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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 14:49

Tout sur le djihad

(Partie 3)

 

Alors serviteurs d’Allah, craignez Votre Seigneur ! Faites vos comptes dès maintenant et faites [sur vous] un vrai djihâd. L’Imam ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne à ce sujet : « Le djihâd sur soi s’opère en quatre étape : primo : s’instruire de la vraie religion et du droit chemin sans lequel on ne peut obtenir le bonheur ni sur terre ni dans l’au-delà. Le malheur s’abat sur celui qui n’apprend pas sa religion.

Secundo : faire un effort sur soi afin de mettre ces enseignements en pratique, car sans  les traduire en actes, au mieux, ils sont sans intérêt.

Tercio : faire l’effort de propager la religion et de l’enseigner aux autres. À l’inverse, ceux qui cachent les preuves évidentes et la bonne voie qu’Allah a révélées ne peuvent profiter de leur savoir ni se mettre à l’abri du châtiment réservé à ce crime.

Quarto : endurer les difficultés et les ennuis qu’engendrent la da’wa (la prédication ndt.). Il en faut supporter tous les inconvénients pour le Visage d’Allah. »

 

En arrivant au bout de ses quatre étapes, l’individu s’élève à l’échelon des rabbânî (grands pédagogues). Les anciens s’accordent à dire que le savant ne prendra jamais le statut de rabbânî sans mettre en pratique ni enseigner la vérité qu’il a apprise. Celui qui apprend, pratique et enseigne le savoir est considéré comme un grand dans le Royaume des cieux. Luqmân notamment recommanda à son fils : « Mon fils ! La foi dirige l’individu et les actes le conduisent. Mais l’âme est dure, à la moindre négligence de la part du conducteur, elle s’égare du chemin. Si la négligence provient du meneur, elle s’endurcit d’avantage. Il suffit que la foi et les actes combinent leurs efforts pour la mener sur le droit chemin. »

 

L’âme, si tu lui donnes espoir, elle en profite, et si tu t’en remets à elle, elle se pervertie. Mais si tu l’a soumet aux ordres d’Allah, elle se réforme, si tu laisses la chose entre ses mains, elle se corrompt.

 

Fais donc attention ! Et ne lui fais pas confiance dans les affaires de ta religion. Ne lui donne pas d’importance et fais-lui savoir que c’est elle qui a besoin de toi. L’homme sage fait mener la vie dure à son âme en vue de la soumette à la vérité. Mais, le sot se soumet à ses caprices : il aime ce qu’elle aime et il répugne ce qu’elle répugne. Il va sans dire qu’elle n’est pas encline aux efforts que réclame la soumission à Allah et qui procure pourtant la jouissance éternelle. Elle est partisane du moindre effort qui n’apporte que déception et regret. Combien lui est-il dur de prier la nuit, de jeûner le jour, et de se rendre tôt à la mosquée ! Combien de gens gaspillent-ils leur temps dans les marchés et les cafés ! Cependant, ils sont moins généreux quant il s’agit de consacrer quelques minutes à la maison de Dieu. L’âme répugne à donner de l’argent par obéissance au Seigneur et à se sacrifier au djihâd. [Il vous fut prescrit le combat que vous répugnez ; mais, vous éprouvez peut-être de l’aversion pour une chose qui, en réalité, vous est bénéfique, comme vous pouvez aimer une chose qui, en réalité, vous cause du tort, Allah sait ce que vous ne savez point].[1]

 

L’âme est également peu encline à faire la morale (ordonner le bien et interdire le mal) et à propager le message. Elle n’est pas fervente non plus pour concilier entre les gens. Elle se détourne de tout acte de dévotion. Alors lui obéir, c’est courir à sa perte comme l’explique le Verset : [Dis : les perdants sont ceux qui ont perdus leurs âmes et leurs familles le Jour de la Résurrection. Voici quelle est la perdition évidente].[2] Suivre les caprices de l’âme c’est faire preuve d’injustice envers elle étant donné que tu l’exposes ainsi à la Colère divine et au châtiment. Tu cherches à l’honorer au moment où tu l’avilies. Tu l’avilies pour obéir à ses penchants, pour lui épargner de faire le moindre effort et pour la priver de la récompense.

