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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 12:28

Daesh sont des kharijites pour quatre raisons :

Voir : http://mizab.over-blog.com/2016/07/la-definition-classique-d-un-kharijite-est-approximative.html

  1. Ils jettent le discrédit sur les savants ;
  2. Ils innovent une idée et l’imposent au reste de la communauté (ils sortent des enseignements de la religion) ;
  3. Ils réservent des punitions sévères à tous ceux qui s’opposent à leur crédo allant de la mise en quarantaine jusqu’au meurtre en passant par la prison (ils sortent les musulmans de la religion), et par rapport à cela ;
  4. Ils s’autorisent impunément à verser le sang de leurs coreligionnaires.

Explication

Jeter le discrédit sur les héritiers du Prophète

• ‘Alî ibn Abî Talib a dit : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[1]

• Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[2]

Or, il est caractéristique aux innovateurs de dénigrer les savants dans le but de prendre leur place, et, en général, de sortir tous leurs opposants de la religion.

Dans son livre Talbîs Iblîs, ibn el Jawzî évoque de quelle manière Satan a rusé avec les kharijites. Après avoir relaté certains épisodes de leur histoire, il a fait le constat suivant : « Notre intention est de porter l’attention sur les astuces et les malices qu’Iblis utilise afin d’égarer ce genre d’imbéciles, qui se sont aventurés dans ce genre d’impasse. Ils se mirent à croire dans un premier temps qu‘Alî ibn Abî Tâlib – qu'Allah honore son visage –[6] était dans l’erreur en comptant tous les muhâjirîns et les ansârs qui se trouvaient avec lui. En pensant qu’ils étaient sur la vérité, ils s’autorisèrent ensuite à verser le sang des enfants et à manger des fruits sans en donner le prix. »[7]

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya affirme : « Bon nombre d’innovateurs à l’instar des kharijites, râfidhîtes, qadarites, jahmites, mumaththilites (assimilateurs) ont des croyances erronées qu’ils s’imaginent correspondre à la vérité, tout en considérant comme mécréant quiconque s’opposent à celles-ci. »[8] Il a dit également : « Les « hérétiques » ont la particularité d’innover des tendances qu’ils considèrent comme les obligations de la religion, voir comme faisant partie intégrante de la foi ; ils taxent de mécréance et légitiment le sang de toute personne qui n’y adhère pas comme c’est le cas pour les kharijites, les jahmites, les râfidhîtes, les mu’tazilites, etc. À l’inverse, les traditionalistes n’innovent pas de nouvelles idées et ne condamnent pas d’apostasie ceux qui commettent une erreur d’interprétation ou qui sont en désaccord avec eux, bien qu’eux-mêmes se permettent de les condamner d’apostasie et de légitimer leur sang. Les Compagnons n’ont pas sorti les kharijites de la religion bien que ces derniers ont taxé d’apostasie ‘Uthmân, ‘Ali et tous ceux qui ont reconnu leur autorité (ou qui s’en font les alliés ndt.), et bien qu’ils aient légitimé de verser le sang des musulmans. »[9]

« L’une des pratiques les plus ignobles, c’est de voir les ignorants taxer les savants musulmans d’apostats. Une telle pratique vient à l’origine des kharijites et des râfidhîtes qui condamnaient les responsables musulmans d’apostats. »[10] Ce n’est pas étonnant que l’Imam ibn Bâz n’ait pas échappé à leur vindicte, bien que ce soit plutôt une bonne nouvelle, car, comme le souligne ibn Abî Hâtim : « Les signes distinctifs d’ahl el bida’ (les innovateurs ndt.), c’est de dire du mal d’ahl el athar (les traditionalistes ndt.). »[11]

Au cours des lignes où il réfute el Bakrî, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fait le constat suivant : « La voie empruntée par cet homme et tous ceux qui lui ressemblent, est celle des innovateurs qui sont imprégnés à la fois de l’ignorance et de l’injustice. Dans un premier temps, ils innovent une chose allant à l’encontre des Textes du Coran, de la sunna, et du consensus. Ensuite, ils traitent d’apostats tous ceux qui s’opposent à leur innovation.

