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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:11

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 4)

 

Passons au billet suivant :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/tag/al-luhaydan/

 

Ibn el Qaïyim :

 

Le savoir, c’est Allah ou Son Prophète a dit

Puis, les Compagnons, l’indéniable autorité

Non, par insolence, en mettant sur le même rang,

L’opinion d’untel et les dires du Messager !

 

E-rijâl yustadallu lahum wa lâ yustadallu bihim !

 

On ne tranche pas dans un sujet où règne la divergence avec l’une des parties en présence, mais, seuls les textes font autorité. Sheïkh Sâlih el ‘Uthaïmîn souligne qu’il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion. Or, le Seigneur (U) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![1]

 

Personne n’aime autant qu’Allah offrir des excuses à ses créatures à qui il envoya le Livre sacré, et des messagers avertisseurs du châtiment et annonciateurs de la bonne nouvelle[2] : [Allah n’impose rien à une personne qui ne soit au dessus de ses forces ; elle a ses bonnes actions en sa faveur, et ses mauvaises actions en sa défaveur ; Seigneur, ne nous tiens pas rigueur de nos erreurs et de nos oublis ! Seigneur, épargne-nous du fardeau que Tu as fait porté à nos prédécesseurs, et ne nous fait pas porter ce qui est au dessus de nos forces ! Accorde-nous Ton indulgence, Ton pardon, et Ta Miséricorde ! Toi, Notre Maitre, fais-nous triompher du peuple impie !][3] Après la révélation de ce dernier Verset Allah promis : « Je consens ! »[4]

 

Plusieurs anciens prônent de trouver jusqu’à soixante-dix excuse à son frère ayant commis une erreur. ‘Omar ibn el Khattâb encourageait à se faire une bonne opinion du musulman, et cela, dans la mesure du possible. ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz disait : « L’homme le plus raisonnable est le plus enclin à accorder des excuses aux autres. »[5] Ibn Taïmiya insiste souvent sur la règle : les traditionalistes sont les plus savants des hommes et les plus cléments des hommes. En cela, il n’a rien inventé, comme à son accoutumé, mais il s’inspire du Verset : [Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta Miséricorde et de Ta science].[6]

 

Allah (I) révèle : [Ma Miséricorde s’étend sur toute chose].[7]

Le Très-Haut nous informe que Sa Miséricorde s’étend sur toute chose, Miséricorde qu’Il s’est imposé à Lui-même lors notamment de Sa déclaration : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! Ma Miséricorde domine Ma Colère ! »[8]

 

[Louange à Celui à qui appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur la terre ; Il reçoit également les louanges dans l’au-delà, Lui le Sage et le parfait Connaisseur • Il sait tout ce qui entre et tout ce qui sort de la terre, comme Il connait tout ce qui monte et tout ce qui descend du ciel, Il est certes le Très-Miséricordieux et le grand Absoluteur].[9]

 

Allah (Y) révèle : [Ne vous tuez pas ; Allah était certes Tout-Miséricordieux envers vous • Celui qui tue par animosité et injustice, Nous le jetterons bientôt en Enfer, et, c’est pour Allah chose aisée][10] ; [Votre Dieu est Un, il n’y a d’autre dieu en dehors de Lui, le Très-Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux][11] ; [Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers • le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Le Roi du Jour des Comptes][12] ; [Une part revient également à leurs successeurs s’écriant : Seigneur ! Pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères nous ayant précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune haine à l’encontre des croyants ! Seigneur, tu es certes Compatissant et Tout-Miséricordieux][13] ; [Si ceux qui donnent foi à Nos Versets viennent à toi, dis-leur : salut à vous ! Votre Seigneur s’est prescrit à Lui-même d’être Miséricordieux].[14]

 

Selon un hadîth : « Le jour de la résurrection, Allah (I) dira : Sortez de l’Enfer quiconque décèle dans son cœur la foi la plus infime (mot-à-mot : ne serait-ce que l’équivalent d’un grain de moutarde ndt.). »[15]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Sa’îd qui fait remonter ses paroles au Prophète (r) : « (…) Faites-en sortir [en parlant de l’Enfer] ceux que vous connaissiez. Ils les reconnaitront, car le feu n’aura pas le droit de détériorer entièrement leur silhouette, et ils en feront sortir un grand nombre qui auront été brûlé jusqu’aux mollets ou jusqu’aux genoux.

  • Ils diront : « Seigneur, il ne reste aucun de ceux que nous a désigné !
  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre et retourneront vers le Tout-Puissant pour lui dire : « Seigneur, nous n’avons oublié aucun de ceux que nous a désigné !

