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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 12:27

Tout sur le djihad II

(Partie 6)

Nous sommes toujours avec Sheïkh el Fawzân :

 

La religion musulmane veille à l’union dans toutes les situations ; à l’occasion des rites, Allah (Y) ordonne de se réunir. Il ordonne de se rassembler derrière un seul imam lors de la prière rituelle. Pour sa part, le Prophète (r) interdit de délaisser la prière en commun. Il encourage de la faire en groupe afin de familiariser les fidèles à l’union et à la bonne entente. C’est une façon de les éduquer à obéir à l’autorité suprême. Les musulmans sont comme un seul corps, un seul édifice. La prière en assemblée a donc pour fonction d’éduquer les jeunes et les moins jeunes à vivre en groupe et dans la bonne entente. Le fait de se rassembler ainsi cinq fois dans la journée laissera des traces positives sur le comportement, la bonne conduite, et sur la pensée. C’est l’occasion de s’enquérir des nouvelles des uns et des autres, d’installer l’harmonie et l’entraide entre les membres de la communauté. En revanche, en priant à l’écart du groupe et en fuyant la mosquée, on devient une proie facile pour Satan. Le Prophète (r) explique à ce sujet : « Accrochez-vous au groupe, car le loup s’attaque aux brebis égarées. »[1]

 

Les jeunes égarés dont nous parlons ont la caractéristique de fuir les mosquées. Eux-mêmes font l’aveu qu’ils ne font ni la prière en assemblée ni celle du vendredi. Ils vivent à l’écart de la société et des mosquées. C’est en fuyant les mosquées qu’ils sont devenus marginaux. Ils ne profitent pas des rencontres entre musulmans, des conférences et des cours qui sont donnés dans les maisons d’Allah (U). Ces lieux où on peut apprendre sa religion. [Des maisons qu’Allah a permis d’édifier et dans lesquelles Son Nom est mentionné].[2] Le Prophète (r) affirme également : « Tout groupe qui se réunit dans l’une des maisons d’Allah pour y réciter Son Livre, et se l’enseigner entre eux, jouit de la présence des anges qui descendent sur eux ; ses membres sont enveloppés par la Miséricorde, et sont entourés par les anges ; ils  ont le privilège qu’Allah les évoque auprès de ceux qui sont auprès de Lui. »[3]

 

Ces gens-là préfèrent se retrouver dans des galeries obscures et dans des cavernes isolées. Ils s’écartent de la société, des adeptes de la foi, et des savants. Ils se mélangent à des égarés qui ont des idées corrompues. Ils ne font que récolter ce qu’ils ont semé.

 

D’autre part, l’obéissance au sultan musulman contribue également à l’union entre les citoyens. Allah (Y) révèle : [Ô croyants ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et aux détenteurs de l’autorité parmi vous. Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du Jugement dernier ; cela vaut mieux et aura de meilleures conséquences pour vous].[4] Il est naturel d’avoir des différents et des divergences. Le cas échéant, il incombe de se référer au Coran et à la sunna. Cela doit se faire par l’intermédiaire des savants qui ont la particularité de mettre leurs enseignements en pratique. Il faut donc se tourner vers eux en cas de litige afin qu’ils tranchent dessus à la lumière des textes sacrés.

[si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du Jugement dernier]. Le croyant se reporte aux textes dans lesquels il puise de vrais arguments. C’est en tout cas la démarche qu’entreprend le vrai croyant. Un autre que lui ne va pas consulter les textes. Il va plutôt obéir à ses passions, se livrer à ses instincts ; et il va s’en remettre à des égarés, non aux savants ! Il va passer par les mouvements hisbistes (d’inspiration sectaire ndt.) en oubliant les enseignements que renferment le Coran et la sunna. Telles sont donc les raisons qui ont poussé ce « groupe égaré » loin de la vérité.

