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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 19:18

Est-il permis d’utiliser « Dieu » pour parler d’Allah ?

(Partie 1)

"C’est la plaie du temps que les fous guident les aveugles."

King Lear, Shakespeare.

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

Définition de « ilâh »

Nous ne pouvons comprendre correctement l’unicité sans nous pencher sur l’élément le plus important qui la compose, ilâh. D’ailleurs, les mauvaises définitions de l’un naissent souvent d’une perception erronée de l’autre. El Mu’allimî nous indique qu’une mauvaise connaissance d’el ilâh entraine forcément une mauvaise connaissance de la parole du tawhîd.[1]

El ilâh est utilisé dans la Langue pour désigner la divinité ; du verbe alaha, ya-lahu qui signifie adorer. Sur la racine fi’âl, à l’unanimité des linguistes, il a la fonction syntaxique de patient (celui qui subit l’action).

Ibn Jarîr dit : « Si on demande : quelle est la preuve qu’el ulûhiya a le sens d’adoration, et qu’el ilâh incarne la divinité, en prenant ses racines dans la construction : fa’ala, yaf’alu ?

Nous disons en réponse : l’usage incontestable chez les Arabes pour décrire l’adoration d’un homme ou les prières qu’il adresse au Tout-Puissant : taallaha untel. Il règne même un consensus sur la légitimité de cette définition. »[2]

À travers les époques, les grands linguistes, à l’instar d’ibn Fâris, d’ibn Saïda, et de e-Zubaïdî, se sont maintenus à cette acception étymologique.[3]

Un Verset va dans ce sens : [Les dignitaires de Pharaon s’écrièrent alors dans un élan de colère : laisserais-tu Mûsâ et son peuple semer le désordre sur terre et vous vouer, tes divinités (âlihataka) et toi, à l’abandon ?][4] Selon une lecture que rapportent ibn ‘Abbâs et Mujâhid : [… et vouer ton adoration (ilâhataka) à l’abandon ?][5] En exégèse à ce texte, ibn Jarîr commente : « Si l’on s’en tient à l’exégèse d’ibn ‘Abbâs et de Mujâhid, ilâha est le radical de alaha, qui a le sens d’adorer… »[6]

Râghib el Asfahânî explique que les païens de l’ère préislamique recouraient au terme ilâh pour désigner n’importe laquelle de leurs divinités ; e-lât est tiré de sa racine. Ils vouaient notamment la divinité au soleil qu’ils baptisaient du nom d’ilâha.[7]

En résumé, étymologiquement, ilâha est synonyme d’adoration, et el ilâh est un nom générique qui englobe tout type de divinité, sauf que, dans l’absolu, il évoque exclusivement Allah, la divinité absolue. Plusieurs témoignages de savants le corroborent. Notamment e-Suwaïdî : « el ilâh est un nom générique qui, étymologiquement, englobe tout type de divinité ; qu’elle soit vraie ou fausse. Néanmoins, dans l’absolu, il évoque plus particulièrement la vraie divinité, qui n’est autre qu’Allah (I). »[8]

El Baïdhâwî : « el ilâh englobe, étymologiquement, tout type de divinité, et par extension, il devint plus spécifiquement synonyme de la vraie divinité… »[9]

N.B. Aux yeux de certains érudits, il n’est pas juste d’élargir el ilâh à toutes les divinités, car touchant uniquement la divinité absolue. Voici deux citations qui appuient cette idée. La première est de e-Zujâjî : « On peut toujours demander : si ilâh a le sens de divinité, est-il alors permis d’appeler n’importe quelle divinité ilâh ?

Nous disons en réponse qu’en réalité, cela n’est pas autorisé, car, en regardant bien, ilâh se caractérise pour détenir la divinité. Autrement dit, il mérite la divinité et l’adoration. »[10]

La seconde est d’el ‘Askarî : « El ilâh est consacré à celui qui mérite l’adoration, en sachant il n’y a d’autre divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah ; on peut avoir des idolâtres sans n’être forcément légitime. Les idoles connaissent un grand succès et les adorateurs du Christ font légion ; et pourtant, leur culte n’a aucune légitimité. »[11]

Nous ne concédons pas à nos deux auteurs leurs allégations, s’ils entendent par là qu’el ilâh a des connotations de perfection, ce qui rend sa divinisation légitime. Cela voudrait dire, selon cette idée, que les idoles n’auraient pas droit à cette appellation, alors que le Coran est parsemé d’exemples démontrant le contraire. Allah (I) révèle notamment : [Et lorsqu’Ibrâhîm s’écria à Âzar, son père : Prendrais-tu ces vulgaires idoles pour divinité ?][12] ; Ailleurs, un Verset reproduit les revendications des païens : [Veut-il réduire toutes les divinités à une seule ? C’est vraiment là une chose étonnante][13] ; et Moussa fustigeant le Samaritain : [Regarde ton dieu que tu n’as cessé d’adorer !][14] ; que dire d’Ibrâhîm prétextant la maladie : [Il se glissa là où leurs divinités étaient plantées],[15] etc.

