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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 11:37

 

D’après Muslim, selon Abû Huraïra (t), le Prophète (r) a déclaré : « Par Celui qui tient l’âme de Mohammed dans Sa Main ! Quiconque dans cette communauté, qu’il soit juif ou chrétien, entend parler de moi, et qui ne croit pas en mes enseignements avant de mourir, comptera parmi les gens du feu… »[1]

 

D’après ‘Abd Allah ibn Abî Awfâ : « Lorsque Mu’âdh rentra du Shâm, il se prosterna devant le Prophète (r) en guise de salutation. « Que fais-tu Mu’âdh ? Lui demanda-t-il.

  • Je me suis rendu dans la région du Shâm expliquat-il. Je les ai vus se prosterner devant leurs moines et leurs prêtres. Je me suis dis que nous devrions faire pareille envers toi.
  • Ne le faites envers personne, rétorquat-il, si j’avais ordonné à un être humain de se prosterner devant un autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari [compte tenu des droits immenses qu’il concède sur elle]. Par Celui qui détient l’âme de Mohammad entre Ses Mains ! Elle ne remplira pas ses devoirs envers Allah tant qu’elle ne remplira pas ses devoirs envers lui. S’il la désire, elle ne doit pas se refuser à lui, quand bien même elle serait à dos de chameau. »[2]

 

Selon Khâlid ibn Dhakwân, selon e-Rabî’ bint Mu’awwadh : « Le Prophète vint chez moi le jour de notre mariage. Il entra et s’assit sur mon lit comme tu es assis en face de moi. Certaines de nos fillettes se mirent alors à jouer du duff (tambour), et chantaient en hommage à nos pères tombés à la bataille de Badr. L’une d’entre elles fredonna alors : « Nous avons un Prophète qui connait l’avenir » Ce dernier s’exclama aussitôt : « Évite ce genre d’expression et contente-toi de ce que tu chantais au début. »… »[3]

 

Allah révèle : [Allah n’impose à personne des choses au-dessus de sa capacité ; elle a pour elle ses bonnes œuvres, et contre elle ses mauvaises œuvres. Seigneur, ne nous tient pas rigueur de nos erreurs et de nos oublis].[4] Un hadîth exprime que le Seigneur a répondu à cette invocation.[5]

 

[Et Dawûd et Sulaïmân, lorsqu’ils eurent à juger au sujet d’un champ que les moutons du voisin avaient saccagé la nuit. Nous étions témoin de leur sentence • Nous la fîmes comprendre à Sulaïmân bien qu’à tous deux, Nous offrîmes le bon jugement et le savoir].[6] Hasan el Basrî explique que le bon jugement fut accordé à Salomon dans cette affaire, bien qu’aucun grief ne fût fait à son père.[7]

 

Selon el Aswad ibn Sarî’, le Prophète (r) a dit : « Quatre catégories d’individus le Jour de la Résurrection : le sourd, le simple d’esprit, le vieillard décrépit, et celui qui est décidé pendant la période de la fatra (intervalle entre deux missions prophétiques) ; le sourd dira : « Seigneur, quand l’Islam est venu, je n’entendais rien » ; le fou dira : « Seigneur, quand l’Islam est venu, les enfants me jetaient des crottins d’animaux » ; le vieillard décrépit dira : « Seigneur, quand l’Islam est venu, je n’avais plus ma raison » ; et celui qui est décidé pendant la période de la fatra dira : « Seigneur, aucun de Tes messagers ne m’est venu ». Le Très-Haut prendra alors leur engagement de Lui obéir. Il leur sera ensuite demandé de se jeter au feu. Par Celui qui détient Mon âme dans Sa Main ! S’ils se jettent au feu, il sera pour eux frais et paisible. »[8]

 

Dans tarîq el hijrataïn, ibn el Qaïyim avance que l’iqâma el hujja varie en fonction des époques, des lieux et des personnes. La preuve d’Allah peut ainsi s’appliquer à certaines époques, à certains endroits et contre certaines personnes ; elle ne s’applique pas contre l’enfant, le fou, celui qui a du mal à comprendre le message et qui n’a personne sous la main pour lui expliquer (ou pour lui traduire) en termes compréhensibles. Le cas échéant, il est comme le malentendant qui, ne comprenant pas ce qu’on lui dit, compte parmi les quatre catégories qui, le Jour de la Résurrection, auront un prétexte devant Allah.[9]

 

Il y a deux obstacles qui empêchent de bien comprendre le message. Soit la personne ne le comprend pas du tout, soit elle le comprend mal. Les textes prennent en considération ces deux cas :

 

Concernant le premier cas : il y a le hadîth de ‘Âisha disant : « La plume n’inscrit pas dans trois cas : celui qui dort jusqu’à son réveil, l’enfant jusqu’à sa puberté, et le fou jusqu’à ce qu’il retrouve sa raison. »[10]

 

Concernant le second cas : ‘Adî ibn Hâtim a mal interprété le Verset disant : [jusqu'à ce que vous distinguiez le fil blanc du fil noir].[11] Ce dernier nous fait la confidence qu’il mit la nuit sous son oreiller deux petites cordes : une blanche et une noire. Lorsqu’il essaya de vérifier, il ne constata rien. Au matin, il fit part de son expérience au Prophète (r), qui lui répondit aussitôt : « Le Verset parle de la noirceur de la nuit et de la blancheur du jour. »[12]

 

Dans ce registre, nous avons l’histoire où le Prophète (r) ordonna à ses hommes de ne prier le ‘asr qu’une fois arrivés chez les banû Quraïdha. Les Compagnons se divisèrent pourtant en deux groupes ; les uns prièrent en route de peur de dépasser l’heure de l’office prescrite et les autres prièrent sur place. À la suite de cet événement, le Prophète (r) ne réprimanda personne bien que forcément, l’un des deux groupes avait tort.[13]

 

Ces arguments sont d’autant plus solides que la religion musulmane à pour vocation d’enlever toute gêne à ses adeptes, comme le révèle le v. 78 de la s. le pèlerinage.

 

À suivre…

 

 

Par : Karim Zentici

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[1] Rapporté par Muslim (n° 152). Pour l’explication de ce hadîth, voir : ikmâl el mu’allim (1/468), el mufhim (1/368), et sharh sahîh Muslim d’e-Nawawî (2/188).

[2] Hadîth rapporté par ibn Mâja dans son recueil (n° 1853), Ahmed (n° 21986), et ibn Abî Shaïba (4/305) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans sa recension de sunan ibn Mâja.

[3] Rapporté par el Bukhârî (n° 5147) ;

[4] La vache ; 286

[5] Rapporté par Muslim (n° 125).

[6] Les prophètes ; 78-79

[7] Voir : Tafsîr e-Tabarî.

[8] Rapporté par Ahmed dans el musnad (n° 16301) ; bien qu’ibn el Qaïyim l’a authentifié dans Tarîq el hijrataïn (2/865), sa chaîne narrative reste suspecte, comme le fait remarquer l’auteur de la recension de Tarîq el hijrataïn (N. du T.).

[9] Tarîq el hijrataïn (p. 414).

[10] Rapporté par Ahmed (n° 24694) et ibn Mâja (n° 2041) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans sa correction de ce dernier (1/247).

[11] La vache ; 187

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 1916) et Muslim (n° 1090).

[13] Le hadîth est rapporté par el Bukhârî (n° 3119). Pour son explication, voir : Majmû’ el Fatâwâ (19/123) et (27/20).

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Publié par mizab - dans Takfir
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