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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:13

Tout sur le djihad II

(Partie 3)

La situation actuelle ressemble plus à la période mecquoise ; l’universalisme de l’islam est dans son pragmatisme, et sa valeur supérieure dans son relativisme

 

Aux yeux de l’Albânî, nous vivons malheureusement dans une situation jamais atteinte auparavant dans l'Histoire musulmane. La menace que représentent les mécréants cerne de toute part les adeptes de notre religion victimes de leur vorace convoitise. Le Prophète (r) nous avait prévenu : « Les nations vous convoiteront bientôt de toute part, comme des mains autour d’un plat.

  • Serons-nous peu nombreux à cette époque, se demandèrent les Compagnons ?
  • Non, vous serez plutôt en grand nombre, mais aussi faible que l’écume du torrent ; vous n’inspirerez plus la crainte dans les cœurs de vos ennemis, et la faiblesse imprégnera les vôtres.
  • Quelle sera cette faiblesse, Messager d’Allah ?
  • L’attachement à la vie terrestre, et la peur de la mort. »[1]

 

Il est donc du devoir des savants de concentrer tous leurs efforts dans le programme d'éducation à la vraie religion et d'épuration des éléments forgés qui l’ont pollué. Il s’agit d’apprendre aux fidèles le pur monothéisme, et de corriger les mauvaises croyances, le rituel, et les mœurs, chacun en fonction des moyens qui lui sont conférés dans le pays où il se trouve. Soyons réalistes, personne n’est en mesure de combattre les juifs, tant que la division déchirera les rangs de la Nation désormais partagée en plusieurs États. Matériellement, nous ne sommes régis ni par une même unité politique ni par un seul étendard.

 

Il nous est impossible de consacrer des efforts de guerre pour parer à l'ennemi prédateur qui s’est emparé de nos terres. Nous avons entre les mains, du reste, d’autres moyens légitimes à prévaloir, faute de miser sur la force matérielle suffisante et financière. Et, quand bien même, nous constituions un pouvoir économique potentiel, il faudrait l’exploiter à bon escient et le mettre en place efficacement ; mais le fait est que les élites de bon nombre de pays musulmans ont adopté des régimes politiques en désaccord avec les concepts islamiques en phase avec la Loi divine. Il nous reste donc – par la Volonté d’Allah – ces deux moyens en notre possession que sont l'éducation et l'épuration. Chacun a le devoir de se mettre à la tâche dans la limite de ses compétences, tout en sachant que le Seigneur n'impose rien à personne qui soit au dessus de ses forces.[2]

 

Le sang et les biens du musulman innocent sont sacrés

 

Le Prophète (r) affirme : « Injurier le musulman est un acte de perversion, mais le tuer est un acte de mécréance. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

« Le croyant est à l’aise dans sa religion tant qu’il ne fait pas couler le sang sacré. » Rapporté par el Bukhârî.

« Ne redevenez pas, après moi, des mécréants en vous tranchant la gorge les uns les autres. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

« Celui qui prend les armes contre nous ne fait pas partie des nôtres. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

 

Il est facile d’entrer en Islam. Il suffit de prononcer l’attestation de foi (ashhad in lâ ilâh illâ Allah wa anna Mohammed Rasûl Allah). Dès lors, on devient musulman, ce qui signifie que le sang et les biens sont sacrés. On jouit donc des mêmes droits et des mêmes devoirs que les autres musulmans. Le sang est immunisé sauf ce que l’Islam en réclame.

Allah (Y) a éclairé ces choses dans Son Livre, ainsi que Son Messager (r) et les Compagnons (y), comme le révèle la Tradition. Le Très-Haut a mis des hommes au service de leur Prophète (r). Ces derniers ont recensé toutes ses paroles, ses actes, mais aussi les différentes situations qu’il a vécues sans rien laisser. Ils nous ont ainsi transmis sa vie avec une telle précision qu’ils nous donnent l’impression d’être avec lui, et d’entendre sa voix comme si nous étions au milieu des Compagnons. Ses sermons avaient pour ambition d’orienter les gens. Ils leur expliquaient en détail les enseignements qu’ils devaient observer (le djihad, et l’adoration permettant de se rapprocher d’Allah conformément à ses prescriptions).