On peut toujours avancer que ces fameuses idoles doivent leur nom aux convictions que les païens avaient à leur égard. El Jawharî défend cette thèse : « Les divinités étaient les idoles que les païens baptisèrent ainsi, car convaincus qu’elles étaient dignes de vénération. Ils étaient donc motivés par une croyance, mais cela ne veut pas dire qu’ils avaient raison. »[16]

En réponse, nous disons que cette thèse est fragile ; déjà, car elle est infondée. Les textes cités plus haut ne reprennent pas tous le point de vue des païens. Allah Lui-même a recours à cette expression pour les placer face à leurs contradictions : [Auraient-ils des divinités qui assureraient leur protection à Notre place ?][17] ; [Et n’invoque aucun dieu autre qu’Allah ; nul n’est digne de la divinité en dehors de Lui, et toute chose, en dehors de Sa Face, est vouée à périr ; c’est Lui qui détient le pouvoir suprême et c’est vers Lui que ce fera votre retour][18] ; et plus éloquent encore : [Vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité].[19]

Ibn Kathîr nous fait savoir que l’impie est prisonnier de ses passions ; sa notion du bien et du mal est le fruit de son bon vouloir qui va guider son attitude.[20]

Dans le Livre saint, suivre ses passions revient à les prendre pour divinité, quand bien même on n’accorderait aucune légitimité à cette relation de dépendance. Nous avons démontré plus haut, en nous appuyant sur plusieurs citations, qu’el ilâh représente la divinité et qu’el ilâhiya est l’action d’adorer, indépendamment de savoir si on a tort ou raison, et indépendamment de savoir si on accorde ou non à cette relation un caractère légitime.

Pour mieux comprendre la chose, revenons à cette notion de perfection que devrait avoir la divinité pour être légitime. Les païens d’antan n’ont jamais accordé à leurs idoles un pouvoir absolu. Ils avaient conscience qu’elles étaient incapables de sortir la création du néant, de subvenir aux besoins, et de veiller à la gestion du monde. Ils savaient pertinemment qu’elles étaient soumises à l’Être suprême qui ne leur avait réservé aucune part de Son royaume. Lors du pèlerinage, ils Le glorifiaient à travers la formule de talbîya « Me voici ! Ô Toi qui n’as aucun associé, en dehors de celui que Tu T’es attribué, et qui T’appartient, lui et tout ce qu’il détient ! »[21]

Dans l’usage, ils ne faisaient que solliciter leur l’intercession pour parvenir à Allah, mais jamais il ne fut question de les sortir de leur condition de créatures faibles, nous témoignent les textes : [Ceux qui prennent des élus en dehors d’Allah, [disent :] nous les adorons uniquement pour qu’ils nous rapprochent d’Allah davantage][22] ; [Ils adorent en dehors d’Allah ce qui ne peut leur faire ni le bien ni le mal ; ils disent : ceux-là sont nos intercesseurs auprès de Lui].[23]

Ils n’ont jamais dit que leurs idoles étaient parfaites, et pourtant, ils les appelaient sous le nom de divinités, au même titre que le Coran, comme nous l’avons vu.

En théorie, certes, la divinité revient de droit au Dieu unique, mais le fait est que les démons ont embelli l’adoration des idoles aux fils d’Adam qui sombrèrent, pour un grand nombre d’entre eux, dans leurs mailles, qu’Allah nous vienne en aide !

Selon Râghib el Asfahânî, en principe, ilâh ne se met pas au pluriel, étant donné qu’il n’y a qu’un seul divin Maitre, mais les Arabes dérogèrent à la règle, car ils avaient pour croyance que leurs idoles étaient des divinités, d’où âliha, pl. de ilâh.[24]

En résumé, les idoles, sont, certes, de fausses divinités, mais elles n’en restent pas moins des divinités, étant donné que, dans les faits, elles font l’objet d’adoration. Sous un certain angle, il n’est donc pas faux de les appeler ainsi, outre le fait qu’elles en sont indignes.

