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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 14:58

L’anthropomorphisme

(Partie 1)

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

Les mutakallimîns parlent du matin au soir d’anthropomorphisme, alors qu’ils ne savent même pas de quoi il en retourne réellement, et ils ne connaissent aucunement la tendance traditionaliste sur le sujet. Ils en ont une connaissance vague et approximative. Si les grandes références de l’ash’arisme, qui est pourtant la secte ayant le plus de proximité avec ahl e-sunna, s’en font une représentation erronée, il faut alors s’imaginer la situation chez les autres sectes.

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fait ce constat amer à travers les lignes suivantes : « Bon nombre d’hérésiographes parmi les dernières générations recensent les diverses opinions qu’ils connaissent sur une question qui constitue pourtant l’un des fondements les plus illustres de la religion comme celui de la Parole d’Allah. Cependant, ils ne connaissent pas celle des anciens et des grandes références de la communauté qui renferment les bonnes tendances sur chaque point de la religion. Ainsi, ils n’en connaissent ni l’opinion ni leur éventuels auteurs à l’instar d’el Shihristânî, l’auteur d’el milal wa e-nihal dans lequel il recense les différentes pensées à travers les grandes civilisations, mais il ne dit pas un mot sur la tendance traditionaliste qu’il ne connaît même pas. Concernant la Parole d’Allah, de grands auteurs tels qu’el Qâdhî Abû Bakr, Abû el Ma’âlî, el Qâdhî Abû Ya’lâ, ibn e-Zâghûnî, Abû el Husaïn el Basrî, et Mohammed ibn el Haïsam omettent de citer la tendance qui fut certifiée chez les anciens et les grandes références à l’image d’Ahmed ; lorsque ces derniers recensent toutes les tendances sur la question et que leur choix tombe sur l’une d’entre elle. »[1]

Il souligne ailleurs : « Quant aux enseignements du Messager, des Compagnons, de leur successeurs, et des grandes références des musulmans, ils n’en ont aucune connaissance. Ils ne font que citer un certain nombre d’opinions parmi lesquelles ils en choisissent une. Ils réfutent ensuite les autres tendances qui sont en fait toutes aussi fausses les autres que les autres, ce qui laisse l’observateur perplexe. La chose qui pourrait éventuellement le contenter, c’est de savoir qu’en se réfutant les unes les autres, toutes ses opinions s’écroulent d’elles-mêmes, comme il est possible de le constater dans la plupart des ouvrages philosophiques ou du kalâm, que ce soit chez les penseurs anciens ou modernes à l’image de Râzî et d’el Âmûdî. »[2] Cela concerne autant les adeptes du kalâm, du raï (réflexion personnelle), que les soufis et les ascètes.[3]

Des têtes pensantes comme Abû el Ma’âlî, Abû Hâmid el Ghazâlî, ibn el Khatîb, etc. n’avaient aucune connaissance dans les sciences du hadith, ils atteignaient à peine le niveau d’un débutant avant de pouvoir mesurer les grands spécialistes en la matière. Ils ne faisaient même pas la différence entre un hadith authentique et un hadith complètement inventé comme en témoignent la plupart de leurs ouvrages où l’on y trouve des choses incroyables ![4]

La déstabilisation de la religion naissante par une cinquième colonne

Du côté des juifs, ‘Abd Allah ibn Saba était l’homme de la situation.[5] Afin de semer la discorde sous le Khalifat de ‘Uthmân, il propagea très vite au sein des musulmans qu‘Ali était en fait l’héritier légitime de Mohammed (r) de la même manière que Josué fut l’héritier de Moïse dans les anciennes écritures. Il insuffla notamment le concept de la ruj’a (le retour) : selon lui, le Prophète de l’Islam (ou ‘Ali) est plus à même de revenir sur terre à la fin des temps que Jésus. Originaire du Yémen et de confession juive, il s’est converti hypocritement à l’Islam dans le but de corrompre cette religion naissante et ses adeptes de la même façon que Paul le juif à corrompu la religion chrétienne. L’historiographe el Maqrîzî souligne qu’ibn Saba a innové à l’époque du troisième Khalife, le concept de la wasiya (élire un héritier) de la part du Prophète envers son cousin ‘Ali, et celui de la ruj’a.[6]

C'est pourquoi un orientaliste allemand en arrive à la conclusion suivante : « La tendance shiite, celle que l’on affilie à ‘Abd Allah ibn Saba puise plus ses origines chez les juifs que chez les Iraniens. »[7] Un autre orientaliste constate que la ruj’a est directement influencée par les croyances juives et chrétiennes empruntées au paganisme, et avec lesquelles les sabéites ont cherché à pervertir une nation naissante dont la croyance était saine.[8] Ibn Saba lui-même comme nous l’apprend l’hérésiographe el Baghdâdî avoue, selon e-Sha’bî (m 104/736), s’être inspiré de la Thora pour donner crédit à la wasiya.[9]