  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un demi-dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre (…)

« Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde ! »

Ils en sauveront un grand nombre. »

 

Abû Sa’îd el Khudrî conclut : « Si vous doutez des propos que je vous raconte, alors nous n’avez qu’à lire le Verset : [Allah ne fait subir à personne la moindre lésion ; la bonne action, Il la décuple et Il gratifie de Sa part une récompense immense].[16]

 

Allah proclamera alors : « Les anges ont intercédé, les prophètes ont intercédé, et les croyants ont intercédés ; il ne reste maintenant plus que Moi, le plus Miséricordieux des miséricordieux ! Il plongera alors une poignée dans l’Enfer, et Il en sortira des gens tout calcinés qui n’ont accompli le moindre bien sur terre. Il les déposera dans le « fleuve de la vie » qui sillonne les artères du Paradis. Ils pousseront aussi vite qu’une graine (déposée par l’écume) après le passage d’un torrent. Ils brilleront comme des perles et se feront reconnaitre par les habitants du Paradis à leur collier étincelant.

 

Ils seront les affranchis du Paradis qu’Allah sauvera sans qu’ils n’aient accomplie la moindre bonne action ni le moindre bien sur terre !

Ensuite, il leur sera convié : « Bienvenue au Paradis où tout ce que vous avez sous les yeux est à vous. » Comblés au-delà de leurs attentes, ils demanderont malgré tout : « Seigneur, comble-nous d’une chose que Tu n’as offerte à personne avant nous !

  • J’ai encore mieux pour vous !
  • Seigneur, que peut-il y avoir de mieux ?
  • Je vous accorde désormais Mon Agrément qui vous épargnera Mon Courroux à tout jamais ! »[17] 

 

Sheïkh Taqî e-Dîn ibn Taïmiya nous apprend : « Ainsi, tout individu qui donne foi à Dieu est croyant proportionnellement en fonction de l’intensité de son adhésion. En outre, si la preuve céleste n’est pas établie contre lui, il ne devient pas mécréant en reniant ces enseignements que les textes font pourtant mention. Pour expliquer ce point, nous disons que la plupart des fidèles (qui font la prière) croient d’une foi ferme en Dieu et à Son Messager, bien qu’ils aient une conception différente de Leur divinité et de Ses Attributs. Nous ne parlons pas des hypocrites qui affichent la foi du bout de la langue, mais qui renient le Messager du fond du cœur ; ceux-là ne sont pas des croyants proprement dits.

Néanmoins, tout individu qui se revendique musulman, sans n’être un hypocrite au fond de lui, est un croyant. Sa foi sera en fonction des efforts qu’il aura fournis dans ce sens. Tôt ou tard, il sortira de l’Enfer, quand bien même il renfermerait la foi la plus infime (mot-à-mot : une foi pas plus lourde qu’un grain de moutarde ndt.). Nous pouvons compter dans cette catégorie, tous les hérétiques qui divergent dans les domaines des Attributs divins et du destin, toute tendance confondue.

 

Si, pour entrer en Paradis, il fallait connaitre Allah aussi bien que Son Prophète (r), personne ou presque dans sa communauté n’y aurait droit. La plupart des musulmans en effet ne sont pas capables d’avoir une telle croyance détaillée. Pourtant, ils iront au Paradis, en sachant qu’ils auront des échelons différents en fonction de leur foi et de leur connaissance. Un homme peut renfermer une foi avec laquelle il connait Son Seigneur, mais l’un de ses semblables peut le dépasser dans ce domaine, alors que lui, il en est incapable. Il ne lui est pas imposé une chose qui est au-dessus de ses capacités… »[18]

 

Il n’y a pas que le repentir qui annule les péchés ; alors, certes, le Très-Haut ne pardonne pas l’association, mais uniquement dans la mesure où les conditions la rendant effective soient réunies, notamment après que la preuve céleste soit établie contre tout fautif éventuel. En outre, renier les Noms et Attributs divins relève également du shirk, et pourtant, les savants, à travers les époques, accordent l’excuse de l’ignorance dans ce domaine, comme nous l’avons expliqué. Si cela est clair :

 

 

[1] Idem.

[2] Hadîth rapporté par el Bukhârî (n° 7416) et Muslim (n° 2760).

[3] La vache ; 286

[4] Le hadîth sur le sujet est rapporté par e-Tabarî dans son tafsîr (3/154), selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[5] Voir : mudârât e-nâs d’ibn Abî e-Duniya (p. 49).

[6] L’Absoluteur ; 7

[7] El a’râf ; 156

[8] Rapporté par el Bukhârî (3194), et Muslim (2751).

[9] Saba ; 1-2

[10] Les femmes ; 29-30

[11] La vache ; 163

[12] L’ouverture ; 1-4

[13] Le rassemblement ; 10

[14] Le bétail ; 54

[15] Rapporté par el Bukhârî (6560), et Muslim (184), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t).

[16] Les femmes ; 40

[17] Rapporté par el Bukhârî (7439), et Muslim (183).

[18] Majmû’ el fatâwa (3/328).

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Publié par mizab - dans Takfir
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