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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 13:12

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VI

(Partie 3)

 

Le sujet

 

• Il incombe de nuancer les propos du Sheïkh ‘Abd ‘Azîz ibn Bâz – Allah lui fasse miséricorde – qui reconnait la divergence, comme en témoignent les lignes suivantes : « Les sollicitations divines (e-tawwasul) sont ainsi de deux sortes : primo : solliciter Allah par l’intermédiaire du rang d’untel ou du droit d’untel. C’est une forme d’innovation sans atteindre le degré de mécréance. Secundo : l’interpeller directement dans les invocations en disant : O maître untel, donne-moi la victoire sur untel, ou guéris notre malade ! Cela relève de la grande association. Bien que les auteurs de telles pratiques qualifient ce procédé de sollicitation, il n’en demeure pas moins caractéristique à l’ère païenne.

 

La première forme relève de l’innovation ; elle constitue un moyen de faire parvenir à l’association. Lorsqu’on lui a indiqué – à Sheïkh ibn ‘Abd el Wahhâb – : « Ils prétendent les invoquer, car ils sont des élus vertueux ou des walis. Nous savons très bien que toute chose est entre les Mains d’Allah, mais ils ne sont que des intermédiaires. » Voici quelle fut sa réponse : « C’est exactement l’argument que les premiers païens mettaient en avant. En invoquant : à l’aide Ô Badawî ! Au secours Ô Husaïn ! Ils ne changent en rien aux pratiques d’Abû Jahl et des gens de son espèce, ceux qui revendiquaient : (Nous les adorons uniquement pour qu’ils nous rapprochent d’Allah davantage).[1] (Ceux-là sont nos intercesseurs auprès d’Allah).[2] » Ces invocations sont de la pure mécréance et correspondent à associer au Tout-Puissant dans l’adoration. Or, les savants divergent sur le statut de l’auteur d’une telle pratique : faut-il le considérer comme mécréant au premier abord ou bien attendre de lui faire comprendre son erreur à la lumière des Textes en s’assurant qu’il les a bien assimilés ? Il y a deux opinions sur la question.

 

La première : assure que l’auteur d’une telle parole devient mécréant à partir du moment où il commet un acte de mécréance confirmée comme telle ; ce genre d’association est si clair que les Textes ne peuvent échapper à personne.

 

La seconde opinion : soutient que de tels individus peuvent être des ignorants, sans compter que leurs mauvais savants les ont poussés à l’erreur. Le cas échéant, il est impératif de leur expliquer et de leur montrer la chose de sorte qu’ils comprennent leur erreur. Allah révèle en effet : (Nous n’allions châtier personne avant d’envoyer un messager).[3]

 

Après leur avoir fait comprendre en leur disant : telle chose n’est pas faisable, Allah a dit ceci, le Messager a dit cela, et leur avoir expliqué les textes, s’ils restent sur leur position, cela est synonyme de mécréance. Quoi qu’il en soit, l’acte en lui-même relève de la mécréance et de la grande association. Il demeure le statut de l’auteur d’un tel acte qui est sujet à discussion : faut-il le considérer comme mécréant ou bien remettre son sort à Allah ? Il est possible de le considérer comme les peuples pendant l’intervalle de la Révélation, qui se distinguent pour n’avoir reçu aucun message, aucune orientation. Son sort est donc entre les Mains d’Allah (Y) pour avoir mal été orienté de la part des mauvais savants. »[4]

 

Extrait du livre : sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil juhhâl el mukhâlifîn li e-sharî’a min el muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi. La préface est une lettre de Sheïkh ‘Abd el ‘Aziz ibn Bâz –Allah lui fasse miséricorde – adressée à l’auteur, et datant du : 7/5/1403 h. à travers ce courrier, le Sheïkh exprime son approbation à l’égard de ce livre et donne son aval pour l’imprimer.

 

Par la suite, le Sheïkh associa sa voix à la lajna dâima (fatwa n° 11043) qui devait, entre autres, donner son avis sur ce fameux livre d’el Ghabashi. Cette fatwa, qui compte parmi ses signataires, ‘Abd e-Razzâq el ‘afîfî[5] explique notamment qu’après l’iqâma el hujja, l’invocation des morts excluent son auteur de la religion ; il perd donc ses droits de musulman sur terre et mérite l’Enfer éternel dans l’au-delà. Enfin, elle met en garde de kaffar ses frères muwahhidîn qui offrent des circonstances atténuantes aux quburites, étant donné qu’ils sont motivés par une shubha, qui contrairement aux allégations du Sheïkh Jarbû’, porte sur l’obligation d’établir contre eux la preuve céleste avant de porter sur eux tout jugement. En cela, ils n’ont pas la même approche avec les Juifs, les chrétiens et les communistes, considérés mécréants d’entrée. Nul doute qu’en s’abstenant de kaffar ces derniers, on commet une annulation de l’Islam. En définitive, le Comité permanent dit le contraire de ce que lui prête le Sheïkh ‘Abd Allah, faisant ainsi étrangement preuve d’une grande approximation…

 

