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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:13

 

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 1)

 

Selon ‘Alî (t) : « Le savant perspicace ne fait pas désespérer les gens de la miséricorde d’Allah ; il ne leur donne aucune permission de Lui désobéir ; il ne garantit à personne d’être à l’abri de Son châtiment ; il privilégie le Coran avant tout ; toute adoration non basée sur un savoir est sans valeur ; comme tout savoir non basé sur la compréhension et toute lecture non basée sur la méditation. » [Rapporté par e-Dârimî dans e-sunan (n° 297)].

Ibn el Qaïyim :

Médite sur le Coran, et tu seras guidé

Le savoir est soumis à sa méditation

 

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Ibn el Qaïyim :

 

Le détail est crucial ••• les notions générales

Perturbent l’existence ••• et les idées sans cesse

 

Que nous dit ce petit billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2016/04/as-san-any-sur-l-excuse-de-l-ignorance.html

 

En réponse :

 

L’auteur de ces lignes a répondu à cet argument, il y a plus de 10 ans, à travers un article ayant pour titre : un poisson nommé… virtuel [1]; et force est de constater qu’il est bancal. Déjà, il prend le contre-pied à un consensus qui lui est bien réel, alors que notre ami ne rechigne pas à nous offrir des consensus imaginaires.

 

Nous avons vu dans un précédent article qu’en fonction de savoir s’il provient d’un non-musulman ou d’un musulman, le kufr se divise en deux catégories pour lesquelles la loi prévoit des statuts différents :

Kufr as : qui concerne les non-musulmans (qui se divisent en gens du livre et en païens)

Kufr târî : c’est l’apostasie (ridda) qui se vérifie au niveau du cœur, des paroles et des actes, et pour laquelle des lois spécifiques sont prévues.[2]

 

Sheïkh ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân explique : « … Les savants ont parlé au sujet du statut de ces gens-là (leur kufr leur shirk, et leur égarement). Il est connu de façon unanime chez les savants que l’auteur de tels actes qui prononcent les deux attestations de foi est taxé de kâfir et de murtadd après iqâma el hujja ; ils ne le considèrent nullement comme un mécréant d’origine. Je n’ai jamais vu quelqu’un le dire en dehors de Mohammed ibn Ismâ’îl [e-San’ânî] dans sa risâla tajrîd e-tawhîd qui a pour titre tathîr el i’tiqâd. La raison qu’il avance, c’est que ces gens-là ne connaissent pas ce qu’exprime la parole de l’unicité, et par conséquent, ils ne sont pas entrés dans l’Islam pour ignorer le sens qu’elle exprime. Or, notre Sheïkh – en parlant d’ibn ‘Abd el Wahhâb – ne se range nullement avec lui sur ce sujet (ou lui concède nullement une telle opinion ndt.). »[3]

 

Cette opinion est donc shâdh (qui va à l’encontre de la grande majorité des savants ndt.), car en prononçant l’attestation de foi, l’individu devient musulman, du point de vue du statut terrestre (el hukm e-zhâhir) ; il incombe donc de se comporter avec lui comme avec les musulmans, tant que nous ne sommes pas sûrs du contraire. Auquel cas, il devient un apostat (murtadd). En revanche, en disant que c’est un mécréant d’origine, cela implique qu’il n’est même pas entré dans l’Islam sous prétexte qu’il n’ait pas compris le sens de la shahâda. Cette opinion va à l’encontre de la tendance que les savants ont établie, car comprendre son sens n’est pas une condition déterminant qu’une personne est musulmane ou non. Cette condition est uniquement valable pour gagner le salut dans l’au-delà (el hukm el bâtin).[4]

 

D’autres textes de e-San’ânî dans lesquels ils estiment qu’il ne faut pas combattre les qubûriyîns avant de leur faire iqama el hujja, font preuve de nuance,[5] En sachant que cette démarche ne doit pas avoir lieu avec des mécréants d’origine. Ainsi, s’ils deviennent apostats, c’est uniquement après iqama el hujja, et c’est ce que nous voulons.

