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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 15:34

 

Sauvons Buddy [h]Ace Israël

(Partie 1)

 

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue

Phèdre.

 

Prologue

 

« Sitting Bull prêche la guerre sainte à des fanatiques » La charge héroïque de John Ford qui date de 1949, soit une poignée d’heures après la création de l’État d’Israël.

 

L’Amérique, la nouvelle terre promise, est considérée dans l’inconscient collectif des colons comme une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Les autochtones sont déshumanisés et représentent un obstacle à la civilisation ; il faut donc les civiliser ou à défaut, de les combattre pour mettre un terme à leur barbarie et garantir la sécurité.

 

À la fin des années 60, on assiste au déclin du film de cow-boys. Trois hypothèses majeures expliquent ce phénomène :

  • l’émergence du western spaghetti qui profitera de la faillite, à la fin des années 50, de maintes maisons de production américaine ;
  • la guerre du Viêt-Nam ;
  • et… la guerre des six jours qui ancre l’État sioniste dans le concert des Nations ; après avoir écrasé ses ennemis voisins, il est, désormais, un interlocuteur sérieux. Le temps des balbutiements des conquêtes est terminé.

 

Or, il semblerait que le phénomène soit un peu plus complexe. Pour mieux l’appréhender, nous devons nous attarder sur les grands pôles qui dessinent la propagande hollywoodienne, et qui se présentent comme suit :

  • La féminisation de la société dont l’homosexualité est l’une des manifestations perverses ;
  • Le métissage racial qui est alimenté par la culpabilisation de l’homme blanc, elle-même exacerbée par le souvenir douloureux de la ségrégation ;
  • Le fétichisme avec son lot de sorcellerie, d’occultisme, d’icônes, de mythologies, de légendes, etc. (j’occulte volontairement la(e) rivalité/mariage entre l’homme et la machine, l’arbre qui cache la forêt) ;
  • L’image du juif belliqueux qui se substitue au juif victimaire ;
  • L’intronisation d’une religion universelle (le noachisme) avec Jérusalem au centre des impulsions.

 

Reprenons-les un par un, en gardant à l’esprit que les acteurs dont nous parlons n’agissent pas forcément en tout âme et conscience, mais ils sont emportés par l’air du temps. Notre discours s’intéresse donc à l’inconscient collectif, et il amalgame volontiers entre les causes et les effets.

 

La féminisation de la société

 

« La femme est un trou où se déversent toutes les futilités du monde. » Jack Nicholson dans Les sorcières d’Eastwick.

 

La féminisation des temps modernes, avec probablement Tarzan, l’homme singe (1932) – et pourquoi pas King-Kong (1933) ? – planté a l’une de ses étapes charnières, a mis du temps à se mettre en place. L’assassinat de JFK qui déboucha sur Woodstock, et, un an plus tôt, sur mai 68, accéléra sensiblement le processus. Au début des années 70, des relents machistes résistent encore à la vague déferlante de la libéralisation des mœurs. Dans le casse d’Henri Verneuil (1971), à l’intérieur des murs d’un studio hi-tech, le gaulois Jean-Paul distribue des claques au rythme de l’éclairage en effervescence. Doc McCoy (Guet-Apens 1972) s’exercera avec plus de finesse sur la joue de la pauvre Ali McGraw.

 

Kramer vs Kramer (1979) se chargera de remettre les pendules à l’heure, mais c’est véritablement le cinéaste anglais Ridley Scott, que nous ne perdront pas de vu au vu de ses innombrables services rendus à la communauté, qui exorcisera définitivement les vieux démons machistes. Sorti la même année, Alien donne la réplique à Ellen L. Repley qui incarne désormais le prototype de la femme fonctionnelle. Le choix de Sigourney Weaver pour ce rôle est loin d’être anodin. Dans la scène finale où elle est confrontée au monstre, elle brave, en petite tenue, les dangers qui envahissent son espace étroit, non pour exciter le regard des mâles en rut, mais pour affronter l’univers impitoyable de l’entreprise. Loin des sex-appeals des années 50, Repley nous lance un message : la femme est plus qu’un objet de convoitise, elle impose, désormais, sa patte de velours dans les orientations du nouveau monde en gestation.[1]

 

Curieusement (ou non ?), la palme de l’étape suivante revient à un soixante-huitard du nom de Luc Besson qui nous pondra son chef d’œuvre avec Nikita (1990). Au cœur de la crise iraquienne, Anne Parillaud raccourcit ses hanches et rétrécit sa poitrine (sic) pour enfiler le costume de  la femme qui rivalise avec son pendant masculin sur l’une de ses particularités les plus virilement odieuses : l’assassinat professionnel. Nous sommes loin de la mariée était en noir (1968) où Julie Kohler tire vengeance des assassins de son mari avec les faibles atouts qu’elle avait en main à l’époque, sa féminité.

