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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 12:12

 

L’invention de La Mecque

(Partie 6/4)

 

La poésie préislamique

C’est la première source vers laquelle auraient du se tourner nos détectives en herbe, qui, du haut de leur paternalisme, en oublient les fondamentaux de la profession ![1] Certains poèmes décrivent le pèlerinage avant l’avènement de la dernière des religions.[2]

 

L’Histoire de la Péninsule juste avant l’avènement de l’Islam

 

En 525, les Éthiopiens s’emparèrent de l’Arabie méridionale, et, selon la tradition, ils supprimèrent en 530 le dernier roi himyarite, Dhû Nuwâs, converti au judaïsme. Ryckmans a découvert une inscription de 518 qui relate une expédition abyssine dirigée contre lui. Il a trouvé en outre une inscription qui donne le véritable nom de Dhû Nuwâs. On est là dans les ruines d’une grande cité que l’on désigne par son nom dans le Coran, Ukhdûd : « Ils furent tués, y lit-on, les compagnons des fosses açhâb al-ukhdûd par le feu en brasier, alors qu’ils étaient auprès, assis... Ils leur reprochaient de croire en Dieu ! » Suivant la tradition musulmane, ce sont des gens de Nedjrân, convertis au christianisme, que le roi Dhû Nuwâs fit jeter dans des fosses et brûler vifs. Sauf le détail des fosses, le fait est confirmé par des textes chrétiens, mais l’origine de la légende reste obscure. Ce sont aussi des souverains yéménites que le Coran appelle Tobba‘ et qu’Allah a fait périr pour leur impiété.

 

Dans cette région, la digue de Ma’rib[3] retenait des eaux et les distribuait sur une large région de plaines cultivées ; c’était un ouvrage fragile qui ne fut plus entretenu durant de longs désordres politiques. Elle se rompit, semant la ruine au lieu de la fertilité, et nul ne fut capable de la reconstruire. La légende a grossi les effets de cette rupture et lui attribue tous les anciens déplacements des tribus méridionales vers le nord.

 

L’un des gouverneurs vice-rois du Yémen, aux ordres du roi d’Abyssinie, chrétien monophysite, sous la dépendance religieuse de l’empereur byzantin, fut Abraha, illustre dans la tradition musulmane. En 570, il conduisit une armée contre Mekke, afin d’y détruire la Ka‘ba ; Allah envoya des oiseaux abâbîl, qui lâchèrent sur les soldats une mitraille de cailloux aux blessures mortelles. L’éléphant monté par Abraha donna son nom à l’année. Des inscriptions confirment l’existence d’Abraha : l’une d’elles est relative à la digue de Ma’rib en 542 ; une autre, trouvée au puits de Muraïghân dans le ‘Alem au sud d’at-Tâïf, relate une expédition de 547 contre des tribus. Ces deux inscriptions chrétiennes sont sous l’invocation, l’une de Dieu sous le nom d’ar-Rahmân et son Messie, l’autre sous l’invocation d’ar-Rahmân et de son fils Christos.

Les cités principales du Yémen étaient Saba, Sana, Zafâr, ancienne capitale himyarite, dont on connaît les ruines, Sahûl où l’on tissait les linceuls, Djanad et, plus au sud, Ta‘izz.

C’est en l’année 570 que le fils et dernier successeur d’Abraha fut chassé par Wahraz, général du roi sassanide Kesra Anouchirvan ; il organisa au Yémen la domination perse avec la dynastie locale de Dhû Yazan, et il y imposa le christianisme nestorien.[4]

 

Voir http://fr.calameo.com/read/0000713681cd1aaee8fd9

https://books.google.ca/books?id=PuYUAAAAIAAJ&printsec=frontcover&dq=L%27Arbie+Preislamique+Et+Son+Environment+Historique+Et+Culturel&source=bl&ots=-52EfSWtiy&sig=aK3fqhYdQ1HF9CJUJEbgE04OUws&hl=fr&ei=1lKFS93REIW4Nva72DQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAgQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

 

Pour la chronologie, voir après l'an 491.


http://www.nestorian.org/nestorian_timeline.html

 

Voici une autre référence reconnue du site du CNRS : relatant les projets de Fouilles en Arabie Saoudite actuelle, en référence à El Ukhdud (cité dans le Coran) qui s'est passé à Nadjran (ou Najran). L'inscription de Abraha y est confirmée.