Or, quand bien même, le grand Mufti condamnerait réellement les tenants du ‘udhr, cela signifierait purement et simplement qu’il se contredit en regard de son autre position sur le même ouvrage et de ses autres fatwâ comme nous allons le voir ; en sachant, comme le souligne ibn Taïmiya, qu’en dehors des Prophètes, personne parmi les savants n’échappe à la contradiction.[6]

 

Par ailleurs, ce même Sheïkh ibn Bâz n’a pas kaffar des auteurs du Golf, notamment saoudiens ayant publié dans les journaux ou ailleurs des vers vantant les vertus de pratiques païennes, comme l’istighâtha bi e-nabî. Il s’est contenté de les ramener à l’ordre et de les inviter à se repentir ; en voici trois exemples :

  • Le poète Mohammed Hasan Faqî auteur de la qada el masjidân,
  • Khâlid Mohammed Mohammed Salîm qui publia sa poésie dans le sharq el awsat,
  • L’auteur de vers ayant pour pseudonyme Amîna, et paru dans le quotidien koweïtien el mujtama’.[7]

 

Sheïkh ‘Abd el ‘Aziz fit le commentaire de taïsîr el ‘Azîz el Hamîd. Publié avec el fawâid el ‘ilmiya min e-durûs el bâziya, il fut préfacé par Sheïkh el Fawzân. Dans les questions, on l’interrogea notamment sur le statut de ceux qui commettent du shirk akbar. Il démontre dans un premier temps que l’acte en lui-même est clairement du shirk faisant sortir de l’Islam. Puis, il est plus évasif quand il s’agit de se prononcer sur un cas particulier, sous prétexte que la question d’iqama el hujja est sujette à un examen approfondi dans les milieux savants.[8]

 

Dans la question suivante, il est plus explicite. Si, aux yeux de certains érudits, le ‘udhr bi el jahl n’est pas attribué dans le shirk akbar, ce n’est pas l’avis, nous apprend-il en substance, d’autres de leurs confrères qui imposent l’iqâma el hujja, et qui font donc la distinction entre l’acte de shirk et son ism (dans le sens de wasf), et le statut de leur auteur et son hukm. Après quoi, si l’intéressé persiste dans son égarement, il sera mis à mort pour apostasie. Il doit donc comprendre qu’il est dans l’erreur et revenir à la vérité pour échapper aux sanctions prévues en conséquence.[9]

 

Plus loin, il souligne qu’une restriction au takfir comme l’ignorance peut faire obstacle au takfîr mu’ayyin, bien que l’acte en lui-même relève sans le moindre doute possible des pratiques préislamiques (je ne rentre pas dans les considérations de ne pas l’appeler mushrik pour des raisons de da’wa ; qu’on n’aille pas dire que je tronque ses paroles). Il fait donc toujours la distinction entre le hukm et le ism. La question suivante, il met en avant la position de certains savants sur l’obligation d’iqâma el hujja, même pour les questions de shirk akbar. Ces derniers supposent en effet qu’il peut être ignorant ou, pour une raison ou pour une autre, avoir été induits en erreur.[10]

 

Le site suivant a traduit les deux dernières fatwas en entier :

 

http://forum.daralhadith-sh.com/discussion/460/cheikh-ibn-baz-sur-le-fait-de-declarer-un-individu-precis-mecreant/p1

 

• Par le passé, je mis cette explication sous les yeux de notre ami (qui n’en démord pas pour autant), et à laquelle j’ajoutais :

 

Akhi el karim !

 

Nous devons garder à l’esprit un certain nombre de choses :