D’ailleurs, dans Nikita, Jeanne Moreau aura son petit rôle auprès de l’héroïne à qui elle réapprendra à redevenir une femme pour mener à bien sa vile mission.

 

Après l’épisode de Larah Croft, Tomb Raider (2001), le pendant féminin d’Indiana Jones avec 20 ans d’écart, nous entrons dans une nouvelle ère en pleine chute de la nouvelle Babylone, la guerre d’Iraq II, le retour, la résurrection. Kill Bill (2003) dépeint l’hystérie d’un féminisme déjantée aux lisières de la schizophrénie. L’héroïne décomplexée porte, sans gêne, la tenue du symbole de la virilité en perte de vitesse à l’orée des années 70 marquant le triomphe de M.A.S.H., l’alter égo des atrocités du Viet-Nam. Mieux, elle arbore le sabre, le côté obscure de l’effigie masculine, pour exterminer tous les costumes noirs d’une armée en déliquescence. Quel blasphème ! Le boulevard de la mort (2007) finira le travail.

 

Aujourd’hui, dans Atomic Blonde, la féministe hystérique affiche ostensiblement sa bisexualité, cet hédonisme contre-nature : le héros taillé comme une statue grecque a le droit d’exhiber son attirance pour les membres du même sexe, alors à fortiori, une héroïne qui se prend pour un homme, égalité oblige. Autre étape, autre genre ! Son metteur en scène, un texan, fait allusion, comme souvent sur le grand écran, à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, grâce au symbole du parapluie noir. L’image de cet Irlandais catholique, qui faisait de l’ombre à l’État profond, est souvent utilisée pour faire la promotion des idées de ses meurtriers.[2] L’actrice principale, Charlize Theron avait déjà offert sa prestation à Monster (2003) qui relate l’histoire vraie d’une déséquilibrée lesbienne arrachant la vie et l’argent aux hommes pervers avec lesquels elle se prostituait.

 

Le métissage racial

 

Lincoln ne cache pas ses sentiments : « Je dirai donc que je ne suis pas et que n'ai jamais été en faveur de l'égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n'ai jamais voulu que les noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu'ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu'il leur soit permis de se marier avec des blanches. [...] Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu'elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu'un autre, que la race blanche occupe la position supérieure. »[3]

 

En concomitance avec l’émancipation des mœurs, Hollywood reprend à son compte la lutte pour les droits civiques pour mieux la tordre. Spielberg, qui fait partie des meubles où sont cachés les secrets de famille, va s’initier dans la danse avec La couleur pourpre (1985). Sans remettre en doute ses bonnes intentions, car on peut être à la fois victime et acteur des phénomènes incontrôlables de son temps (ce qui expliquerait en partie ses positions mitigées, tout n’est pas manichéen), il récidive avec Amistad (1997), avant de toucher le sommet avec Lincoln (2012), comme pour offrir son second mandat à Obama.  

 

Il y a du Clay Shaw dans le Tommy Lee Jones de Lincoln signé Spielberg, un propagandiste (un pléonasme ?) de talent. Notamment, ce message subliminal dans le monologue de la première femme du pays, Molly, qui laisse entendre que Shaw a fait tuer le populaire Kennedy par jalousie. Ce même Tommy Lee Jones se retrouve l’adversaire de Lincoln (pas vraiment, en fait, sa position est simplement plus radicale) alors qu'il était celui de JFK dans le métrage de Stone ; en outre, il est anti-esclavagiste au nom de la liberté et des lois de la nature, alors que probablement pour les mêmes raisons, il était homo dans l’autre production.