Ibn Taïmiya en fait la démonstration : « L’ilâh ne renvoie pas ici à une idole qui fait l’objet d’une adoration illégitime, et Dieu sait qu’il y en a beaucoup. Néanmoins, il n’est pas juste de les appeler divinités, même à titre d’information. Le Coran dit bien : [Ce ne sont là que des noms que vous et vos pères avez inventés, sans qu’Allah ne vous ait donné la moindre autorité][25] ; [Cela, car Allah est la Vérité, alors que tous ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui incarnent le faux, et qu’Allah est le Très-Haut et le Très-Grand].[26] Les divinités sont donc nombreuses, sauf qu’elles ne méritent pas qu’on leur voue l’adoration, et que, par voie de conséquence, on les dénomme ainsi. C’est comme si sans la moindre compétence, on se mettait à désigner de son propre chef un témoin, un juge, un mufti, un émir, etc. »[27]

Notons enfin que Sheïkh el ‘Uthaïmîn considère qu’el Ilâh compte parmi les Noms sublimes d’Allah, en sachant que Dieu, la Divinité absolue, en est la traduction littérale. S’il est vrai qu’Allah est un Nom propre intraduisible, comme le souligne à juste titre, Sheïkh ‘Uthmân ‘Îssî, une vieille connaissance qui d’ailleurs n’interdit pas d’employer « Dieu », il n’en dérive pas moins d’el ilâh, nous explique ibn el Qaïyim, qui désigne la divinité absolue. Par ailleurs, dans la Langue française, il faut éviter, autant que faire se peut, les répétitions en s’aidant de synonymes (champ lexical). En l’occurrence, il est possible de désigner Allah avec des termes comme Dieu, le Très-Haut, le Tout-Puissant, le Créateur, le Seigneur, etc. De la même manière, dans la langue Arabe, il est possible de Le qualifier par Ses Noms et Ses Attributs, en sachant que d’illustres savants comme ibn Taïmiya,[28] el ‘Uthaïmîn, ibn Bâz dans une fatwâ avec la lajnâ dâima (n° 8115) tolèrent leur traduction.

En 1998, j’ai personnellement interrogé Sheïkh Suhaïmî sur la traduction d’Allah dans les langues étrangères ; et il m’a répondu que c’était autorisé à condition que le terme choisi n’ait aucune connotation mauvaise (je vais revenir sur ce point). Il a ensuite donné l’exemple de Khûdâ en perse. Il m’a renvoyé aux fatâwâ d’ibn Taïmiya, mais, après plusieurs années de recherche, je n’ai jamais trouvé le texte en question, en dehors de certains passages qui sont trop succincts pour nous éclairer.[29]

À suivre…

Traduit par : Karim Zentici

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[1] Raf’ el ishtibâ (p. 32).

[2] Tafsîr e-Tabarî (1/123) ; Voir également : taïsîr el ‘Azîz el Hamîd (1/212).

[3] Voir : mujmal e-lugha (1/101), Maqâyis e-lugha (p. 87), el muhkam (4/358), et tâj el ‘arûs (16/321).

[4] Les Remparts ; 127

[5] En annotation à sa recension de tafsîr e-Tabarî, Ahmed Shâkir considère faible cette annale.

[6] Tafsîr e-Tabarî (1/123).

[7] El mufradât (p. 21). [e-Lât] : sans redoublement du « t » à la fin est le nom d’une idole qui se trouvait à Tâif. C’était une espèce de gros rocher sculpté sur lequel était érigée une maison revêtue de tapis, faisant ainsi concurrence à la ka’ba. Bordée d’une esplanade, elle était gardée par des chambellans qui lui vouaient l’adoration. Cette idole était la fierté des habitants de Thaqîf et des tribus avoisinantes (ou sous leur tutelle ndt.). Selon une certaine lecture, le Verset donne : [Avez-vous vu e-Lâtt] ; avec un dédoublement du « t ». Il serait ainsi un participe actif du verbe latta yaluttu. Il s’agissait d’un homme pieux qui imbibait (latta) d’huile ou du beurre fondu (saman) la semoule d’orge ou de blé (sawîq) et donnait à manger aux pèlerins. Après sa mort, on fit construire au-dessus de sa tombe une maison sur laquelle on fit tomber des tapis, et qui devint ainsi une divinité. Voici pour Lât.

[el ‘Uzza] : représentaient plusieurs arbres de salam, qui se trouvaient dans la vallée wâdî nakhla entre La Mecque et Tâif. Ils étaient entourés d’un édifice et de tapis, et disposaient également de gardiens. Ils étaient habités par des démons qui parlaient aux hommes dans le but de les détourner du chemin d’Allah. Les ignorants s’imaginaient que ces voix provenaient des arbres eux-mêmes, voire de l’édifice qui fut construit à leur attention. Cette idole appartenait aux Quraïshites, mais aussi plus généralement aux habitants de La Mecque et de ses environs.

