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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 11:58

Le comble de l’injustice : faire passer l’Albani pour un savant du kalâm ou sous influence du kalâm !

(Partie 2)

L’affiliation aux anciens

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya explique : « Il n’y a aucun mal à afficher la tendance des anciens (salaf), de s’y affilier, ou d’en être fier. Il est même impératif d’approuver l’auteur d’une telle initiative, car la tendance des anciens ne peut que correspondre à la vérité. »[1]

E-Sam’ânî nous donne plus de détails : « E-salafî avec une fatha sur le sîn et le lâm, et avec un à la fin, signifie s’affilier aux salafs et adhérer à leur tendance comme on a pu l’entendre d’eux. »[2] Après avoir cité les paroles de Sam’ânî, ibn el Athîr ajoute : « Certains savants étaient connus par ce surnom. » Dans certains de ses ouvrages, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya surnomme salafî ceux qui adhéraient à la tendance des anciens sur la question d’el fawqiya.[3] De son côté, dans e-siar, e-Dhahabî – qu’Allah lui fasse miséricorde – affirme : « Il requiert au savant érudit (Hâfizh) d’être pieux, intelligent… et salafî. »[4]

Il a dit également dans la référence en question au sujet de Dâraqutnî – qu’Allah leur fasse miséricorde à tous deux – : « L’homme n’a jamais touché au kalâm ni à la polémique ; il ne s’est jamais investi dans ces choses, il était plutôt un salafî. »[5]

Ibn Taïmiya définit les traditionalistes comme suit : « Ils représentent ceux qui s’attachent au Livre d’Allah, à la Tradition de Son Messager (r), au consensus des premiers et devanciers parmi les Émigrés mecquois, les Auxiliaires médinois, et leurs fidèles successeurs. »[6]

Allah (I) révèle : (Et suis le chemin de celui qui revient à Moi).[7] Le Très-Haut nous ordonne de suivre les Compagnons et de nous suffire à leurs traces. Après avoir évoqué ce Verset, ibn el Qaïyim a fait le commentaire suivant : « Chaque Compagnon à la vertu de revenir à Allah, il incombe donc de suivre leur chemin. Leurs paroles et leurs croyances caractérisent le mieux leur chemin à suivre. »

Par ailleurs, Allah (I) nous a mis en garde contre toute déviation. Il a menacé tout dissident d’être jeté dans la Géhenne en disant : (Quiconque se détourne du Messager après avoir connu la bonne voie, en voulant suivre un chemin différent de celui des croyants, Nous lui ferons subir les fruits de son abandon, et allons lui assigner la Géhenne et quelle bien vilaine destinée est-elle !)[8]

En parallèle, Il (I) donne Son Agrément à quiconque suit fidèlement le chemin des Compagnons, et Il lui réserve une récompense immense, comme en témoigne le Verset suivant : (Les précurseurs et les premiers parmi les Émigrés, les Auxiliaires, et leurs fidèles successeurs, Allah les agrée et eux l’agréent. Il leur a préparé des jardins en dessous desquels coulent les rivières et où ils demeurent à jamais ; tel est le succès immense).[9] Si toute personne qui dévie de leur chemin encourt le châtiment de la Géhenne, à l’inverse, celle qui le suit scrupuleusement mérite l’Agrément d’Allah et le Paradis.

Pour sa part, le Prophète (r) a ordonné de suivre sa Tradition et celle des nobles Khalifes après lui en disant : « Celui qui vivra parmi vous assistera à de nombreuses divergences. Accrochez-vous donc à ma tradition et à celle des nobles khalifes bien guidés après moi. Tenez-la bien et prenez-la fermement par les molaires. Et méfiez-vous des inventions, car toute invention est innovation et toute innovation est égarement. »[10]

Il a déclaré (r) également : « Les meilleurs hommes sont ceux de ma génération, puis ceux de la génération suivante, et ceux de la génération après… » Il a décrit par ailleurs la « secte sauvée » en ces termes : « C’est le chemin sur lequel nous sommes aujourd’hui mes Compagnons et moi. » Par conséquent, en se conformant au chemin qu’ils suivaient à cette époque, on peut se revendiquer de la « secte sauvée ». En revanche, en s’en éloignant, on s’expose à la menace divine.