 

Satan est notre deuxième ennemi. Notre père Adam fut sa première victime, et, depuis, il dépense toute son énergie pour corrompre le genre humain. Le Coran nous met en garde contre lui : [Satan est votre ennemi, alors prenez-le comme tel][3] ; [Ne vous ai-je pas pris l’engagement ô fils d’Adam de ne pas adorer Satan qui vous est un ennemi véritable].[4]

 

Le Très-Haut nous ordonne également de nous réfugier auprès de Lui contre Shaïtân dans le sens où nous devons chercher Sa protection (ou Son secours) contre son mal. Seul Allah peut nous préserver de ses machinations.

 

Un diable peut aussi bien être de nature humaine que de nature animale, ou un djinn. Allah (I) révèle en effet : [Ainsi, Nous avons assigné à chaque prophète un ennemi parmi les diables humains et les génies qui s’inspirent les uns les autres des paroles enjolivées et trompeuses].[5] Les démons s’entraident à faire périr l’homme. Les djinns lui insufflent des mauvaises pensées soit qui l’incitent à faire le mal soit qui le dissuadent de faire le bien. C’est un ennemi invisible aux yeux de l’être humain étant donné qu’il circule dans son corps comme le sang dans les veines. Allah (I) révèle : [Ils vous voient lui et les siens d’où vous ne les voyez pas].[6] Les murs et les portes ne peuvent rien contre lui. Le dhikr (l’évocation d’Allah) est la seule arme à même de lui faire rempart.

 

Quant aux démons humains, ils sont visibles à l’œil nu. Ils s’assoient avec vous, ils vous parlent ; ils revêtent une forme humaine et l’apparat de la religion. Ils sont ô combien nombreux à notre époque ! Ils appellent à la perversion par n’importe quel moyen. Ils encouragent le libertinage et les mauvaises mœurs au nom de la liberté. Ils incitent la femme à sortir de chez elle et à se dévêtir sous prétexte de l’émanciper. Ils enjolivent aux yeux des hommes la musique, l’alcool et les drogues sous le couvert du divertissement. Ils veulent qu’ils suivent les passions, négligent la prière, délaissent l’office commune notamment celle du vendredi, tout cela au nom de la tolérance. Ils veulent les éloigner de la sharî’a (Législation divine) pour leur faire appliquer les législation humaines qui seraient justes et souples. Ils les font sombrer dans le shirk (l’association) et la bid’a (l’innovation), et les mettent en garde d’être fidèles au tawhîd (l’unicité) et aux sunan (la tradition) au nom de la liberté d’expression et de l’anticonformisme.

 

Ils leur ordonnent le mal et leur interdisent le bien, ils se tiennent en travers de la da’wa et les détournent du chemin d’Allah. Ils encouragent les pervers et avilissent les gens pieux parmi les croyants et les croyantes. Ils voudraient faire abroger les peines corporelles pour les mettre à la page des nations civilisées bien que non musulmanes. Tel sont les actions et les signes révélateurs des démons humains. Ils sont l’armée de Satan, ses frères et ses complices. Alors, méfiez-vous d’eux et combattez-les pour leur empêcher d’envahir vos maisons et vos sociétés.

 

Or, sachez que les murs et les portes ne sont pas capables de retenir les démons parmi les djinns. Le seul moyen de lutter contre eux est de chercher refuge auprès d’Allah contre leur mal. Quant aux démons humains, ils ne peuvent passer à travers les murs et les portes. Il est possible de prévenir contre eux, de s’éloigner d’eux et de les exclure. Il incombe de réfuter leurs arguments ambigus qui inondent les journaux. Il est possible de les attraper par la main en vue de faire échouer leurs projets et leurs ruses. Il faut toujours rester aux aguets.

 

L’Imam ibn el Qaïyim explique : « Allah (I) a créé l’être humain et l’a placé au-dessus de tous les animaux. Il a fait de son cœur un trésor capable d’accueillir la foi, l’unicité, la sincérité exclusive, l’amour, la honte, l’encensement, et le sentiment d’être sous sa surveillance perpétuelle. Il a réservé à celui qui se tourne vers Lui la meilleure récompense qui soit : la vision béatifiante de Son Visage, Son Agrément, et la jouissance de Son voisinage dans les hauts jardins du Paradis.

 

Il a insufflé en lui les passions, la colère et l’insouciance en vue de l’éprouver. Il mit Iblîs sur son chemin dans cette même optique. Pour le séduire, Satan, qui s’acharne inlassablement contre lui, rentre par n’importe quelle porte. Il s’introduit par le biais de son âme, sa nature et ses passions. Les attaques et les tentations lui viennent ainsi de trois directions différentes.