 

http://www.orient-mediterranee.com/spip.php?article364

 

En marge de ces travaux, la Mission a également eu la chance d’aller sur plusieurs sites rarement visités par des missions occidentales, al-Khushayba, Umm al-Ayd’, Al-‘amd et Murayghân en particulier. Ces visites sont déterminantes dans le cadre de la réalisation d’une synthèse historique sur la région, et complètent notre connaissance de l’organisation du territoire à l’époque préislamique. C’est durant l’une de ces visites que fut découverte une nouvelle inscription d’Abraha à Murayghân, déterminante pour notre connaissance de l’histoire de la « Jahiliyyah », et qui contribue à elle seule au succès de la Mission 2009.

 

À noter que la première inscription de Abraha fut découverte sur le même site en Gras.[5]

 

La persécution de Najrân

 

Le savant français Joseph Halévy fait le rapprochement entre les événements tragiques évoqués dans cette inscription avec ceux relatés dans Le Martyre de saint Aréthas et de ses compagnons dans la ville de Najrân (Journal asiatique, 1873).

 

Le Martyre raconte qu'un roi juif a pris le pouvoir au Yémen. À cause de l'hiver, période de vents violents en mer Rouge, les Éthiopiens n'ont pas pu réagir. Le roi juif entreprend alors le siège de Najrân, grande oasis où les chrétiens dominent. La ville se rend après avoir eu l'assurance que la population serait épargnée. Le roi ne respecte pas sa parole et oblige les chrétiens à se convertir au judaïsme ; ceux qui refusent sont exécutés. Plusieurs centaines de fidèles périssent lors de cette persécution, datée de l'automne 523.

Bien évidemment, le monde chrétien ne peut pas rester sans réagir. Les autorités religieuses de l'Empire byzantin et l'empereur lui-même demandent au roi chrétien d'Éthiopie, Kâleb, d'organiser la riposte. Kâleb rassemble soixante-dix navires et, après la Pentecôte 525, traverse la mer Rouge. La flotte éthiopienne se présente à l'entrée de la rade de Shaykh Sa'îd, barrée par une chaîne, alors qu'une tempête se lève. Tandis qu'une partie de la flotte brise la chaîne, le reste, avec le roi, est rejeté plus au nord et débarque, semble-t-il, à al-Makhâ'(Moca), où a lieu le combat décisif. Kâleb l'emporte sur le roi juif qui est vaincu et exécuté ; puis il s'empare de l'ensemble du Yémen, impose le christianisme, fonde partout des églises, crée une hiérarchie ecclésiastique et se retire en Éthiopie où il se fait moine.

 

De nouvelles pièces viennent bientôt compléter le dossier, notamment le récit en langue syriaque de la persécution de Najrân, publié par un savant italien, sous la forme d'une lettre écrite par un évêque monophysite, contemporain des faits.

 

Les chroniqueurs byzantins confirment la trame des événements, notamment Procope, le plus sûr, dans les années 540. Haut dignitaire de l'empire, membre de l'entourage du principal général de Justinien (527-565), il a accès aux archives officielles. Dans l'ouvrage où il traite des guerres entre la Perse et Byzance, il mentionne en 531 l'envoi d'une ambassade byzantine auprès du négus et du roi himyarite chrétien placé sur le trône par les Éthiopiens, afin de demander de l'aide dans la guerre que Byzance fait à la Perse. À ce propos, Procope rappelle brièvement que la conquête du Yémen par les Éthiopiens fait suite à la persécution des chrétiens himyarites par un roi juif.

 

Un royaume juif au Yémen, ruiné par les Éthiopiens

 

De nouvelles découvertes vont progressivement départager les tenants des deux théories, et surtout trois inscriptions trouvées dans le sud de l'Arabie saoudite au début des années 1950, et écrites par un général du roi juif dont elles nous apprennent le nom véritable, Joseph. Elles rapportent que Joseph a massacré les Éthiopiens en garnison à Zafâr où il a incendié l'église. Ensuite, il a dirigé une campagne dans les régions littorales afin de se prémunir contre un débarquement éthiopien et a fortifié Maddabân (le nom antique de Shaykh Sa'îd) avec une chaîne. Enfin, Joseph a envoyé ses troupes faire le blocus de Najrân.[6]

 

Quelques références non-musulmanes neutres à l'expédition du général éthiopien Abraha contre la Mecque : http://www.muhammadanism.org/bell/origin/p038.htm

 

Notamment, l'historien allemand : Nöldeke né en 1836 qui a rapporté l'information de l'historien : Procopius (500-565). On lit clairement :

 

For some years thereafter the situation is obscure. Then emerges an Abyssinian ruler of Yaman named Abraha (or Abraham), who held power for upwards of forty years, and whose expedition against Mecca has become famous through the reference to it in the Qur'an.[7] The story of this expedition is recounted at length by the Arab historians. It is also thought by Nöldeke 1 to be referred to by Procopius in the statement that "Abramus, when at length he had established his power most securely, promised the Emperor Justinian many times to invade the land of Persia, but only once began the journey and then straightway turned back". The object of the expedition thus falls into the network of international politics. The Romans were seeking...etc.