 

Or, l’Imam e-Shawkânî rapporte des paroles de e-San’ânî pour le moins étranges. Ce dernier considérerait en effet, que l’invocation des morts relèverait du kufr ‘amalî ghaïrî mukhrij min el milla (qui ne fait pas sortir de la religion).[6] E-Shawkânî se charge lui-même de répondre à cette opinion qui nous aurait attiré les foudres si nous aurions osé nous y approché et qui ne nous effleure même pas l’esprit…

 

Il n’y a pas qu‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân, qui est, rappelons-le le descendant de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, qui condamne les paroles de San’ânî précédemment citées, mais si nous faisons un tour de côté de l’Inde, nous pourrons nous familiariser avec l’un de ses grands savants, qui n’est autre que le Sheïkh e-Sahsawânî, le fameux auteur de siyânat el insân. Dans ce livre, il affirme (p. 445), qu’à l’unanimité des savants (il ne tient donc pas compte du qawl shâdh de San’anî), qu’avant l’iqâma el hujja, le qubûrî n’est pas un mécréant d’origine. Bien des années plus tard, ‘Abd e-Razzâq el ‘afîfî posera son aval sur les paroles du savant indien.[7]

 

Voici un autre petit billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2016/05/saleh-al-as-sheikh-on-ne-se-retient-pas-de-dire-qu-il-est-mecreant.html

 

En réponse :

 

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh aurait-il changé certaines de ses positions au contact de Sheïkh el Albani ? Nous en parlerons peut-être à l’avenir si Allah nous prête vie, mais dors et déjà, notons qu’il y a au moins une dizaine d’années (en sachant qu’à cette époque il ne donnait vraisemblablement plus de cours), en compagnie de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd, il fut l’un des membres du jury de la thèse ès Doctorat taqrîrât aimmat e-da’wâ fî masâil el îmân du D. Yâsir e-Salâma.

 

Au cours de la soutenance, un passage ambigus d‘Abd Allah le fils de l’Imâm fut mit à l’ordre du jour.[8] Il s’agit d’une longue fatwâ coécrite avec son frère Husaïn, et Sheïkh Hamd ibn Nâsir ibn Mu’ammar. L’élève ne résout pas la problématique qu’elle soulève ; elle était pourtant grosse comme une couleuvre ou comme le nez au milieu du visage, mais elle est passée comme une lettre à la poste !

Néanmoins, elle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, comme en témoigne l’échange qu’elle a suscité entre Sheïkh Sâlih et le chercheur. Nous reproduisons ici le passage qui nous intéresse :

 

