Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 11:21

 

 

L’inerrance coranique

(Partie 3)

 

Le génie littéraire de la langue Arabe

 

La complexité de la langue arabe provient d’une profusion de dialectes qui, « pourraient diversifier les quatre-vingts noms du miel, les deux cents du serpent, les cinq cents du lion, les mille de l’épée, au temps où cet abondant dictionnaire était confié à la mémoire d’un peuple illettré. »[1]

 Tellement dévoués étaient les arabes à l’impact de la Langue parlée qu’ils tenaient des festivals annuels, que l’Histoire a immortalisé dans ses lignes intemporelles : Trente jours étaient employés dans l’échange, non seulement du maïs et du vin, mais de l’éloquence et de la poésie. Le prix était disputé par l’émulation généreuse des bardes ; la performance victorieuse était mise dans les archives des princes et émirs, et nous pouvons lire, dans notre propre langage, les sept poèmes originaux qui ont été inscrits en lettres d’or, et suspendus dans le temple de la Mecque.[2]

 

R. Bosworth Smith explique que ce que les Jeux Olympiques ont fait pour la Grèce en maintenant le sentiment national, comme distinct de l’indépendance tribale, en donnant une brève cessation des hostilités, et en agissant comme centre littéraire, les foires annuelles à Okaz et Mujanna l’ont fait pour l’Arabie. Ici les tribus résolvaient leurs dissensions, échangeaient leurs prisonniers de guerre, et le plus important de tout, entraient en compétition l’une contre l’autre dans des concours poétiques impromptus. Même à « l’époque de l’ignorance, » chaque tribu produisait son propre poète-lauréat ; et le plus prêt et le meilleur voyait son poème inscrit en lettres d’or, ou suspendu sur le mur de l’entrée de la Kaaba, où il serait vu par chaque pèlerin qui visiterait la place la plus sacrée du pays.[3]

 

Dans son essai, L’Islam : La religion incomprise, le romancier James A. Michener écrit : « Le Coran est probablement le livre le plus lu au monde, sûrement le plus mémorisé, et probablement le plus influent dans la vie quotidienne de ses adeptes. Pas aussi long que le Nouveau Testament, écrit dans un style exalté, il n’est ni poésie ni prose ordinaire, pourtant il possède la capacité d’exciter ses auditeurs jusqu’aux extases de la foi. »[4]

 

Le Professeur A. J. Arberry mentionne : « Il est indéniable que le Coran jouit d’une excellente écriture qui parsème ses lignes et qui lui confère un style inhérent très personnel ; le langage est hautement idiomatique, cependant pour la plus grande partie illusoirement simple ; les rythmes et les rimes sont des aspects inséparables de son impressionnante éloquence, et ceux-ci sont en réalité inimitables. »[5]

 

Aux yeux du Dr. Laura Vaglieri, le Miracle de l’islam par excellence est le Coran, à travers lequel une tradition constante et ininterrompue nous transmet des nouvelles d’une certitude absolue. Ceci est un livre qui ne peut être imité. Chacune de ses expressions est globale, et cependant elle est d’une mesure appropriée, ni trop longue ni trop courte. Son style est original. Il n’existe pas de modèle du genre dans la littérature arabe des temps qui l’ont précédé. L’effet qu’il produit sur l’âme humaine est obtenu sans aucune assistance à travers ses propres excellences inhérentes.

 

Les versets sont éloquents tout au long du texte, même quand ils traitent de sujets tels que les commandements et les prohibitions, qui doivent nécessairement influencer son ton. Histoires des Prophètes, descriptions du début et de la fin du monde, énumérations et expositions des attributs divins sont répétées, mais d’une façon tellement impressionnante qu’elles n’en affaiblissent pas l’effet. Le texte passe d’un sujet à l’autre sans perdre sa puissance. Profondeur et charme, qualités qui ne vont généralement pas de pairs, se conjuguent ici où chaque image rhétorique trouve une parfaite illustration… Nous y trouvons de vastes réserves de connaissance qui dépassent la capacité des hommes les plus intelligents, des plus grands philosophes et des politiciens les plus aguerris.[6]

 

Et A. Guillaume résume : « Le Coran est un des classiques mondiaux qui ne peut être traduit sans une grave perte. Il (Le Saint Coran) a un rythme d’une beauté singulière et une cadence qui charme l’oreille. Plusieurs chrétiens arabes parlent de son style avec une admiration chaleureuse, et la plupart des arabisants reconnaissent son excellence... En fait, on peut affirmer qu’au sein de la Littérature chez les arabes, vaste et féconde comme elle est, que ce soit en poésie ou en prose soutenue, il n’y a rien qui lui soit comparable. »[7]

 

Cette merveille d’éloquence interpelle le Dr. Laura Vaglieri qui se demande : « Comment ce merveilleux livre peut-il être l’œuvre de Mohammed, un arabe illettré qui dans toute sa vie a composé seulement deux ou trois vers, dont aucun ne révèle la moindre qualité poétique : e.g. ‘Je suis le Prophète et je ne mens pas.

