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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 11:59

 

Allah (I) révèle : [car Allah aime Ses serviteurs qui, sans cesse, se repentissent, et qui se purifient][1] ; [Mise à part ceux qui font acte de repentance pour embrasser la foi et la vertu ; en récompense, Allah transforme leurs fautes passées en bonnes actions, car Il est Absoluteur et Tout-Miséricordieux].[2] Un hadîth certifié par les deux meilleurs recueils en la matière nous informe qu’au jour de la résurrection, lors de sa comparution devant Dieu, un pécheur sera très contrarié qu’Il se contente d’exposer ses péchés véniels, dans l’attente embarrassante qu’il passe ensuite à ses crimes. Il reconnaitra chacune de ses fautes mineurs, à la suite de quoi Allah lui proclamera : « Moi, Je te les ai pardonnés, et J’ai changé chacune d’entre elles en bonne action !

  • Seigneur, s’exclamera-t-il ahuri, il me reste encore des fautes qui n’ont pas été exposées ! »[3]

Dès qu’il apprendra que ses petits péchés seront changés en bonnes actions, il se précipitera de dévoiler les plus grands qui, à peine quelques instants auparavant, lui hantaient l’esprit. Il va sans dire que s’ils ne les avaient pas commis, il n’aurait pas connu une joie aussi grande que suscita l’annonce qu’il venait d’entendre.

 

Plusieurs prédécesseurs, à l’image de Sa’îd ibn Jubaïr, avancent qu’une bonne action mène en l’Enfer, comme une mauvaise action mène au Paradis. La bonne action qui pousse à l’orgueil et à la fierté mène en Enfer, et la mauvaise action qui suscite hantise et repentir mène au Paradis : [alors que l’homme, ignorant et injuste, s’est en chargé • Il en fut ainsi afin que la sentence d’Allah s’exécute contre les hommes et les femmes hypocrites et idolâtres, et que Son Pardon touche les croyants et les croyantes, car Il est Absoluteur et Tout-Miséricordieux].[4] Les croyants et les croyantes n’ont-ils pas pour but ultime de gagner l’absolution divine ?

 

Le Coran, la sunna authentique, et même les anciennes Écritures offrent une pluie d’exemples en accord avec ce principe. Ceux-ci sont tellement nombreux qu’il serait quasiment impossible de les recenser tous.

 

Bien sûr, les pro-infaillibilité ultra, qui refuse d’admettre qu’un prophète fasse l’objet du moindre péché (avec les détails énoncés plus haut), contestent la chose. Ils interprètent les textes pour les faire aller dans leur sens, à la manière des jahmites, des qadarites (généralement divisés en adeptes du libre-arbitre et déterministes), et des penseurs-libres qui défigurent respectivement les textes liés aux Noms et Attributs divins, au destin, et à la résurrection. Cette lecture imagée des textes est reprise par les sectes ésotériquestinites dont les manipulations aberrantes n’échappent à personne.

 

Les pro-infaillibilité ultra, dont nous ne remettons pas en question les bonnes intentions, causent du tort aux prophètes au moment où ils cherchent à les défendre. Sans s’en rendre compte, ils passent de farouches partisans à d’acharnés détracteurs !

 

Encore une fois, l’infaillibilité corroborée par les textes scripturaires, la raison, et le consensus concerne uniquement la transmission du message. Celle-ci ne leur sert pas à grand-chose si l’on sait qu’ils n’adhèrent pas réellement au message qu’ils tordent pour le faire aller dans leur sens : ils souscrivent à la lettre, non à l’esprit de la loi : [Une partie d’entre eux sont des vulgaires illettrés qui ne connaissent du livre que la lecture, et qui se livrent à de viles conjectures].[5] Leur conception de l’infaillibilité leur est d’autant moins utile qu’elle ne les concerne pas directement ; celle-ci est purement virtuelle, et sans effet sur les devoir religieux qui leur incombe. Ils s’arrogent le droit, sans la moindre légitimité scripturaire, de façonner leur propre vision de la prophétie. Ils sont pourtant sensés donner foi à ses ambassadeurs à qui ils feraient bien d’obéir s’ils désirent gagner la félicité et être sauvés du malheur éternel : [Dis-leur : obéissez à Allah et obéissez au Messager, et s’ils lui tournent le dos, lui ne fait qu’assumer la charge qui lui incombe ; alors à vous d’assumer la vôtre par votre obéissance qui vous mènera sur le droit chemin qu’il a pour seule mission d’éclairer].[6]

 

Le Coran relie de façon récurrente entre la prophétie et le repentir de ses ambassadeurs. Jugez-en avec Adam et Eve : [Seigneur, pleurèrent-ils, nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes, et sans Ton pardon et Ta miséricorde, nous serons perdus à jamais][7] ; Nûh : [Seigneur, reprit Noé, garde-moi de Te poser des questions sur des sujets qui me dépassent, et sans Ton pardon et Ta miséricorde, je serais perdu à jamais][8] ; Abraham : [Seigneur, accorde-nous Ton Pardon à mes parents et à moi, ainsi qu’à tous les croyants le jour où Tu régleras les comptes de Tes créatures][9] ; [Et en qui mes espoirs sont portés afin que, le jour des comptes, Il m’accorde Son pardon][10] ;  Moïse : [ Seigneur, Tu as eu l’occasion de les anéantir, avant cela, avec moi au milieu d’eux, mais Tu ne l’as pas fait, alors pourquoi faire périr maintenant les meilleurs d’entre nous à cause d’une poignée d’insensés ? Tu t’es servi de l’épreuve du veau d’or pour égarer les uns et guider les autre selon Ton bon Vouloir, Toi, Notre Protecteur ; alors pardonne-nous et accueille-nous au sein de Ta Miséricorde, car Tu es le meilleur des Absoluteurs • Et prescris-nous une belle part ici-bas et dans l’autre monde, à nous qui revenons vers Toi repentants][11] ; [Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même, aussi pardonne-moi][12] ; [Puis, ayant repris ses esprits, il s’écria résigné : Je proclame Ta Grandeur pour Te témoigner mon repentir, moi qui suis le premier à te croire !][13] ; David : [Dâwûd comprit aussitôt à quelle fin Nous lui avions exposé cette parabole, tant est si bien qu’il s’écroula le front posé sur le sol pour implorer Notre pardon • Nous décidâmes de lui pardonner son inadvertance ; lui qui tenait à Nos Yeux une place privilégiée, sera bientôt gracieusement honoré][14] ; Salomon : [Nous mîmes également à l’épreuve Sulaïmân avec ce frêle avorton qui, ayant échoué sur son trône, lui rappela le souvenir de Son Seigneur • Qu’il implora : Seigneur, pardonne-moi, et fais-moi jouir d’un pouvoir tel que personne à l’avenir ne pourra convoiter, car je sais que Tu es le Donateur suprême !].[15]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

[1] La vache ; 222

[2] Le discernement ; 70

[3] Rapporté par Bukhârî (n° 6308), et Muslim (n° 2744), selon ‘Abd Allah ibn Mas’ûd (t).

[4] Les coalisés ; 72-73

[5] La vache ; 78

[6] La lumière ; 54

[7] Les remparts ; 23

[8] Hûd ; 47

[9] Ibrâhîm ; 41

[10] Les poètes ; 82

[11] Les remparts ; 155-156

[12] Les récits ; 16

[13] Les remparts ; 143

[14] Sâd ; 24-25

[15] Sâd ; 34-35

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