Quant aux traditionalistes, imprégnés par la foi et la connaissance, ils sont motivés par la science, la justice, et la compassion à l’égard des autres. Ils connaissent la vérité qui leur permet de se conformer au Coran et à la sunna et de les préserver de la bid’a, mais ils sont justes à l’encontre de leurs opposants et ils ne font nullement preuve d’injustice à leur égard. »[12]

« Les kharijites kaffar la jamâ’a (les traditionalistes ou les musulmans, ou peut-être les Compagnons ndt.), comme les mu’atazilites et les râfidhites kaffar leurs opposants : au meilleur des cas, ils les considèrent comme des pervers (tafsîq). Ainsi, les gens des passions innovent une tendance et vouent à l’apostasie tous ceux qui s’y opposent. Quant aux traditionalistes, ils suivent la vérité de leur Seigneur qui leur est venu du Messager (r). Ils ne kaffar par leurs opposants ; ils sont les plus savants des hommes, et sont les plus cléments envers les hommes. »[13]

Ibn el ‘Abbâs l’avait bien compris, lui qui fit remarquer aux insurgés de Nahrawân qu’il n’y avait aucun Compagnon dans leurs rangs ![14]

‘Amr ibn ‘Ubaïd et Wâsil ibn ‘Atâ se moquaient d’el Hasan el Basrî et d’ibn Sirîn en résumant leur savoir dans un tissu de menstrues à jeter. Un grand leader hérétique, qui préférait le kalâm au figh assurait sans vergogne que toute la science de Shâfi’î et d’Abû Hanîfa ne dépassait pas le pantalon des femmes.[15]

Cette caractéristique est propre aux râfidhites et aux innovateurs en général

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous fait le constat suivant : « Les râfidhîtes taxent de mécréance Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, la majeure partie des muhâjirins (émigrés mecquois) et des ansârs (auxiliaires médinois), et leurs fidèles successeurs, alors qu’Allah les agrée et qu’à leur tour ils L’agréent. Ils ont ainsi sorti de la religion la plupart des adeptes de la communauté de Mohammed parmi les premières et les dernières générations. Ils considèrent comme non musulmane toute personne convaincue qu’Abû Bakr, ‘Omar, les muhâjirins et les ansârs sont crédibles et justes, qui les agréent comme Allah les a agréés, ou qui leur implore le pardon d’Allah comme Lui-même a demandé de le faire. ainsi, ils « excommunient » les grandes autorités de la religion musulmane à l’exemple de Sa’îd ibn el Musaïb, Abû Muslim el Khawlânî, Uwaïs el Qurnî, ‘Ata ibn Abî Rabâh, et Ibrahim e-Nakha’î. Il en est de même concernant Mâlik, el Awzâ’î, Abû Hanîfa, Hammâd ibn Zaïd, Hammâd ibn Salama, e-Thawrî, e-Shâfi’î, Ahmed ibn Hanbal, Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, e-Sulaïmân e-Dârânî, Ma’rûf el Karkhî, el Junaïd ibn Mohammed, Sahl ibn ‘Abd Allah e-Tusturî, etc.

Ils estiment notamment que ces gens-là sont plus mécréants que les juifs et les chrétiens, car il est plus grave d’avoir renoncé à sa religion que de n’y être jamais entré ; à l’unanimité des savants en effet l’apostat est plus condamnable que le mécréant d’origine. »[16]

Tous les innovateurs voient l’épée

La prochaine étape consiste à verser le sang des musulmans.

Abû Qilâba est l’auteur de paroles extraordinaires : « Tout groupe qui innove une innovation voit obligatoirement l’épée. »[17]

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya établit à ce sujet : « À l’origine de leur égarement, nous pouvons constater que, dans un premier temps, ils sont convaincus que les grandes références de la religion et la communauté musulmane ne sont plus crédibles en raison de leur injustice. Ils les voient comme des égarés. Cette vision est caractéristique à tous les opposants à la sunna, parmi notamment les râfidhites. La deuxième étape consiste à faire passer ce qu’ils voient être de l’injustice pour de la mécréance. Puis, par rapport à ce statut, ils mettent en pratique certains principes qu’ils ont innovés. Voici les trois étapes par lesquelles passent ceux qui sortent de la religion (mâriqîn) parmi les harûrites et les râfidhites. »[18]

[1] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[2] Rapporté par Muslim (1920).

