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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 22:36

 

 

Ibrahim Ruhaïlî et la définition de la foi

(Partie 1)

 

Sufiân ibn ‘Uaïyna : « Tout individu qui néglige un élément de la foi parce qu’il le renie, est un mécréant, à nos yeux, mais s’il le néglige par fainéantise ou distraction, il n’est qu’un négligeant qui mérite notre punition. [El ibâna el kubrâ d’ibn Batta (h n° 414).][1]

 

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Suite à la réponse d’Ibrâhim e-Ruhaïlî au D. ‘Isâm Sinânî dont j’ai posté le lien,[2] un intervenant m’a fait part d’une remarque intéressante sur laquelle j’aimerais discuter, et que voici :

 

cheykh a ruheyli explique longuement au début de l’audio que la définition de el imane chez les gens de la sunna (croyance dans le coeur, parole par la langue et action par les membres) est celle de el imane el kamel et non de Asl el imane. 

ce qui est étonnant, c’est qu’a aucun moment il ne donnera la définition de ASL el imane qui est forcement différente dans ce cas pour lui !

le discours quand à lui montre clairement que la définition de Asl el imane sera débarrassé du 3é pilier qui est el 3amal (l’action des membres) !

Par conséquent, il y a un silence sur une définition de Asl el imane qui ne pourrait pas être assumé textuellement en disant quelle n’est faite que de 2 piliers et non 3 !

il va d’ailleurs anticiper ce problème sans le citer en récupérant l’action de la langue et en en faisant une action des membres tout comme certains le faisaient avec les actions du coeur.

de cette manière, il pense combler le vide laissé dans sa définition de la base de la foie par l’absence total d’action des membres …

tout le discours est orienté pour justifié ce vice non cité puisqu’il amènera ensuite le discours vers un sujet pourtant de fiqh qui est la divergence sur le jugement de celui qui abandonne l’un des 4 piliers. Or, il reprochera lui même par la suite de mélanger le chapitre propre selon lui au fiqh ( le takfir) a celui de la foie. il est vrai que ce sont 2 chapitres différents mais on ne peut nier le lien qui les unis. d’ailleurs, l’approche de cheykh a ruheyli est beaucoup plus discutable que celle de cheykh issam a sunnani.

en effet, il récupère la divergence sur chacun des 4 piliers pour justifier que l’abandon de toute les actions dans l’entièreté sont sujet à divergence dans l’établissement de la foie.

Or cette définition est valable pour les 3 niveaux de la foie 

nous dirons donc que Asl el imane tout comme el imane el wajib ainsi que el imane el moutlaq se définissent par : « croyance dans le coeur, parole par la langue et action par les membres » à la différence que les actions apparentes des membres entrant dans chacun de ces 3 niveaux diffères.

 

  1. dans le 1er se trouvera ce dont le délaissement est une mécréance et l’abandon de ce qui fait sortir de l’islam
  2. dans le second les obligations et le délaissement des interdits
  3. dans le derniers les actes surérogatoires et le délaissements des détestables

 

bien entendu, tout ceci est dit au milieu de beaucoup d’informations qui elle, est juste et même parfois pertinente. en gros ce débat renvoie exactement à celui plus connu sous le nom de Chart kamal et qui a fait l’objet de beaucoup de divergence entre gens de la sunna.

bien entendu, je ne juge pas l’avis que je ne partage pas comme étant celui de murji sortant définitivement de la sunna mais il en reste pas moins a mon sens une erreur car elle attribut une defiition de la foie (dans ce cas asl el imane) amputée de l’un de ses piliers

 

Puis, le frère en question – qu’Allah le garde – a précisé :

 

Un petit détail omis dans intervention et qu'il contredit la regle qu'il a LUI même cité à savoir qu'une définition doit être englobante de tt ce qu'elle défini LUI la cité pour dire qu'elle doit englober la plus large à savoir El imane El moutlaq alors qu'il serait plus juste qu'elle doit pouvoir s'appliquer au 3 indépendamment

 

Et quand je lui ai demandé plus d’explications, il a ajouté :

 

Je veux dire comme à la fin de l'écris qu'elle doit pouvoir être appliqué tant à asl El imane qu'à El imane El wajib ou à El imane El kamal pour répondre à la regle d'une définition chez les ousouliyins À savoir qu'elle doit être englobante