 

Les deux portent une canne et une perruque (c’est plutôt la moumoute de David Ferrie, un autre homosexuel notoire – et pédophile en plus – qui éclabousse l’écran) et les deux sont antireligieux et sociopathes ! Il y a donc corrélation entre la défense de la cause noire au nom des droits de l'homme et l'émancipation des femmes et des homosexuels, bravo Steven ou l’art de la propagande dans toute sa splendeur !

 

Il y a probablement des allusions au Viet-Nam qui est, d'ailleurs, le thème central de son prochain opus, mais je ne suis pas spécialiste.[4] Une chose est sûre, c’est que ce nouvel enlisement en Iraq et en Afghanistan réveille les vieux démons. Notons que Lincoln ressemble curieusement à son Bon gros géant (2016).

 

Lee gagne sa joute verbale devant l'auditoire du tribunal acquis à sa cause sur un fond de musique signé John Williams accompagnant sa larmoyante victoire sur les mêmes notes qui consacraient Costner dans la pellicule pour laquelle il a également composé la bande originale (soundtrack) ! Spielberg fait dire à Thaddeus Stevens joué par Lee Jones en réfutation à un démocrate esclavagiste qui justifiait sa position au nom de la Bible, avec pour rhétorique : « le congrès ne doit jamais déclarer égaux ce que Dieu a créé inégaux ! »

 

Thaddeus Stevens répond que l'égalité est conforme à la loi de la nature (c'est une accusation inversée pour jeter le discréditer sur la religion, qui, pour le coup, serait contre-nature) ; c'est donc un argument humaniste et anticatholique, et c'est le même qui justifiera la féminisation hilarante d’Hillary Clinton qui se prend pour Jules César après la reconquête de Carthage, et l'homosexualité ambiante qui en découle.

 

Thaddeus Stevens était vu à son époque comme un radical tout comme le sera Clay Shaw, mais avec le temps, il devint la norme... Le sadomasochiste du second est-il avant-coureur ? En tout cas, son homosexualité ne choque plus personne ou presque !

 

Spielberg fait une pierre deux coups, il justifie l'homosexualité (l’émancipation des mœurs plus exactement) et le métissage des sociétés qu’il amalgame à la lutte pour les droits civiques, bravo l’artiste ! Y a-t-il des allusions homosexuelles et franc-maçonnes dans son film ? J’ai mon idée, mais je laisse la réponse aux spécialistes…

Notons enfin que Lincoln et Kennedy payèrent de leur vie leur combat antiségrégationniste, bien que le second ait ouvert un autre front contre la guerre… au Viêt-Nam.

 

Il fallait attendre l’épilogue pour, fait étonnant, voir Spielberg se trahir. Apparemment, c’est plus fort que lui. C’est tellement flagrant qu’il jette la confusion sur ses intentions. Il ne prend aucune pincette pour faire passer le message que la guerre Nord-Sud est un sacrifice nécessaire à l’intégration des peuples à la mondialisation. Ce nouvel ordre mondial aura droit, en cadeau à tous ses efforts, de prendre Jérusalem pour Capitale. Pour enlever toute suspicion, Abraham précise à sa femme qu’il fait allusion à la vieille Jérusalem, la vraie terre promise où coule le lait et le miel ; celle-là même ayant porté au pinacle les fils du Patriarche, David et son fils Salomon qui offriront un roi issu de leur descendance à leurs héritiers idéologiques (sic) non contaminés par le métissage. Ce Messie tant attendu fut si convoité en cette année 2012 que les prières des fidèles en prostration montèrent au-delà du mur de... séparation.[5]

 

Mais là n’est pas la chute ! Lincoln laisse la place à Tommy Lee Jones sur qui va tomber le dernier rideau, et à qui reviendra donc le mot de la fin. Fort de sa victoire contre les ségrégationnistes, il rentre chez lui pour annoncer la bonne nouvelle à sa gouvernante noire avec qui il entretient une relation extraconjugale. Quelle ouverture d’esprit pour l’époque ! Une fois la perruque enlevée, la dernière image montre ce couple insolite à l’automne de leur vie, allongés côte à côte dans leur couche illégitime offrant au téléspectateur hébété une lueur d’espoir, mais quel espoir ? Celui de voir un jour se concrétiser ce mondialisme triomphant à la faveur des ingrédients distillés sur le grand écran : la fin des religions résiduelles et la dissolution des mœurs et des races !

