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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:45

 

 

Dialogue entre un quiétiste et un chrétien flic

(Partie 4/7)

 

D’après e-Dârimî, selon el Hakam ibn el Mubârak, selon ‘Amr ibn Yahya, j’ai entendu dire mon père des paroles qu’il a prise de son père : nous avions l’habitude de nous assoir devant la porte d’ibn Mas’ûd (t) avant la prière du ghadât (le matin ndt.). Dès qu’il sortait, nous l’accompagnions à la mosquée. Un jour, Abû Mûsâ el Ash’arî (t) vint nous voir pour nous demander : « Est-ce que Abû ‘Abd e-Rahmân est sorti ?

  • Non, luis avions-nous répondu ? »

Il s’assit alors avec nous jusqu’au moment où il sortit. Nous nous levâmes ensemble et nous prîmes la direction de la mosquée. En cours de route, Abû Mûsâ prit la parole pour dire : « Abû ‘Abd e-Rahmân ! Je viens de voir un peu plus tôt à la mosquée une chose qui m’a paru étrange, mais qu’Allah soit loué, qui n’était que du bien.

  • Et qu’est-ce que tu as vu ?
  • Si tu reste en vie, tu le verras toi-même. »

Puis, il expliqua : « J’ai vu dans la mosquée plusieurs groupes assis en attente de la prière. À la tête de chaque groupe, il y avait un homme qui donnait des instructions à ses membres qui avaient tous des pierres à la main. « Dites cent fois Allah akbar ! lançait-il. » Ils s’exécutaient, puis, il disait : « Dites cent fois lâ ilâh illâ Allah ! » Ils s’exécutaient, puis, il disait : « Dites cent fois subhâna Allah ! »

  • Leur as-tu parlé, demanda ibn Mas’ûd ?
  • Rien du tout ! J’ai préféré attendre tes instructions ou d’avoir ton avis.
  • Tu aurais pu leur dire de compter leurs péchés, en leur garantissant qu’aucune de leurs récompenses ne sera négligée. »

 

Puis, il continua sa route, et nous en fîmes de même. En entrant, il rejoignit l’un de ces groupes devant lequel il s’arrêta, avant de lancer : « Quel est ce spectacle qui se déroule sous mon regard ?

  • Abû ‘Abd e-Rahmân ! Nous comptons nos takbîr (dire Allah akbar ndt.), tahlîl (dire lâ ilâh illâ Allah ndt.), et nos tash (dire subhâna Allah ndt.) avec nos pierres !
  • Comptez plutôt vos péchés, et moi, je vous garantis qu’aucune de vos récompenses ne sera négligée. Malheur à vous, vous la nation de Mohammed ! Courrez-vous aussi vite à la perdition ? Les Compagnons de votre Prophète (r) sont encore nombreux, ses habits n’ont pas encore été usé, et ses couverts n’ont pas encore été cassés. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Soit, votre religion est meilleure que celle de Mohammed, soit vous êtes en train d’ouvrir une porte à l’égarement !
  • Abû ‘Abd e-Rahmân ! Nous ne voulions faire que du bien.
  • Combien de gens veulent-ils faire le bien sans n’y parvenir ! Le Messager d’Allah nous a rapporté : « Le Coran ne dépassera pas le gosier de certains gens qui le liront » Par Allah ! Je me demande si vous ne comptez pas parmi la plupart d’entre eux. »

Puis, il se détourna d’eux. ‘Amr ibn Salama a dit : « J’ai vu la plupart d’entre eux brandir leur épée contre nous à la bataille de Nahrawân dans les rangs des kharijites. »[1]

 

Les étrangers

 