Or LUI cité la regle pour dire qu'elle doit être La Définition de la plus large  C'est à dire El imane El kamil qui englobe les 2 autres 

Ce n'est pas ce que je connais de la parole des ousouliyins sur cela Wa lahou Alem

 

En réponse :

 

• Comme souvent, les divergences entre traditionalistes portent plus sur la forme que sur le fond.[3] Quand Sinânî fait allusion à jins el ‘amal (l’ensemble des actes), quoi qu’il valorise indirectement sa position sur l’abandon de la prière,[4] le discours du D. Ibrâhim s’oriente plus vers ahad el ‘amal (l’acte en tant qu’unité), bien qu’il rechigne à ce genre de classification, par soucis de fidélité au vocabulaire des anciens et aux analyses pointues d’ibn Taïmiya. Fort de sa dirâya (esprit d’analyse) aigue, il n’a pas échappé à l’accusation notoire de murjite, ce qui, selon moi, est un compliment :

 

Si le détail dans le takfir est de l'irja

Alors sachez que je suis le roi des murjites !

 

Bi famika adîn !

La vérité sort de la bouche des… détracteurs !

Wa el insân ‘aduwwun li mâ yajhaluhu ! Qui ignore haït…

 

• Il est vrai que l’approche de Sheïkh Ruhaïlî peut sembler obscure. Il en avait déjà donné une ébauche lors de la réfutation dans laquelle il fustigeait ‘Abd e-Latîf Bâshmîl, un fervent détracteur de l’Albânî. En substance, il y mettait en lumière la classification des actes en deux catégories ; ceux qui permettent de parfaire la foi imposée (kamâl el imân et wâjib) et ceux qui permettent de parfaire la foi recommandée (kamâl el imân el mustahab). Il établit également que la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage, qui font partie des piliers de l’Islam, intègrent les branches pratiques de la foi (shu’ab el imân el ‘amaliya). ne pas considérer mécréant (kaffar) celui qui délaisse (tark) les actes n’implique nullement que les actes ne fassent pas partie intégrante de la foi.

 

À l’unanimité des traditionalistes, en fournissant la croyance et les quatre piliers de l’Islam, et en délaissant les autres branches pratiques de la foi tout en les reconnaissant avec le cœur, cela n’implique pas nécessairement de perdre l’essence de la foi (asl el imân). On perd uniquement la foi parfaite imposée (kamâl el imân et wâjib), à la différence des murjites pour qui elle reste parfaite ; et des kharijites qui kaffar les auteurs des grands péchés.[5]

 

Concernant les quatre piliers de l’Islam, les savants divergent sur le takfîr de celui qui délaisse l’un d’entre eux tout en reconnaissant leur aspect obligatoire.[6] Ainsi, les deux tendances sont affiliées au traditionalisme et aux anciens :

  • Celle qui ne kaffar pas celui qui les délaisse tout en partie.
  • Celle qui kaffar celui qui les délaisse tout en partie.

 

Néanmoins, tout le monde s’accorde à dire qu’ils relèvent des branches pratiques de la foi. Ainsi, il n’est pas pertinent de taxer la première tendance de murjite, comme il n’est pas pertinent de taxer la seconde de kharijite.

En outre, le terme « kamâl » fait allusion à la fois au parfait imposé (kamâl el wâjib) et au parfait recommandé (kamâl el mustahab).

 

Sheïkh el Islâm explique à ce sujet : « Les termes kamâl et tamâm (parfait) peuvent renvoyer soit au parfait imposé soit au parfait recommandé. Par exemple, certains légistes disent que la grande ablution se divise en parfait (kamâl) et valable (mujzi). »[7] Ainsi, pour appliquer cette règle au domaine de la foi, nous pouvons dire que certains actes relèvent d’une foi parfaite imposée et que d’autres relèvent d’une foi parfaite recommandée.

 

Remarque : nous venons de voir la place qu’occupent les actes dans la foi, mais quel est le statut de celui qui les délaisse (tark) ?

