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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 10:17

 

D’après un hadîth, le Prophète (r) aurait dit : « Par Celui qui détient mon âme entre Ses Mains, nul d’entre vous ne prétendra jamais à la foi sans soumettre ses passions à mes enseignements ! »[1] Rapporté par Abû Hâtim dans son recueil e-sahîh. D’après el Bukhârî également, ‘Omar fit la confidence au bien-aimé (r) : « Messager d’Allah, je jure par Allah qu’en dehors de moi-même, tu es la personne la plus chère à mes yeux !

  • Non, ‘Omar, s’exclama-t-il, [tu ne prétendras jamais véritablement à la foi] sans que je ne sois plus cher à tes yeux que ta propre personne !
  • Hé bien, corrigea-t-il, je jure par Allah que désormais, tu es plus cher à mes yeux que ma propre personne.
  • Maintenant, ‘Omar [tu prétends véritablement à la foi]. »[2]

 

El Bukhârî rapporte également cet autre propos prophétique : « Nul d’entre vous ne prétendra jamais véritablement à la foi sans que je ne sois plus cher à ses yeux que n’importe qui sur terre, y compris son père ou son fils. »[3] [Dis : si vos pères, vos fils, vos frères, vos femmes, vos proches, les richesses que vous avez amassées, les commerces que vous craignez de perdre, et les demeures où vous vous prélassez sont plus chers à vos yeux qu’Allah, Son Messager, et la guerre sur Son sentier, alors soyez dans l’attente qu’Allah fixe Son ordre].[4]

 

L’adhésion sans réserve aux enseignements de Mohammed (r) aux détriments de ses intérêts personnels, voire au péril de sa vie, et, donc, sans laisser libre court aux passions est une condition sine qua none pour prétendre à la foi. Il incombe à fortiori de s’incliner devant les sentences sans appel qu’Allah prononce du haut de Son Trône. On peut pressentir qu’Il va lâcher Sa Colère sur un peuple insoumis, mais l’avenir dément très vite cette impression, car, sous l’impulsion de Sa Clémence infinie, Il en décide autrement. L’adorateur zélé est susceptible de mal comprendre cette décision qu’il digère à moitié, soit parce que sa volonté n’est pas en adéquation avec la Loi sage venue du ciel, soit parce que l’Omniscience du Tout-Puissant contrevient à ses pressentiments.

 

En gardant à l’esprit qu’Allah est Savant et Sage, il n’y a plus aucune raison d’éprouver de la répulsion à l’encontre de Ses décisions qui touchent à la religion ou au destin, sauf dans un seul cas de figure. Effectivement, il y a plusieurs choses qui remplissent l’existence et qu’il nous est demandé religieusement de détester, comme la mécréance, la débauche ou la désobéissance à Dieu. En revanche, nous devons nous résigner à l’idée qu’Allah pardonne à un peuple qui encourrait Sa Colère. Nous ne sommes pas autorisés à haïr ce genre de dénouement, étant donné qu’Allah aime Ses créatures qui reviennent à Lui repentantes et qui se purifient sans attendre. Contester ce choix revient à accorder un ascendant à ses envies en rivalité avec la divinité. Le seul moyen de remédier à cette incartade est de se réfugier dans la divinité qu’on régénère grâce à l’attestation de foi.

 

Nous avons le devoir, en pareil cas, de mobiliser le crédo qui requiert d’accorder nos sentiments, nos croyances, et nos réactions avec ce qu’Allah aime, agrée, ordonne ou interdit : [car Allah aime Ses serviteurs qui, sans cesse, se repentissent, et qui se purifient].[5] Nous nous résignons à Sa Volonté sans rivaliser avec celle-ci en privilégiant nos envies.

 

Quoi qu’il en soit, Jonas se rendit coupable d’un acte qui lui valut le pardon de Son Seigneur ayant fait de son péché une bonne action, et l’ayant élevé en rang dans la hiérarchie des élus. Sa rédemption fit de lui un homme meilleur : [Endure avec patience le décret de Ton Seigneur, et ne sois pas comme Jonas, qui, dans le ventre de la baleine, emporté par un profond remord, appela au secours Son Seigneur • Il fut touché par Sa grâce, sinon, il aurait été jeté par la mer sur une plage isolée avec un blâme sur la conscience • Allah le fit monter en grade dans la vertu et le cercle des élus].[6] 

 

En pleine épreuve, il ne fut pas traité avec la même considération : [Là, il fut avalé par un poisson énorme, et mérita bien son sort].[7] Son acte répréhensible le jeta dans le ventre de la baleine. Ce fut à cet instant qu’il eut un blâme sur la conscience, non quand il échoua exténué sur la plage. Ses supplications éperdues firent de lui un homme nouveau. Il faut retenir les bons dénouements non les mauvais commencements, car le dénouement est toujours révélateur. Au stade de nouveau-né, l’individu ne connait rien, et, de fil en aiguille, il se forme pour atteindre la maturité. Il ne convient pas de le juger avant qu’il n’arrive à ce degré de plénitude.

 

C’est pourquoi, les prophètes, dont Yûnas (r) est membre, atteignent toujours la perfection à la fin de leur vie. D’ailleurs, le débat sur la primauté des anges sur les hommes est parfois biaisé, car il compare des êtres parfaits par nature à des hommes vertueux au stade de leur formation. Il se base sur des évènements qui ont eu lieu au début du parcours de ces derniers, et qui montrent qu’ils étaient encore perfectibles. Pourtant, en regard de la finalité, ces hommes jouissent d’un meilleur statut aux Yeux de Dieu qui, en guise de satisfaction, les comble du bonheur éternel dans les jardins de l’Eden où ils n’auront plus aucun défaut ni aucun blâme.  Ils seront installés dans un climat de paix et de miséricorde : [Les anges accourront à toutes les portes pour les accueillir • Soyez en paix en récompense à votre patience, et bienvenue dans la Demeure des délices éternelles].[8]

 

Le débat est donc mal posé. Il est absurde de compare l’incomparable ! À ce compte-là, il faudrait intégrer sur la balance toutes les étapes de la vie d’un homme : la formation du fœtus dans le ventre de la mère avant et après que la vie ne lui soit insufflée, l’accouchement, l’allaitement, le sevrage, etc. Toutes ces phases défectibles ne peuvent servir d’indice de comparaison, car elles ne rendent pas compte de la réalité de l’élu une fois qu’il sera épanoui ou entré au Paradis. Ainsi, en regard de sa finalité et de son épanouissement, l’homme pieux mérite plus que l’ange les éloges et les compliments.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

[1] Rapporté par ibn Abî ‘Âsim dans e-sunna (n° 15), selon Abd Allah ibn ‘Amr (t), et jugé faible par el Albânî dans zhilâl el janna (n° 15).

[2] Rapporté par Bukhârî (n° 6632).

[3] Rapporté par Bukhârî (n° 15), et Muslim (n° 44), selon Anas ibn Mâlik (t).

[4] Le repentir ; 24

[5] La vache ; 222

[6] La plume ; 48-49

[7] Les rangées d’anges ; 139-145

[8] Le tonnerre ; 23-24

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