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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:10

 

En règle générale, le takfîr relève de la compétence des savants

 

‘Alî ibn Abî Talib nous dit  : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[1] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[2] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[3]

 

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[4]

 

Dans l’une de ses fameuses lettres, l’Imam ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan déclare en s’adressant à l’un de ses contemporains en manque de zèle et qui se réclame de la pensée wahhabite pure et dure : « On m’a appris que vous aviez ce genre d’idées, et que vous vous êtes aventuré dans des domaines tels que :

  • Les notions d’alliance (muwâlât/mu’âdât),
  • Les traités et les courriers « internationaux »,
  • Les financements et les cadeaux, et bien d’autres domaines comme :
  • Les tendances des païens égarés,
  • La non-application des Lois d’Allah (el hukm bi ghaïr mâ anzala Allah) par les Bédouins, etc.

 

Des domaines que seuls les savants érudits sont à même de traiter. Ces derniers sont en effet dotés d’une telle sagesse, et d’une telle perspicacité, qu’ils pénètrent parfaitement les intentions du Législateur.

 

Pour parler de ces choses, il incombe d’avoir un bagage dans les matières que nous avons citées précédemment. Il incombe de bien maitriser les règles générales et globales qui les concernent. Il n’est pas permis de s’y initier lorsqu’on est ignorant et qu’on ne tient pas compte des détails de ses règles. Un discours vague qui ne descend pas dans le détail, et qui ne sait pas comment situer ni pénétrer les intentions du législateur en détail, conduit automatiquement à l’erreur et à la confusion. C’est le meilleur moyen pour corrompre la religion des hommes et pour disperser les esprits. On se met ainsi une barrière entre soi et la compréhension du Coran et de la sunna. »[5]

Abâ Btîn, qui représente un symbole aux yeux de certaines tendances contemporaines, recommande de :

  • Ne pas s’initier dans les questions du takfîr sans avoir les outils en main pour le faire ;
  • Ne pas sortir ou de faire entrer quelqu’un dans l’Islam selon ses propres appréciations, car c’est un domaine où seuls les textes font autorités ;
  • D’éviter, et ce point est d’une extrême importance, de se prononcer sur des questions où la divergence règne entre les savants. c’est un domaine où il faut être prudent, sauf s’il existe un texte explicite sur la question.

 

Malheureusement, selon Abâ Btîn, Satan est parvenu à faire glisser bon nombre de gens dans ce domaine, qui est des plus délicats. Entre faire du takfîr à outrance et interdire le takfîr à outrance, il a l’embarras du choix. Le plus étonnant, pour reprendre les termes d’Abâ Btîn, c’est que si on interrogeait les uns et les autres sur une simple question qui touche aux ablutions, ils seraient incapables d’y répondre, et, paniqués, ils s’appuieraient aussitôt sur les savants. En revanche, quand il s’agit des questions aussi graves que le takfîr, ils font étrangement preuve d’assurance et d’autonomie.[6]

 

Ibn Sahmân, quant à lui, approuve les paroles de Sheïkh Abâ Btîn.[7] En outre, en réponse à une lettre, il constate notamment que la plupart des religieux qui s’initient dans ce domaine, sont des gens lambdas n’ayant pas le moindre semblant de science ni la moindre expérience pouvant les épargner du péril. Souvent, ils n’ont jamais feuilleté les analyses des grandes références sur la question qui n’omettent pas de rappeler dans leur discours que seuls les grands érudits sont à même de s’y engager.[8]

 

Ibn Sahmân est également l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de sa religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[9]

 

Pour Mohammed ibn ‘Abd e-Latîf, à vouloir se passer des savants sous prétexte d’avoir majmû’ e-tawhîd sous la main, c’est foncer droit sur un mur. Sinon, le Prophète (r) n’aurait jamais dit que le savoir se dissipera avec la mort des savants, et qu’ensuite, les hommes auront pour références les plus grands égarés…[10]

 

Les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire

 

En règle générale, les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire,[11] comme le souligne Sâlih Âl e-Sheïkh. Le but est d’éviter les débordements, mais au même moment, il y a des cas, dont l’appréciation est élastique et donc aléatoire et subjective, où la chose est tellement évidente qu’il n’y a pas besoin d’une personne compétente sous la main pour constater un fait qui est aussi clair que l’eau de roche.

C’est ce que nous comprenons notamment d’une fatwa de Sheïkh Sâlih el Fawzân qui fait la distinction entre constater qu’un acte fait sortir de la religion et l’appliquer à un cas particulier.

 

Question :

 

Est-ce que le takfîr d’un individu coupable de grande association ou de blasphème est propre aux savants ?

 

En réponse :

 

Non ! Si on vient à entendre une telle parole, il incombe de réprouver son auteur en l’informant de son caractère condamnable, et intolérable. En revanche, il revient aux savants de le juger.

 

En outre, ce même Sheïkh ferme la porte à l’anarchie quand il formule dans une autre fatwa que le takfîr relève de l’autorité des tribunaux. Il est cependant beaucoup moins intransigeant avec le tabdî’ dont les effets sont largement moins graves que ceux du takfîr.[12]

 

Wa Allah a’lam !

                           

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[2] Rapporté par Muslim (n° 1920).

[3] Rapporté par el Bukhârî (n° 100) et Muslim (n° 2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[4] Hadîth rapporté par Ahmed (n° 12600), selon Anas (t).

[5] Voir : usûl wa dhawâbit fî e-takfîr de l’érudit ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, qui fut édité avec les annotations de Sheïkh D. ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[6] Ibn Sahmân cite ce passage dans manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 77), mais il se trouve également dans e-durar e-saniya (10/374-375).

[7] Voir : manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 80).

[8] Voir : e-durar e-saniya (10/374-375).

[9] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 68).

[10] Voir : E-durar e-saniya (7/294-298) pour la 2ème édition et (9/127-135) pour la 5ème édition.

[12] فضيلة الشيخ وفقكم الله ؛ يقول السائل : ذكرتم حفظكم الله البارحة أنه يشترط في تكفير الشخص أن يحكم القاضي بذلك ؟ الشيخ : " أي نعم ؛ المعين يعني ، المعين لا يحكم عليه إلا بحكم القاضي أنه مرتد ، تطبق عليه أحكام الردة ، أما كل يكفر الثاني ويكفر الآخر ، لا ؛ هذه فوضى في التكفير ". يقول حفظ

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Publié par mizab - dans Takfir
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