[Manât] : était un gros rocher dans un lieu proche de la montagne de Qudaïd située entre La Mecque et Médine. Cette idole appartenait aux tribus Khuzâ’a, el Aws et el Khazraj. Voici les trois plus grandes idoles auxquelles les Arabes vouaient le culte.

Allah (I) révèle : [Avez-vous vu e-Lât et el ‘Uzza ? • Et Manât la troisième du lot ?] [Les étoiles ; 19-20] : vous ont-elles apporté quelque chose ? Vous ont-elles été utiles ? Vous ont-elles apporté un quelconque secours ? Ont-elles le pouvoir de créer, de pourvoir aux besoins, de donner la vie et la mort ? Qu’ont-elles de particulier pour attirer ainsi votre attention ? La question posée marque la désapprobation et appelle à la raison. Il s’agit de simples rochers et d’arbres, de simples créations qui ne peuvent apporter ni le bien ni le mal.

À l’avènement de l’Islam, après la conquête des Lieux saints de La Mecque, le Messager d’Allah (r) envoya el Mughîra ibn Shu’ba et Abû Sufiân ibn Harb à Tâif pour détruire e-Lât. Les deux hommes mirent son ordre à exécution. Khâlid ibn el Walîd eut pour sa part, la mission de détruire el ‘Uzza et de couper les arbres qui l’ornaient. Il en profita pour tuer la djinniya qui hantait les lieux et qui s’adressait aux visiteurs en vue de les égarer. Il la fit disparaitre de la surface de la Terre, qu’Allah soit loué ! Alî ibn Abî Tâlib se dirigea quant à lui, vers Manât pour la détruire et la réduire à néant. [Pour plus de détails, voir : zâd el ma’âd (4/413-415).] (Sheïkh el Fawzan)

[8] Voir : el ‘aq e-thamîn (1/530) ; la version qui fut l’objet d’une recension e-tawdhîh wa e-tabyîn dans le cadre d’une thèse universitaire.

[9] Voir : tafsîr el Baïdhâwî (1/16).

[10] Ishtiqâq asmâ Allah (p. 30).

[11] El furûq (p. 152).

[12] Le bétail ; 74

[13] Sâd ; 5

[14] Tâ-hâ ; 97

[15] Les rangées d’anges ; 91

[16] E-sihâh (7/224).

[17] Les prophètes ; 43

[18] Les récits ; 88

[19] La nation agenouillée ; 23

[20] Tafsîr ibn Kathîr (7/268).

[21] Le hadîth sur le sujet est rapporté par Muslim (n° 1185), selon ibn ‘Abbâs (t).

[22] Les groupes ; 3

[23] Yûnas ; 18

[24] El mufradât (p. 21).

[25] L’étoile ; 23

[26] Le pèlerinage ; 62

[27] Majmû’ el fatâwâ (14/172).

Il incombe, à cette occasion, d’attirer l’attention sur les objections qu’un auteur a émise à l’encontre de notre définition d’el ilâh, comme le mentionne Fakhr e-Dîn e-Râzî (voir son tafsîr (1/145). Nous les reproduisons ici succinctement ; celles-ci sont au nombre de cinq :

  1. Les idoles, qui ne sont pas des divinités font l’objet d’adoration ;
  2. Allah est la divinité des matières inertes et des animaux qui sont pourtant incapables de vouer le culte d’une manière ou d’une autre ;
  3. Le Très-Haut est le Dieu des personnes non pubères et celles ayant perdu la raison, et pourtant elles ne participent pas aux rituels.
  4. Si cette définition était juste, alors la divinité ne pourrait être un Attribut divin.
  5. En plus, il n’existerait pas un dieu éternel et antérieur à la création.

Avant de répondre à ces objections, nous soulignons que Râzî – que Dieu lui pardonne – n’a apporté aucun commentaire à la suite de ce passage, ce qui a valeur de consentement. Or, ce même Râzî rejoint dans l’ouvrage en question, notre définition, et va jusqu’à le démontrer en s’appuyant sur plusieurs textes coraniques (voir son tafsîr (1/145).

Nous pouvons passer à la réponse que nous résumons en plusieurs points :

Primo : le Coran démontre que les idoles portaient le nom de divinité, comme nous l’avons vu plus haut.

