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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 19:05

La riposte imparable aux attentats sanglants

Voir : Attentat-suicide ; Crime ou martyre du Sheïkh Abd el Mâlik Ramadhânî

http://mizab.over-blog.com/2014/10/djihad-legal-vs-djihad-heretique-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/l-histoire-du-moine-et-de-l-enfant-au-service-des-attentats-suicides.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/fatwas-de-savants-contemporains-sur-les-attentats-suicides-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/missions-suicides-vs-attentats-suicides-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/le-bouclier-humain-pour-justifier-les-attentats-de-la-terreur-partie-1.html

[Ils veulent éteindre de leurs paroles la lumière divine promise pourtant à la plénitude, par un décret immuable, n’en déplaise aux infidèles][1] ; [Quand la vérité est venue, le faux fut anéanti, car il était voué à disparaitre][2] ; [Nous lançons la vérité contre le faux afin qu’elle le transperce, et le voici anéanti].[3]

Cette série d’articles réfute en détail les opérations-suicides, et ses questions annexes comme le bouclier humain et les attentats aveugles. J’aurais pu me contenter d’un seul point pour les démonter de fond en comble. Il aurait suffit, en effet, de les aborder sous l’angle des deux paramètres à fournir pour acquérir une légitimité tant recherchée :

Primo : démontrer déjà qu’il est légitime d’engager une action guerrière dans telle ou telle partie du monde aujourd’hui, car ces questions controversées dont nous parlons en résultent. En d’autres termes, elles puisent leur pertinence dans la légitimité de la guerre ; prouver leur pertinence, c’est prouver que nous sommes en état de guerre. Or, les savants contemporains ont exprimé à maintes occasions que les musulmans sont dans un état de faiblesse aujourd’hui, un peu, comme à la période mecquoise au cours de laquelle le Prophète (r) ne prit jamais les armes, étant donné que le djihâd n’était pas encore légiféré. À ces situations similaires découlent des lois similaires, comme nous l’avons vu à travers les fatwâs de fameux érudits, à l’instar d’ibn Bâz, el Fawzân, et e-Râjihî.

En outre, les lois du djihâd sont flexibles et varient en fonction des endroits et des périodes. Soumises aux aléas du temps, nous devons donc les contextualiser. Ibn Taïmiya établit à ce sujet : « Les croyants qui se trouvent en état de faiblesse dans un endroit ou une période quelconque, mettent en pratiquent le Verset enjoignant à la patience, à la clémence et au pardon face aux nuisances dont Allah et Son Messager font l’objet de la part des païens, des Juifs et des chrétiens. En revanche, en temps de force, ils appliquent les Versets enjoignant de combattre les têtes de files de la mécréance qui dénigrent la religion, et de, par la force des armes, frapper les gens du Livre d’un tribut en gage de leur soumission. »[4]

Secundo : ces actions doivent être planifiées sous les ordres du chef de l’autorité musulmane, exerçant une fonction officielle et connue de tous. Ce dernier peut mandater le chef des armées nommé par lui-même. C’est Sheïkh el Albânî qui a mis en lumière cette condition primordiale. Il en parle dans un audio qui fut retranscrit dans e-salafiyûn wa qadhiya Filistîn.[5] Nous avons vu plus haut que le Muftî actuel le souligne également.

Voici une fatwâ de Sheïkh el Fawzân qui va dans ce sens :

Question : un prédicateur algérien est l’auteur d’un ouvrage dans lequel il prétend que l’assassinat ciblé est une sunna oubliée. Il s’inspire dans ses propos de deux assassinats : celui de Ka’b ibn el Ashraf, et d’un autre juif ayant lorgné du coin de l’œil les parties intimes d’une musulmane qu’il avait piégée. Qu’en pensez-vous, Votre Éminence ?

En réponse : l’histoire de Ka’b ibn el Ashraf ne va absolument pas dans le sens qu’on lui prête. Déjà, c’est le Prophète (r), le chef suprême des musulmans, qui ordonna cette mise à mort. Ensuite, Ka’b était sous son autorité conformément aux accords passés avec les juifs de Médine. La sentence fut prononcée en réaction à son acte de trahison, et il se condamna lui-même en violant les accords ; la sécurité des musulmans était en jeu. La décision fut donc prise par les plus hautes instances de l’État, non par un particulier ou par un groupe de citoyens. Ce cas de figure diffère en tout point des crimes commis aujourd’hui par certains groupes armés. En allant en contre-courant des commandements de l’Islam, ils font régner l’anarchie, et portent grandement atteinte à la religion et à ses adeptes.[6]

