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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 14:03

Quel est le point commun entre les shiites et les juifs ?

… si les Juifs parviennent à fonder un empire en Iraq ou ailleurs, les Rafidhites seront parmi leurs plus grands alliés. Ces derniers s’allient constamment avec les mécréants parmi les païens, les Juifs, et les chrétiens pour combattre les musulmans, et ils leur viennent toujours en aide. Ibn Taïmiya (m. 728/1358) [Manhâj e-Sunna 3/378].

Sous le pseudonyme de ‘Abd Allah el Jumaïlî, l’auteur de la thèse universitaire Badhl el Majhûd fî Ithbât Mushâbahat e-Râfidha li el Yahûd, répond à cette question qui peut sembler pour le moins paradoxale en regard en tout cas d’une certaine actualité récente.

Plus connus sous le nom de shiites, les Râfidhites furent nommés ainsi pour avoir refusé ou renié (Rafadha) Zaïd ibn ‘Ali ou pour avoir refusé le Khalifat d’Abû Bakr et de ‘Omar.[1] Il est toutefois abusif de les nommer shiites pour deux raisons :

Premièrement : le terme shiite a des connotations laudatives dans le vocabulaire du Coran,[2] c’est pourquoi les pseudos partisans de ‘Ali le préfère à celui de Râfidhite qui comme nous l’avons vue est péjoratif.

Deuxièmement : le Zaïdisme, qui est une branche modérée du shiisme, n’adhère nullement à la pensée Râfidhite dont les adeptes les plus représentatifs à l’époque contemporaine sont les Duodécimains. La plupart des shiites d’Iran, de l’Iraq, du Pakistan, et d’ailleurs (comme le Liban ndt.) revendiquent en effet leur appartenance à la secte hérétique –faut-il le rappeler – el Ithnâ-‘Ashriya.[3]

Dès l’avènement de l’Islam, une vague venue du désert a déferlée sur les deux empires les plus prestigieux qui ont régné tout le long de la première moitié du premier millénaire. Elle a répandu la lumière du monothéisme pure sur les ténèbres du paganisme et de l’athéisme qui s’exprimait dès lors sous des formes multiples : si les mazdéens de l’empire perse étaient des païens affichés ou des philosophes agnostiques, les héritiers des deux grandes religions juive et chrétienne n’en étaient pas moins épargnées par l’obscurantisme en exerçant un polythéisme caché et un agnosticisme déguisé. Quand les peuples de la terre furent délivrés du joug des sassanides et des byzantins, ils embrassèrent l’Islam en masse. Non seulement la défaite est restée en travers de la gorge des vaincus, mais ils se sont rendus comptes très tôt que comme par un miracle, leur civilisation respective s’était effondrée à jamais. Dès lors, ils prirent conscience qu’ils ne pourraient pas en découdre avec les musulmans par les armes pendant un long moment. Ils eurent alors recourt à la ruse, en formant une « cinquième colonne » capable à défaut de ne pouvoir briser l’empire naissant, de l’affaiblir de l’intérieur, et de prendre ainsi leur revanche. [4]

Du côté des juifs, ‘Abd Allah ibn Saba était l’homme de la situation. [5] Afin de semer la discorde sous le Khalifat de ‘Uthmân, il propagea très vite au sein des musulmans que ‘Ali était en fait l’héritier légitime de Mohammed de la même manière que Josué fut l’héritier de Moïse dans les anciennes écritures. Il insuffla notamment le concept d’el Ruj’a (le retour) : selon lui, le Prophète de l’Islam (ou ‘Ali) est plus à même de revenir sur terre à la fin des temps que Jésus. Originaire du Yémen et de confession juive, il s’est converti hypocritement à l’Islam dans le but de corrompre cette religion naissante et ses adeptes de la même façon que Paul le juif à corrompu la religion chrétienne. L’historien el Maqrîzî souligne qu’ibn Saba a innové à l’époque du troisième Khalife, le concept de la Wasiya (élire héritier) de la part du Prophète envers son cousin ‘Ali, et le concept d’el Ruj’a.[6]

