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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 14:37

 

 

Dialogue entre un quiétiste et un chrétien flic

(Partie 2/3)

 

Hitler lui-même s’invite dans la danse

 

D’aucun y voit un rapprochement douteux, facilement explicable du reste, entre l’Islam et l’Allemagne nazie.[1]

 

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque-chose. Il faut mentir comme le diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. » (Voltaire, lettre à Thiriot du 21 octobre 1736.)

 

En fait, le discours allemands est beaucoup moins décomplexé, pour des raisons géopolitiques et anthropologiques, somme toute, évidentes, mais aussi grâce à l’influence de l’Empereur Frédéric II, une icône historique du pays, qui entretenait des liens étroits avec ses homologues musulmans. Nous l’avons vu plus haut avec Nietzsche,[2] en voici un autre exemple avec Goethe :

 

« Aussi souvent que nous le lisons (le Coran), au départ et à chaque fois, il nous repousse. Mais soudain il séduit, étonne et finit par forcer notre révérence. Son style, en harmonie avec son contenu et son objectif, est sévère, grandiose, terrible, à jamais sublime. Ainsi ce livre continuera d'exercer une forte influence sur les temps à venir. »[3]

 

« C'est dans l'Islam que je trouve le mieux exprimées mes propres idées. »[4]

 

« L’homme est sans cesse inquiet parce qu'il pense qu'il ne peut pas faire face aux difficultés, mais avec plus de précision nous comprenons que tous les hommes peuvent vaincre la peur, à condition d'entrer dans l'idéologie salvatrice de l'Islam et de s'en remettre à Dieu. »[5]

 

Pour revenir au premier homme du troisième Reich :

 

« Les peuples régis par l’Islam seront toujours plus proches de nous que la France, par exemple, en dépit de la parenté du sang qui coule dans nos veines. Le malheur veut que la France ait dégénéré au cours des siècles et que ses élites aient été subverties par l’esprit juif. Cela a pris de telles proportions que cela est irréparable. La France est condamnée à faire une politique juive. »[6]

 

« Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, la face du monde eût changé. Puisque le monde était déjà voué à l’influence judaïque (et son produit, le christianisme, est une chose si fade !) il eût beaucoup mieux valu que le mahométisme triomphât. Cette religion récompense l’héroïsme, elle promet aux guerriers les joies du septième ciel… Animés par un tel esprit, les Germains eussent conquis le monde. C’est le christianisme qui les en a empêchés. »[7]

 

« Je pourrais encore m’enflammer pour le paradis des musulmans, mais que dire du fade paradis des chrétiens. »[8]

 

« La civilisation a été l’un des éléments constitutifs de la puissance de l’Empire romain. Ce fut aussi le cas en Espagne, sous la domination des Arabes. La civilisation atteignit là un degré qu’elle a rarement atteint. Vraiment une époque d’humanisme intégral, où régna le plus pur esprit chevaleresque. L’intrusion du christianisme a amené le triomphe de la barbarie. L’esprit chevaleresque des Castillans est en réalité un héritage des Arabes. »[9]

 

Voltaire se sert de la tête de turc mahométan pour taper sur les catholiques

 

D’où l’amalgame que fait naitre sa position sur la religion musulmane, position qui a peut-être évoluée :

 

Voir : http://islammedia.free.fr/Pages/citation_voltaire.html

 

Au départ, Voltaire était très hostile à l’islam. La pièce théâtrale « Mahomet, ou le fanatisme » composée en 1742, était considérée comme le parfait exemple pour dépeindre le personnage du Prophète Mohammed.

« Mahomet le fanatique, le cruel, le fourbe, et, à la honte des hommes, le grand, qui de garçon marchand devient prophète, législateur et monarque. »[10]

 

Goethe, qui avait traduit la pièce en allemand pour complaire à son maître, le prince Charles-Auguste de Weimar, parla de ce sujet à Napoléon qu’il rencontra à Erfut. L’Empereur rétorqua : « Je n’aime pas cette pièce, c’est une caricature !