 

Geschichte der Perser u. Araber, p. 205. Ref. to Procopius i. 20

 

"Abraha aurait attaqué la Mecque en 570, mais son armée aurait été décimée par une épidémie de variole. Abraha serait mort cette même année, ce qui facilite l'intervention d'un corps expéditionnaire perse sassanide qui chasse les Axoumites d'Arabie méridionale et prend le contrôle du Yémen". (Jean Joly, Atlas historique, l'Afrique et son environnement européen et asiatique. éd. L'Harmattan. p.39).[8]

 

Le Coran ne confirme pas qu'Abraha voulait détruire la Ka'ba qui avec ses 360 idoles attirait de très nombreux pèlerins, qu'Abraha aurait préféré faire pèlerinage à l'Eglise qu'il a faite construire au Yémen, qui est confirmée par une stèle datant de l'époque... Mais cela n'est pas invraisemblable. A l'époque les missionnaires chrétiens visaient à christianiser les arabes et prêchaient partout. Qu'Abraha ait pu envoyer cette expédition juste pour détruire la Ka'ba est de fait probable, mais n'est pas attestée de façon formelle. Quand à l'épidémie de variole dans le Hijaz en 570, l'année de l'éléphant, elle est confirmée par ibn Ishaq et Procope de Cézarée. Il semblerait donc bien que l'armée d'Abraha ait été contaminée par l'épidémie de la variole, et que les vautours percnoptères immenses tournaient autour de l'armée et des cadavres, et lançaient des pierres sur les soldats se protégeant avec leurs boucliers en peau d'hippopotame, qui vus du ciel ressembleraient à des carapaces de tortues, un met apprécié par ces oiseaux carnassiers chasseurs de tortues, qui brisaient leurs carapaces en lançant des pierres, justement en Ethiopie et dans la région du Hijaz... Les historiens rapportent plusieurs victoires militaires d'Abraha dans le Nord.[9]

 

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]http://www.al-eman.com/%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%AA%D8%A8/%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9%20%D8%A7%D8%A8%D9%86%20%D9%87%D8%B4%D8%A7%D9%85%20%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D9%85%D9%89%20%D8%A8%D9%80%20%C2%AB%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9%20%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%A8%D9%88%D9%8A%D8%A9%C2%BB%20**/%D8%B4%D8%B9%D8%B1%20%D8%A7%D9%84%D8%B2%D8%A8%D9%8A%D8%B1%20%D9%81%D9%8A%20%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%8A%D8%A9%20%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%8A%20%D9%83%D8%A7%D9%86%D8%AA%20%D8%AA%D9%85%D9%86%D8%B9%20%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%B4%20%D9%85%D9%86%20%D8%A8%D9%86%D9%8A%D8%A7%D9%86%20%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%B9%D8%A8%D8%A9/i109&d71531&c&p1

شعر الزبير في الحية التي كانت تمنع قريش من بنيان الكعبة فلما فرغوا من البنيان ، وبنوها على ما أرادوا ، قال الزبير بن عبدالمطلب ، فيما كان من أمر الحية التي كانت قريش تهاب بنيان الكعبة لها ‏‏:‏‏ عجبت لما تصوبت العقاب * إلى الثعبان وهي لها اضطراب وقد كانت يكون لها كشيش * وأحيانا يكون لها وثاب إذا قمنا إلى التأسيس شدت * تهيبنا البناء وقد تهاب فلما أن خشينا الرجز جاءت * عقاب تتلئب لها انصباب فضمتها إليها ثم خلت * لنا البنينان ليس له حجاب فقمنا حاشدين إلى بناء * لنا منه القواعد والتراب غداة نرفع التأسيس منه * وليس على مسوينا ثياب أعز به المليك بني لؤي * فليس لأصله منهم ذهاب وقد حشدت هناك بنو عدي * ومرة قد تقدمها كلاب فبوأنا المليك بذاك عزا * وعند الله يلتمس الثواب ‏ قال ابن هشام ‏‏:‏‏ ويروي ‏‏:‏‏ وليس على مساوينا ثياب *