[3] Hadîth rapporté par Ahmed (21715), Abû Dâwûd (3641), ibn Mâja (2234), et e-Tirmidhî (2682), selon Abû Dardâ (t).

[4] Hadîth rapporté par Ahmed (12600), selon Anas (t).

[5] Rapporté par el Bukhârî (100) et Muslim (2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[6] Cette formule héritée des shiites et employée à chaque fois que le nom du Khalife ‘Ali –qu'Allah lui fasse miséricorde – est évoqué est contestable pour deux raisons ; la première est qu’ils revendiquent que ce noble compagnon, dont le visage ne s’est jamais prosterné devant une idole, mérite tous les honneurs. Nous leur concevons certes cette particularité, mais il n’est pas le seul à s’en être doté. Bien que cela n’enlève rien à son mérite, des personnes plus prestigieuses que lui à l’image d’Abû Bakr et de ‘Uthmân, ne l’ont jamais fait non plus. La deuxième raison, c’est qu’ils évoquent cette formule lorsqu’ils entendent son nom uniquement. Pour la raison que nous avons déjà évoquée, nous ne pouvons leur concéder cette particularité, surtout si nous considérons, et cela pourrait servir de troisième raison, que les anciens n’ont jamais eu recours à ce genre de formule ni pour ‘Ali ni pour quiconque ! (N. du T.)

[7] Talbîs Iblîs (p. 131).

[8] Majmû’ el fatâwâ (13/466, 467).

[9] Minhâj e-sunna (5/95), voir certains passages importants des paroles de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya allant dans ce sens, dans Majmû’ el Fatâwâ (19/73-75), Minhâj e-Sunna (5/158 et 239, 240), e-Rad ‘ala el Bakrî (2/487-490).

[10] Majmû’ el fatâwa (35/100).

[11] Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna d’e-Lâlakâî (1/179). Quand bien même ibn Bâz se serait trompé sur certaines de ses opinions, la bonne marche à suivre consiste à montrer les erreurs sans forcément condamner d’apostat leur auteur.

[12] E-rad ‘alâ el Bakrî (2/487-490).

[13] Minhâj e-sunna (5/158).

[14] Rapporté par el Hâkim dans el mustadrak (2/150), et el Baïhaqî dans el kubrâ (8/309).

[15] El i’tisâm de Shâtibî (2/726).

[16] Majmû’ el fatâwâ (28/477, 478).

[17] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq dans el musannif (10/151), et e-Lâlakâî Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna (1/134).

[18] Majmû’ el fatâwâ (28/497).

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Publié par mizab
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mizab 18/08/2016 14:31

En fait, sur la question du tashrî’, il règne à mon sens une confusion. Il faudrait définir qu’est-ce que le tashri’, le tashrî’ el âm, et el istibdâl el ‘âm, en sachant que ces 3 notions ne remettent absolument pas en cause le tabdîl, dont je vous parle.


Or, il est possible que sur la façon dont cela se concrétise dans la pratique, il existe des divergences entre les savants traditionalistes, mais cela ne fait pas de la partie adverse un kharijite ou un murji, sinon, il faudrait le prouver ! Tous s’entendent en effet sur le principe de base.


Je disais dans majlis qu’il fallait distinguer entre le fait de délaisser une obligation et ne pas y adhérer avec le cœur (‘adam el iltizâm).


Car, qu’est-ce que cela veut dire réellement délaisser les lois d’Allah ? Quand on délaisse quelque chose, on le remplace obligatoirement par quelque chose d’autre. Quand on ne paye pas sa zakat, on peut l’utiliser à faire du riba. Quand on ne fait pas la prière, on peut regarder un match de foot, et quand on n’applique pas les lois d’Allah, on les remplace obligatoirement par quelque chose d’autres, indépendamment de savoir si les nouvelles lois sont bonnes ou mauvaises.