Selon ibn Mas’ûd : « Suivez le vrai chemin et ne vous aventurez pas à innover, car il vous a déjà été tracé. » Il a dit également : « Nous imitons sans devancer le pas, nous nous contentons de suivre sans innover, et nous ne pouvons nous égarer tant que nous resterons sur les traces. »

Ubaï ibn Ka’b (t) déclare, quant à lui : « Suivez la bonne voie et la tradition. Un homme qui suit la bonne voie et la tradition et dont les yeux pleurent par crainte du Seigneur en l’évoquant ne peut être touché par l’Enfer. Il vaut mieux être modéré sur le chemin de la tradition d’Allah que de faire des efforts sur le chemin inverse. »

Abû el ‘Âliya a dit : « Tenez-vous au premier enseignement sur lequel les gens étaient avant de connaître la division. »

El Awzâ’î est l’auteur des paroles : « Tu dois endurer sur la voie de la Tradition et t’arrêter là où les anciens se sont arrêtés, et dire la même chose qu’eux, sans t’insérer là où ils ne l’ont pas fait. Et emprunte le chemin de tes pieux Prédécesseurs, car il ne te convient que ce qu’il leur a convenu. » Il a dit également : « Tiens-toi aux traces des personnes qui t’ont devancé, même si les gens te refusent, et prends garde à la pensée des hommes, même s’ils t’embellissent leur discours. » L’Imam Ahmed établit : « Les fondements de la Tradition chez nous consistent à s’attacher au chemin des Compagnons du Messager d’Allah (r), de les suivre et de s’éloigner des innovations. »

Les grandes références traditionalistes appellent de génération en génération à suivre les pieux Prédécesseurs et à se suffire à leurs traces.[11]

Ainsi, « ancien » a deux acception, d’où l’amalgame qui règne sur la chose : chronologique et idéologique :

  1. D’un point de vue chronologique (au sens strict), il désigne les trois premières générations.
  2. D’un point de vue idéologique (au sens large), il désigne les adeptes qui les prennent en référence.

Nous pouvons dire la même chose pour les moderne (khalaf, mutaakhkhirins) qui correspondent soit à ceux qui dans le temps sont nés à partir de la quatrième génération (cet ensemble compte éventuellement les traditionalistes) soit à ceux qui ne sont pas fidèles à la tendance des anciens (et là n’entre que les innovateurs toute époque confondue).

2- Si cela est clair, il faut savoir qu’aux yeux d’ibn Taïmiya, l’époque des mutaakhkhirins débute avec l’avènement de la quatrième génération. On parle de fin d’une génération quand la plupart de ses éléments sont morts. La première génération des Compagnons disparut en même temps que le Khalifat (il ne restait pratiquement plus aucun ancien combattant de la bataille de Badr). La seconde génération des tâbi’în compta ses derniers éléments avec le déclin des Compagnons benjamins, sous l’ère d’ibn e-Zubaïr et d’Abd el Mâlik. La majorité des successeurs des tâbi’în périrent avec l’avènement des Abbassides qui avaient usurpé le pouvoir aux Omeyyades en 132 h.[12]

Par ailleurs, il établit que les négateurs (influencés par le kalâm), toutes tendances confondues, n’ont pas tous le même niveau de connaissance. Ce dernier les classe en plusieurs catégories :

Primo : certains n’ont pas une grande expérience des questions rationnelles, et se contentent de prendre pour argent comptant les idées qu’on leur distille, et qu’ils voient comme des preuves incontestables. Ils n’ont pas cette autonomie intellectuelle qui leur ferait avoir du recul par rapport à ces questions. En réalité, ils sont de simples suiveurs, malgré leur bagage, et n’ont pas la capacité d’utiliser à bon escient les textes du Coran, de la sunna et des paroles des anciens allant à l’encontre de leur crédo. Ils pensent qu’ils vont dans le même sens, et quand ils leur posent problèmes, ils s’en détournent purement et simplement, en remettant leur sens au Très-Haut, par le biais du tafwîdh.

Dans cette catégorie, nous avons : Abû Hâtim el Bustî (m. 354 h.), le mu’tazilite Abû Sa’d e-Sammân (m. 445 h.), Abû Dharr el Harawî (m. 434, 435 h.), Abû Bakr el Baïhaqî (m. 458 h.), el Qâdhî ‘Iyâdh (m. 544 h.), Abû el Faraj ibn el Jawzî (m. 597 h.), Sharaf e-Dîn el Maqdisî (m. 611 h.), etc.

