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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:27

 

La base du régime alimentaire

(Partie 2)

 

‘Abd el ‘Azîz ibn Abî Rawâd : « Selon l’adage, manger peu stimule la piété. »

 

Qathm el ‘Âbid : « Selon l’adage, manger peu rend le cœur plus sensible, et la larme plus facile. »

 

‘Abd Allah ibn Marzûq : « La faim perpétuelle est le grand remède à l’orgueil.

  • Qu’est-ce que la faim perpétuelle à tes yeux, lui souleva Abû ‘Abd e-Rahmân e-Zâhid ?
  • C’est ne jamais manger à satiété.
  • Comment est-ce possible pour un habitant de ce monde ?
  • Il n’y a rien de plus facile, mon cher Abû ‘Abd e-Rahmân, quand Allah nous compte parmi Ses élus, et qu’Il nous ouvre les portes de Son obéissance ! Il suffit de ne jamais manger à sa faim. »

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Un jour, quelqu’un se plaignit à el Hasan el Basrî qui lui avait servi un plat : « J’ai trop mangé, je n’en peux plus !

  • Gloire à Allah, un musulman peut-il manger jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, asséna el Hasan à son invité ? »

 

Abû ‘Imrân el Jûnî : « Selon l’adage, il suffit de manger peu pour avoir le cœur illuminé. »

 

‘Uthmân ibn Zâida témoigne : « Sufiân e-Thawrî me fit parvenir un courrier dans lequel il préconise : si tu veux moins dormir et avoir un corps en bonne santé, alors réduis ta nourriture. »

 

Bishr ibn el Hârith : « Je n’ai jamais mangé à ma faim depuis cinquante ans. »

 

« Il ne convient pas dans une journée de se rassasier de choses licites au risque de basculer vers l’interdit ; que dire de ceux qui se rassasient régulièrement d’infamie ? »

 

Ibrâhîm ibn Adham : « Quand on a le contrôle sur son ventre, on a le contrôle sur sa religion, et quand on maitrise sa faim, on maitrise la vertu ; si la faim éloigne du vice, la satiété s’en approche, car elle tue le cœur, et cultive les mauvais penchants : la joie excessive, l’ostentation, et le rire. »

 

Mohammed ibn e-Nadhr el Hârithî : « La faim attise la vertu de la même façon que le ventre plein attise l’ostentation. »

 

Abû Sulaïmân e-Dârânî : « La faim et la soif rendent le cœur sensible et doux, et boire et manger à satiété le rend aveugle. »

 

« La satiété est la clef d’ici-bas, et la faim est la clef de l’au-delà ; la crainte d’Allah est à l’origine de tous les biens tant sur terre que dans l’autre monde. Le Tout-Puissant étend ses largesses à ceux qu’Il aime et à ceux qu’Il n’aime pas, mais Il garde en réserve le trésor de la faim qu’Il accorde uniquement à ceux qu’Il aime. Il m’est préférable de moins manger le soir pour me réserver à la prière du début à la fin de la nuit. »

 

El Hasan ibn Yahyâ el Khashanî : « Pour avoir un cœur doux et des larmes à foison, il incombe de ne remplir qu’à moitié son ventre de boisson et de nourriture. »

 

En commentaire à ce propos, Ahmed el Hawârî déclare : « J’ai fait part de ce propos à Abû Sulaïmân qui m’a répondu : « Le hadîth parle d’un tiers pour la boisson et d’un tiers pour la nourriture. Je pense qu’après avoir fait leurs comptes, ces gens-là en ont gagné un sixième. »

 

L’Imâm Shâfi’î : « Je n’ai pas mangé à ma faim depuis seize ans, sauf une seule fois ; j’ai dû ce jour-là me vider le ventre, car la satiété alourdit le corps, dissipe la perspicacité, pousse à dormir, et rend moins prompt à la dévotion. »

 

Le sceau des Prophètes (r) nous recommande de manger peu, comme le formule le hadîth ci-dessus. Ce dernier est également l’auteur des paroles que rapportent el Bukhârî et Muslim, et dont voici les termes : « Le croyant mange dans un seul estomac, contrairement au mécréant qui a besoin de sept estomacs. »[1]

 

Autrement dit, le croyant respecte les prescriptions divines, tandis que le mécréant obéit à ses plaisirs, et mange avec avidité et voracité. En outre, la tradition prophétique préconise un moyen de tempérer ses ardeurs culinaires en partageant sa nourriture avec autrui.

 

Voici ce qu’elle propose en matière d’altruisme et de don de soi : « La nourriture pour un suffit pour deux, la nourriture pour deux suffit pour trois, et celle pour trois suffit pour quatre. »[2]

 

Attention donc à ne pas trop manger ni à trop boire, car trop se remplir le ventre d’eau perturbe la digestion et pousse à dormir. Un tiers de liquide suffit pour l’estomac afin de maintenir le corps en bonne santé.