C’est la raison pour laquelle, il faut distinguer entre le taghïyir qui consiste à simplement délaisser une loi d’Allah, en la remplaçant par autre chose, et le tabdîl qui consiste à attribuer cette loi changée à Allah.


C’est dans le premier cas qu’on parle de délaisser (tark). En sachant que seuls les textes sont à même à déterminer ce qui relève du kufr, il faut savoir que pour le tark qui ne touchent pas aux annulations de l’Islam en commençant par le shirk, la prière est la seule loi pour laquelle les textes font mention que celui qui la délaisse, sort de l’Islam. Or, le hukm au sens strict du terme ne fait pas exception à la règle, comme le confirme le hadith précédemment cité et disant : « À l’avenir, les liens de l’Islam vont se délier un à un. Toutes les fois qu’un lien sera délié, les hommes s’agripperont au suivant. Le hukm est le premier qui sera délié, et le dernier sera la prière. » [Hadîth authentifié par Sheïkh el Albânî dans sahîh el jâmi’ (5705) et sahîh e-targhîb (571).]


Et comme le dénotent les paroles ‘Azîz ibn Yahyâ el Kanânî dont je vous ai parlé et que je mets ici en entières pour la première fois. Ce dernier fut interrogé au sujet des Versets qui font tant polémiques. Voici ce que fut sa réponse : « Ceux-ci concerne tout ce qu’Allah a révélé, non une partie. Ainsi, celui qui n’applique pas les Lois d’Allah est un kâfir, un zhâlim, et un fâsiq. Quand à celui qui applique les Lois d’Allah dans le domaine du tawhîd et qui délaisse (tark) l’association, puis, qui n’applique pas toutes les Lois d’Allah dans le domaine de la législation (que l’on peut appeler tashrî’ ndt.), il n’est pas concerné par le statut de ces fameux Versets. » Voir : tafsîr el baghâwî (3/61).


Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh qui est pourtant connu pour rejoindre la position de son grand-père, fait la différence entre le taghïyîr qu’il appelle tabdîl et le simple fait de délaisser une loi d’Allah (tark) pour la remplacer par une autre, et c’est ce que certains auteurs appellent taghïyîr. Peu importe le choix du vocabulaire. L’essentiel, c’est que le contenu des idées soit conforme aux textes. Il faut donc s’entendre sur le choix des termes. Ainsi, ce dernier explique : « Parmi les tâghût, nous avons les gouverneurs tyrans qui changent (mughaïyr) les Lois d’Allah (Y)… Le gouverneur d’un pays impose par exemple d’effacer du Coran le Verset sur l’intérêt, en changeant ainsi la Loi d’Allah, ou d’enlever l’interdiction de commettre l’adultère que dénotent certains hadîth (…) Il faut bien faire attention au terme « changer » qui est ici synonyme d’abroger une Loi du Coran. Ce cas est différent de celui qui reconnait telle loi, mais qui en applique une autre. Il ne s’agit pas dans ce cas de mughaïyr. Il ne prétend pas abrogé une Loi d’Allah, mais, il se donne des prétextes comme le contexte actuel qui rend l’application de cette loi difficile, etc. Il peut être excusable comme il peut ne pas l’être, c’est en fonction des cas. »


En outre, il faut savoir plusieurs choses concernant la position de certains savants, wa Allah a’lam !