Des siècles plus tard ibn Taïmiya dira : « Les savants mentionnent qu‘Abd Allah ibn Saba le zindîq (l’athée) est à l’origine du râfidhisme. Il s’est converti en apparence, mais il cachait ses convictions juives au fond de lui, dans le but de pervertir l’Islam de la même façon que Paul le chrétien d’origine juive a perverti la religion chrétienne. »[10]

Il parle de Paul de Tarse contre lequel le Messie a mis en garde ses disciples. Paul qui innova des enseignements contraires à la Thora qu’il abrogea sans scrupules, à contre-courant des attentes de Jésus, et contraires à ses enseignements ; Paul qui prétendit être l’auteur de miracles ; Paul qui attribua, contrairement au message de Jésus lui-même et à toute la prophétie, la divinité au Christ ; Paul qui dans un élan laxiste, innova le principe de rédemption et du rachat des péchés des hommes ; Paul qui revivifia avec force le paganisme avec le dogme de la Trinité en gestation.[11]

Les juifs de la qibla

Selon l’expression de Sa’îd ibn Jubaïr, les murjites sont les juifs de la qibla, comme le rapportent certains recueils de sunna. il est possible de deviner ses intentions, ou pour le moins d’essayer d’en dessiner les contours, en cherchant du côté de la caractéristique des murjites, ou des implications de leurs croyances ; cette tendance ouvre en effet la porte au libertinage et à la zandaqa, peut-être un peu à la manière de Paul qui introduisit l’irja dans la religion chrétienne et qui la corrompit de fond en comble en amenuisant les commandements divins et en axant son discours sur le pardon divin aux dépens des actes ; ou bien plus vraisemblablement, fait-il référence au v. 80 de la s. la vache et disant : [Le feu ne nous touchera que quelques jours, et ensuite, tout sera fini][12] ; voire à ses deux passages : [Ils disent : personne en dehors des Juifs et des chrétiens n’entrera au Paradis, exprimant ainsi leur propre désir. Répond-leur : apportez-en la preuve si vous êtes vraiment sincère • C’est plutôt celui qui soumet son visage à Allah, tout en faisant le bien qui aura sa récompense et qui n’éprouvera ni crainte ni affliction • Les Juifs disent : les chrétiens ne tiennent sur rien, et les chrétiens disent : les Juifs ne tiennent sur rien, et pourtant tous lisent le Livre. Ainsi, les ignorants ont prétendu la même chose. Le Jour de la Résurrection, Allah tranchera entre leurs divergences][13] ; (Les Juifs et les chrétiens disent : nous sommes les fils de Dieu et ses favoris. Dis-leur alors pourquoi vous châtie-t-Il en raison de vos péchés ? Vous n’êtes que de simples mortels qui comptent parmi ses créatures ; Il pardonne à qui Il veut comme Il châtie qui Il veut ; c’est à Lui qu’appartient le royaume des cieux et de la terre et tout ce qui se trouve entre eux ; et c’est vers Lui que se fera le retour).[14]

Mais, apparemment, cette caractéristique est plus à mettre sur le compte de Jahm, que des murjiya proprement dits, les murjiya el fuqaha, comme nous l’avons expliqué dans un autre article.

Ailleurs, Sheïkh el Islâm prédit : « … si les Juifs parviennent à fonder un empire en Iraq ou ailleurs, les rafidhites seront parmi leurs plus grands alliés. Ces derniers s’allient constamment avec les mécréants parmi les païens, les Juifs, et les chrétiens pour combattre les musulmans, et ils leur viennent toujours en aide. »[15]

À suivre…

Par : Karim Zentici

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[1] Dar e-Ta’ârudh (2/307).

[2] Idem. (9/67-68).

[3] El furqân baïna el haqq wa el bâtil dans majmû’ el fatâwâ (13/25).

[4] Majmû’ el fatâwâ (13/25). El Ghazâlî lui-même disait que son bagage était léger dans les sciences du hadith. Voir : Majmû’ el fatâwâ (35/176).

[5] Le chercheur Sulaïmân el ‘Awda, est l’auteur d’une thèse ayant pour titre ‘Abd Allah ibn Sabâ wa atharuhu fî ihdâth el fitan fî sadr el islâm, et à travers laquelle il démontre avec preuves à l’appui, que ‘Abd Allah ibn Saba n’est pas une légende que l’inconscient collectif musulman aurait imaginée pour évacuer ses frustrations comme l’assument certains orientalistes, certains chercheurs shiites contemporains, et certains « intellectuels musulmans » à l’instar de Taha Husaïn. Or, des grandes références shiites anciennes comme e-Nubakhtî dans son livre firaq e-shî’a (p. 22), et d’autres plus récentes comme Ni’mat Allah el Jazâilî dans El anwâr e-nu’mâniya (2/234) reconnaissent qu’ibn Saba fut un juif converti à l’islam et qu’il est à l’origine du shiisme musulman.

[6] El khutat d’el Maqrîzî (2/356, 357).