  • Je suis de l’avis de Votre Majesté, j’ai fait ce travail à contre-cœur. Mais dans cette tragédie, dans ces tirades contre le fanatisme, ce n’est pas l’islam qui était visé, mais l’Église catholique.
  • Les allusions, dit Napoléon, sont tellement voilées que cet impertinent a pu dédier son œuvre au pape… qui lui a donné sa bénédiction. »[11]

 

« Mahomet a été l'objet de sa plus vive critique, dans le caractère et dans les moyens. Voltaire, disait l'Empereur, avait ici manqué à l'histoire et au cœur humain. Il prostituait le grand caractère de Mahomet par les intrigues les plus basses. Il faisait agir un grand homme qui avait changé la face du monde, comme le plus vil scélérat, digne au plus du gibet. Il ne travestissait pas moins inconvenablement le grand caractère d'Omar, dont il ne faisait qu'un coupe-jarrets de mélodrame. »[12]

 

Mais au fur et à mesure, Voltaire va faire ses recherches personnelles et délaisser les vieux ouvrages sur les musulmans que propageait l’église. Voltaire se détache des sources héritées du Moyen Âge et sa perspective change radicalement.

 

C’est en travaillant en véritable historien, sur son Charles XII, que Voltaire forgea ses idées sur le monde musulman et plus particulièrement sur les Ottomans. L’évolution de Voltaire sur l’islam arrive à son point culminant avec l’Examen important de milord Bolingbroke, ou le tombeau du fanatisme, intégré au Recueil nécessaire, en 1766. Dans cet écrit, il fustige sévèrement le christianisme et fait l’éloge du Prophète Mohammed qui établit un culte qui « était sans doute, plus sensé que le christianisme. »

 

Voltaire accuse et attaque le christianisme qu’il considère comme « la plus ridicule, la plus absurde et la plus sanglante religion qui ait jamais infecté le monde. »[13] Par contraste, il vante la doctrine musulmane pour sa grande simplicité : « Il n’y a qu’un Dieu et Mahomet est son prophète. »

 

« Chanoines, moines, curés même, dit Voltaire, si on vous imposait la loi de ne manger ni boire depuis quatre heures du matin jusqu’à dix heures du soir, pendant le mois de juillet, lorsque le carême arriverait dans ce temps ; si on vous défendait de jouer à aucun jeu de hasard sous peine de damnation ; si le vin vous était interdit sous la même peine ; s’il vous fallait faire un pèlerinage dans des déserts brûlants ; s’il vous était enjoint de donner au moins deux et demi pour cent de votre revenu aux pauvres ; si, accoutumés à jouir de dix-huit femmes, on vous en retranchait tout d’un coup quatorze ; en bonne foi, oseriez-vous appeler cette religion sensuelle ? » Et la fin de son article est une leçon qui déteste et rejette la caricature : « Il faut combattre sans cesse. Quand on a détruit une erreur, il se trouve toujours quelqu’un qui la ressuscite[14]

 

La dernière phase de Voltaire sur l’islam se situe entre 1768 et 1772. Il revient sur certaines de ses positions intransigeantes concernant le christianisme, sans renoncer à ses convictions dans l’enseignement de l’islam :

« Sa religion est sage, sévère, chaste et humaine : sage puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystère ; sévère puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône, bien plus rigoureusement que le voyage de La Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité, la tolérance. »

 

Depuis 1742, date à laquelle Voltaire a présenté sa pièce de théâtre « Mahomet » à la Comédie française, le chemin parcouru est long. Ce jour-là, il attaquait « le fondateur de l’islam » pour montrer comment les religions ont été établies. Puis vingt-huit années plus tard, en 1770, il le défend pour soutenir que « d’autres peuples pouvaient penser mieux que les habitants de ce petit tas de boue que nous appelons Europe ».