 

Ces marginaux ont délaissé les recommandations divines ; celles d’Allah et celles de Son Messager (r). Ils ont préféré s’isoler et se mettre en marge de la société. Ils ont fait le choix du camp ennemi. C’est vraiment étonnant ! Comment se revendiquer musulman et se ranger du côté de l’ennemi. C’est plutôt le contraire qui devrait avoir lieu : [Ô croyants ! Craignez Allah et soyez du côté des véridiques].[5] Seul un égaré aveugle peut ainsi gonfler les rangs et solliciter les conseils de son ennemi, lui qui est prêt à employer toutes les ruses contre lui.

 

Puis, Allah poursuit : [cela vaut mieux] ; il vaut mieux revenir au Livre d’Allah, à la sunna de Son Messager (r), et obéir à Allah, obéir à Son Messager (r), et au responsable de l’autorité. Cela vaut mieux que de contredire le Coran et la sunna, et que de désobéir au gouverneur.

 

[et aura de meilleures conséquences pour vous] : cela donnera de meilleurs fruits et de meilleurs résultats pour les musulmans. Se soumettre à ces prescriptions aura des effets bénéfiques et ne pas s’y soumettre aura des effets contraires qu’Allah nous en préserve ! Les différentes expériences qui ont traversé l’Histoire en sont le meilleur exemple, sans compter que cette leçon nous vient avant tout, des textes sacrés.

 

Les différentes sectes qui ont dévié avec force du droit chemin ont toujours été les perdants. Quant aux groupes qui se sont accrochés à la corde d’Allah, ils sont toujours restés sur le bon chemin et ils ne l’ont jamais regretté. Le Prophète (r) déclare en effet : « Je vous laisse de quoi ne pas vous égarer après moi si vous vous y accrocher. »[6] En outre, Hudhaïfa interrogea le Messager d’Allah (r) sur certaines de ses prédictions. La question porta sur la position à adopter lorsque les troubles éclateront et que les querelles diviseront les musulmans. Voici quelle fut la réponse : « Restez rassembler autour de la communauté musulmane et de son imam.

  • que faut-il faire s’il n’y a ni communauté musulmane ni imam, s’enquit Hudhaïfa ?
  • Écarte-toi de tous les groupes existants, lui a-t-il répondu, même si tu devais t’agripper à la racine d’un arbre, et rester ainsi jusqu’à la mort. »[7]

Voici la recommandation du Messager (r) à suivre lors des querelles et des troubles. Celle-ci formule de rester uni autour de la communauté musulmane et de son imam afin d’être à l’abri du mal, des troubles, et des prédicateurs égarés.

 

Le Prophète a ordonné d’obéir (r) à n’importe quel gouverneur musulman, même à un esclave abyssin (éthiopien ndt.).[8] Ce n’est pas la personne qui intéresse, mais la fonction qu’elle occupe. Le cas échéant, elle occupe l’autorité suprême, le khalifa. Ses sujets lui doivent donc obéissance. Il peut certes ne pas plaire, mais il ne faut pas se fier aux apparences. L’important, c’est la réalité des choses. Il ne lui est pas demandé non plus d’être parfait. Ce n’est pas une condition pour investir la fonction d’émir. Autrement dit, il est soumis à l’erreur et peut commettre des péchés.

 

Il incombe d’obéir même à un émir pervers tant qu’il ne devient pas apostat. Il faut à la fois se soumettre à ses ordres et lui prodiguer le bon conseil. Il est inadmissible de se rebeller contre lui sous prétexte de faire la morale (el amr bi el ma’rûf wa e-nahi ‘an el munkar). Le manque de morale, c’est justement de se rebeller contre lui. Pourquoi est-ce un manque de morale ? Car, les inconvénients qui en découlent sont énormes ; les coups d’État sont à l’origine du sang versé, de la division dans les rangs, et ils offrent l’opportunité à l’ennemi à l’affût de s’attaquer aux musulmans. Il vaut mieux endurer les écarts de conduite de la classe dirigeante que de subir les conséquences d’une révolte armée. Il est élémentaire qu’il vaille mieux endurer un inconvénient moindre en vue de repousser un inconvénient plus grave. L’Islam tient compte de ce principe.