C’est pourquoi, un orientaliste allemand en arrive à la conclusion suivante : « La tendance shiite, celle que l’on affilie à ‘Abd Allah ibn Saba puise plus ses origines chez les juifs que chez les iraniens. »[7] Un autre orientaliste constate que le concept d’el Ruj’a est directement influencé par les croyances juives et chrétiennes que les adeptes des anciennes écritures ont empruntés au paganisme, et avec lesquelles les sabéites ont cherché à pervertir une nation naissante dont la croyance était saine.[8] Ibn Saba lui-même comme nous l’apprend l’hérésiographe el Baghdâdi avoue selon e-Sha’bî (m 104/736), s’être inspiré de la Thora pour donner crédit au concept de la Wasiya.[9]

Ce même e-Sha’bî à propos duquel Sheïkh el Islam ibn Taïmiya déclare qu’il comptait parmi ceux qui avaient une plus grande expérience des shiites,[10] nous fait une longue description de cette secte, dans laquelle il confie à Mâlik ibn Maghûl : « Hé Mâlik ! S’ils pouvaient m’offrir leur cou en esclavage, et s’ils pouvaient remplir ma maison d’or afin que j’invente un seul mensonge sur ‘Ali, ils ne se gêneraient pas de le faire. mais par Allah ! je ne mentirais jamais sur lui ! Hé Mâlik ! J’ai étudié toutes les sectes mais je n’ai jamais vu des gens plus imbéciles que les Râfidhites. S’ils étaient des animaux à quatre pattes ils seraient des ânes, et s’ils étaient des oiseaux ils seraient des vautours. » Il a dit ensuite : « Je te mets en garde contre toutes les sectes égarées dont la Râfidhite est la pire. Ces adeptes sont les juifs de cette communauté car ils détestent l’Islam comme les juifs détestent les chrétiens. Ils ne sont pas entrés dans l’Islam par crainte ou par espoir envers Allah mais ils l’ont fait par haine envers ses adeptes et pour leur faire du mal.

‘Alî ibn Abî Tâlib (t) les a brûlé par le feu et les a expulsés dans d’autres régions à l’exemple de ‘Abd Allah ibn Saba qui fut expulsé à Sâbât, et comme ‘Abd Allah ibn Sibâb et Abû Kurûz qu’il a expulsé à el Hâzir.[11] L’épreuve Râfidhite, c’est l’épreuve juive. Les juifs assument que le pouvoir appartient uniquement à la descendance de David et les Râfidhites assument que le pouvoir appartient uniquement à la descendance de ‘Ali ibn Abî Tâlib. Les juifs prétendent qu’il n’y aura pas de guerre sur le sentier d’Allah jusqu’au jour où sortira le Messie attendu[12] et qu’un héraut du ciel en donne le signal, et les Râfidhites prétendent qu’il n’y aura pas de guerre sur le chemin d’Allah jusqu’au jour où le Mehdi sortira et qu’un lien ou un « moyen » descendra du ciel. Les juifs retardent la prière du Maghreb (coucher du soleil) jusqu’au moment où les étoiles s’entrecroisent, tout comme les Râfidhites.[13] Les juifs ne voient pas les trois prononciations de divorce tout comme les Râfidhites. Les juifs ne voient pas le délai de viduité pour la femme veuve ou divorcée tout comme les Râfidhites. Les juifs s’autorisent à verset le sang de tout musulman tout comme les Râfidhites. Les juifs ont falsifiés la Thora tout comme les Râfidhites ont falsifiés le Coran (dans l’interprétation ou en assumant qu’il est incomplet mais ils n’ont pas pu toucher au Texte ndt.). Les juifs détestent Jibrîl (u) et prétendent qu’il est leur ennemi parmi les anges, et les Râfidhites disent que Jibrîl s’est trompé en déposant la Révélation chez Mohammed au lieu de la déposer chez ‘Alî ibn Abî Tâlib.