 

« Il n’y a point de religion dans laquelle on n’ait recommandé l’aumône. La mahométane est la seule qui en ait fait un précepte légal, positif, indispensable. L’Alcoran [le Coran] ordonne de donner deux et demi pour cent de son revenu, soit en argent, soit en denrées. La prohibition de tous les jeux de hasard est peut-être la seule loi dont on ne peut trouver d’exemple dans aucune religion.

Toutes ces lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à la religion, le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu présenté sans mystère, et proportionné à l’intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations et, jusqu’à des nègres dans l’Afrique, et à des insulaires dans l’Océan indien.

Le peu que je viens de dire dément bien tout ce que nos historiens, nos déclamateurs et nos préjugés nous disent : mais la vérité doit les combattre. »[15]

 

« Le plus grand changement que l’opinion ait produit sur notre globe fut l’établissement de la religion de Mahomet. Ses musulmans, en moins d’un siècle, conquirent un empire plus vaste que l’empire romain. Cette révolution, si grande pour nous, n’est, à la vérité, que comme un atome qui a changé de place dans l’immensité des choses, et dans le nombre innombrable de mondes qui remplissent l’espace ; mais c’est au moins un événement qu’on doit regarder comme une des roues de la machine de l’univers, et comme un effet nécessaire des lois éternelles et immuables : car peut-il arriver quelque chose qui n’ait été déterminé par le Maître de toutes choses ? Rien n’est que ce qui doit être. »[16]

 

« Ce fut certainement un très grand homme, et qui forma de grands hommes. Il fallait qu’il fût martyr ou conquérant, il n’y avait pas de milieu. Il vainquit toujours, et toutes ses victoires furent remportées par le petit nombre sur le grand. Conquérant, législateur, monarque et pontife, il joua le plus grand rôle qu’on puisse jouer sur la terre aux yeux du commun des hommes. »[17]

« J’ai dit qu’on reconnut Mahomet pour un grand homme ; rien n’est plus impie, dites-vous. Je vous répondrai que ce n’est pas ma faute si ce petit homme a changé la face d’une partie du monde, s’il a gagné des batailles contre des armées dix fois plus nombreuses que les siennes, s’il a fait trembler l’empire romain, s’il a donné les premiers coups à ce colosse que ses successeurs ont écrasé, et s’il a été législateur de l’Asie, de l’Afrique, et d’une partie de l’Europe. »[18]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Ils s’inspirent de plusieurs textes qui sont fallacieux et partisan quand, notamment, on ne les replace pas dans leur contexte historique : « Je fus impressionné par la parenté du national-socialisme avec l’islam et cette impression n’a fait que se préciser et s’affermir depuis. »
(Hermann von Keyserling / 1880-1946)

« Les nazis sont les meilleurs amis de l’islam. »
(Le grand Mufti de Jérusalem en 1943)

« Je n’ai rien contre l’Islam, parce que cette religion se charge elle-même d’instruire les hommes, en leur promettant le ciel s’ils combattent avec courage et se font tuer sur le champ de bataille: bref, c’est une religion très pratique et séduisante pour un soldat. »
(Heinrich Himmler – Reichführer SS / 1900 – 1945)

Voir : http://www.minurne.org/?p=41

[3] Goethe, 1819, West-Oestlicher Divan, dans Dictionary of Islam (1885), paru chez Laurier Books Ltd, 1996, p. 526, Thomas Patrick Hughes.

[4] Goethe, 20 septembre 1820, Lettre à Zelter, dans Goethe et l'Islam, paru dans Studia Islamica, No. 33 (1971), p. 151, G.-H. Bousquet.

[6] Testament politique d’Hitler, Adolf Hitler, notes de Martin Bormann, préface de Trevor-Roper, éd. Fayard, 1959, 2 avril 1945, p. 180.

