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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 16:20

­ Mohammed el Âjurrî – qu’Allah ait son âme – a dit : ceux qui lisent le Coran pour un intérêt profane ou pour les hommes se distinguent pour en connaitre le contenu par cœur, mais tout en négligeant ses enseignements, et, imbus d’eux-mêmes, en prenant les autres de haut. Ils le traitent comme une marchandise pour soutirer l’argent des riches et comme un paravent pour arriver à leurs fins ; ils mettent les plus nantis sur un piédestal, et ils foulent au pied les plus démunis. Ils favorisent les élèves de bonne condition et traitent mal les plus défavorisés, car ils n’ont rien à attendre d’eux.

L’un d’entre eux met les pauvres à son service, mais, lui, il se met au service des riches ; et si, en plus, il a une belle voix, il aime en faire la démonstration devant les rois et présider la prière lors de leurs assemblées en vue de gagner leurs faveurs. En revanche, il est moins enclin à faire l’imâm pour les couches les plus basses de la société quand ils ont besoin de lui, car il ne tire d’eux aucun profit ; il est prêt à se mettre à genoux pour ses vils intérêts ; il se vante de connaitre le Coran et ses différentes lectures (des plus communes aux plus singulières), et il prend de haut tous ceux qui n’ont pas son niveau ; s’il avait la tête sur les épaules, il se rendrait compte qu’il n’a pas le droit de piocher dans les lectures singulières pour étaler ses connaissances et appâter son assemblée ; il est puéril, prétentieux, et parle beaucoup pour ne rien dire ; il dénigre ceux qui n’ont pas une aussi bonne mémoire que lui, et il se met à l’affût des défauts de ceux qui le rivalisent dans ce domaine.

Il est hautain dans sa façon de s’assoir et de donner des cours ; il n’est pas enclin à la dévotion ; toujours à rire et à parler de se qui ne le regarde pas ; il bavarde avec son voisin au lieu de corriger ses élèves et il se laisse distraire au lieu de remplir sa fonction ; il se donne l’apparence d’être absorbé par la lecture, mais il est plus attiré par la parole des hommes que Celle de Son Seigneur (U) ; le Coran ne lui fait aucun effet ; il ne provoque chez lui ni larme ni chagrin et il est loin de se remettre en question, contrairement à ce qui lui est demandé !

Il est fasciné par les jouissances terrestres ; celles-ci règlent ses humeurs et exercent sur un lui une grande attraction. Il ressent comme un affront quand on ne se met pas en quatre pour lui ; il compte jouir pleinement des « privilèges » de sa fonction ; s’il en abuse, il n’est pas prompt, en revanche, à rendre à Allah ce qui Lui revient ; il affiche un grand zèle envers les autres au nom de la prétendue défense de la religion, au moment où il est plus que tolérant envers lui-même en fermant les yeux sur l’origine de ses revenues parfois plus que douteuse ; il est aveuglé par l’amour du gain, et il se lamente quand une occasion lui échappe quand bien même il ne serait pas dans son droit.

Il ne s’imprègne pas des mœurs du Coran dont les sermons laissent insensibles ; qu’il le lise ou qu’il l’écoute, il reste de marbre ; il est plus que maniaque sur la prononciation et s’agace de la moindre erreur de sa part, car sa réputation est en jeu, et son rang est mis à mal ; le plus petit bégaiement le contrarie à outrance ; il n’est pas aussi pointilleux quand il s’agit d’observer à la lettre les commandements divins ; ses écarts ne le dérangent pas outre mesure ; il se comporte souvent comme les ignorants qui n’ont aucune culture religieuse ; et il ne prend pas la peine de mettre en pratique les injonctions coraniques ; il a beau entendre le Verset : [Les enseignements que le Messager vous a donnés, prenez-les, et ce qu’il vous a interdit, renoncez-y][1] ; il ne remue pas ciel et terre pour étudier précisément les interdictions en question afin d’y renoncer, il fait plutôt preuve d’un grand laxisme qui ne sied pas à son rang !