La preuve que les opérations militaires sont chapeautées par le gouverneur suprême est issue du Coran, à travers le Verset : [N’as-tu pas vu les notables parmi les enfants d’Israël qui vinrent après Moussa, lorsqu’ils dirent à l’un de leurs prophètes : « Envoie-nous un roi afin que nous combattions sur le sentier d’Allah. » Il dit : « Et s’il vous est prescrit la guerre et que vous renonciez à combattre ! »].[7] Si la présence du roi n’était pas une condition indispensable, leur interlocuteur aurait rétorqué : « Ha, parce que vous combattez qu’en présence d’un roi ! » Gardons à l’esprit qu’il s’agissait d’un djihâd défensif. La suite du Verset reprenant la réplique des Juifs est très expressive : [Ils répondirent : « Qu’aurions-nous à ne pas combattre alors que nous fûmes arrachés à nos maisons et à nos enfants ? »].[8]

Un hadîth entérine les dispositions de cette législation antérieure. Il est rapporté par el Bukhârî et Muslim, et fait dire au Prophète, selon Abû Huraïra : « L’émir est un rempart qui dirige les armées, et qui protège les intérêts musulmans. S’il enjoint à la piété, et est enclin à la justice, il en sera récompensé, et s’il enjoint autre chose, il en supportera le fardeau. »[9]

Quand les savants mettent en avant les critères que nous avons évoqués en détail pour étayer les questions subsidiaires du djihâd, ils font allusion à une conjoncture précise ; celle qui nécessite un recours aux armes. Autrement dit, la situation fait reconnaitre le bien-fondé de la guerre qui est planifiée et prise en charge par les autorités compétentes (l’autorité religieuse et l’autorité politique). Les savants et les émirs sont les seuls habilités à prendre une décision aussi grave.

Les représentants de l’autorité religieuse, pour leur part, détiennent les outils scientifiques pour appliquer les textes à une conjoncture donnée, et pour interpréter les lois en fonction du contexte. Ils décident à quel moment le djihad devient légitime. Quant aux représentants de l’autorité politique, ils vont dans un premier temps évaluer les forces en présence et consulter les spécialistes militaires pour l’organisation logistique. Puis, ils prendront les mesures adéquates. C’est à ce cas de figure que s’adresse notre propos.

Cela dit, si le contexte n’est pas propice au djihâd, notre propos n’a plus lieu d’être. Il va sans dire que les détails des questions subsidiaires reposent sur le bien-fondé du djihâd qui en est le fondement essentiel, car, comme le veut le dicton : athbit el ‘arsh thumma unqush (fixe bien le trône avant de graver dessus ndt.) !

Il était donc important de le souligner, car c’est la réponse imparable aux arguments pro-attentats-suicides. Elle nous épargne de longues explications étalées dans les différents chapitres de cette épitre. Beaucoup se perdent dans des considérations secondaires, qu’ils soient pour ou contre les attentats-suicides, mais ils en oublient l’essentiel : est-ce que telle conjoncture justifie le djihâd ?

Si la réponse est non, il n’y a aucun intérêt à discourir sur la légitimité des attentats ; cette question étant tributaire de la précédente. Par rapport à cela, si je peux donner un conseil à celui qui prend part au débat sur un point subsidiaire, c’est de rester vigilant. Car, il risque de s’éparpiller dans des digressions sans n’avoir posé les bases du sujet. Puis, il va polémiquer sur des détails purement virtuels et stériles. Si l’adversaire se lance dans de grands discours pour justifier les attentats aveugles ou autres, il faut le couper dans son élan, et le rappeler à l’ordre en lui disant : les grands savants ont-ils justifié une situation de guerre (le problème, c’est de piocher ses fatwâs chez les savants autoproclamés du web) ? La vraie question est donc de se demander si nous sommes oui ou non en état de guerre, et n’allons pas plus loin… Si les preuves claires et concises ne suffisent pas, alors à quoi bon noyer le poisson !

Je sais pertinemment que les sanguinaires d’aujourd’hui pensent que les savants sont des vendus, alors ils se rabattent notamment sur leurs leaders. Ils ont plus d’affinité avec ces anonymes de la toile qui répondent parfaitement à leurs attentes dans les questions touchant au sang et à la vie humaine. Par ailleurs, à leurs yeux, les gouverneurs n’ont plus aucun lien avec l’Islam, alors ils élisent leurs propres émirs. Dans les faits, tous ces groupes sont aussi diversifiés que leurs idées.

Les étudiants religieux qu’ils prennent pour référence, en admettant qu’ils aient réellement ce statut, sont la plupart du temps inconnus dans les milieux scientifiques dont ils boycottent les assises. À fortiori, ils ne jouissent d’aucune reconnaissance et n’ont aucun feu vert pour enseigner. Les émirs des groupes armés – il n’y en a malheureusement pas qu’un seul – sont des marginaux, et leurs idées n’ont aucune valeur scientifique. Il est complètement superficiel de leur consacrer des analyses.