Les juifs ne mangent pas la viande de chameau tout comme les Râfidhites. Cependant, les juifs et les chrétiens sont mieux que les Râfidhites sur deux points : Quand on demande aux juifs qui sont les meilleurs membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Moïse. » Quand on demande aux chrétiens qui sont les meilleurs membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Jésus. » Mais quand on demande aux Râfidhites quels sont les pires membres de votre communauté, ils répondent : « les compagnons de Mohammed. » Au lieu de prier en leur faveur comme on leur incombe, ils les insultent. L’épée sera brandie contre eux jusqu’au Jour de la Résurrection. Ils n’auront jamais le pied raffermi ni d’étendard brandi ni la parole réunie. Ils seront toujours mis en déroute, ils auront la parole divisée, et ne pourront jamais se réunir. Toutes les fois qu’ils veulent allumer le feu de la guerre, Allah l’éteint. »[14]

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya rapporte de ce savant un discours de ce genre dans Manhâj e-Sunna, avec certaines nuances dont notamment : « Ils essayent de transformer la religion musulmane de la même manière que Paul fils de Yashû’ –le roi juif – a transformé la religion chrétienne. (…) Les juifs ne saluent pas sincèrement ils disent Sâm (mort) au lieu de Salâm (salut) tout comme les Râfidhites. Les juifs s’autorisent à s’emparer de l’argent des autres, tout comme les Râfidhites avec l’argent des musulmans. Les juifs s’autorisent à tricher avec les autres, tout comme les Râfidhites. (…) Les juifs n’offrent aucune dote à leurs femmes avec lesquelles ils jouissent librement tout comme les Râfidhites qui s’autorisent la Mut’a (mariage provisoire). (…) Les juifs ne mangent pas le lapin et les reins tout comme les Râfidhites. Les juifs ne passent pas la main sur leurs sandales lors des ablutions tout comme les Râfidhites. Les juifs ne creusent pas leurs tombent sur le côté tout comme les Râfidhites. (…) Les juifs introduisent une branche de palmier fraîche avec leurs morts tout comme les Râfidhites… »

Des siècles plus tard ibn Taïmiya dira : « Les savants mentionnent que ‘Abd ibn Saba le Zindîq (l’athée) est à l’origine du Râfidhisme. Il s’est converti à l’Islam en apparence mais il cachait ses convictions juives au fond de lui, dans le but de pervertir l’Islam de la même façon que Paul le chrétien d’origine juive a perverti la religion chrétienne. »[15]

Plus récemment, Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb fait le parallèle suivant : « Les Râfidhites ressemblent aux juifs qui ont accusé Marie la Pure d’adultère, lorsqu’ils profèrent la calomnie à l’encontre de ‘Âisha la femme du Messager d’Allah (r) en l’accusant de ce dont elle est complètement innocente. Ils ressemblent aux juifs qui disent que la fille de Jacob fut violée par un païen au cours d’une sortie alors qu’elle était chaste,[16] lorsqu’ils accusent ‘Omar d’avoir abusé de la fille de ‘Ali (t). (…) Les juifs éprouvent notamment une haine profonde à l’encontre des musulmans tout comme le Seigneur le révèle : (Tu verras que les juifs sont les plus grands ennemis contre les croyants),[17] tout comme les Râfidhites qui sont les plus féroces à l’égard des traditionalistes à tel point qu’ils les considèrent comme des impuretés…Ils abandonnent leurs Imam comme des lâches comme ils l’ont déjà fait avec ‘Ali, el Husaïn, Zaïd, et bien d’autres…. alors qu’ils prétendent les aimer, tout comme les juifs qui ont dit à Moïse : (Allez combattre toi et ton seigneur, nous vous attendons ici).[18] »[19]