Secundo : Allah est la divinité des créatures qui l’adorent uniquement [voir : badâi’ el fawâid (2/781)]. ; En sachant que les matières inertes et les animaux notamment participent à Son culte. Plusieurs textes scripturaires le prouvent [voir : tafsîr el Baghawî (6/380), et tafsîr ibn Kathîr (5/403-404)].

Tertio : la divinité est un Attribut divin, étant donné qu’Allah est le seul à légitimement en bénéficier. Il est qualifié avec des adjectifs parfaits et absolus que ce soit pour décrire Sa Personnes ou bien Ses Attributs ; la vraie divinité ne pouvait que regrouper les plus hauts et les plus beaux qualificatifs qui siéent à sa Majesté, et Seul Allah répond à ce signalement [voir : badâi’ el fawâid (2/782)]. Ainsi, Allah détient la divinité et l’adoration en raison de Sa perfection, et mérite donc que l’on ajoute la divinité à Ses Attributs.

Quarto : l’auteur ramène une fausse implication, en disant qu’il n’existerait pas un dieu éternel et antérieur à la création. Le Roi du Ciel et de la Terre est le Créateur de toute éternité, et de toute éternité Il est digne d’adoration de la part de Ses créatures. En réalité, ce sujet est lié à un autre bien plus complexe qu’il serait trop long de développer ici ; tasalsul el hawâdith (cycle d’accidents sans fin ndt.). Voir : shahâda an lâ ilâh illâ Allah de Sheïkh Sâlih Sindî.

[28] Voir : Dar-u ta’ârudh el ‘aql wa e-naql et bayân talbîs el jahmiya d’ibn Taïmiya (2/389).

[29] Voir : el fatâwâ el kubrâ (6/568).

Il incombe, à cette occasion, d’attirer l’attention sur les objections qu’un auteur a émise à l’encontre de notre définition d’el ilâh, comme le mentionne Fakhr e-Dîn e-Râzî (voir son tafsîr (1/145). Nous les reproduisons ici succinctement ; celles-ci sont au nombre de cinq :

  1. Les idoles, qui ne sont pas des divinités font l’objet d’adoration ;
  2. Allah est la divinité des matières inertes et des animaux qui sont pourtant incapables de vouer le culte d’une manière ou d’une autre ;
  3. Le Très-Haut est le Dieu des personnes non pubères et celles ayant perdu la raison, et pourtant elles ne participent pas aux rituels.
  4. Si cette définition était juste, alors la divinité ne pourrait être un Attribut divin.
  5. En plus, il n’existerait pas un dieu éternel et antérieur à la création.

Avant de répondre à ces objections, nous soulignons que Râzî – que Dieu lui pardonne – n’a apporté aucun commentaire à la suite de ce passage, ce qui a valeur de consentement. Or, ce même Râzî rejoint dans l’ouvrage en question, notre définition, et va jusqu’à le démontrer en s’appuyant sur plusieurs textes coraniques (voir son tafsîr (1/145).

Nous pouvons passer à la réponse que nous résumons en plusieurs points :

Primo : le Coran démontre que les idoles portaient le nom de divinité, comme nous l’avons vu plus haut.

Secundo : Allah est la divinité des créatures qui l’adorent uniquement [voir : badâi’ el fawâid (2/781)]. ; En sachant que les matières inertes et les animaux notamment participent à Son culte. Plusieurs textes scripturaires le prouvent [voir : tafsîr el Baghawî (6/380), et tafsîr ibn Kathîr (5/403-404)].

Tertio : la divinité est un Attribut divin, étant donné qu’Allah est le seul à légitimement en bénéficier. Il est qualifié avec des adjectifs parfaits et absolus que ce soit pour décrire Sa Personnes ou bien Ses Attributs ; la vraie divinité ne pouvait que regrouper les plus hauts et les plus beaux qualificatifs qui siéent à sa Majesté, et Seul Allah répond à ce signalement [voir : badâi’ el fawâid (2/782)]. Ainsi, Allah détient la divinité et l’adoration en raison de Sa perfection, et mérite donc que l’on ajoute la divinité à Ses Attributs.

Quarto : l’auteur ramène une fausse implication, en disant qu’il n’existerait pas un dieu éternel et antérieur à la création. Le Roi du Ciel et de la Terre est le Créateur de toute éternité, et de toute éternité Il est digne d’adoration de la part de Ses créatures. En réalité, ce sujet est lié à un autre bien plus complexe qu’il serait trop long de développer ici ; tasalsul el hawâdith (cycle d’accidents sans fin ndt.).

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Publié par mizab
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