 

Nous disons que les actes par rapport à la foi n’ont pas tous le même degré. De la même façon, le tark sera différent en fonction de l’importance que leur donne le Législateur. En délaissant les actes recommandés, on affaiblit le kamâl el mustahab, et en délaissant les actes obligatoires on affaiblit le kamâl el wâjib, en sachant que pour cette dernière catégorie, ils n’ont pas tous le même degré. S’ils comptent parmi les quatre piliers, nous avons vu que les anciens divergent sur le statut de celui qui les délaisse tout en partie. La plus grosse divergence porte particulièrement sur la prière.

S’ils comptent parmi les autres branches pratiques de la foi, nous avons vu qu’on affaiblit le kamâl el wâjib, sans remettre en question l’essence de la foi, contrairement à la tendance kharijite.

Ibn Taïmiya met en lumière un point d’une extrême importance. Il nous dit en effet : « Le Législateur n’infirme (yanfî) pas la foi à un individu pour avoir délaissé un acte recommandé, mais pour un acte imposé ; étant donné qu’il a délaissé ce qu’on lui impose de faire de façon parfaite (kamâl et tamâm), non ce qu’on lui recommande. »[8]    

 

Les exigences du tawhîd

 

Celles-ci se vérifient à deux niveaux :

 

Premièrement : réaliser l’essence de la foi consiste à se soumettre aux exigences et aux conditions de l’attestation de foi, qui s’opposent littéralement à la grande association, relevant de l’apostasie à l’unanimité des traditionalistes.

En revanche, il est possible que le fidèle ne fournisse pas parfaitement les exigences du tawhîd. Ce n’est pas souvent qu’un individu soit purifié totalement du shirk, de l’innovation, et des péchés, comme le souligne ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan.[9] L’essentiel pour être sauvé de l’Enfer éternel, c’est de fournir l’essence du tawhîd ou de ne pas commettre ce qui s’oppose à son essence à tous les niveaux.

 

Deuxièmement : un hadîth exprime que les musulmans désobéissants ayant fourni l’essence du tawhîd jouiront de l’intercession dans l’au-delà. Puis, avec Sa Main, Allah sortira de l’Enfer une poignée d’hommes qui n’auront fait aucun bien au cours de leur vie.[10] Les savants divergent sur l’interprétation de ce hadîth. Pour ibn Khuzaïma, il s’agit de ceux qui n’ont pas fourni parfaitement (tamâm et kamâl) les actes.[11] En d’autres termes, le minimum acceptable est la croyance du cœur, la parole, et certains actes des piliers de la foi comme la prière. D’autres savants, comme ibn ‘Abd el Barr,[12] ibn Rajab,[13] ibn el Wazîr,[14] el Qurtubî,[15] l’interprètent autrement. Pour eux, il s’agit de ceux qui n’ont fourni aucune œuvre.

 

Voir : http://www.mizab.org/lalbani-et-lirja

 

À suivre…

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

[1] Je mets les références originales pour couper court à tout téméraire mal avisé : http://library.islamweb.net/hadith/display_hbook.php?bk_no=560&pid=307175&hid=414

[4] D’ailleurs, bien que bénéfique, son ouvrage sur el îmân manque cruellement d’analyse (dirâya), au profit d’une compilation de citations (riwâya) ; un peu comme, dans un domaine voisin, les écrits, non moins intéressant, de ‘Alawî Saqqâf et de Râshid e-Râshid, l’auteur de ‘âridh el jahl. Pour la distinction entre dirâya et riwâya, voir : http://www.mizab.org/la-hirarchie-des-savants

[5] Voir : fath el Bârî d’ibn Rajab (1/27).

[6] Majmû el fatâwa d’ibn Taïmiya (7/609).

[7] Majmû el fatâwa d’ibn Taïmiya (7/648).

[8] Majmû el fatâwa d’ibn Taïmiya (7/647).

[9] Voir : fath el Majîd (p. 75).

[10] Rapporté par el Bukhârî (7439) et Muslim (183).

[11] E-tawhîd (2/732).

[12] E-tamhîd (23/290).

[13] E-takhwîf min e-nâr (p. 259).

[14] El ‘awâsim min el qawâsim (9/102).

[15] Comme le rapporte ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan dans fath el Majîd (p. 45).

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Publié par mizab - dans Takfir
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