Quand ces derniers parlent de tashrî’ el âm ou d’istibdâl e-tam, ils peuvent faire allusion à deux choses ; soit à toute la religion, soit aux différentes lois qui légifèrent les relations entre les hommes.
S’ils font allusion au premier cas, ils reviennent à ma tendance.
S’ils font allusion au deuxième cas, il s’agit d’enlever de la législation tout ce qui touche à l’Islam, alors que les pays arabes ont des ministères des affaires religieuses qui régissent les affaires de la prière, des mosquées, ramadhan, du pèlerinage, des dons, etc. Safar el Hawari lui-même reconnait que les pays qu’il condamne, dont l’Arabie Saoudite garde les lois d’Allah dans le domaine de la famille, et des affaires civiles.
Dans manhaj e-sunna, ibn Taïmiya explique que certains gouverneurs comme le Négus, ne sont pas en mesure d’appliquer les Lois d’Allah, qui ne se résument pas rappelons-le, aux applications des peines. Ils expliquent que ces derniers peuvent être excusables, notamment en raison de leur ignorance. ‘Omar ibn el Khattab, lui-même enleva périodiquement la peine du vol, en raison de la pénurie qui régnait à son époque.
Dans les années 50, nous avons assisté à une mutation dans les pays musulmans et qui était le retour à l’autonomie et à la fin de la colonisation. Il faut savoir que de nouveaux penseurs musulmans cherchaient à s’émanciper de la loi musulmane, jugée rétrograde à leurs yeux, au profit des codes européens. Ces derniers autorisaient moralement à le faire. c’est contre eux que s’adressent les attaques virulentes des savants de leur époque, comme Mahmûd Shâkil, Shanqîtî, Mohammed ibn Ibrahim, et peut-être également ibn Sa’dî. Cependant, à l’époque de l’Albanî et d’ibn Bâz, le contexte était différent, en sachant que ce dernier point mérite de plus amples explications, wa Allah a’lam !
Ces mêmes savants disent qu’en appliquant d’autres législations, cela revient à les préférer à celles d’Allah. Or, tout le monde s’entend à dire que celui qui préfère d’autres lois à celles d’Allah est un kâfir. Cependant, les points de vue sont différents dans la façon dont cela se traduit dans la pratique, ce qui est tout-à-fait compréhensible.
ibn Bâz notamment n’acceptait pas que le kufr porte sur les implications d’une action. Il s’appuyait sur une règle extraordinaire et disant que lâzim et el hukm laïsa bi hukm, soit les implications d’une loi ne font pas loi.


Ces mêmes savants qui s’opposent à l’opinion d’ibn Bâz parle du statut dans l’absolu, non du statut particulier, et aucun de ceux que j’ai cité, auxquels nous pouvons ajouter Sheïkh el Fawzân, n’ont condamné l’Arabie Saoudite à la mécréance. C’est donc au cas par cas, en sachant que ce devoir revient aux savants. Sinon, cela reviendrait à croire à une partie du Livre et à en délaisser une autre, wa Allah a’lam !

mizab 18/08/2016 14:30

Nous avons vu qu’il y a deux sortes de Loi d’Allah : kulli (au sens large) et juz-i (au sens strict). Ainsi si quelqu’un applique la Thora dans le sens kulli du terme, il devient mécréant à l’unanimité des musulmans, car il incombe de croire à Mohammed à la loi qui lui fut révélée, et à renoncer au shirk. Mais, s’il l’applique dans le sens juz-i, alors il faut revenir aux différents cas de figure que nous avons cités précédemment.


Par exemple : si un gouverneur applique une loi de la Thora qui ne renferme pas une annulation de l’Islam, et qui reconnait qu’il est tort, comme vous l’avez suggéré, alors là oui, on parle de kufr dûn kufr.


Nous pouvons appréhender la chose autrement en disant qu’il existe deux sortes d’istibdâl : istibdâl kulli et istibdâl juz-i. On aura compris que pour le premier il sort de l’Islam, wa Allah a’lam !


C’est peut-être dans ce sens que nous pouvons comprendre les paroles d’el Fawzân, en sachant qu’elles méritent de plus longues explications : « Entrer dans l’Islam en entier réclame d’appliquer sa législation, qui en fait partie intégrante. On ne peut se revendiquer musulman tout en mettant de côté la législation musulmane au profit des législations profanes (qawânîn). Le Très-Haut révèle en effet : [Ne vois-tu pas ceux qui prétendent] : prétendre (za’ama), constitue le pire des mensonges. Ainsi, leur prétention est complètement fausse.