  • Sheïkh Sâlih : Très bien, passons à la citation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir et de ses coauteurs qui est deux lignes au dessus de celle du Sheïkh Sulaïmân.
  • Le chercheur : celle-ci : « Nous ne portons pas pour autant de jugement sur lui, étant donné que la preuve céleste n’a pas été établie contre lui. En même temps, si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman, mais nous disons qu’il s’est comporté comme un mécréant sauf que nous ne pouvons le juger ainsi avant d’avoir établi la preuve céleste contre lui. »
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, cet avis est celui de Sheïkh Hamd ibn Nâsir et consorts, mais n’est-il pas possible qu’il se soit tout simplement trompé. Les savants de aimmat e-da’wa, aussi respectables soient-ils, sont-ils sujets à l’erreur ? Ne pensez-vous pas que cette allégation soit discutable ? Qu’est-ce que cela veut dire : « si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman » ? Y aurait-il un état intermédiaire entre la mécréance et l’Islam ?
  • Le chercheur : cela veut dire, au mieux, que nous n’avons pas suffisants d’éléments pour le juger…
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, que dit la règle ? En principe, toute personne affiliée à l’Islam est musulmane jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance est un état nouveau qui vient interférer l’état initial, l’Islam, et qui le remet en question, sous certaines conditions et considération. Ou bien, est-ce le contraire ? Soit qu’un acte d’apostasie évidente annule d’entrée le statut de musulman à un accusé potentiel jusqu’à ce que la preuve céleste vienne définitivement tranchée sur son cas. Bien sûr, la première hypothèse est la bonne, soit qu’il reste musulman jusqu’à ce que la preuve céleste démontre de façon claire et limpide qu’il est un apostat. Nous devons avoir autant de certitude qu’il est sorti de l’Islam que nous en avons eu lorsqu’il y est entré : « Tu l’as tué après qu’il ait dit : lâ ilâh illâ Allah ! » nous apprend le hadîth.[9] L’attestation de foi nous donnait la certitude de son affiliation à l’Islam, et pour l’en faire sortir, l’accusation doit faire le même poids. Certes, l’allégation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir – qu’Allah ait son âme – affirme le contraire, mais elle est contestable. Elle s’inscrit à contre courant du discours [officiel] (ou : de l’autre discours ndt.) des savants de aimmat e-da’wa. Il est faut de dire qu’en se rendant coupable d’un acte de mécréance claire, on n’est ni musulman ni mécréant. Selon moi, c’est une erreur, car la chose mérite de plus amples précisions.
  • Le chercheur : il est possible…
  • Sheïkh Sâlih : Oui, je vous en prie !
  • Le chercheur : qu’Allah vous comble par sa grâce ! Je disais qu’il est possible que cet avis soit mu par le scrupule religieux si cher aux savants de aimmat e-da’wa. L’acte de kufr est constaté, néanmoins, n’étant pas entièrement sûr que la preuve céleste fût établie ou non contre le coupable en question, les sheïkh ont jugé plus prudent de s’abstenir sur son cas. Je veux dire qu’il ne s’agit pas tant de lui attribuer un statut différent de son statut initial de musulman, mais de constater l’état de mécréance, avec l’hypothèse que son auteur jouisse de circonstances atténuantes. Le cas échéant, il est extrêmement difficile de le taxer de mécréant, mais il l’est tout autant de la classer dans le cercle des musulmans avec les circonstances aggravantes qui sont retenues contre lui.
  • Sheïkh Sâlih : c’est exact. Il est pertinent, en effet, d’orienter ses paroles dans ce sens. Nous disons donc, comme le veut la formule consacrée : Ami de Sheïkh Hamd, mais encore plus de la vérité. Il n’existe pas de degré intermédiaire entre la foi et la mécréance, et en principe, on reste musulman jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance ne peut annuler cette affiliation en l’absence de la preuve céleste et sans tenir compte d’un certain nombre de conditions et de considérations, etc.[10]

 

Par ailleurs, Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh note que les bases du débat sur le ‘udhr bi el jahl sont mal posées par certains contemporains. À ses yeux, il ne faut pas réfléchir en termes d’excuse ou de non excuse, mais se pencher plutôt, si on retourne aux textes fondateurs nadjites, d’accessibilité au savoir : à partir de quel moment considère-t-on que la preuve céleste est appliquée ou non à un cas précis.[11]

C’est exactement ce que l’auteur de ces lignes soutient depuis des années. L’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. En sachant que ce facteur n’est pas constant, dans le sens où il est évolutif. Un ignorant qui se détourne du savoir ou qui n’a pas la volonté d’apprendre et de poser des questions aux savants n’est pas excusable. D’autre part, après iqâma el hujja, l’ignorance n’est plus un facteur atténuant.

 

Dans la pratique, c’est au savant de trancher sur les cas particuliers, et c’est aux autorités en place de prendre des décisions en conséquence. En sachant que les points de vue sont différents en fonction des endroits, des époques et des personnes.[12]

 

C’est ce qui nous amène au point suivant :

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

[2] Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî.

[3] Mish e-zhalâm (p. 22-23).

[4] Voir : nawâqid el îmân el i’tiqâdiya du D. Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn ‘Alî el Wuhaïbî (1/284).

[5] Voir : tathîr el i’tiqâd (p. 132) compilé avec ‘aqîda el muwahhidîn.

[6] E-darr e-nadhîr (32-34) ;

[7] Voir : fatâwa wa rasâil samâhat Sheïkh ‘Abd e-Razzâq ‘Afifî (1/172).

[8] Voir : e-durar e-saniya (10/136-138).