[7] Voir : Les kharijites et les shiites (p. 170, 171).

[8] Voir : el ‘aqîda wa e-sharî’a fî el islâm (205).

[9] El farq baïna el firaq (235). Ce même e-Sha’bî à propos duquel Sheïkh el Islam ibn Taïmiya déclare qu’il comptait parmi ceux qui avaient une plus grande expérience des shiites, [voir : Manhâj e-sunna (1/22).] nous fait une longue description de cette secte, dans laquelle il confie à Mâlik ibn Maghûl : « Hé Mâlik ! S’ils pouvaient m’offrir leur cou en esclavage, et s’ils pouvaient remplir ma maison d’or afin que j’invente un seul mensonge sur ‘Ali, ils ne se gêneraient pas de le faire. Mais par Allah ! je ne mentirais jamais sur lui ! Hé Mâlik ! J’ai étudié toutes les sectes, mais je n’ai jamais vu des gens plus imbéciles que les râfidhites. S’ils étaient des animaux à quatre pattes ils seraient des ânes, et s’ils étaient des oiseaux ils seraient des vautours. » Il dit ensuite : « Je te mets en garde contre toutes les sectes égarées dont la râfidhite est la pire. Ces adeptes sont les juifs de cette communauté, car ils détestent l’Islam comme les juifs détestent les chrétiens. Ils ne sont pas entrés dans l’Islam par crainte ou par espoir envers Allah, mais ils l’ont fait par haine envers ses adeptes et pour leur faire du mal.

‘Alî ibn Abî Tâlib (t) les a brûlés par le feu et les a expulsés dans d’autres régions à l’exemple de ‘Abd Allah ibn Saba qui fut expulsé à Sâbât, et comme ‘Abd Allah ibn Sibâb et Abû Kurûz qu’il a expulsé à el Hâzir. L’épreuve râfidhite, c’est l’épreuve juive. Les juifs assument que le pouvoir appartient uniquement à la descendance de David et les râfidhites assument que le pouvoir appartient uniquement à la descendance de ‘Ali ibn Abî Tâlib. Les juifs prétendent qu’il n’y aura pas de guerre sur le sentier d’Allah jusqu’au jour où sortira le Messie attendu et qu’un héraut du ciel en donne le signal, et les râfidhites prétendent qu’il n’y aura pas de guerre sur le chemin d’Allah jusqu’au jour où le Mehdi sortira et qu’un lien ou un « moyen » descendra du ciel. Les juifs retardent la prière du Maghreb (coucher du soleil ndt.) jusqu’au moment où les étoiles s’entrecroisent, tout comme les râfidhites. Les juifs ne voient pas les trois prononciations de divorce tout comme les râfidhites. Les juifs ne voient pas le délai de viduité pour la femme veuve ou divorcée tout comme les râfidhites. Les juifs s’autorisent à verset le sang de tout musulman tout comme les râfidhites. Les juifs ont falsifié la Thora tout comme les râfidhites ont falsifiés le Coran (dans l’interprétation ou en assumant qu’il est incomplet, mais ils n’ont pas pu toucher au Texte ndt.). Les juifs détestent Jibrîl (u) et prétendent qu’il est leur ennemi parmi les anges, et les râfidhites disent que Jibrîl s’est trompé en déposant la Révélation chez Mohammed au lieu de la déposer chez ‘Alî ibn Abî Tâlib.

Les juifs ne mangent pas la viande de chameau tout comme les râfidhites. Cependant, les juifs et les chrétiens sont mieux que les râfidhites sur deux points : quand on demande aux juifs qui sont les meilleurs membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Moïse. » Quand on demande aux chrétiens qui sont les meilleurs membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Jésus. » Mais, quand on demande aux râfidhites quels sont les pires membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Mohammed. » Au lieu de prier en leur faveur comme on leur incombe, ils les insultent. L’épée sera brandie contre eux jusqu’au Jour de la Résurrection. Ils n’auront jamais le pied raffermi ni d’étendard brandi ni la parole réunie. Ils seront toujours mis en déroute, ils auront la parole divisée, et ne pourront jamais se réunir. Toutes les fois qu’ils veulent allumer le feu de la guerre, Allah l’éteint. » El ‘Aqd el farîd (2/249, 250).

[10] Majmû’ el fatâwa (28/483).

[11] Voir : Tabâshîr e-tawrât wa el injîl bi el islâm wa rasûlihi Mohammed du D. Nasr Allah ‘Abd ‘Ahmân Abû Tâlib (357-359).

[12] La famille d’Imrân ; 24 voir : Firaq mu’âsira Ghâlib ‘Awâjî (2/276).

[13] La vache ; 111-113 Ailleurs, ibn Taïmiya signale que les gens du Livre ont pour usage de renier les bonnes opinions de leurs coreligionnaires. Voir : Iqtidâ e-sirât el mustaqîm (1/91).

[14] Le repas céleste ; 18

[15] Manhâj e-sunna 3/378

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Publié par mizab
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