Néanmoins, par Miséricorde envers lui, Son Seigneur le Tout-Puissant et Miséricordieux lui a apporté des renforts capables d’affronter l’ennemi qui n’a d’autre ambition que de causer sa perte. Il lui a envoyé Son Messager, révélé Son Livre et Il l’a soutenu par un ange adversaire du diable. D’un côté, Satan l’incite au mal et de l’autre côté l’ange le ramène à l’adoration de Son Seigneur. Il lui rappelle également qu’il est extrêmement périlleux d’obéir à Satan. C’est pourquoi, l’individu vit un combat intérieur constant entre les forces du bien et les forces du mal. Le vainqueur est celui à qui Allah (I) a donné la victoire et le gagnant est celui qu’Il aura préservé.

 

Le Très-Haut a également doté à l’individu d’une âme paisible qui affronte ses mauvais penchants (e-nafs el ammâtu bi e-sû). Quand l’un des côtés de son âme ordonne le bien et interdit le mal, l’autre côté ordonne le mal et interdit le bien. Allah l’a également renforcé pour affronter les passions enclines à obéir à Satan et aux mauvais penchants, d’une lumière, d’une clairvoyance, et de la raison qui l’empêchent de sombrer du côté des passions. »[7]

 

Louange à Celui qui a repoussé les ruses et les incursions de Satan grâce à la lumière de la sunna et du Coran. Allah (I) révèle [Par l’âme qu’Il a formé harmonieusement • Et à qui Il a inspiré la perversité et la piété • bienheureux est celui qui l’élève • et malheureux est celui qui la rabaisse].[8]

 

Les grandes lignes du djihad

 

Dans le cadre d’une fatwa qui lui fut soulevée sur les attentats-suicide, Le grand Muftî d’Arabie Saoudite, Sheïkh ‘Abd el ‘Azîz  Âl e-Sheïkh dresse les grandes lignes du djihad

 

Question : des citoyens de pays musulmans en guerre ou sous occupation d’une puissance étrangère se lancent dans des opérations-suicides contre l’envahisseur. Le candidat provoque sa mort et fait plusieurs victimes du côté ennemi. Parfois, ce sont des civils locaux et étrangers qui subissent les frais de ces attentats. Selon leurs auteurs, c’est une forme de djihâd parmi tant d’autres, et qui offre tout autant le martyre. Quel est l’avis de son Éminence sur ce genre d’action ?

 

En réponse : le djihâd sur le sentier d’Allah est l’une des œuvres les plus pieuses qui soient. De nombreux textes du Coran et de la sunna l’enjoignent, l’encouragent et vantent ses vertus. Ils sont tellement nombreux que, selon certains savants, il faudrait, pour tous les recenser, y consacrer un tome entier.

 

Nous avons notamment le hadîth : « Partir le matin ou revenir le soir sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses. »[9]

 

Selon Abî ‘Abs el Hârithî (t), j’ai entendu dire le Prophète (r) : « Allah interdit à l’Enfer les deux pieds qui ont foulé la poussière sur son sentier. »[10]

 

Selon ibn Abî Awfâ, le Messager d’Allah (r) a dit : « Sachez que le Paradis est à l’ombre des épées. »[11]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Sahl ibn Sahd, le Messager d’Allah (r) affirme également : « Faire la sentinelle sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses ; la place du fouet de l’un d’entre vous au Paradis vaut mieux que la terre et toutes ses richesses ; partir le matin ou revenir le soir sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses. »[12]

 

Par ailleurs, de nombreux Versets imposent le djihâd, dont : [Ô Prophète, combat les infidèles et les hypocrites, et sois dur avec eux ; ils auront pour demeure la Géhenne, une bien mauvaise destinée !][13] ; [Partez au combat, que vous soyez lourds ou légers, et engagez vos biens et vos personnes sur le sentier d’Allah ; cela vaut mieux pour vous, si vous en aviez vraiment conscience].[14]

 

Le Coran va jusqu’à privilégier les moudjahiddines aux autres croyants : [Les croyants qui sont restés chez eux sans souffrir d’aucun handicap ne sont pas comparables à ceux qui engagent sur le sentier d’Allah leurs biens et leurs personnes ; Allah donne la préférence à ceux qui engagent sur le sentier d’Allah leurs biens et leurs personnes sur les autres ; s’Il a promis une belle récompense à tous, les combattants seront largement favorisés sur les croyants restés chez eux Il les élève en degré et leur accorde pardon et miséricorde, Il était certes Absoluteur et Tout-Miséricordieux],[15] etc.