  1. J’ai répondu plus haut à la problématique que posait la parole d’ibn Bâz, car effectivement, elle est problématique…
  2. La problématique n’est pas moindre, étant donné que cela sous-entend que ce qu’il empêche de kaffar les pro ‘udhr, c’est iqâma el hujja ; cela signifie dans l’absolu qu’il les kaffar ; on dit qu’en commettant tel acte on devient un kafir, mais on applique ce statut qu’après iqâma el hujja...
  3. Les implications de cette parole sont non seulement très lourdes, mais impossibles !
  4. C’est rendre service au Sheïkh ibn Bâz que d’orienter ses paroles dans le bon sens, et pour cela, on s’est aidé d’un certain nombre de choses, non dans l’absolu !
  5. On s’est aidé de tous les passages où le Sheïkh reconnaissait la divergence ;
  6. Le passage en question est effectivement ambigu, alors nous l’avons ramené à une autre fatwa du comité avec les mêmes signataires, et où ses paroles sont claires ; nous n’avons que ramener le mujmal au mafassar, non le contraire !
  7. Car dans les faits, cela voudrait dire que non seulement le Sheïkh ne tolère pas la divergence, mais qu’elle n’existe pas, ce qui pour ce second point en tout cas, est contraire à la réalité…
  8. Cela signifierait déjà qu’il ne kaffar pas les savants suivants avant iqâma el hujja, alors qu’ils sont savants : Sheïkh el ‘Uthaïmin, Sa’dî, el Albani, el Mu’allimî, ibn Taïmiya, ibn el Qaïyim, etc. ce qui est impossible, alors soyons cohérents, et soyons objectifs, en mettant les passions de côté !
  9. J’ai démontré également que tout seul el ‘Afîfî voyait le ‘udhr bi el jahl, en tout cas à la lumière de certaines de ses fatwas, cela voudrait dire qu’il se kaffar !
  10. La fatwa parle bien de muwahhidins, et donc de salafis qu’il ne kaffar pas en raison de la shubha, dans le sens de ta-wîl, non dans le sens d’idées égarées.
  11. L’article que je t’ai donné plus haut retranscrit les paroles de la lajna, et ce n’est pas la compréhension de l’auteur des paroles d’ibn Baz, car elles parlent d’elles-mêmes : ومن ذلك : ما جاء في فتوى اللجنة الدائمة – الشيخ عبدالغزيز بن باز والشيخ عبدالرزاق عفيفي :"لا يجوز لطائفة الموحدين الذين يعتقدون كفر عباد القبور أن يكفروا إخوانهم الموحدين الذين توقفوا في كفرهم حتى تقوم عليهم الحجة لأن توقفهم عن تكفيرهم له شبهة وهي اعتقاد أنه لابد من إقامة الحجة على أولئك القبوريين قبل تكفيرهم بخلاف من لا شبهة في كفره كاليهود والنصارى والشيوعيين وأشباههم فهؤلاء لا شبهة في كفرهم ولا في كفر من لم يكفرهم ". [مجموع فتاوى اللجنة الدائمة للبحوث العلمية والإفتاء2/99 ].
  12. Je t’ai ramené une liste de 13 savants contemporains, dont ibn Bâz, qui reconnaissent la divergence.[11]
  13. Et j’ai même prévu l’éventualité où effectivement, il condamnait les pro ‘udhr, ce qui ferait qu’il se contredirait littéralement ; en orientant ses paroles dans le bon sens, en plus des innombrables indices que j’ai ramené, je ne fais que lui offrir des circonstance atténuantes !

 

Il y a encore tellement de choses à dire, mais je me contenterais de cela…

Wa Allah el musta’en ! Qu’Allah nous montre la vérité à tous !

 

• Je lui disais également :

 

Maintenant, j'aimerais savoir akhi el karim, si tu as lu sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil juhhâl el mukhâlifîn li e-sharî’a min el muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi. La préface est une lettre de Sheïkh ‘Abd el ‘Aziz ibn Bâz – Allah lui fasse miséricorde – adressée à l’auteur, et datant du : 7/5/1403 h. À travers ce courrier, le Sheïkh exprime son approbation à l’égard de ce livre et donne son aval pour l’imprimer.

 

Si oui, la question est la suivante : de quoi parle Sheïkh ibn Baz quand il remercie el Ghabashi d'avoir réfuté les réfractaires et d'avoir dévoilé leur ignorance et leur ruse ?

Je te rappelle que tu m'as rapproché de ne pas avoir lu l'introduction, et moi, je te demande si tu as lu le livre en entier ?

 

Déjà, je te ramène en entier les deux fatwas d'ibn Baz, celle où il parle des muwahhidins pro 'udhr qui ne kaffar pas les quburyins, je pourrais dire d'entrée, et celle où il explique où il veut en venir ; cela devient vraiment intéressant :

 

http://www.ajurry.com/vb/showthread.php?t=37508

 

Je te laisse faire tes propres conclusions, en sachant que le Sheïkh ne répond pas forcément à tous les points posés dans la question, ce qui peut induire en erreur : le fait qu'il a dissipé un amalgame ne signifie pas qu'il est plus clair dans sa nouvelle fatwa !

 

Il est possible également que l'amalgame porte sur une chose, ce qui fait que dans la nouvelle fatwa, il est plus clair, mais notre dilemme porte sur autre chose ; en cela, il n'est pas forcément plus claire dans la fatwa d'explication, et il est même possible, en sachant que ce n'est pas son objectif premier de résoudre ce point, qu'il rend la chose encore plus floue...

 

Waffaqaka Allah li kulli kheir !

 

À suivre…

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

 

 

[1] Le rassemblement ; 3

[2] Yûnas ; 18

[3] Le Voyage nocturne ; 15

[4] Extrait du livre : sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil juhhâl el mukhâlifîn li e-sharî’a min el muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi.

[5] Ce dernier établit que les qubûriyins sont des apostats après iqâma el hujja, et avant cela, ils sont des ignorants comme les Compagnons qui avaient demandé au Prophète (r) de leur désigner un arbre sur lequel ils suspendraient leurs armes (ashâb el anwât) ; voir : fatâwa wa rasâil samâhat Sheïkh ‘Abd e-Razzâq ‘Afifî (1/172).

[6] Majmû’ el fatâwâ (29/42).

[7] Pour les réponses du Sheïkh ibn Bâz : voir respectivement ses fatâwâ (2/406, 411, et 108-109).

[8] El fawâid el ‘ilmiya min e-durûs el bâziya (2/46).

[9] El fawâid el ‘ilmiya min e-durûs el bâziya (2/49).

[10] El fawâid el ‘ilmiya min e-durûs el bâziya (2/273-274).

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Publié par mizab - dans Takfir
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