Parmi les contemporains, dans son livre e-Sirâ’ baïna el Islâm wa el Wathaniya, ‘Abd Allah el Qasîmî a consacré un chapitre entier sur le sujet qu’il a intitulé Shubah e-Shî’a bi el Yahûd, et dans lequel il souligne une ressemblance flagrante entre les deux confessions au niveau du dogme. ils font notamment ressembler Dieu à Ses créatures, ils détournent de leur sens les paroles des écritures comme le Seigneur le révèle : (Parmi les adeptes du Judaïsme, il y en a qui détourne le sens des paroles),[20] ils aiment et détestent à outrance en sombrant ainsi dans l’injustice, ils vouent le culte aux tombeaux, ils encensent à outrance leurs références religieuses comme le Verset le révèle : (Ils ont fait de leurs moines et de leurs prêtres des seigneurs en dehors d’Allah),[21] leurs références textuelles ne sont pas fondées et ne s’appuient sur aucune chaîne narrative authentique ou pour le moins crédible, ils ont recours à la Tuqiya[22] (arcane) pour mieux propager le faux …[23]

Par : Karim Zentici

[1] Badhl el Majhûd fî Ithbât Mushâbahat e-Râfidha li el Yahûd (P. 86, 87).

[2] Qui peut prendre le sens de partisans.

[3] Voir : Firaq Mu’âsara du D. Ghâlib ‘Awâjî (210, 211).

[4] Badhl el Majhûd (9, 14).

[5] Le chercheur Sulaïmân el ‘Awda, est l’auteur d’une thèse ayant pour titre ‘Abd Allah ibn Sabâ wa Atharuhu fî Ihdâth el fitan fî Sadr el Islâm, et à travers laquelle il démontre avec preuves à l’appui, que ‘Abd Allah ibn Saba n’est pas une légende que l’inconscient collectif musulman aurait imaginé pour évacuer ses frustrations comme l’assument certains orientalistes, certains chercheurs shiites contemporains, et certains « intellectuels musulmans » à l’instar de Taha Husaïn. Or, des grandes références shiites anciennes comme e-Nubakhtî dans son livre Firaq e-Shî’a (p. 22), et d’autres plus récentes comme Ni’mat Allah el Jazâilî dans El Anwâr e-Nu’mâniya (2/234) reconnaissent qu’ibn Saba fut un juif converti à l’islam et qu’il est à l’origine du shiisme musulman.

[6] El Khutat el Maqrîzî (2/356, 357).

[7] Voir Les Kharijites et les shiites (p. 170, 171).

[8] Voir el ‘Aqîda wa e-Sharî’a fî el islâm (205).

[9] El Farq baïna el Firaq (235).

[10] Manhâj e-Sunna (1/22).

[11] Certaines versions précisent que les sabéites vouaient le culte à ‘Ali.

[12] Certaines versions désignent clairement l’antéchrist.

[13] Le Prophète (r) a dit à ce sujet : « Ma communauté ne cessera d’être sur le bon chemin tant qu’elle ne reculera pas la prière du Maghreb au moment où les étoiles s’entrecroisent en vue d’imiter les juifs. » Rapporté par Abû Dâwûd (1/291) et ibn Mâja (1/225) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Sahîh Sunan ibn Mâja (1/114). « les étoiles s’entrecroisent » dans le sens où elles se multiplient et envahissent le ciel.

[14] El ‘Aqd el farîd (2/249, 250).

[15] Majmû’ el Fatâwa (28/483).

[16] Voir : La Genèse ; 34

[17] Le Repas Céleste ; 82

[18] Le Repas Céleste ; 24

[19] Risâla fî e-Rad ‘alâ Râfidha de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (43-46).

[20] Les femmes ; 46

[21] Le repentir ; 31

[22] Les médias français se plaisent à utiliser l’expression « partisan du double langage » pour désigner le double jeu de certains « islamistes » qui, il est vrai utilisent la Tuqiya sans aucun scrupule.

[23] Voir : e-Sirâ’ baïna el Islâm wa el Wathaniya (1/494-503).

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Publié par mizab
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