 

Ses paroles, ses actes, mais aussi ses consentements implicites font valeur de législation. Les pratiques qui sont faites devant lui et qu’il n’a pas contestées sont une forme de législation. Par ailleurs, il nous est demandé uniquement de juger sur les apparences et en fonction des actes. Seul le Créateur (Y) est à même de sonder les cœurs. C’est ce qui a poussé le Prophète a lancé à Usâma ibn Zaïd ayant tué un combattant ennemi, qui avait fait la shahada sous la menace de son épée : « L’as-tu tué alors qu’il a dit lâ ilâh illâ Allah ?

  • Il l’a dit pour se protéger, répliqua-t-il pour se défendre !
  • As-tu ouvert son cœur pour le savoir, rétorqua le Prophète (r) ? »[3]

 

Le Messager d’Allah (r) a notamment dit à ses Compagnons : « j’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah ; qu’ils observent la prière et qu’ils versent l’aumône (zakât) . S’ils s’y soumettent, ils préservent ainsi contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que l’Islam en réclame, en sachant que leur compte véritable revient à Allah. »[4]

 

Dans l’intérêt des uns et des autres, Il est important de s’en tenir aux apparences, sauf pour les choses qui sont claires et indiscutables ; des choses sur lesquelles existent des textes explicites du Coran et de la sunna ou qui font l’unanimité de la communauté. Si ce n’est pas le cas, la vie du musulman reste sacrée.

 

Or, une mauvaise compréhension pousse certains zélés à sortir des limites du droit chemin. Il va sans dire qu’ils se dirigent droit vers des sentiers égarés. Un jour, en présence de ses Compagnons, le Prophète (r) traça sur le sol un long trait de chaque côté duquel il en dessina d’autres plus petits. Ensuite, en désignant celui du milieu, il s’exclama : « Voici le chemin d’Allah. » Au sujet des autres traits, il affirma : « Voici les mauvais sentiers. » Puis, il expliqua qu’à la tête de chaque sentier se tient un démon invitant les créatures à l’emprunter. C’est alors qu’il récita le Verset : [Voici Mon chemin droit, alors empruntez-le et ne suivez pas les sentiers qui vous en feront dévier].[5] (Sheïkh Luhaïdân).

 

Ibn Taïmiya résume ce principe : « En principe, le sang des musulmans ainsi que leurs biens et leur honneur sont mutuellement sacrés (interdit, défendu). Il est interdit de les profaner sans la permission d’Allah et de Son Messager. Le Prophète (r) déclara au cours du Pèlerinage de l’Adieu : « Votre sang, vos biens, et votre honneur vous sont sacrés comme le sont ce jour-ci, cette terre où vous êtes aujourd’hui, et ce mois-ci. »[6] Il a dit également : «  Tout ce qui touche au musulman est sacré pour son frère : son sang, ses biens, et son honneur. »[7] ; « Quiconque accomplit notre prière, s’oriente vers notre direction, et mange notre viande, est musulman. Il est sous la protection d’Allah et de Son Messager. » Dans ce registre, nous avons le hadîth : « Si deux musulmans se rencontrent  l’épée à la main, le tueur et la victime sont passibles de l’Enfer.

  • Cher Messager d’Allah, lui at-on demandé, pour le tueur c’est compréhensible, mais quel mal a fait la victime ?
  • Il cherchait à tuer son adversaire, at-il expliqué.»[8]

Un autre hadîth nous apprend : « Ne devenez pas mécréants après moi en brandissant vos épées les uns contre les autres. »[9] Mais encore : « L’accusation de mécréant à l’encontre de son frère s’applique inévitablement sur l’un des deux individus en présence. »[10] Tous ces propos prophétiques se trouvent dans les deux recueils authentiques. »[11]

 

[1] Propos authentifié par el Albânî dans silsilat el ahâdîth e-sahiha (n° 958).

[2] Voir : e-tawhîd awwalan.

[3] Rapporté par el Bukhârî (n° 4269), et Muslim (n° 96), selon Usâma ibn Zaïd (y).

[4] Rapporté par el Bukhârî (25), et Muslim (22), selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[5] Le bétail ; 153

[6] Rapporté par el Bukharî (1741) et Muslim (1679), selon Abû Bakra, qu’Allah l’agrée.

[7] Rapporté par Muslim (2564), selon Abû Huraïra, qu’Allah l’agrée.

[8] Rapporté par el Bukharî (31) et Muslim (2888), selon Abû Bakra.

[9] Rapporté par el Bukharî (121) et Muslim (65), selon Jarîr ibn ‘Abd Allah, qu’Allah l’agrée.

[10] Majmû’ el Fatâwa (3/283).

[11] Rapporté par el Bukharî (6104) et Muslim (60), selon ibn ‘Omar, qu’Allah l’agrée.

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