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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:53

 

 

• Malgré cela, je préfère dans mes échanges théoriser le sujet au lieu de m’appuyer sur des exemples issus des textes pour justement éviter de rentrer dans un dialogue de sourd. Je disais à ce propos sur un forum :

 

Le principe des échecs consiste à anticiper plusieurs coups à l'avance, et c'est pour cela que je dis qu'il existe un statu quo aux niveaux des arguments et des textes...

 

Il ne faut pas y voir un signe de faiblesse ni une faille par laquelle on pourrait entrer.

Non, les arrières sont solides et cette déclaration démontre même une grande confiance en ses arguments !

 

Moi, mon approche est macro et globale et celles de nos amis est micro et partielle, et donc aléatoire et perfectible, car elle ne tient pas compte des tous les paramètres en jeu !

 

Comme le dit Sheïkh el ‘Uthaïmîn, La question du ‘udhr bi el jahl prend ses racines dans le sens général des textes scripturaires de l’Islam. Personne n’est à même de ramener une preuve la remettant en question.[1] 

 

Ces fameux textes établissent des grandes règles comme celles-ci :  

  • Allah pardonne l'erreur et l'oubli aux musulmans, faut-il le préciser ;
  • Allah n'impose rien qui soit au-dessus des capacités ;
  • Allah ne châtie personne avant de lui avoir fait parvenir le message.

 

Ces règles ont une portée générale et démontrent que l'erreur est excusable dans tous les domaines de la religion qui tolèrent en principe une excuse...

 

Par rapport à cela, les savants muhaqqiqin ont établi qu'en se trompant dans les usuls, on est concerné par ces principes, en sachant que le shirk 'amalî ne fait pas exception à la règle...

 

Celui qui prétend le contraire doit le prouver !

 

Maintenant, demander une preuve précise offrant une excuse au shirk est un faux débat, car il part d'un postulat faux ou ne serait-ce que contestable et qui donnerait au shirk un statut particulier par rapport aux autres questions ma'lûm min e-dîn bi e-dharûra et offrant des circonstances atténuantes en cas d'erreur qui englobe l'ignorance, mais pas seulement, il y a l'ikrâh, le ta-wîl, l'oubli, etc.

 

Avant de demander une preuve spécifique pour le shirk, il faut déjà prouver que le shirk a un statut particulier ; il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs !

 

Ainsi, ceux qui demandent des preuves sont les mêmes qui doivent ramener des preuves de ce qu'ils avancent, charité bien ordonnée quand tu nous tiens ! 

 

Le asl veut qu'aucune question (je ne vais pas parler ici de asl e-tawhid et des grands principes de la religion qu'il est impossible d'ignorer) ne fasse exception à la règle, sauf celles que les textes ont explicitement mentionnés, et ce n'est pas le cas ici, sauf en faisant un ta-wîl des textes, un qiyâs ou on représentation subjective de asl e-tawhid (je dis subjective car en vérité la question est élastique),

 

Et cela augmente encore plus la difficulté et enferme encore plus dans un dialogue de sourd où chacun campe sur ses idées !

 

Les pro 'udhr insistent sur les textes du wa'd ;

 

Et les anti 'udhr insistent sur les textes du wa'îd.

 

Les premiers se distinguent des murjites qui ne tiennent pas compte du wa'îd ;

 

Les seconds se distinguent des kharijites qui ne tiennent pas compte du wa'd.

 

Néanmoins, les textes du wa'd sont les plus fort, et comme le dit  Sheïkh el ‘Uthaïmîn, il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion ; seuls les textes font autorités. Or, le Seigneur (I) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ?[2]

 

Or, quand je parle du sujet, j'occulte volontairement la chose, pour ne pas que le débat se transforme en échange d'arguments partiels, ce qui est purement subjectif et contre-productif...

 

C’est pour cela que j'invite à avoir une vision d'ensemble sur le sujet, bien qu'en réalité, « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » est l'un des plus grands principes de la religion...

 

Malheureusement, on sera vite taxer de murjite en mettant en avant ce principe extraordinaire !

 

Ainsi, ibn Taïmiya a une approche globale du sujet et non partielle, il faut envisager la somme de ses arguments, non en tant qu'unité.

 

Sans n'être méchant, et ne visant personne quand le sage montre la lune le sot regarde le doigt...

 

Alors le premier réflexe est de dire : non tel argument d'ibn Taïmiya ne concerne pas le shirk akbar, mais ibn Taïmiya ne fait qu'établir la règle de base (et je dis cela par condescendance), et c'est à ses contradicteurs de prouver que le shirk fait exception à la règle, non le contraire.

 

Alors, n'inversons pas les rôles, et rendons à César...

 

Voici une synthèse détaillée de la question, en sachant que, décidément, je n'avais jamais été, là aussi, aussi loin dans le raisonnement, mais force majeure oblige...

