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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 16:13

Les catégories d’individus affiliés à l’Islam

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

Voir : Majmû’ el fatâwâ (3/352-355).

Après avoir évoqué l’opinion des savants sur le takfîr des sectes affiliés à l’Islam, ibn Taïmiya tranche sur la question en mettant en avant deux principes :

Primo : tout mécréant affilié en apparence à l’Islam ne peut être qu’un hypocrite. Trois catégories d’individus vont émergés depuis l’émigration de Mohammed (r) à Médine qui marque une époque charnière de l’avènement du Coran : le croyant, le mécréant qui affiche son opposition au sceau des prophètes, et l’hypocrite qui garde sa vraie croyance cachée. Le Très-Haut entame la sourate la vache par la description de ces trois catégories. Il réserve quatre Versets pour la première, deux pour la deuxième, et plus d’une dizaine pour la dernière. Le Coran consacre plusieurs passages aux mécréants et aux hypocrites, notamment : [alors ne suis pas les mécréants ni les hypocrites] ; [Allah va rassembler les mécréants et les hypocrites en Enfer] ; [Aujourd’hui, aucune rançon n’est acrong>ceptée venant de vous ou des mécréants]. Une distinction est donc opérée entre eux étant donné que l’hypocrite est musulman en apparence bien qu’au même moment, il soit pire que les mécréants, comme le dénotent les Versets : [Les hypocrites seront jetés dans les plus bas degrés de l’Enfer] ; [rong>Ne consacre aucune prière sur l’un d’entre eux qui vient à mourir et ne te tiens pas devant sa tombe, car ils ne croient point en Allah et à Son Messager] ; [Dis-leur : que vous fassiez une aumône de gré ou à contrecœur, jamais elle ne vous sera acceptée, car vous êtes des gens pervers • Celle-ci n’aurait pas été refusée s’ils avaient cru en Allah et à Son Messager, s’ils ne se rendaient pas à la prière avec paresse, et s’ils ne faisaient pas des aumônes à contrecœur].

Ainsi, nombre d’hypocrites zindîq garnissent les rangs des innovateurs, notamment les râfidhites et les jahmites qui avaient pour pères fondateurs une poignée d’athées. L’homme à l’origine de l’hérésie râfidhite était un hypocrite notoire, tout comme l’instigateur du jahmisme. C’est ce qui explique la recrudescence des ésotéristes qarmates et des philosophes musulmans chez les deux sectes précitées. Or, nombre d’hérétiques épousent sincèrement la foi, bien que l’ignorance et l’injustice les poussent à l’erreur et les éloignent de la sunna. Ces derniers ne sont considérés ni comme des hypocrites ni comme des mécréants. Toutefois, leur injustice et leur animosité les rendent éventuellement pervers ou désobéissants, sinon, ils restent excusables malgré leurs erreurs en raison de leur effort d’interprétation. En outre, proportionnellement à leur foi et à leur piété, ils sont susceptibles de s’élever au rang d’élus d’Allah.

Secundo : certaines opinions relèvent de l’apostasie (renier l’aspect obligatoire de la prière, de l’aumône légale, du jeûne, du pèlerinage, autoriser moralement l’alcool, les jeux de hasard, le mariage à des femmes légalement interdites). Néanmoins, leur auteur peut être excusable dans la situation où les preuves célestes ne lui sont pas parvenues. Le cas échéant, il ne devient pas apostat ; le nouveau converti ou le bédouin vivant loin des villes, et n’ayant pas accès aux lois détaillées de la religion ne sont pas assimilés à des apostats quand ils en renient une sans le savoir.

Dans ce registre, nous avons le crédo jahmite qui revient à renier la perfection du Créateur et la révélation confiée au Messager. Cette hérésie est gravissime pour trois raisons majeures :

  1. Les preuves validées par l’unanimité des savants orthodoxes, et allant à son encontre pullulent dans les textes scripturaires, sauf que ses adeptes les falsifient ;
  2. Il implique de renier le Créateur, bien que nombre d’entre eux n’en ont pas conscience ; renier l’existence du Très-Haut est à la base de la mécréance, de la même manière que la reconnaissance de Son existence est à la base de la croyance ;
  3. Elle va à l’encontre des principes en accord avec l’unanimité des religions et la nature saine.

Malgré cela, beaucoup de points de ce crédo peuvent échapper à un grand nombre de croyants s’imaginant être en accord avec la vérité, en raison des ambiguïtés qui animent leurs convictions. Ces derniers donnent foi à Allah et à Son Messager aussi bien en apparence qu’au fond d’eux. En cela, ils ne sont pas différents des autres catégories d’innovateurs qui furent induits en erreur. Ils ne sont certainement pas mécréants, mais ils se partagent entre hérétiques et désobéissants ; certains même sont pardonnables en raison de leur erreur d’interprétation. Proportionnellement à leur foi et à leur piété, ils sont susceptibles de s’élever au rang d’élus d’Allah.

Ensuite, ibn Taïmiya explique que ce principe est basé sur le crédo traditionaliste selon lequel la foi est divisible et variable ; celui-ci s’inscrit à contrecourant des innovateurs (kharijites, jahmites, mu’tazilites, murjites).[1] C’est la raison pour laquelle, ils n’arrivent pas à s’imaginer que les hommes n’ont pas tous le même degré d’élection. Ils les classent donc en deux catégories binaires (croyants-mécréants), et font fi de toute nuance possible.

Par : Karim Zentici

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http://www.mizab.org/

[1] Voir : http://www.mizab.org/#!les-variations-de-la-foi/c143

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Publié par mizab
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