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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 14:10

 

 

Un poisson nommé…

virtuel

 

(Partie 1)

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Abû el Hasan el Belgîkî a dit, sans préciser de quelle référence il puise sa réflexion :

Sache, que lorsque ces savants disent au sujet d’un donneur d’associé à Allah : « Il ne faut pas faire son Takfîr tant que la preuve ne lui a pas été établie », cela veut dire :
[L’individu qui donne un associé à Allah est un donneur d’associé à Allah –Muchrik- il est hors de l’Islam, mais il ne mérite nul sanction tant que l’avertissement ne lui est pas parvenu, car la punition n’est méritée qu’après avoir été avertit par le message du prophète.]

 

On note donc qu’Ibn Taymiya à clairement qualifié l’ignorant qui croit que Muhammad est le messager d’Allah, mais qui adore autre qu’Allah par ignorance, de « donneur d’associé » [Muchrik].
Et il explique que dès que ce donneur d’associé se rend compte de son erreur, il renouvelle son Islam, ce qui met en évidence que ce donneur d’associé n’était pas musulman avant cela, bien qu’il avait Foi au fait que Muhammad est bel et bien envoyé par Allah.
Ainsi même si son état d’ignorant empêchait le châtiment de s’abattre sur lui, il ne l’empêcha cependant pas de sortir de l’Islam et d’être qualifié de « donneur d’associé à Allah ».

 

Ici, Ibn Taymiya met une fois de plus en évidence le fait que la qualification de « donneur d’associé » est donnée à l’ignorant même si celui-ci est victime d’une ignorance empêchant le châtiment de s’abattre sur lui.
On comprend clairement quel était le véritable avis d’Ibn Taymiya à ce sujet, à savoir que : ce qui empêche le lien de cause à effetentre l’acte et le châtiment mérité par son auteurn’empêche pas le lien de cause à effet entre l’acte et la qualification de son auteur.
En terme plus simple ça veut dire : ce n’est pas parce que l’ignorant qui adore un autre qu’Allah ne mérite pas d’être puni qu’il doit être qualifié de musulman alors qu’il adore un autre qu’Allah.


Mais on note aussi une autre subtilité très importante, c’est qu’Ibn Taymiya qualifie l’acte de ce Muchrik comme étant une mécréance [Kufr]. Ce que vise ici Ibn Taymiya c’est ce qu’il appela lui-même [El Kufr El Mu3azzab ‘Aleyhi] qui en français se dit : « La mécréance pour laquelle on se fait punir »,

 

Cette analyse que nous offre Abû el Hasan el Belgîkî peut sembler attrayante, bien qu’en réalité, elle n’échappe pas à la critique. Si certains érudits semblent y adhérer, l’analyse objective nous montre, qu’elle est erronée. Ni les paroles d’ibn Taïmiya ni d’ailleurs celles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb n’intercèdent en leur faveur, comme nous allons le démontrer à travers un développement, que nous présenterons sous forme de points (20 au total), pour gagner du temps : mais avant cela, j’aimerais souligner :

 

Si mes paroles sont conformes à la vérité, le mérite en revient à Allah uniquement, mais si je me trompe, c’est par ma faute et celle de Satan… C’est pourquoi, d’ores et déjà, je me repens à Allah de toutes les erreurs que je peux commettre, avant même qu’elles ne me parviennent. Je m’en repens sur le champ, et sans me soucier du blâme de personne ! Je dis donc :

 

1- Quand pour la question du ‘udhr bi el jahl, ibn Taïmiya parle des ignorants, il s’agit des musulmans, car, pour les non-musulmans, il existe un autre discours. Cela parait pourtant élémentaire. D’ailleurs, il utilise le terme « musulman » dans certains passages de ces ouvrages pour établir ce principe. Il dit par exemple : « Il est interdit de taxer un musulman de mécréant pour un péché ou une erreur qu’il a commis… »[1] Ailleurs, il est plus explicite : « Personne n’est habilité à taxer de mécréant n’importe quel musulman qui a commis une erreur. Il ne convient pas de le faire avant de lui expliquer son erreur et d’établir toutes les preuves contre lui. Lorsque la foi est avérée chez un individu avec certitude, on ne peut la lui retirer sur une simple suspicion. La seule chose qui permet de le faire, c’est d’établir toutes les preuves contre lui et de dissiper de son esprit toute ambigüité (iqâmat el hujja wa izâlat e-shubha). »[2]