Si cela est clair, tout échange constructif avec eux est peine perdue d’avance. Il demeure que le sang qu’ils versent au nom d’Allah est à mettre au compte de la fitna, non du djihad. Leurs crimes encourent une menace identique au suicide qu’Allah condamne sévèrement à travers Ses dires : « Ma créature s’est précipitée à Me rendre son âme, et en retour, Je le prive du Paradis. »[10] Cette menace plane sur le volontaire qui sacrifie sa vie dans un attentat. Sans compter qu’il devra, le Jour de la résurrection, rendre des comptes pour chacune de ses victimes éventuelles, qu’Allah nous en préserve ! Elles se pendront à son cou et se plaindront : « Seigneur, demande-lui pourquoi il m’a tué ? »[11]

En un mot, ils bâtissent leurs théories sur un amas d’infraction qui les broie dans un fatal engrenage. Ils sont allez à l’encontre des savants en s’éloignant d’eux après les avoir discrédité. Ils sont allez à leur encontre en taxant leurs gouverneurs de mécréants. Ils sont allez à leur encontre en brandissant de leurs propres chefs l’étendard du djihâd pour la cause qu’ils défendent et qu’ils imposent aux musulmans. Ils sont allez à leur encontre, enfin, en alignant leurs actions sur les lois de la guerre dont nous avons parlées plus haut. Or, comme le soulignent les légistes, ce qui est fondé sur du faux est forcément faux : [Qui est meilleur : celui qui bâtit son édifice sur la crainte et la satisfaction d’Allah ou bien celui qui l’édifie sur les bords vacillant d’un précipice s’écroulant sous ses pieds pour le jeter dans l’enfer de la Géhenne ? Allah, certes, ne guide pas le peuple injuste].[12]

Ainsi, rien ne justifie les missions-martyres en terres d’Islam, et cela, quelle que soit l’époque, car le sang du croyant est sacré. Elles sont également inadmissibles en terre infidèle aujourd’hui, car, sans parler des savants, tous les hommes sensés vont diront que les musulmans sont dans un état flagrant de faiblesse. En outre, au cours de la période mecquoise, le Messager (r) ne leur donna jamais son aval, avant de prétendre qu’il y avait recours personnellement. Il est pourtant le guide de la guerre, et le plus brave des guerriers jamais rencontrés.

J’implore Allah de donner la victoire aux musulmans, et de terrasser leurs ennemis infidèles et les traitres hypocrites ! Seigneur, ne nous mets pas à la merci des mécréants (en les confortant ainsi dans leurs ténèbres), et pardonne-nous, Seigneur, Toi, le Fort et le Sage ! Seigneur, pardonne nos péchés et nos négligences ! Raffermis-nous et fais-nous triompher des mécréants !

Traduit par : Karim Zentici

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http://www.mizab.org/

[1] Le repentir ; 32

[2] Le voyage nocturne ; 81

[3] Les prophètes ; 18

[4] Majmû’ el fatâwâ (2/414).

[5] Voir : e-salafiyûn wa qadhiya Filistîn de Mashhûr Âl Salmân (p. 63) ; la cassette en question a pour titre : silsila el hudâ wa e-nûr (nº 134).

[6] Voir : el fatâwâ e-shar’iya de Mohammed el Husaïn (p. 101).

[7] La vache ; 246

[8] La vache ; 246

[9] Rapporté par el Bukhârî (2957) et Muslim (4800).

[10] Hadîth divin rapporté par el Bukhârî (1364) et Muslim (222).

[11] Hadîth authentique rapporté par Nasâî (3999) et ibn Mâjah (2621).

[12] Le repentir ; 109

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Publié par mizab
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commentaires

mizab 23/11/2015 20:11

Wa 'aleikom salem wa rahmat Allah wa barakatuhu !

1- Il est interdit d'attaquer des citoyens israéliens au couteau, je pense que c'est élémentaire !

2- Il n'est pas interdit aux Juifs d'avoir un État dans l'absolu, mais le problème est ailleurs !

3- Par définition, les sionistes à la tête du pays ne pencheront jamais pour la paix, (tant que la conjoncture restera en leur faveur) c'est une vulgaire utopie, mais, par défaut, en effet, la solution à deux États est un moindre mal.

Wa Allah a'lam !

Mohamed 23/11/2015 19:22

as salam aleyka wa rahmatuAllah wa barakatu,

BarakAllahu fik, juste quelques questions s'il te plait

1) Quand est-il des attaques aux couteaux contre certains civils juifs en "israel" est ce autoriser ?

2) Est ce que l'islam interdit aux juifs d'avoir un état ?

3) Peux-ton etre pour deux états si ils (les juifs) penche vers la paix ? (C'est une question hypothetique)

JazakAllahu kheyr

Mohamed 23/11/2015 19:24

Qu'en est-il*