Le Prophète (r) recommanda à ‘Omar : « Sois sur terre comme un étranger qui passe. »[2] La ghurba est une chose qui frappe par sa singularité, comme un étranger. Au début, l’Islam était étranger, dans le sens où ses adeptes se faisaient rares, mais par la suite, leur nombre allait en augmentant. Allah (I) révèle à ce sujet : [Ils sont comme une culture dont la semence pousse. Puis, elle se raffermit, s’épaissit, pour enfin tenir sur sa tige à la grande joie des semeurs afin d’irriter les infidèles].[3] Au début, la semence est faible, mais au fur et à mesure qu’elle pousse, elle donne plusieurs tiges. Une seule graine peut produire plusieurs roseaux : [comme une graine qui produit sept épis ; chaque épis contenant grains…].[4]

 

Ainsi, l’Islam est venu étranger, et il redeviendra étranger à la fin des temps. Les étrangers seront ceux qui s’y accrocheront, comme à la première époque.

 

Selon Abû Huraïra (t), avec un hadîth qui remonte au Prophète (r) : « L’Islam est venu étranger, et redeviendra étranger comme il l’était. Alors, heureux sont les étrangers ! »[5]

 

D’après Ahmed, selon un hadîth d’ibn Mas’ûd (t), et dans lequel on demanda au Prophète (r) : « Qui sont les étrangers ?

  • La fleur des tribus, répondit-il. »[6]

 

Une version précise : « Ce sont ceux qui se réforment quand les gens se corrompent. »[7]

 

Il est également rapporté par Ahmed, par la voie de Sa’d ibn Waqqâs, et disant notamment : « Heureux seront ce jour-là les étrangers, quand les gens se corrompront. »[8]

 

Chez e-Tirmidhî, selon Kathîr ibn ‘Abd Allah, selon son père, selon son grand-père : « heureux sont les étrangers ! Ceux qui réforment ce que les gens corrompent de ma Tradition. »[9]

 

[Ô croyants ! Préoccupez-vous de vous-mêmes, si vous suivez la bonne voie, les égarés ne seraient vous nuire][10]

 

Abû Bakr (t) disait : « Vous lisez ce Verset, mais vous ne le mettez pas au bonne endroit. Nous avons pourtant entendu le Prophète (r) dire : « Si les gens voient un injuste sans le prendre par la main, ils risquent d’être frappé par le châtiment d’Allah avec lui. »[11]

 

[Ton Seigneur n’allait pas faire périr des cités en toute injustice, alors que ses habitants se réforment].[12]

 

[Si seulement les derniers vertueux parmi les générations anciennes, avaient interdit la corruption sur terre].[13] Ils furent châtiés, car ils n’avaient personne dans les rangs pour faire la morale ; [sauf un petit groupe d’entre eux que Nous avons sauvés] : c’est la preuve que la propagation de la morale est le moyen salutaire d’être épargné par le châtiment qui frappe un peuple.

 

Selon Abû Umaïya, j’ai demandé à Abû Tha’laba el Khushanî (t) : « Qu’est-ce que tu dis au sujet du Verset : [Ô croyants ! Préoccupez-vous de vous-mêmes, si vous suivez la bonne voie, les égarés ne seraient vous nuire][14] ? » Ce dernier me répondit : « Par Allah ! J’ai posé la même question à une personne bien versée, et qui n’est autre que le Messager d’Allah (r).

  • Pensez plutôt, me répondit-il, à ordonner le bien et à interdire le mal. mais, le jour où tu verras que les gens obéiront à leur cupidité, suivront leurs passions, se sacrifieront pour ce bas-monde, et que chacun sera imbu de ses propres idées, alors préoccupe-toi de toi-même, et éloigne-toi des gens simples. Vous allez vivre des jours où il sera aussi difficile de patienter que de tenir une braise dans la main. Celui qui fera de bonnes actions à cette époque aura la récompense de cinquante hommes faisant la même chose.
  • Des leurs ou bien des nôtres demandai-je ?
  • Plutôt des vôtres, affirma-t-il. »[15]

 

Ibn Wadhdhâh rapporte un hadîth d’ibn ‘Omar qui va dans ce sens, et disant : « Après vous, il y aura une époque où celui qui se maintiendra dans la religion aura la même récompense dont jouissent cinquante d’entre vous aujourd’hui. » Puis, ibn Wadhdhâh a dit : selon Mohammed ibn Sa’îd, selon Asad, selon Sha’bî, Sufiân ibn ‘Uyaïna m’a dit, selon Aslam el Basrî, Sa’îd ibn Abî el Hasan a dit : J’ai demandé à  Sufiân : « Selon le Prophète ?