 

2- Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb a le même discours. Après avoir balayé les accusations qui furent lancées contre lui d’un « Gloire à Toi Ô Allah ! C’est une calomnie énorme ! », ce dernier établit en effet : « Je prends plutôt Allah en témoin qui connait le fond des poitrines que, quiconque met le tawhîd en pratique et qui renie le shirk et ses adeptes est un musulman qu’il soit à n’importe quel endroit ou à n’importe quelle époque. Cependant, je taxe d’apostasie quiconque voue un associé à Allah dans l’adoration, après avoir eu connaissance de la hujja et de l’illégitimité du shirk. »[3]

 

En parlant de Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya, ibn ‘Abd el Wahhâb confie également : « La croyance à laquelle nous adhérons et la religion que nous professons et pour laquelle nous espérons la récompense d’Allah, c’est que, s’il se trompe ou si quelqu’un d’un meilleur rang que lui se trompe dans cette question ; autrement dit, la question disant que si le musulman commet l’association (ashraka) après iqâma el hujja (…) ou tout autre acte de mécréance manifeste et incontestable (el kufr e-sarîh e-zhâhir) qu’Allah a clarifiée, ainsi que Son Messager et les savants de la communauté ; je donne foi aux enseignements d’Allah et de Son Messager qu’il devient kâfir, indépendamment de savoir qui peut se tromper sur la question. Que dire alors, wa el hamd li Allah, si l’on sait que nous ne connaissons aucun savant aller à l’encontre de cette question. »[4]

 

3- Ibn Sahmân lui-même établit ce principe : « Quant à taxer de kâfir un musulman, nous avons vu que les wahhabites ne kaffar pas les musulmans. Sheikh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb – qu’Allah lui fasse miséricorde – fait partie des gens qui prennent le plus de précautions avant de se prononcer sur le takfîr, à tel point qu’il n’est pas formel sur l’ignorant qui implore un autre qu’Allah parmi les occupants des tombes ou autres, s’il ne trouve personne pour le conseiller et pour lui faire parvenir la hujja par laquelle tous ceux qui s’y opposent deviennent mécréant. »

Ailleurs, il renchérit dans l’une de ses rasâil : « Nous ne taxons pas d’apostasie ceux qui adorent le mausolée d’el Kawâz en raison de leur ignorance et étant donné qu’ils n’ont personne pour les prévenir. Comment pourrions-nous le faire alors pour celui qui n’émigre pas chez nous ! » On lui posa également la question au sujet des ignorants, il a répondit : « Ceux contre qui la hujja est appliquée et qui ont les moyens de la connaitre, ils deviennent mécréant en adorant les tombes. Quant à ceux qui akhlada ilâ el ardh wa ittaba’a hawâh fa la adrî mâ hâluhu. »[5] Il serait insensé de penser que son discours s’adresse ici à des non-musulmans, car ils ne sont même pas entrés dans l’Islam pour pouvoir dire qu’ils en sortent !

 

À suivre…

 

Par : Karim ZENTICI

 

 

[1] majmû’ el fatâwa (3/288). Ce passage mérite plus amples détails. Quoi qu’il en soit, Sheïkh el Islam précise ici que, dans la tendance hanbalite, il existe trois opinions concernant le statut de celui qui n’a pas reçu la révélation, et affirme que l’opinion la plus probable est celle disant qu’il est pardonnable !

[2] Majmû’ el fatâwa (12/393).

[3] Majmû’ muallafât e-sheikh Mohammed (5/60)

[4] muallafât wa rasâilihi e-sheikh Mohammed (1/290-291).

[5] Dhiyâ e-Shâriq (p. 167).

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Publié par mizab - dans Takfir
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