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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 15:27

Les dangers des passions et des désirs malsains

Nouvelle version

Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

D’après des paroles d’ibn el Qaïyim el Jawziya (traduction libre).

L’homme est animé par deux forces : l’une au niveau de la pensée et l’autre au niveau de la volonté et des actes. Il trouve son bonheur à les parfaire ensemble. Concernant la première, il s’agit de connaître Son Créateur et Bienfaiteur à travers Sa création, Ses Noms et Attributs, et la voie qui mène à Lui. Il incombe de s’instruire également sur les sentiers égarés, de faire son autocritique en ayant conscience de ses défauts et de ses faiblesses. La plénitude au niveau de la seconde force consiste à remplir ses devoirs envers Son créateur, et ce cheminement n’est possible sans l’aide du Tout-Puissant qui va le guider sur le droit chemin, et l’épargner de l’égarement qui est caractéristique aux chrétiens corrompus au niveau du savoir, et de Son Courroux qui s’est déjà abattu sur les juifs corrompus au niveau des actes.[1]

En se mettant à l’abri des shubuhât et des shahawât, on tend vers la perfection, le succès et la béatitude, en récompense à la droiture acquise à la faveur de la Miséricorde divine. C’est pourquoi, le Coran fait souvent un parallélisme entre d’une part la miséricorde, le succès, le bonheur, et la bonne voie qui incarnent le savoir utile et la lumière ; et entre d’autre part le châtiment, le malheur, l’égarement et les ténèbres.[2]

L’homme est éprouvé par deux vices : l’un, le plus dangereux, a lieu au niveau de la pensée (les shubuhât), et l’autre au niveau des actes (les shahawât). Le plus grand malheur est d’être entaché par les deux à la fois. Les shubuhât proviennent d’un manque de savoir et de perspicacité. Celles-ci sont d’autant plus dévastatrices qu’elles sont accompagnées d’une mauvaise intention, ou qu’on s’abandonne à ses mauvaises pulsions (el hawâ) pour s’éloigner du droit chemin. Ce genre d’épreuve mène à la mécréance et à l’hypocrisie. Les shubuhât sont caractéristiques aux hypocrites et aux innovateurs qui mêlent le vrai et le faux, et qui entretiennent la confusion entre le bon et le mauvais chemin. La Tradition prophétique est le seul véritable rempart à même de contenir ces dangers, à condition de la suivre intégralement à la lettre. Les facteurs à l’origine de l’égarement sont multiples : mauvaise compréhension, information manquante ou biaisée, méconnaissance d’un texte, arrière-pensées, mauvaises pulsions ; ce qui entraine soit un aveuglement au niveau du savoir soit un fourvoiement au niveau des intentions.

L’autre fléau qui assaille l’homme mène au vice et à la débauche. Ainsi, à l’origine du mal, l’individu met en avant soit sa pensée aux dépens de la religion soit ses passions aux dépens de la raison. Dans le premier cas, ce sont les shubuhât et dans le second, ce sont les shahawât. Seule la certitude, qui est stimulée par le savoir, est à même de pallier les shubuhât, et seule la patience, qui est stimulée par la crainte d’Allah, est capable de remédier aux shahawât. Le Très-Haut révèle : [qui se recommandent mutuellement la vérité et mutuellement la patience][3] ; [Nous avons élevé certains d’entre d’eux au rang de guides sur le chemin de la vérité, en récompense à leur patience, et à leur foi inébranlable à nos Signes].[4] Certains anciens assurent qu’avec la patience et à la conviction on obtient l’autorité dans la religion.[5]

Or, il est plus facile de patienter face aux passions que d’en subir les conséquences. Les passions entraînent en effet la souffrance et la punition ; la privation d’une jouissance pourtant bien plus considérable ; une perte de temps à l’origine de futurs remords ; la séparation, l’ablation d’un membre qu’il est plus utile de garder ; la dilapidation de l’argent, une lésion faite à l’honneur si chers aux honnêtes gens ; la suppression d’un bienfait qui procure un bien être bien plus bénéfique et bien plus noble ; l’attirance des mauvaises langues contre soi ; le souci, l’anxiété, la tristesse, et la peur qui sont des sentiments bien moins avantageux en comparaison aux plaisirs éphémères que fournissent les passions ; l’oubli de la connaissance pourtant plus agréable à l’esprit que la vie licencieuse ; la réjouissance des ennemis et la tristesse des amis ; l’obstruction des voies de la prospérité ; un défaut qui ne veut plus partir, car les œuvres forgent la personnalité et le comportement.[6]