Secundo : certains font des efforts d’interprétation dans les questions rationnelles, bien qu’ils commettent des erreurs, comme n’importe qui d’autre. Ils associent leur voix aux jahmites dans certains fondements erronés. Or, contrairement à la catégorie précédente, ils n’ont pas le bagage scientifique suffisant pour les éclairer ; ils n’ont pas une grande connaissance des opinions des anciens et des grandes références traditionalistes sur ces points. Cela ne les empêche pas de connaitre de nombreux recueils de hadith par cœur (sans les chaines narratives), comme Bukhârî et Muslim.

Dans cette catégorie, nous avons ibn Hazm (m. 456 h.), Abû el Walîd el Bâjî (m. 474 h.), el Qâdhî Abû Bakr ibn el ‘Arabî (m. 543 h.) et tant d’autres. leurs ancêtres (qui avaient le même profil) étaient Bishr el Mirrîsî (m. 218 h.), Mohammed ibn Shujâ’ e-Thaljî (m. 266 h.), etc.

Tercio : certains ont connaissance des hadîth et des annales des anciens ; ils encensent la voie des prédécesseurs, bien qu’ils associent également leur voix aux mutakallimîn et aux jahmites dans certains fondements erronés. Ils ne sont pas aussi versés dans la science religieuse (Coran, sunna, annales des anciens) que les grandes références traditionalistes que ce soit au niveau technique (riwâya : analyse de l’authenticité des textes) qu’au niveau de la compréhension des textes (dirâya). Ils donnent crédit à certains principes mis en avant par les négateurs jahmites, et pensent qu’ils vont en contradiction avec les textes.

Dans cette catégorie, nous avons Abû Bakr ibn Fawrk (m. 406 h.), el Qâdhî Abî Ya’lâ (m. 458 h.), ibn ‘Aqîl (m. 513 h.), etc. Trois tendances se dégagent à l’intérieur de cette catégorie pour pallier aux textes, qui, du moins en apparence, semblent contradictoires, ne serait-ce que de leur point de vue (mushkil el hadîth) : il y a ceux qui ont recours au ta-wîl (l’interprétation figurée des textes), à l’instar d’ibn Fawrk ; ceux qui préfèrent laisser les textes comme ils sont sans chercher à les comprendre ; c’est le fameux tafwîdh prôné par el Qâdhî Abî Ya’lâ ; et enfin ceux qui jonglent entre le ta-wîl et le tafwîdh à l’exemple d’ibn ‘Aqîl.

Le problème, c’est qu’ils ne sont pas spécialistes en hadîth ; c’est ce qui les pousse à, sans s’en rendre compte, conjuguer entre les textes, avec des textes douteux, voire purement inventés. Leur faible dirâya des textes n’arrange pas les choses quand il s’agit d’expliquer certains termes, comme la « vision » d’Allah (ils ne font pas la différence entre la vision en rêve et la vision réelle, et s’appuient sur des textes faibles dans leur argumentation).

À suivre…

Par : Karim Zentici

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http://www.mizab.org/

[1] El fatâwâ (4/149).

[2] El ansâb (3/273).

[3] Elle établit qu’Allah est au-dessus de Sa création. (N. du T.) Il a donné ce surnom à un certain nombre de savants. Voir bayân talbîs el jahmiya (1/122) et Dar-u ta’ârudh el ‘aql wa e-naql (207/7, 134/7).

[4] Siar a’lâm e-nubalâ (12/380).

[5] Idem. (17/457)

[6] Majmû’ el fatâwâ (2/375).

[7] Luqmân ; 15

[8] Les femmes ; 115

[9] Le repentir ; 100

[10] Rapporté par Ahmed et Abû Dâwûd.

[11] Voir : kun salafiyan ‘alâ el jadda de Sheïkh ‘Abd e-Salâm e-Suhaïmî.

[12] Majmû’ el fatâwâ (10/356).

Voir : http://www.mizab.org/#!le-shirk/c6hp

http://www.mizab.org/#!les-savants-et-les-mirs-/c2wy

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Publié par mizab
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