[4] Au début du VIe s., les souverains alternent, tantôt locaux soutenus par les Perses, tantôt Abyssins soutenus par Byzance. À Ma’dîkarib Ya’fur, roi chrétien vraisemblablement mis sur le trône par les Abyssins, succède Yûsuf As’ar Yath’ar vers 521. Celui-ci tente d’imposer par la force le judaïsme, conversion forcée qui donne lieu à un épisode répercuté par les écrits de l’époque, le martyre des chrétiens de Najrân. Les représailles abyssines
s’achèvent par la mort de ce souverain et la mise en place sur le trône d’un nouveau roi chrétien, Sumuyafa’ Ashwa’. Le général abyssin Abrahâ lui succède (535-558). Il rompt avec le souverain abyssin et reprend la longue titulature des souverains himyarites et mène de nouveau une politique expansionniste, notamment avec une expédition en Arabie centrale. Il entreprend de nombreux travaux : fondation d’églises, restauration du barrage de Ma’rib.
La capitale est transférée à San’â où une cathédrale est bâtie.
f - La domination perse sassanide (560-630)
Cette dernière phase de l’histoire préislamique de l’Arabie du Sud n’est connue que par l’historiographie médiévale. La dernière inscription rédigée en langue et alphabet sudarabiques, CIH 325, date de 559. Cette tradition mentionne deux fils d’Abrahâ, tous deux ayant eu un règne court et tyrannique : Yaksum dhû-‘âhir à qui aurait succédé Masrûq. La tradition évoque, en réaction au joug abyssin, une requête effectuée par les populations locales au souverain perse de les libérer de la mainmise abyssine. Après avoir renversé ce souverain, c’est un yaz’anide, Sayf bin dhî-Yazan (ou son fils Ma’dîkarib) qui est installé sur le trône (v. 575-578). La mort brutale de ce souverain et la période d’anarchie qui s’ensuit entraîne une seconde intervention abyssine qui s’achève par l’installation d’un satrape perse, Wahriz, à la tête de la province. Cette satrapie est le dernier événement politique connu de l’Arabie du Sud préislamique. Le dernier satrape, Bâdhân, se convertit à l’Islam en 628 ou 632.
Source : thèse de 3eme cycle au complet à Paris 1.

[5] Un écrit gravé sur une stèle datée de mars 549 mentionne les conquêtes en Arabie d'Abraha, ainsi que la réparation du barrage que le Coran dit s'être abîmé. Le Coran en parle, car c'était un des événements les plus marquants de l'époque, vu l'importance du barrage. (Archéo-Théma 9, p.49).

 

[6] D'après la tradition arabe, la conversion de l'Arabie du Sud au monothéisme et plus précisément au judaïsme doit être attribuée au roi /himyarite As`ad Abûkarib, identifié avec Abîkarib As`ad, fils de Malkîkarib Yuha'min (et petit-fils de Tha'rân Yuhan`im). Abîkarib As`ad se serait converti au judaïsme au cours de son expédition militaire dans le /Hijâz. Il aurait alors assiégé la ville de Yathrib (l'actuelle Médine) en voulant la détruire. Deux rabbins juifs seraient venus vers lui pour l'en dissuader. Ayant renoncé au siège, il aurait amené les deux rabbins au Yémen et aurait introduit le judaïsme dans le pays. Cette relation paraît s'accorder de manière générale avec les données épigraphiques sudarabiques. A partir du règne d'Abîkarib (d'abord en corégence avec son père Malkîkarib et son frère Dhara''amar), toutes les invocations dans les inscriptions sont monothéistes, un certain nombre d'entre elles sont clairement juives ou judaïsantes, bien qu'aucune inscription royale ne soit explicitement juive.

Voir : https://www.bladi.info/threads/bible-venait-larabie.318220/

[7] Seest thou not how thy Lord dealt with the Companions of the Elephant? Did He not make their treacherous plan go astray? And He sent against them Flights of Birds, Striking them with stones of baked clay. Then did He make them like an empty field of stalks and straw, (of which the corn) has been eaten up. al-Fil 105:1-5 (Yusuf Ali's translation).

[8] Il semblerait en effet qu'il y ait eu une épidémie de variole cette année-là. Cela ne contredit pas le récit coranique. En effet, il existe dans la région des vautours percnoptères de 180 cm d'envergure, qui chassent avec des jets de pierres, et le récit d'une chasse de l'armée d'Abraha, épurée du merveilleux du récit (sic) n'est pas en soi invraisemblable. Il est remarquable que le Coran ne parle pas de la protection de la Mecque dans cette sourate, ababil signifie bande. Les historiens arabes rapportent que des oncles de Muhammad avaient été témoins de l'attaque de l'armée, peut-être déjà affaiblie par l'épidémie de la variole par des vautours pour les achever et faire un festin.

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