Par ailleurs, Allah (I) installa la haine entre l’ange et le démon, entre la raison et les passions, entre les mauvais penchants (e-nafs el ammâra bi e-sû) et le cœur, l’âme paisible (e-nafs el mutma-inna ndt.). Il met ainsi Ses créatures à l’épreuve en approvisionnant chacun, fort de son statut, en armes et en renfort. Dans une lutte incessante et acharnée, tantôt c’est le bien qui l’emporte, tantôt c’est le mal. Quand le déroulement de la bataille tourne en faveur du bien, l’individu jouit alors du bonheur, de la félicité, de l’épanouissement, d’un joli butin qui va combler sa vie. Mais quand le mal prend le dessus, là seront les pleurs et les grincements de dents avec son lot de tristesse, de mélancolie, de soucis, d’anxiété, de malheur, et de décrépitude.[7]

La pensée est à l’origine des bonnes et des mauvaises œuvres. Elle se situe avant l’intention qui vient avant la motivation, l’ambition et l’action. Il existe toute sorte de pensée négative ; former dans son esprit des plaisirs et s’imaginer la façon de les assouvir.[8] Les mauvaises pensées qui dominent la conscience mènent à la perte, et alimentent un leurre sans cesse en haleine, à l’image d’un mirage qui fourbit l’espérance. L’âme vile se complait de sinistres illusions empreintes d’un défaitisme languissant. L’imagination est un poison qui marche sur les cendres de la paresse, l’inaction, la négligence, le remord et l’envie qui parsèment les journées mal conquises. Celle-ci s’érige en frustration qui martèle le cerveau comme un impitoyable pieux. Seule la bassesse, désormais plantée entre ses yeux, lui fait miroiter un semblant de bien-être. Pour s’élever dans les nues, l’âme ne s’encombre point de phantasmes terre à terre. Le temps est précieux, et il s’en va aussi vite que les nuages. Rien ne sert de nourrir des rêveries futiles qui, d’une manière ou d’une autre, conduisent au passage à l’acte irréversible.[9]

Ainsi, les péchés sont à l’origine du manque de réussite, de la corruption de la pensée, de la mauvaise compréhension, de la dégradation du cœur, de la difficulté à bien réfléchir, de la perte de temps inutile, de l’éloignement des autres, du mauvais climat qui s’installe entre le serviteur et le Seigneur, des invocations non exaucées, de la dureté du cœur, de l’absence de baraka dans les biens et la durée de vie, de la privation du savoir, de la bassesse qui habite le spectre lugubre qui sert de carapace, de l’humiliation, de la défaite devant un ennemi assoiffé, du serrement de la poitrine, de l’attirance des mauvaises fréquentations qui entrainent vers l’oisiveté, de l’accablement par les soucis, la tristesse, le désespoir, et le calvaire…

La souillure morale fait oublier le rappel d’Allah de façon aussi efficace que l’eau cultive le jardin ou que le feu brûle les éléments, soit tout le phénomène inverse qui se produit chez le dévot en plein osmose avec lui-même dans l’exercice du culte.[10]

L’adultère, à lui seul, engendre la pauvreté, la discorde entre les hommes ; il raccourcit la durée de vie, noircit le visage, disperse le cœur, éloigne de l’ange et rapproche du démon…[11]

Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

Traduit par : Karim Zentici

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[1] Voir : Fawâid el fawâid (p. 115-116).

[2] El muntaqa mi ighâthat e-lahfân min masâyad e-shaïtân (p. 416-419).

[3] Par les temps ; 3 voir : el muntaqa mi ighâthat e-lahfân (412-415).

[4] La prosternation ; 24

[5] Voir : ‘uddat e-sâbirîn (p. 115-120).

[6] Fawâid el fawâid (p. 387).

[7] Idem. (p. 409).

[8] Idem. (p. 348).

[9] Voir : e-Dâ wa e-dawâ (p. 249-260).

[10] Fawâid el fawâid (p. 462).

[11] E-Dâ wa e-dawâ (p. 251).

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Publié par mizab
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