 

Sufiân : « Mange la nourriture que tu veux, mais sans n’y ajouter de l’eau qui pousse à dormir. »

 

Un ancien disait : « Un jour, quelqu’un s’écria à des pieux israélites à la fleur de l’âge, juste au moment où ces derniers allaient rompre le jeûne : ne mangez pas trop, car vous risquez de boire trop d’eau qui va vous pousser à dormir beaucoup, et donc, à perdre beaucoup. »

 

La frugalité prédominait à l’avènement de l’Islam. Le manque de nourritures y aidant, certes, mais le Très-Haut mit son Élu (r) dans les meilleures conditions possibles pour lui faire supporter les difficultés liées à sa mission. Ibn ‘Omar l’avait bien compris, lui qui décida d’imiter les anciens quand l’abondance « sourit » aux musulmans. Il emboitait le pas à son père qui fut, à la première époque, plus d’une fois tiraillé par la faim.

D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âisha, le Prophète (r) n’a jamais offert à sa famille du pain de blé pendant trois jours d’affilé, depuis la période qui couvre ses premiers pas à Médine jusqu’à sa mise en tombe.

 

Une version de Muslim, selon la même ‘Âisha, souligne que, jusqu’à sa mort, il ne sait jamais rassasier de pain d’orge pendant deux jours de suite. Abû Huraïra, chez el Bukhârî, parle de trois jours de suite durant lesquels l’Ami d’Allah (r) ne se rassasiait d’aucune nourriture.[3] Ailleurs, il précise qu’il n’a tout simplement jamais mangé de pain d’orge à satiété. Son serviteur Anas ibn Mâlik témoigne que ni pain tendre ni agneau grillé n’ont garni ses repas jusqu’au jour où il rendit l’âme.[4] La fille d’Abû Bakr raconte également qu’il arrivait qu’aucun feu ne soit allumé pendant au moins deux mois au foyer, et que ses membres n’avaient pour seule nourriture que de l’eau et des dattes. En d’autres termes, on ne faisait pas cuir à manger pendant de longues périodes.[5] Parfois, le meilleur des hommes ne trouvait même pas des dattes de mauvaise qualité pour lui soulager la faim si tant est qu’il se tordait de douleur.[6] Il passait plusieurs nuits sans manger.[7] Pour calmer son symptôme, il se serrait le ventre avec une pierre.[8]  En revanche, les jours d’invitation, le Prophète ne se privait pas, et il n’étalait pas avec affectation un ascétisme éhonté.

 

Un jour, il lança à un homme qui avait éructé en sa présence : « Épargne-nous ce bruit ! Les plus rassasiés sur terre seront les plus affamés le jour de la résurrection. »[9]

 

Il incombe enfin de manger avec modération les aliments qui, à la base, nous sont licites, comme la viande, qui, comme l’aurait signalé le Khalife ‘Omar crée une addiction au même titre que l’alcool.[10] Ibn el Qaïyim rapporte les paroles d’Hippocrate : « Ne faites pas de vos ventres un cimetière pour animaux. »[11]

 

Wa Allah a’lam !

 

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

[1] Rapporté par Bukhârî (n° 5078) et Muslim (n° 2060).

[2] Rapporté par Bukhârî (n° 5077) et Muslim (n° 2059).

[3] Rapporté par Bukhârî (n° 5432) et Muslim (n° 2970).

[4] Rapporté par Bukhârî (n° 5385).

[5] Rapporté par Bukhârî (n° 2567) et Muslim (n° 2972).

[6] Rapporté par Muslim (n° 2978).

[7] Rapporté par Tirmidhî dans son recueil (n° 2360) et authentifié par el Albânî dans la recension de ce dernier.

[8] Rapporté par ibn el A’râbî dans el mu’jam (n° 21) et authentifié par el Albânî dans silsilat el ahâdîth e-sahîha (n° 1615).

[9] Rapporté par Tirmidhî (n° 2478) avec une chaine narrative jugée faible.

[10] Rapporté par Mâlik dans el muwatta (n° 1744).

[11] Zâd el mî’âd (4/384).

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Publié par mizab - dans Divers
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commentaires

Alain 09/07/2017 15:39

As salâmou 'alaykoum
Ne pas jeûner du tout : c'est un annulatif de l'islâm ou bien c'est un grand péché sans que cela annule la foi ?
Car dans le coran c'est marqué traduction approximative : "Mais s´ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, ils deviendront vos frères en religion." Sourate tawba 9 Verset 11

Alain 09/07/2017 20:15

D'accord bârakAllâhoufyk

mizab 09/07/2017 17:58

Wa 'aleïkom salem wa rahmat Allah !

C'est une opinion de certaines écoles qui se basent sur ce hadith, mais l'opinion la plus juste est celle qui ne compte que la prière dans les 4 pilliers, wa Allah a'lam !

Plusieurs savants, à l’instar d’ibn Taïmiya et d’ibn Rajab, font mention de la tendance d’Ahmed selon laquelle il ne kaffar pas l’abandon des quatre piliers, avec la prière à leur tête, tout en reconnaissant leur aspect obligatoire.

Voir : Majmû’ el fatâwa d’ibn Taïmiya (7/610-611), et Fath el Bârî d’ibn Rajab (1/22-23).

Abdullah 13/03/2017 23:44

Le hadith à la note 9 est authentifié par Al-Albânî dans son tahqiq,« Sahîh al-jâmî’ » n°4491, « Sahîh at-targhîb » n°2137 et « As-sahîha » n°343