 

Si j'ai raison, c'est grâce à Dieu et je me trompe, la faute vient de moi et de Satan, et qu'Allah m'en pardonne !

 

wa Allah a'lam !

 

Qu'Allah nous montre la vérité à tous !

 

• Si cela est clair, on s’aperçoit mieux désormais de l’impertinence du billet suivant de notre ami, mais, ne  lui demandons pas non plus la lune. En même temps, je lui concède en grande partie son raisonnement, sauf que la réflexion est ailleurs, et qu’il fait fausse route :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2016/04/reponses-aux-arguments-de-l-excuse-de-l-ignorance-2-la-prosternation-de-mu-adh.html

 

Ici, il s’agit de connaitre le statut de la prosternation qui du point de  vue de notre législation est un acte d’adoration. Autrement dit, dans l’absolu, on peut vouer un acte d’adoration à une créature sans forcément devenir un polythéiste. Pourquoi ? Déjà, en raison de l’intention, comme expliqué dans cet article, ce qui n’arrange décidément pas trop certains pro takfîr : http://www.mizab.org/lintention-dans-les-questions-du-takfr

 

Mais aussi, car ce sont les textes, et la révélation qui nous enseignent le caractère sacré de ce fameux acte. En ce sens, si quelqu’un l’ignore, il n’est pas considéré comme un mécréant au premier abord, et c’est ce qui nous intéresse.

 

En explication à ce hadîth, Sheïkh el Islam souligne : « Quant à l’humilité spirituelle, la dévotion du fond du cœur (qunût), la reconnaissance de la Seigneurie et de la divinité, celles-ci reviennent dans l’absolu à Allah Seul. Il est impossible et complètement faux que quiconque en dehors de Lui puisse s’arroger un tel droit.

Quant à la prosternation, c’est une pratique religieuse qu’Allah nous a imposé de faire devant Lui. Cependant, s’Il nous avait demandé de le faire devant une créature, nous l’aurions fait par obéissance envers Lui (dans la situation par exemple où Il aimerait que nous honorions l’une de Ses créatures). S’Il ne nous l’avait pas ordonné, nous ne l’aurions jamais fait. Les anges se sont prosternés devant Adam pour obéir, adorer Dieu, et se rapprocher de Lui à travers cela. Dans le cas d’Adam, c’est en guise d’honneur et d’encensement. Quant aux frères de Yûsaf, ils se prosternèrent devant lui en guise de salut. Ne vois-tu pas que si Yûsaf s’était prosterné devant ses parents, il n’y aurait rien eu à son encontre… »[3]

 

Ailleurs, il signe : « Les animaux se prosternaient devant le Prophète (r), bien qu’il n’adorent qu’Allah. Comment peut-on dire alors que la prosternation implique obligatoirement l’adoration ? Alors que le Prophète (r) est l’auteur des paroles : « Si j’avais ordonné à un être humain de se prosterner devant un autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari, compte tenu des droits immenses qu’il concède sur elle. » [4] Il va sans dire qu’il n’a pas dit : Si j’avais ordonné à un être humain d’adorer…»[5] Deux pages avant, il fait la distinction entre se prosterner « pour » une chose (avec encensement et révérence) et « devant » une chose.[6]

 

• Notons enfin que des auteurs comme Râshid e-Râshid qui s’est fait connaitre par son ouvrage ‘âridh el jahl et Sheïkh Ferkous attribuent, d’un côté, la position anti ‘udhr à ibn Taïmiya, mais que, d’un autre côté, ils s’attaquent à ses arguments pour démonter la thèse pro ‘udhr, ce qui, indépendamment de savoir s’il a tort ou raison, est plus que révélateur…

 

Wa Allah a’lam !

 

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

 

[1] Voir : Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (33/question nº 12).

[2] Idem. C’est le constat que fait l’auteur de l’excellente recherche, que l’adversaire se targue de mettre en avant ‘âridh el jahl, et qui n’est autre que Râshid e-Râshid. Celle-ci, rappelons-le, fut préfacée par Sheïkh el Fâwzân, connu pour ses positions fermes sur le sujet. Il explique en effet : « … Quant à celui qui commet du shirk, dans la mesure où il n’a pas accès à la science, comme ceux qui vivent dans les pays non-musulmans et dans les sociétés où il n’y a pas de prédicateurs qui appellent au tawhîd, de sorte qu’il ne peut remédier à son ignorance, dans ce cas, il est excusable, selon l’opinion la plus vraisemblable des savants. » ‘âridh el jahl (p. 224).

[3] Voir : majmû’ el fatâwâ (4/360).

[4] Hadîth rapporté par ibn Mâja dans son recueil (1853), Ahmed (21986), et ibn Abî Shaïba (4/305) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans sa correction de sunan ibn Mâja.

[5] Voir : majmû’ el fatâwâ (4/360).

[6] Voir : majmû’ el fatâwâ (4/358).

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Publié par mizab - dans Takfir
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