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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 21:56

L’homme est un ennemi pour l’Homme

(Partie 2)

Nouvelle version

2- Les punitions qui relèvent de la Loi textuelle (touchant à la Volonté préceptive d’Allah ndt.) :

Dans le sens où le Très-Haut peut interdire à un peuple pervers des jouissances qui leur étaient licites. Celui-ci révèle à ce sujet : [Et aux adeptes du judaïsme, Nous leur avons interdit la viande d’animaux à sabots, la graisse de bœuf et de mouton, excepté celle du dos et des entrailles, ainsi que celle qui est mêlée aux os ; Nous les avons punis ainsi pour leur iniquité, certes, Nous disons la stricte vérité].[1] Allah nous informe qu’Il leur a interdit certaines choses en punition à leur iniquité qui correspond à l’injustice ; cette interdiction frappe les animaux à sabot fendu comme le chameau.[2] Il leur a également interdit la graisse des bovins et des ovins,[3] sauf celle du dos, des entrailles et celle mêlée aux os. Au début, ils avaient le droit d’en consommer, mais des dispositions plus tardives vinrent abroger cette liberté, en raison de leurs mauvais actes. En voici la preuve : [En raison de l’injustice des adeptes du judaïsme ayant détourné beaucoup de monde du droit chemin, Nous leur avons interdit maintes bonnes choses autrefois autorisées • Et pour avoir pratiqué l’usure qui était pourtant frappée d’une interdiction, mais aussi pour leur penchant à manger injustement les biens d’autrui ; Nous avons réservé aux mécréants parmi eux un châtiment douloureux].[4]

L’un des exemples notoires est l’histoire que relate la sourate la vache, et qui dépeint la mauvaise volonté dont firent preuve les enfants d’Israël à qui il fut enjoint de tuer une vache. Au départ, n’importe quel animal aurait faire l’affaire, mais leur hésitation que trahissaient leurs questions incessantes affichant un scrupule affecté, rendit la tâche bien plus ardue. En punition à leur obstination, Allah les accabla de conditions que la bête à immoler devait remplir. Ibn ‘Abbâs explique à ce sujet : « S’ils s’étaient contentés de n’importe quelle bête, l’affaire aurait été réglée, mais comme ils insistèrent Allah les accabla de conditions. »[5]

Autrement dit, Allah leur assigna une tâche plus lourde en leur imposant des conditions plus que compliquées dont la bête devait se doter. Cela, en punition à leurs péchés et plus particulièrement pour avoir joué les fortes têtes face au Décret divin.

Si cela est clair, ibn el Qaïyim pointe le doigt sur la cause des défaites infligées aux musulmans : « Nous pouvons désormais mieux pénétrer le Verset disant : [Allah ne laissera jamais aux infidèles de prendre le dessus sur les croyants].[6] Celui-ci est à prendre, dans sa généralité, au sens littéral. Il arrive, cependant, aux infidèles de dominer les croyants coupables de transgressions qui s’opposent à la foi. La punition est à la hauteur de la faute. Ils sont donc responsables de leur propre défaite, comme ce fut le cas à la bataille d’Uhûd où ils transgressèrent les ordres du Prophète. Ainsi, si Satan exerce son emprise sur les élus de Dieu, c’est uniquement dans la mesure où les péchés de ces derniers, qui peuvent se hisser au niveau de l’idolâtrie, ouvrent une brèche pour le laisser causer des dégâts de l’intérieur. C’est alors qu’Allah abandonne Son serviteur aux mains de Satan qui le tient plus que jamais en son pouvoir ; si on y trouve un bien, il incombe de louer le Tout-Puissant, sinon, il ne faut s’en prendre qu’à soi-même ! »[7]

Ailleurs, ibn el Qaïyim explique par quel phénomène, les mauvais émirs s’installent à la tête des musulmans, à la faveur d’une analyse qui, à ma connaissance, n’a pas sa pareille : « À bien y réfléchir, remarque-t-il, le Très-Haut fit preuve d’une grande sagesse lorsqu’Il décréta que la classe dirigeante était à l’image du peuple. Celle-ci est l’instrument qui va jauger l’état de santé de la société ; une bonne société donnera de bons dirigeants et vice-versa. Les vices d’en bas (injustice, fraude, malhonnêteté, dépouillement, cupidité, extorsion des plus faibles) se répercuteront en haut. Les lourds impôts et les spoliations légales qui accablent les foyers ne sont que la manifestation de ces symptômes. Les tyrans sont donc le reflet du peuple opprimé. La sagesse divine veut qu’un peuple gangréné par la débauche soit gouverné par des hommes de même type.

La première époque, l’âge d’or de l’Islam, baignait dans un climat de piété à tous les échelons. Les changements qui bouleversèrent, par la suite, cette harmonie s’opérèrent par le bas. Aujourd’hui, cette même sagesse divine refuserait que nous soyons représentés par des hommes comme Mu’âwiya et ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz, sans parler d’Abû Bakr ni d’Omar. Nos représentants sont à notre niveau, comme c’était le cas par le passé. Les différentes conjonctures répondent à une sagesse infinie. L’esprit perspicace va la palper à la faveur d’un voyage intérieur qui le mettra en contact avec les mystères du destin les plus subtils, de la même manière qu’il appréhende allégrement les lois de la création et de la religion. Que personne ne se hasarde à des conjectures fondées sur l’impression que telle chose échappe à la vigilance divine. Rien n’est laissé au hasard, et les plans du Très-Haut sont justes et impeccables. Sauf que les âmes faibles sont incapables de les percer à l’image des chauves-souris non adaptées pour supporter la lumière du soleil. Ces âmes faibles sont perméables aux hérésies qui vont s’imprégner en elles pour se transformer en véritable seconde nature, à l’image des chauves-souris qui s’épanouissent dans les ténèbres des grottes obscures.

Le soleil gêne énormément les chauves-souris

Qui s’épanouissent au gré de la nuit sombre. »[8]

Traduit par : Karim Zentici

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[1] Le bétail ; 146

[2] L’Ancien Testament dresse une liste des animaux ayant des sabots à ne pas consommer, dont notamment le porc qui a le sabot fendu (voir : le Lévitique ; 11.3-8 et Deutéronome ; 14.7-8). (N. du T.)

[3] Voir : le Lévitique ; 7.22-25 (N. du T.)

[4] Les femmes ; 160-161

Remarque : l’Ancien Testament proscrit le prêt à intérêt entre israélites (voir : Exode ; 22.24, le Lévitique ; 25.36-37, et Deutéronome ; 23.20-21). Or, contrairement à la Bible, le Coran ne fait pas la distinction entre un Juif et un non-juif, car, dans tous les cas, l’usure est une forme d’injustice wa Allah a’lam ! (N. du T.)

[5] Cette annale, jugée hasanbonne, est rapportée par ibn Jarîr dans son tafsîr (2/98) ; ibn kathîr l’a authentifiée dans son exégèse.

[6] Les femmes ; 79

[7] Voir : ighâtha e-lahfân (1/100).

[8] Voir : miftâh dâr e-sa’âda (1/253).

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Publié par mizab
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