[qui prétendent croire à la Loi qui te fut révélée et qui fut révélée avant toi, ils veulent soulever leurs litiges au tâghût, alors qu’il leur est demandé de le renier. Satan veut uniquement les faire sombrer dans un lointain égarement] [Les femmes ; 60]. Il incombe d’appliquer les Lois d’Allah. Quant à celui qui les écarte entièrement pour mettre en lieu et en place des qawânîn, n’est pas musulman, même s’il prétend le contraire. »

mizab 18/08/2016 14:30



Pour le hukm bi ghaïr mâ anzala Allah, il a des cas de figure qui relèvent du kufr ‘amalî ou plus précisément du kufr asghar et des cas de figure, qui relèvent du kufr akbar. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais ce qui nous intéresse ici, c’est qu’il faut distinguer entre changer la loi d’Allah au sens strict du terme, et qui correspond aux lois qui régissent les affaires des citoyens ; et au sens large, la Loi d’Allah, c’est la religion dans son ensemble, avec son premier pilier qui est le tawhîd.


Pour le hukm au sens strict, nous avons le hadîth : « À l’avenir, les liens de l’Islam vont se délier un à un. Toutes les fois qu’un lien sera délié, les hommes s’agripperont au suivant. Le hukm est le premier qui sera délié, et le dernier sera la prière. » [Hadîth authentifié par Sheïkh el Albânî dans sahîh el jâmi’ (5705) et sahîh e-targhîb (571).]


Pour le hukm au sens large, il s’agit de l’istibdâl et qui consiste à changer toute la religion, et de transformer en premier lieu le tawhîd en shirk, comme le souligne ’Abd el ‘Azîz ibn Yahyâ el Kanânî.[1]


Quand à celui qui change certaines lois de la religion, il s’agit du tabdîl, et pour qu’il atteigne le kufr akbar, il ne consiste pas seulement à forger une loi, mais il faut en plus de cela l’attribuer à Allah. Le simple fait d’en forger une n’entre pas dans ce registre.

[1] Voir : tafsîr el baghâwî (3/61).

mizab 18/08/2016 14:27

Avant de continuer, j’aimerais m’arrêter sur le terme qawânîn (codes), qui est le pluriel de qânûn.[1] En revenant à la définition de ce terme dans les ouvrages linguistiques, nous nous rendons compte qu’il n’a aucune connotation péjorative en lui-même.[2] C’est l’utilisation qui en est faite qui décidera de son statut.


Il existe trois sortes de qânûn :


Premièrement : mettre en place des codes en vue de régir certains aspects de la vie des hommes en société, et pour lesquels le Législateur ne prévoit pas de texte spécifique. Dans la mesure où ils ne s’opposent pas à la Législation divine, ils sont autorisés. Selon la règle en effet, les « moyens » peuvent avoir le même statut que leur « fin ». Ex : le Code de la route, les réglementations scolaires, les réglementations de forum internet, les règles de grammaire, de mustalah el hadîth, et d’asûl el figh, qui ne s’opposent pas à la religion.


Ces règles entre dans les masâlih el mursala (intérêt général) qui sont autorisés à l’unanimité des savants, à ma connaissance, pour reprendre les termes d’Usâma el ‘Utaïbî.


Deuxièmement : mettre en place des codes pour des activités interdites, comme ceux qui sont en vigueur dans les maisons de prostitution, les entreprises qui produisent de l’alcool, les sociétés d’intérêt, les associations de malfaiteurs, etc.


Dans la mesure où celui qui les met en place ne les autorise pas moralement, ou en d’autres termes, où il est convaincu que ces activités sont interdites par la religion, il ne devient pas mécréant. Il faut savoir que les codes d’intérêt était en vigueur à l’époque du Prophète (r). Ils ne sont pas différents dans leur essence de ceux d’aujourd’hui. Pourtant, il n’a jamais taxé d’apostat celui qui consigne des opérations d’intérêt dans un registre. Les Compagnons, leurs successeurs, et les grandes références anciennes avaient la même position.