Je suis le fils de Abd el – Muttaleb.’ ? »[8]

 

Le Professeur A. J. Arberry pousse la réflexion sans cacher son admiration : « Nous savons très bien comment Mohammed parlait dans ses humeurs normales quotidiennes ; car ses obiter dicta ont été préservés en grande abondance. C’est simplement faux de prétendre, contrairement aux allégations de Margoliouth, qu’ « il serait difficile de trouver un autre cas où il existe une identité aussi complète entre l’œuvre littéraire et l’esprit de l’homme qui l’a produite. » Acceptant, comme nous avons de bonnes raisons de le faire, les dictons de Mohammed qui sont enregistrés dans les livres de Traditions comme substantiellement authentiques, et supposant, comme l’a supposé Margoliouth, que le Coran était la production consciente de Mohammed, il serait plus raisonnable de dire qu’il serait difficile de trouver un autre cas où l’expression littéraire d’un homme différait si fondamentalement de son discours ordinaire. »[9]

 

Sur la même page de la citation précédente (i.e., p. 31), le Professeurr Arberry anticipe les réactions ahurissantes que pourrait susciter son propos, et tient donc à mettre les choses au clair : « En ce qui concerne les fidèles, je ne vais pas leur cacher ce qu’ils ne vont en aucun cas imaginer, que je ne suis pas un musulman, ni jamais ne pourrais l’être. »

 

L’inimitabilité du Coran

 

Dans la Préface de sa traduction du Saint Coran, le Professeur A. J. Arberry constate en des termes très objectifs : « J’ai suivi l’arrangement traditionnel malgré toutes ses perplexités notoires. Les sourates elles-mêmes sont en plusieurs cas – et ceci a été reconnu par les érudits musulmans dès les premiers temps – d’un caractère composé qui a été façonné par des fragments successifs que Mohammed ajoutait à des dates radicalement différentes… »[10] Tous ceux qui connaissent le Coran en langue arabe sont d’accord pour faire l’éloge de la beauté de ce livre religieux ; la majesté de la forme même du texte est tellement sublime qu’aucune traduction en aucune langue européenne ne peut nous permettre de l’apprécier à sa juste valeur.[11]

 

Comme orientaliste et traducteur, Alfred Guillaume écrivit, ce qui constitue un message au nombrilisme non-arabophone occidental imbu de sa culture helléniste qui ignore le génie littéraire sémitique : « Le Coran est un des classiques mondiaux qui ne peut être traduit sans une grave perte. »[12] Cette opinion est partagée par A.J. Arberry, traducteur et auteur du livre : Le Coran Interprété (The Koran Interpreted) : « J’ai concédé à la pertinence du point de vue musulman orthodoxe ……. Le Coran est intraduisible. »[13]

Dans sa robe arabe originale, le Livre sacré des musulmans a une beauté séduisante et un charme qui lui est particulier. Rédigé dans un style concis et exalté, ses phrases courtes et pleines de sens, souvent rimées, possèdent une force d’expression et une énergie explosive qui sont extrêmement difficiles à transmettre par une traduction littérale, en mot à mot.[14]

 

Voici en conclusion à ce paragraphe, un témoignage éloquent : « En vérité, je ne peux trouver aucun auteur compréhensif qui conteste l’élégance du Alcoran, puisqu’il est généralement tenu en estime comme étant la norme de la langue arabe et de l’éloquence… »[15]

 

Le Canon du Nouveau Testament

 

Dans le Deutéronome, une formule dite « la formule du canon », qui consiste en ces paroles mises dans la bouche de Moïse : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, mais vous garderez les commandements de Yahweh votre Dieu » (4, 2 ; cf. 13, 1).

Selon le Harper’s Bible Dictionary, « Le canon du Nouveau Testament a aussi une histoire irrégulière et complexe … aucune liste canonique n’apparaît avant 150 AD environ… »[16]

 

Dans son œuvre Variety and Unity in New Testament Thought, John Reumann commente, « Le canon en tant que collection, devient plus problématique quand on voit combien variés sont les écrits qui y ont été inclus (et combien certains de ceux qui ont été exclus, ne sont d’aucune manière intrinsèquement inférieurs en style ou ultérieurs en date) ou combien les opinions ont différé concernant certains de ces écrits dans les siècles patristiques. »[17]

 

 Graham Stanton ajoute, « L’Église des premiers temps a retenu quatre évangiles malgré l’embarras régulier concernant les différences… »[18]

 

 Néanmoins, la New Catholic Encyclopedia prétend que : « Tous les livres dans le canon sont inspirés, mais le sujet de débat est s’il y a ou s’il pourrait y avoir un livre inspiré qui, à cause de sa perte, n’est pas dans le canon. L’Église n’a pas tranché la question. L’opinion plus générale est que certains livres inspirés ont probablement été perdus. »[19]

 

