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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 12:36

 

 

Les noms de Zam-zam

C’est la meilleure, la plus noble et la plus illustre des eaux. C’est la plus aimée, la plus chère et la plus précieuse aux yeux des hommes ! C’est la source que Jibrîl tata du talon et d’où Isma’ïl se désaltéra.

Zâd el ma’âd d’ibn el Qaïyim (4/392).

 

Nous avons vu que la multitude de noms pour désigner une chose témoigne de son importance à l’exemple des Noms d’Allah (I) et de ceux de Son Messager (r).[1] Ainsi, il existe plus de soixante surnoms de Zam-zam, dont :[2] Kâfiya, Maïmûna, Sâlima, Tâhira, Nâfi’a, ‘Awna, Madhnûna, Zhabiya, Shabbâ’a, Baraka, Mubârak, Barra, Taïba, Marwiya, Bushra, Saïda, Mûnisa, Nâfi’a, etc. Chacun d’eux évoque une vertu.

 

Plusieurs hypothèses sont avancées sur l’origine étymologique du terme Zam-zam :

  • Il proviendrait des paroles de Hâjar qui ordonna à la source de couler à flot : « Zum ! Zum ! » ;
  • Les Perses de l’Antiquité se rendaient au puits de Zam-zam autour duquel ils se regroupaient (tazamzam) ;
  • Dès qu’elle se mit à jaillir, la source fut entourée (zammat) avec du sable, sinon elle aurait rempli toute la vallée[3] ;
  • Ibn Hajar enrichit en disant que la source fut entourée de part et d’autre par la balance.[4]

Pour e-Nawawî, la source prit ce nom en raison de son abondance. On dit d’une eau en grande quantité qu’elle est zamzam ou zamâzim. Une certaine hypothèse avance qu’elle fut appelée ainsi en raison de l’épisode où Hâjar entoura de ses mains la source jaillissante. Selon une autre opinion, Jibrîl fit retentir un grondement (zamzamat) au moment de la faire jaillir.[5]

 

Ce qu’en disent les Textes :

 

Bon nombre de hadîth vantent les vertus de Zam-zam, en voici quelques-uns : selon ibn ‘Abbâs (t), le Messager d’Allah (r) affirme : « Zam-zam est la meilleure eau sur terre, elle est nourrissante et guérit toute maladie… »[6] Abû Dhar el Ghifârî quitta son peuple en compagnie de son frère Unaïs et de sa mère pour se rendre à La Mecque où il embrassa l’Islam. Un mois après, le Prophète (r) l’interrogea : « Depuis combien de temps es-tu ici ?

  • Depuis trente jours et trente nuits, répondit-il.
  • Qui te donnait à manger (pendant tout ce temps) ?
  • À part l’eau de Zam-zam, je n’avais rien à manger. Elle m’a tellement fait grossir que j’en ai des plis au ventre et je ne ressens aucun creux.
  • C’est une eau bénite et nourrissante lui affirma, le Prophète (r). »[7]

 

Selon Jâbir ibn Abd Allah (t), j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « [Les bienfaits de] Zam-zam varie(nt) selon l’intention du buveur. »[8] Autrement dit, elle est un remède et apaise la faim et la soif.[9] Selon Abû e-Tufaïr, j’ai entendu dire ibn ‘Abbâs (t) : « Nous l’appelions Shabbâ’a (la rassasiante) – en parlant de Zam-zamet elle nous était une aide précieuse pour (nourrir) nos enfants. »[10] Selon ibn ‘Abbâs (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « La fièvre se répand (ou est bouillante) comme la Géhenne, apaisez-la avec l’eau de Zam-zam. »[11] ‘Âisha – qu’Allah l’agrée – en ramenait de La Mecque dans des carafes et disait : « Le Messager d’Allah (r) en transportait dans des idâwa et des qurba (des outres). Il en versait sur les malades et leur donnait à boire. »[12]

 

En outre, de nombreux hadîth parlent de l’épisode de la nuit de l’Ascension où Jibrîl (u) ouvrit la poitrine de Mohammed (r) comme pour le préparer à l’événement qui allait suivre. Il lui lava le cœur avec de l’eau de Zam-zam, avant de l’amener avec lui.[13] D’autres annales vantent les méritent de cette eau bénite, mais la plupart sont mensongèrement imputées au Prophète (r) et relèvent plutôt de la légende.[14]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Tahdhîb el asmâ wa el lughât (3/157).

[2] Voir : Fadhâil mâ Zam-zam (p. 89-90), Akhbâr Makka d’el Fâkihî (2/67-69), et Tâj el ‘arûs min jawâhir el qâmûs d’el Zubaïdî (8/328).

[3] Faïdh el Qadîr d’el Manâwî (4/64).

[4] Fath el Bârî (3/493).

[5] Sharh sahîh Muslim (4/430).

[6] Rapporté par e-Tabarânî dans el mu’jam el kabîr (11/98) et el mu’jam el awsat (4/179) ; voir : silsilat el ahâdîth e-sahîha (n° 1056) et sahîh el jâmi’ (n° 3317) de Sheïkh el Albânî.

[7] Rapporté par Muslim (4/1919-1923).

[8] Rapporté par ibn Mâja (2/1018) et Ahmed (3/357, 372) ; voir : irwâ el ghalîl (n° 1123) et Sahîh el jâmi’ (n° 5378) de Sheïkh el Albânî.  En explication à ce hadîth, Mujâhid précise que celui qui en boit dans l’intention de guérir, Allah le guérira ; s’il en boit dans l’intention d’étancher sa soif ou d’apaiser sa faim, Allah étanchera sa soif et apaisera sa faim. [Voir : mu’jam e-Tabarânî el kabîr (11/98) ;  Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahadîth e-sahîha (3/45).

[9] Voir : el fawâid el majmû’a (n° 319) en bas de note.

[10] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq (5/117) et ibn Abî Shaïba (3/273) dans leur recueil el musannif ; voir : fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (2/879-880).

[11] Rapporté par el Bukhârî (6/330) ; voir pour l’explication de ce hadîth : Zâd el ma’âd d’ibn el Qaïyam (4/29) et Fath el Bârî (10/175).

[12] Rapporté par e-Tirmidhî (3/295) et el Bukhârî dans e-târîkh el kabîr (3/189) ; voir : silsilat el ahâdîth e-sahîha (n° 883) et Sahîh el Jâmi’ (n° 4807).

[13] Les hadîth sur le sujet sont rapportés par el Bukhârî (voir notamment : 1/458-459) et Muslim (voir notamment : 1/148-149) ; voir : Fadhâil Makka (2/902-911).

[14] Voir : Fadhâil Makka (2/912-916).

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