Troisièmement : codifier des pratiques qui relèvent de l’apostasie (tawaf autour des mausolées, gestion des cérémonies où règnent des actes d’association), décréter par une loi qu’une telle interdiction est religieusement autorisée et inversement, établir des règles contraires au traditionalisme dans le domaine des Noms et Attributs divins, à la manière des adeptes du kalâm. Dans ce cas, le coupable devient apostat une fois que la preuve céleste soit établie contre lui (iqâma el hudja). Certains vont certes se précipiter pour dire que la preuve céleste est établie contre les chefs d’État actuel, mais nous répondons qu’il faudrait dire la même chose pour el Ghazâlî, Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, el Qâdhî Abû Bakr el Baqallânî, les kharijites, les murjites, etc.[3]

C’est pour cette dernière catégorie que prévalent les paroles d’Ahmed Shâkir, non pour tous les cas.[4]



[1] Voir pour cette démonstration : mushkila e-tasarru’ fî e-takfîr d’Usâma el ‘Utaïbî.

[2] Voir : lisân el ‘arab d’ibn manzhûr (13/249-250), mukhtâr e-sihâh d’el Jawharî (p. 231), et el qâmûs el muhît (p. 1582).

[3] Voir : dar ta’ârudh el ‘aql wa e-naql d’ibn Taïmiya (1/5-7).

[4] Kalima el haqq (p. 88) dans l’article e-sam’ wa e-tâgha.

mizab 18/08/2016 14:20

Wa 'aleïkom salem wa rahmat Allah !

Pour ta première question, un article en parle :


Question : nous avons vu que l’istihlâl se situe au niveau du cœur, mais comment le reconnait-on ou en d’autres termes, comment se matérialise-t-il ?

http://mizab.over-blog.com/2014/12/ibn-taimiya-et-l-istihlal-partie-6.html

En réponse : la seule manière de reconnaitre l’istihlâl, c’est de l’entendre verbalement, comme nous l’apprend Sheïkh el ‘Uthaïmîn,[1] et Ahmed e-Najmî.[2] Sheïkh el Fawzân va plus loin en disant qu’il est possible également de le savoir par écrit, en disant par exemple qu’on autorise moralement telle interdiction.[3] Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh explique qu’il existe deux sortes d’istihlâl, c’est ce qu’il appelle istihlâl el fi’l (l’istihlâl des actes) et istihlâl el hukm (l’istihlâl du cœur).[4]


Ainsi, la prononciation verbale de l’istihlâl est la seule cause légale sur laquelle règne un consensus des savants musulmans. Il existe certes certains indices extérieurs qui confirment l’istihlâl, comme refuser par exemple de prier sous la menace de l’épée ou de payer la zakât par la force, ou d’appliquer les Lois d’Allah sous la menace des armées du chef d’État, comme l’a expliqué Sheïkh ibn Bâz à Salmân el ‘Awda et consorts. Ces indices légaux sont approuvés à l’unanimité des savants. Certains savants contemporains comme Sheïkh Mohammed ibn Ibrahim semblent considérer que la législation des lois humaines (qawânîn el wadhiya) est un indice extérieur de l’istihlâl. Or, cette tendance ne fait pas l’unanimité des savants. Dans la même rencontre citée plus-haut, ibn Bâz explique que les implications d’une loi ne font pas loi (lâzim el hukm laïsa bi hukm).


Ainsi, pour une question aussi grave et aussi complexe, il incombe de mettre en avant le principe de précaution qui est chère aux anciens, et de condamner un coupable à l’apostasie uniquement pour les annulations légales qui ont reçu un consensus. Ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Le takfîr ne peut s’avérer pour des choses où plusieurs hypothèses sont possibles. »[5] L’Imam ibn ‘Abd el Wahhâb l’avait bien compris, quand il dit qu’il ne kaffar que pour les choses où règne le consensus, en parlant de l’attestation de foi. Il ne le faisait même pas pour le tarik e-salât par fainéantise, bien qu’il existe des textes sur la question, et que la tendance qui penche vers le takfîr est très forte.[6]

[1] Silsilat sharh sahîh Muslim (cassette n° 9/b).

[2] El fatâwâ el jaliya ‘an el manâhij e-da’âwiya (1/98-99).

[3] Conférence ayant pour titre : zhâhira e-tabdî’ e-tafsîq wa e-takfîr wa dhâbituhâ.

[4] Conférence ayant pour titre : nawâqidh el îmân ‘inda ahl e-sunna wa el jamâ’a.

[5] Voir : e-sârim el maslûl (3/963).

[6] Voir : e-durar e-saniya (1/102).