 

Autant d’attention démontre que le djihâd rapporte des avantages énormes pour la religion, mais aussi pour la vie profane. D’un point de vue religieux, il contribue à élever, à faire triompher, et à répandre la Parole d’Allah sur terre, conformément aux injonctions divines. En même temps, il veille à la défense de la religion et de ses adeptes contre toute menace extérieure. Il protège les frontières, les richesses et les personnes.

 

Les savants disent que le djihâd relève de l’obligation individuelle et incombe à tout musulman ayant toutes ses capacités dans trois situations :

 

Primo : quand les armées musulmanes engagent les hostilités contre l’ennemi, il incombe à tous les soldats d’y participer, conformément au Verset : [Ô Croyants, quand vous faites face à l’ennemi, répondez présent, et multipliez l’évocation d’Allah ; de là dépend votre succès][16] ; [Ô Croyants, quand vous êtes face à une armée d’infidèles, ne lui tournez pas le dos].[17] Par ailleurs, le Prophète (r) compte parmi les sept péchés « capitaux » la fuite en plein champ de bataille.

 

Secundo : quand l’ennemi est aux portes du pays, il incombe à tous les habitants de défendre ses frontières.

 

Tercio : quand le Chef des armées lance un appel au combat, il n’incombe à aucun appelé de se désister : [Ô Croyants, quand vous entendez l’appel à la guerre sur le sentier d’Allah, qu’avez-vous à restez clouer sur vos terres ?][18] Un hadîth nous apprend également : « Quand on vous appelle à la guerre, répondez présent ! »[19]

 

Le djihâd doit être mu par une intention sincère à Dieu, et être conforme au Coran et à la sunna, au même titre que n’importe quel acte d’adoration.

 

Il incombe notamment de se placer sous l’étendard et l’autorité du gouverneur musulman en place. L’armée doit suffisamment être équipée en hommes et en matériels militaires. La phase de préparation des forces est indispensable, en mettant l’accent sur la préparation spirituelle qui passe notamment par la réforme du crédo et des pratiques religieuses, etc.

 

Enfin, pour répondre à la question qui touche à l’action connue sous le nom d’attentat-suicide, je ne lui vois aucune légitimité en regard de la religion, et je ne la considère pas comme un djihâd. Il faudrait plus la mettre au compte du suicide. Alors, certes, la religion nous encourage, voire nous impose de décimer l’ennemi, mais elle nous ordonne également de passer par des moyens légaux.[20]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] La vache ; 216

[2] Les groupes ; 15

[3] Le Façonneur ; 5

[4] Yâ-Sîn ; 60

[6] El A’râf ; 27

[7] Ibn el Qaïyim explique qu’Allah installa la haine entre l’ange et le démon, entre la raison et les passions, entre les mauvais penchants (e-nafs el ammâra bi e-sû) et l’âme paisible (e-nafs el mutma-inna ndt.). Il met ainsi Ses créatures à l’épreuve en approvisionnant chacun, fort de son statut, en armes et en renfort. Dans une lutte incessante et acharnée, tantôt c’est le bien qui l’emporte, tantôt c’est le mal. Quand le déroulement de la bataille tourne en faveur du bien, l’individu jouit alors du bonheur, de la félicité, de l’épanouissement, d’un joli butin qui va combler sa vie. Mais quand le mal prend le dessus, là seront les pleurs et les grincements de dents avec son lot de tristesse, de mélancolie, de soucis, d’anxiété, de malheur, et de décrépitude. Voir : Fawâid el fawâid (p. 409).

Voir : http://mizab.over-blog.com/2016/03/les-dangers-des-passions-et-des-desirs-malsains.html

[8] Le soleil ; 7-10

[9] Rapporté par el Bukhârî (n° 2792) et Muslim (n° 4907).

[10] Rapporté par el Bukhârî (n° 907).

[11] Rapporté par el Bukhârî (n° 2818) et Muslim (n° 4563).

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 2792) et Muslim (n° 4907).

[13] Le repentir ; 73

[14] Le repentir ; 41

[15] Les femmes ; 95-96

[16] Le butin ; 45

[17] Le butin ; 15

[18] Le repentir ; 38

[19] Rapporté par el Bukhârî (n° 2783) et Muslim (n° 3281).

[20] Voir : el fatâwâ e-shar’iya de Mohammed el Husaïn (p. 166).

 

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