  • Oui, répondit-il. Il a dit : « Aujourd’hui, vous détenez une preuve évidente venant de Votre Seigneur. Vous ordonnez le bien, vous interdisez le mal, vous combattez sur le sentier d’Allah, et vous n’êtes pas éprouvez par les deux ivresses : l’ivresse de l’ignorance et l’attachement à ce bas-monde. Ensuite, votre situation va changer. Ceux qui s’accrocheront au Livre et à la sunna auront la récompense de cinquante hommes.
  • Des leurs ?
  • Plutôt des vôtres. »[16]

 

Ce hadîth est également rapporté avec une chaine narrative remontant à el Ma’âfirî, et disant : le Messager d’Allah (r) a dit : « Heureux seront les étrangers ! Ceux qui s’accrocheront au Livre d’Allah lorsqu’il sera délaissé, et qui mettront ma Tradition en pratique lorsqu’elle sera délaissée. »

 

Luc 11:28
Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !

 

Cette notion d’adhésion forte au monothéisme pur et de chasse gardée grâce à la propagation de la morale revient comme un leitmotive dans les textes. Celle-ci est intimement liée à la notion d’alliance, de l’amour et de la haine en Dieu (el walâ wa el barâ) qui fait tant jaser et qui nourrit les phantasmes d’un Roman Caillet, comme nous allons le développer dans le cadre de notre tir croisé avec les revenants !

 

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/


 

 

 

 

 

 

 

[1] Rapporté par e-Dârimî dans son recueil e-sunan (n° 210).

[2] Rapporté par el Bukhârî (n° 6416), selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar.

[3] La grande conquête ; 29 Voici le passage en question : [Mohammed, le Messager d’Allah et les croyants avec lui sont durs envers les infidèles, doux entre eux ; tu les vois s’incliner et se prosterner dans l’espoir d’obtenir une faveur d’Allah et Son Agrément. Ils se distinguent par la marque de la prosternation qui se lit sur leur visage] ; les Compagnons : [ Tel est leur exemple dans la Thora, et leur exemple dans l’Évangile. Ils sont comme une culture dont la semence pousse. Puis, elle se raffermit, s’épaissit, pour enfin tenir sur sa tige à la grande joie des semeurs afin d’irriter les infidèles].

[4] La vache ; 261

[5] Rapporté par Muslim (n° 145).

[6] Rapporté par Ahmed dans el musnad (n° 3784).

[7] Rapporté par Abd Allah le fils d’Ahmed dans ses compléments au musnad de son père (n° 21570), selon Abû Dharr (t).

[8] Rapporté par Ahmed dans el musnad (n° 1604).

[9] Rapporté par e-Tirmidhî (n° 2630).

[10] Le repas céleste ; 105

[11] Rapporté par Abû Dâwûd (n° 4338), ibn Mâja (n° 4005), et e-Tirmidhî (n° 2168) ; il se trouve également dans le musnad de l’Imam Ahmed (n° 1).

[12] Hûd ; 117

[13] Hûd ; 116

[14] Le repas céleste ; 105

[15] Rapporté par Abû Dâwûd (n° 4341), ibn Mâja (n° 4014), et e-Tirmidhî (n° 3058).

[16] Rapporté par Abû Nu’aïm dans el huliya (8/49), selon Anas ibn Mâlik (t) et un autre selon Mu’âdh ibn Jabal (t).

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