[7] Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Adolf Hitler, éd. Flammarion, 1954, t. 2, 28 août 1942, p. 297.

[8] Hitler cet inconnu (Hitlers Tischgesprache im Führerhauptquartier), Adolf Hitler, notes de Henry Picker, éd. Presses de la cité, 1969, 13 décembre 1941, p. 168.

[9] Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Adolf Hitler, éd. Flammarion, 1954, t. 2, 28 août 1942, p. 297.

[10] Recueil des Lettres de Voltaire (1739-41).

[11] Jean Prieur, Muhammad, Prophète d’Orient et d’Occident, Éditions du Rocher, Paris 2003, p 215.

[12] Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, Dépôt du Mémorial, 1824, t.3, avril 1816, p. 134-135.

[13] Lettre à Frédéric II, roi de Prusse, datée du 5 janvier 1767.

[14] Dictionnaire philosophique 1764.

[15] Voltaire, Essai sur les mœurs, in Faruk Bilici, op. cit.

[16] « Remarque pour servir de supplément à l'Essais sur les Mœurs » (1763), dans Œuvres complètes de Voltaire, Voltaire, éd. Moland, 1875, t. 24, chap. IX-De Mahomet, p. 588.

[17] « Remarque pour servir de supplément à l'Essais sur les Mœurs » (1763), dans Œuvres complètes de Voltaire.

[18] Voltaire a composé cette lettre en 1760 en réponse à la « Critique de l’Histoire universelle de M. de Voltaire, au sujet de Mahomet et du mahométisme »

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commentaires

mizab 18/01/2017 10:30

Là, je n'ai pas en tête, mais je peux me renseigner et te tenir éventuellement au courant, in sha Allah !

dzwinner 18/01/2017 10:37

incha Allah, prend ton temps frère, qu'Allah te récompense.

dzwinner 18/01/2017 09:35

Salam aleyka frère Karim j'espère que tu vas bien. j'ai une question hors sujet, est ce que Idriss aleyhi salam est avant Nouh aleyhi salam ou après, je crois qu'il y a une divergence sur son sujet wallahu aalem. J'ai vu que cheikh el Outyamine rahimahullah a dit que c'était une erreur de croire en cela mais j'ai vu que des anciens savants disaient qu'il était l'arrière grand père de Nouh aleyhi salam et que c'était pas un messager mais un prophète après Seth fils d'Adam aleyhi salam.

dzwinner 18/01/2017 10:23

D'accord akhi, pas de soucis wafaqakallah. Je voulais juste te demander aussi si tu connaissais pas des articles qui réfutent bien les témoins de Jéovah car un frère a des personnes touchés par leurs shoubouhat. Après cela je te laisse tranquille akhi el karim.

mizab 18/01/2017 10:15

Wa fik baraka Allah !

Pour ta question, Allah a'lam, dans l'immédiat, je n'ai pas de réponse tranchée !

dzwinner 18/01/2017 10:12

Baarakallahu fik pour ton éclaircissement, donc Idriss aleyhi salam n'est donc pas le Henoch biblique alors??? Puisse Allah te faciliter ton travail akhi, je le propagerais incha Allah.

mizab 18/01/2017 09:43

Wa 'aleïkom salem wa rahmat Allah !

Je vais bien, baraka Allah fik !

Il y a effectivement une divergence sur la question, et je pense que la position de Sheïkh el 'Uthaïmîn tient du fait que Nûh est sensé être le premier prophète aux hommes, wa Allah a'lam !

Il est vraisemblablement venu après Nûh, et serait l'ancêtre des arabes, ou d'une tribu arabe primitive, wa Allah a'lam !

J'en profite pour t'annoncer que, notamment suite à ta réflexion, je suis justement en train de préparer un article sur la Trinité qui devrait être publié incessamment, in sha Allah !

wa Allah el musta'en !

Waffaqaka Allah li kulli kheir !