[9] Usâma apprit cette règle à ses dépens, le jour où il tint un combattant ennemi à sa merci. Face à la mort, ce dernier s’empressa de faire la shahâda, mais cela n’entama en rien à la détermination d’ibn Zaïd qui le transperça de son épée. Quand le Messager d’Allah (r) eut écho de la nouvelle, il le réprimanda violemment en s’écriant : « As-tu tué un homme qui dit lâ ilâh illâ ?

  • Il l’a dit uniquement pour sauver sa vie, se défendit-il !
  • As-tu ouvert sa poitrine pour savoir si c’était vraiment son attention ? » [Rapporté par el Bukhârî (n° 4269), et Muslim (n° 96), selon Usâma ibn Zaïd (t).]

Selon une autre version, le Prophète (r) renchérit : « Que feras-tu quand lâ ilâh illâ se présentera le Jour de la résurrection ? » [Rapporté par Muslim (n° 97).]

[11] Voici le passage original :

و قال الشيخ صالح آل الشيخ في محاضرة منهج أئمة الدعوة في العقيدة :
[ ...أيضا لما قيل له: إنك تكفر من عند قبة البدوي والكواز قال: أنا لا أكفر من عند قبة البدوي والكواز، لعدم وجود من ينبههم.
وهنا خاض قوم من المعاصرين خوضا سيئا في منهج الدعوة هل كان منهج الدعوة الشيخ محمد وأئمة الدعوة هل كانوا يعذرون بالجهل أو لا يعذرون بالجهل، ونحو ذلك من الألفاظ وهذه لم تكن أصلا عندهم بهذا اللفظ نعذره بالجهل أو لا نعذره وإنما كانت المسألة مرتبطة بأصل شرعي آخر وهي هل بلغته الحجة أو لم تبلغه الحجة والحجة المناسبة وغير المناسبة.

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

mizab 02/01/2017 22:00

Amin, jazaka Allah kheir pour les encouragements, akhi el karim, et je suis entièrement d'accord que seul, c'est compliqué, jazaka Allah kheir, qu'Allah nous facilite, wa Allah el musta'en !

mizab 01/01/2017 07:59

Wa 'aleïkom salem wa rahmat Allah !

Je vais bien, jazaka Allah kheir, merci de ton attention, je n'ai pas renouvelé la cotisation annuelle de mon site, mais je compte amélioré ce blog in sha Allah !

dzwinner 03/01/2017 20:52

Amin, wa iyaka.

dzwinner 01/01/2017 02:36

salam aleika akhi, j'espère que tu vas bien, ton autre blog ne fonctionne plus, est-ce normal?

dzwinner 02/01/2017 21:48

Merci mon frère, après tu peux juste commencer par réfuter ce qui se dit sur le net, après je pense personnellement que pour les outils de recherches c'est un travail d'équipe, seul c'est compliqué. En tout cas j'ai bien aimé ton travail sur les preuves bibliques de la prophétie de Mohamed aleyhi salat wa salam, ainsi que les sources que tu as cité comme Djawab sahih liman badala dine el masih ou encore les savants comme Mohamed ibn qoutaiba et le Qadi Saleh Dja3fari rahimahumallah. Qu'Allah t'en récompense, en espérant que tu reviennes dans ces sujets là incha Allah.

mizab 02/01/2017 20:40

Tu ne me déranges pas !

Les opportunités viennent des échanges avec les contradicteurs, et les outils sont les références et les ouvrages pour les recherches, et que je n'ai pas entre les mains !

dzwinner 02/01/2017 20:33

Amin, sans vouloir t'embeter quel genre d'outils et d'ipportunitées? Moi je recherches beaucoups dans ce dimaine la mais je n'ai pas la science islamique nécessaire pour pouvoir différencier le vrai du faux.

mizab 02/01/2017 15:28

En vérité, c'est un domaine qui me plait beaucoup, sauf qu'il faut avoir les outils et les opportunités d'y consacrer des articles, qu'Allah nous le facilite !

dzwinner 02/01/2017 15:21

Amine wa iyaka akhi el karim. Qu'Allah te facilite, et aussi c'est pour savoir qi tu comptes faire encore des articles inter-religieux???