Pourquoi ce doute subsistant que quelques-uns des livres ont été perdus ? Des indications biblique – 1 Corinthiens 5 : 9 et 2 Cor 2 : 3 - 9, 7 : 8-12 décrivent deux des lettres de Paul qui ont disparu.[20]

Paul aussi parle de la lettre « qui viendra de Laodicée » dans Col 4 : 1 6 – où est-elle ? En outre, entre 1 Chroniques 29 : 29, 2 Chroniques 9 : 29, et 2 Chroniques 12 : 15 un total de six livres perdus est révélé dans l’Ancien Testament.[21]

 

Ainsi des matières ont bien certainement été perdues. Combien ont été ajoutées d’une façon inappropriée est encore une autre question disputée.[22]

 

Le Nouveau Testament a exclu un nombre estimé entre 250 et 2000 actes non- canonicaux, épîtres et évangiles (qui ont été relégués et brûlés avec seulement une poignée de survivants « apocryphes »).

 

Selon l’Encyclopaedia Britannica, « L’histoire de l’usage du terme [apocrypha] indique qu’il faisait référence à une collection d’écrits ésotériques qui étaient au début appréciés, plus tard tolérés, et finalement exclus. » Il est intéressant à noter que l’apocryphe, bien qu’initialement « apprécié,» dégringola éventuellement à la situation d’être simplement toléré, et ultérieurement à celle d’être rejeté.

 

L’affirmation que la même séquence de l’évolution religieuse a ultimement résulté dans la modification et/ou le rejet des enseignements de Jésus Christ n’est pas exactement éloignée. Et comment le peuvent-ils, quand l’histoire même du premier « Christianisme » est ombragée par le doute ? Pour citer Encyclopaedia Britannica encore une fois, Les auteurs des quatre évangiles inclus dans le Nouveau Testament témoignaient de vérités assurées que les fidèles devraient savoir, et aucune reconstruction convaincante des réalités historiques n’est possible de ces livres du Nouveau Testament. Le seul livre déclaré historique (i.e., dans le Nouveau Testament) est les Actes des Apôtres.

 

Le Nouveau Testament, dans son ensemble, représente simplement une sélection des écrits chrétiens des premiers temps. Il inclut seulement ce qui était conforme à la doctrine de l’Église quand, plus tard, cette doctrine adhéra à une forme unique. Entre les Actes des Apôtres, datant probablement de la fin du premier siècle, et les écrits de Eusébius de Caesarea (décédé c. 340) et ses contemporains durant le premier quart du quatrième siècle, il y a une lacune presque complète dans l’historiographie chrétienne, nous explique Dr. Laurence B. Brown, un converti émérite. Et ainsi, nous devons nous demander, « Qu’est-ce que les premiers « Chrétiens » des premier, deuxième, et troisième siècles connaissaient que nous ne connaissons pas ? »

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Gibbon, Edward, Esq. 1854. The History of the Decline and Fall of the Roman Empire. London: Henry G. Bohn. Vol. 5, Chapter L, p. 452.

[2] Ibid., Chapter L, p. 453.

[3] Smith, R. Bosworth, M.A. 1986. Mohammad and Mohammadanism. London: Darf Publishers Ltd. pp. 64–65.

[4] Michener, James A. May, 1955. “Islam: The Misunderstood Religion,” in Reader’s Digest (American Edition). p. 70.

[5] Arberry, A. J. 1953. The Holy Koran: An Introduction with Selections. London: George Allen & Unwin Ltd. p. 28.

[6] Vaglieri, Dr. Laura Veccia. pp. 40–41.

[7] Guillaume, Alfred. pp. 73–74.

[8] Vaglieri, Dr. Laura Veccia. pp. 40–41.

[9] Arberry, A. J. The Holy Koran: An Introduction with Selections. pp. 31–32.

[10] Arberry, A. J. 1996. The Koran Interpreted. A Touchstone Book: Simon & Schuster. Preface, p. 25.

[11] Montet, Edward. 1929. Traduction Francaise du Couran. Paris. Introduction, p. 53.

[12] Guillaume, Alfred. 1990. Islam. Penguin Books. pp. 73–74.

[13] Arberry, A. J. 1996. The Koran Interpreted. A Touchstone book: Simon & Schuster. Preface, p. 24.

[14] Naish, John, M.A. 1937. The Wisdom of the Qur’an. Oxford. Preface, p. viii.

[15] Stubbe, Dr. Henry, M.A. 1975. An Account of the Rise and Progress of Mohomedanism, with the Life of Mahomet. Lahore: Oxford and Cambridge Press. p. 158.

[16] Achtemeier, Paul J. p. 111.

[17] Reumann, John. 1991. Variety and Unity in New Testament Thought. Oxford University Press. p. 281.

[18] Stanton, Graham. p. 135.

[19] New Catholic Encyclopedia. Vol 2, p. 386.

[20] Ibid., p. 386.

[21] Ibid., p. 386.

[22] Ibid., p. 391.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Angeline 10/03/2017 20:49

très beau blog sur la littérature. un plaisir de me promener ici.