Il n’est pas à cheval sur les sciences qui règlent sa relation avec le Tout-Puissant, et à laquelle il doit s’astreindre ; il préfère les matières qui le mettent en valeur auprès des gens importants, et sur lesquels il lorgne ses intérêts ; il est très peu versé en matière de licite/illicite préconisé par le Coran et la sunna et sur lesquels il est sensé s’aligner de manière fondée ; il n’a pas un œil sur les sciences qui le mettent en contact avec les bienfaits qui l’entourent et qui le familiarisent avec Son Bienfaiteur afin de Lui exprimer sa reconnaissance.

On sent qu’il récite le Coran à contrecœur ou pour impressionner l’audition ; cela ne provoque en lui aucune dévotion qui se reflèterait sur ses membres ; qu’il soit élève ou enseignant, il se demande quand est-ce que le cours va finir, au lieu de chercher à en pénétrer les subtilités ; il ne se sent pas interpeller par les paraboles et les sermons du Livre sacrée sur lesquels il passe et repasse ; il cherche à tout prix à plaire aux créatures quitte à déplaire aux Créateur ; il se pavane de ses nombreux assises et de ses cycles d’apprentissage du Coran ; il raffoles des éloges, même mensongères, qui, venant des incrédules, lui font perdre la tête ; il se donne une image, mais, en définitive, il n’est pas mieux qu’eux ; il est à la remorque de ses passions, et pourtant le Coran le prévient sans cesse des dangers qu’il encourt, mais pour cela, il faudrait qu’il en ouvre les pages !

Il n’aime pas qu’on prenne des cours chez un autre que lui ou qu’on dise du bien d’un lecteur ; il est plus à l’aise quand on le traine dans la boue ; il prend en dérision ses rivaux qui sont moins forts que lui, et il se contente d’allusion malveillante quand il ne fait pas le poids devant eux ; il est à l’affût de leurs défauts en vue de jeter le discrédit sur eux ; il se met constamment en valeur et il jubile à l’idée que les autres se trompent pour montrer qu’il est le meilleur.

Accumuler autant de défauts ne peut qu’attiser le courroux divin. Le comble est de se donner l’image d’un pieux en utilisant le Coran pour arriver à ses fins, alors qu’on a perdu sa flamme et qu’on a plus de zèle à enfreindre les interdits qu’à rester fidèle à ses principes ; l’amour du pouvoir et des jouissances terrestres lui ont tourné la tête ; les compliments et la popularité flattent son égo ; il accourt au chevet des gens importants et de la famille régnante qui réclame ses compétences de lecteur, mais il est beaucoup moins prompt à répondre aux sollicitations venant d’anonymes de condition modeste.

Il connait le Coran par cœur et il maitrise sa récitation, mais, paradoxalement, il néglige nombre de ses lois.

Il se comporte comme un ignorant ; il mange sans s’appuyer sur un savoir, il boit sans savoir, il dort, s’habille, a des relations charnels avec sa femme sans savoir ; il fréquente ses amis sans savoir ; il les visite, les salut et prend congé d’eux sans savoir ; sa vie quotidienne ne s’inspirent ni du Coran ni de la sunna ; un autre que lui bien moins versé dans les sciences du Coran et qui ne bénéficie d’aucune célébrité fait au moins l’effort de se conformer aux obligations religieuses.

Mohammed el Âjurrî – qu’Allah ait son âme – a dit : un tel individu est forcément un mauvais exemple pour les ignorants peu enclins à la vertu ; ils s’en servent comme prétexte pour justifier leurs écarts et soulager leur conscience ; il est dans une situation extrêmement périlleuse, car toutes les preuves sont établies contre lui, il ne bénéficie d’aucune excuse, et n’a d’autre alternative que de se repentir. Si j’ai peint un tableau aussi sombre, c’est pour élever le niveau de conscience des lecteurs du Coran, qu’ils tendent vers la pureté, et qu’ils se détachent du vice. Qu’Allah nous oriente tous ensemble sur le bon chemin !

[1] Le rassemblement ; 7

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Publié par mizab
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