou bien, est-ce le contraire ? Soit qu’un acte d’apostasie évidente annule d’entrée le statut de musulman à un accusé potentiel jusqu’à ce que la preuve céleste vienne définitivement tranchée sur son cas. Bien sûr, la première hypothèse est la bonne, soit qu’il reste musulman jusqu’à ce que la preuve céleste démontre de façon claire et limpide qu’il est un apostat. Nous devons avoir autant de certitude qu’il est sorti de l’Islam que nous en avons eu lorsqu’il y est entré : « Tu l’as tué après qu’il ait dit : lâ ilâh illâ Allah ! » nous apprend le hadîth. L’attestation de foi nous donnait la certitude de son affiliation à l’Islam, et pour l’en faire sortir, l’accusation doit faire le même poids. Certes, l’allégation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir – qu’Allah ait son âme – affirme le contraire, mais elle est contestable. Elle s’inscrit à contre courant du discours [officiel] (ou : de l’autre discours ndt.) des savants de aimmat e-da’wa. Il est faut de dire qu’en se rendant coupable d’un acte de mécréance claire, on n’est ni musulman ni mécréant. Selon moi, c’est une erreur, car la chose mérite de plus amples précisions.
  • Le chercheur : il est possible…
  • Sheïkh Sâlih : Oui, je vous en prie !
  • Le chercheur : qu’Allah vous comble par sa grâce ! Je disais qu’il est possible que cet avis soit mu par le scrupule religieux si cher aux savants de aimmat e-da’wa. L’acte de kufr est constaté, néanmoins, n’étant pas entièrement sûr que la preuve céleste fut établie ou non contre le coupable en question, les sheïkh ont jugé plus prudent de s’abstenir sur son cas. Je veux dire qu’il ne s’agit pas tant de lui attribuer un statut différent de son statut initial de musulman, mais de constater l’état de mécréance, avec l’hypothèse que son auteur jouisse de circonstances atténuantes. Le cas échéant, il est extrêmement difficile de le taxer de mécréant, mais il l’est tout autant de la classer dans le cercle des musulmans avec les circonstances aggravantes qui sont retenues contre lui.
  • Sheïkh Sâlih : c’est exact. Il est pertinent, en effet, d’orienter ses paroles dans ce sens. Nous disons donc, comme le veut la formule consacrée : Ami de Sheïkh Hamd, mais encore plus de la vérité. Il n’existe pas de degré intermédiaire entre la foi et la mécréance, et en principe, on reste musulman jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance ne peut annuler cette affiliation en l’absence de la preuve céleste et sans tenir compte d’un certain nombre de conditions et de considérations, etc.

C’est à la lumière de ces explications qu’il incombe de comprendre l’autre discours d’Abd Allah le fils de l’Imâm, l’auteur des paroles : « Pour la réponse à la troisième question disant : celui qui commet un acte de mécréance sans intention, mais par ignorance, est-il excusable ou non, que ce soit au niveau des paroles, des actes, de la croyance ou en faisant du tawassul ?

Nous disons en réponse : si quelqu’un qui croit en Dieu et à Son Message commet du kufr, car ignorant des enseignements d’Allah et de Son Messager, que ce soit au niveau de la croyance, de la parole ou des actes, il n’est pas pour nous un mécréant ; et nous ne le taxons pas ainsi avant d’avoir appliqué contre lui la preuve céleste qui voue à la mécréance celui qui va à son encontre. Après l’iqâma el hujja, soit, après que les enseignements du Messager (r) lui soient parvenus, il devient mécréant en persistant dans son égarement… le Coran suffit en lui-même pour établir la hujja contre lui. Cependant, il a besoin que les savants lui expliquent la chose, wa Allah (I) a’lam ! »[2]

Ce dernier ne voyait pas d’inconvénients à donner des excuses à certains savants des générations plus anciennes, comme ibn Hajar el Haïthamî, ayant commis des erreurs dans le tawhîd, quand bien même, ils auraient persisté dans leurs erreurs. La raison, c’est qu’ils n’avaient personne pour leur montrer le bon chemin. La complicité des Pouvoirs en place avec les idées hérétiques n’arrangeait pas les choses.[3] Ailleurs, il souligne : « Quant au takfîr mu’aïyin de ce genre d’ignorants, et qui consiste à les considérer dans les rangs des non-musulmans, il n’est pas permis de s’y aventurer avant d’avoir établi contre l’un d’entre eux, la preuve céleste ; celle qui leur montre qu’ils vont à l’encontre du Messager (r), et que leur parole relève de la mécréance sans aucun doute possible. »[4]

Par : Karim Zentici

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[1] Voir : e-durar e-saniya (10/136-138).

[2] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/247-248).

[3] E-durar e-saniya (10/403).

[4] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/197-198).

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Publié par mizab
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