 

Il nous incombe de patienter face à l’injustice des émirs. Nous restons sous leur autorité quand bien même il commettrait des écarts. Et cela, tant qu’ils ne sortent pas de l’islam, comme le Prophète (r) le souligne : « Sauf si vous constatez chez lui une mécréance claire et limpide. »[9] Il (r) a dit également : « Quiconque se rebelle contre l’émir et s’écarte de la communauté, et qu’il vienne à mourir dans cette situation, il renoue avec les coutumes de l’ère païenne. »[10] Une autre version précise : « Il retire de son cou le lien qui le lie à l’Islam. »[11] Au départ, il est lié à la communauté musulmane par ce lien, qui ressemble un peu à celui avec lequel on attache le bétail. Lorsqu’il se rebelle contre la communauté, il ne fait que dénouer ce fameux lien qui pend à son cou, et s’expose ainsi à l’égarement, au vol, mais surtout à l’ennemi. Tant qu’il est attaché dans l’enclos, il est plus en sûreté. Une fois détaché, il est voué au péril et à la dérive.

 

Par ailleurs, le Prophète (r) enjoint : « Mettez à mort quiconque s’introduire au milieu des vôtres, alors que vous êtes réunis autour d’un seul homme, pour divisez les rangs et vous désunir. »[12] Il faut donc tuer un tel perturbateur qui qu’il soit.

 

Il incombe d’être solidaires comme une seule main avec les hommes à la tête de la nation, et les forces de l’ordre dans la lutte contre ce fléau. Le but, c’est de protéger la société contre l’insécurité que fait régner ce « groupe égaré », et de retourner leurs ruses contre eux. Les musulmans sont comme une seule main, ils sont solidaires du plus fort au plus faible[13] et responsables des uns des autres. Ils sont également une seule main contre l’ennemi : [Entraidez-vous dans le bien et la piété et ne vous entraidez pas dans le mal et l’animosité ; craignez Allah, Lui qui a le châtiment terrible].[14] Nous avons le devoir de nous entraider, de nous prodiguer mutuellement le conseil, et de protéger les musulmans.

 

La sécurité est l’affaire de qui ? Est-elle la mienne, la tienne, ou celle d’un tel et d’un tel ? Pendant que nous dormons tranquillement dans nos lits, les forces de police sous les ordres de l’État veillent à notre sécurité tout au long de la nuit, sans fermer l’œil. Ils assurent la paix, pendant que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Le moindre que l’on puisse faire, c’est de concéder que sans leur présence, nous vivrions dans la peur. En causant du tort aux forces de l’ordre, cela revient à causer du tort aux citoyens et à leurs foyers. Nous devons bien réfléchir à ce point !

 

[1] Rapporté par Abû Dâwûd (n° 547), e-Nasâî (n° 847), et Ahmed (6/446), selon Abû e-Dardâ.

[2] La lumière ; 36

[3] Rapporté par Abû Dâwûd (n° 1455), selon Abû Huraïra.

[4] Les femmes ; 59

[5] Le repentir ; 119

[6] Rapporté par e-Tirmidhî (n° 3788), selon Zaïd ibn el Arqam (t).

[7] Rapporté par el Bukhârî (n° 3606), selon Hudhaïfa ibn el Yamân (t).

[8] Le hadîth sur le sujet est rapporté par el Bukhârî (n° 7142), selon Anas ibn Mâlik (t).

[9] Rapporté par el Bukhârî (n° 7056) et Muslim (n° 1709).

[10] Rapporté par Muslim (n° 1848), selon Abû Huraïra (t).

[11] Rapporté par Abû Dâwûd (n° 4758) et Ahmed (5/180), selon Abû Dharr (t).

[12] Rapporté par Muslim (n° 1582), selon ‘Arfaja ibn Shuraïh  (t).

[13] Mot-à-mot : chacun à la prérogative de mettre un non-musulman sous sa protection. En ce sens, et dans ce domaine, ils sont sur le même pied d’égalité (N. du T.).

[14] Le repas céleste ; 2

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