 

Fidèle à lui-même, Walt-Disney exhibe une vision édulcorée de la relation noire-blanc de cette époque. Les gens de couleur se tiennent fiers devant le premier homme du pays qu’ils regardent droit dans les yeux, ce que beaucoup de sujets blancs n’oseraient faire. Là non plus, je ne suis pas un spécialiste, mais il semble que d’autres productions hollywoodiennes, à l’image de Twelve years a salve (2013), le majordome (2013), et The burth of a Nation (2016), sont beaucoup plus proches de la réalité.

 

Le nouvel épisode de Star wars VII (2015), qui fut superficiellement critiqué par une revue du Vatican, reprend les mêmes ingrédients de la décadence porteuse du chaos sur les cendres duquel surgira la nouvelle religion superficielle, qui recevra ses injonctions de la Jérusalem ressuscitée ; un doux rêve que caresse l’insatiable Jacques Attali à la rhétorique ineffable.  Jeffrey Jacob Abrams, son réalisateur, produit par George Lucas, un autre pion de l’Empire Judéo-protestant, ne change pas une recette qui gagne : jeune héroïne (superficialisation et féminisation des mœurs) qui enfile le rôle d’une Jedi, rencontre un jeune noir (métissage des sociétés) avec qui elle entretient une relation ambiguë. Le prochain épisode mettra surement en lumière la nature de leur couple qui représente un espoir pour l’avenir de l’Humanité. Donc, à suivre…

 

Sous ses airs subversifs, Tarentino est en cheville avec le système. Comment le lui reprocher, alors qu’il lui doit sa notoriété et son gagne-pain ? Mais, à quel prix ? Il est dans tous les mauvais coups ou presque, sauf qu’il a le génie d’entretenir une image de bad-boy. Il donne l’impression de battre en brèche l’élite bien pensante devant qui, pourtant, il courbe l’échine. On l’avait vu fleureter avec le féminisme hystérique (qui marque son implantation profonde à un rythme frénétique), et on le retrouve avec Djungo Unchained (2012), en pleine campagne électorale, à faire, de façon subliminale, l’apologie du métissage (voire des conflits interethniques) sous prétexte de dénoncer les inégalités raciales. On voudrait bien le croire, mais nous verrons ci-dessous qu’il ne fait que remplir un cahier des charges bien huilé.

 

[1] À la fin du film, Ripley lance à la bête : « Je t'ai eu... fils de p… » C’est probablement une allusion à l’ancien monde qui touche à sa fin avec l’assassinat de Kennedy. Après la mort du capitaine Dallas, la ville ayant « célébré » le dernier jour du premier et dernier président catholique des États-Unis d’Amérique, elle prend les commandes du vaisseau. Après sa destruction donc, place au nouveau monde dont voici un avant-goût :

 Ridley Scott avait envisagé que l'équipage développe des relations gay ou lesbiennes à la suite d'une promiscuité en huis clos s'étendant sur une longue période de temps passé dans l'espace. Il a déclaré que s'il avait à refaire le film aujourd'hui, c'est une direction qu'il développerait.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien_(film)#cite_ref-audiobonus_30-0

 D’aucun voit en Ripley, l’ambassadrice de la théorie du genre.

http://next.liberation.fr/cinema/2003/11/12/le-lieutenant-ripley-icone-feministe_451521

[2] Comme pour fêter le 56ième anniversaire de l’évènement de ce fameux 22 novembre 1963, l'épilogue fait allusion à Jackie Kennedy qui tue ses ennemis du KGB avant de prendre l'avion avec son responsable de la CIA, ou comment convaincre le crédule par des accusations inversées !

[3] Selon André Kaspi, spécialiste de l'histoire américaine : « Lincoln avait dans son cabinet des gens hostiles à la proclamation de l'émancipation en 1862. Il est passé outre car il pensait que c'était indispensable, essentiellement pour des raisons diplomatiques. La Grande-Bretagne [où l'esclavage a été aboli en 1838] soutenait les abolitionnistes et la France [esclavage aboli en 1848, sauf en Algérie] était plutôt du côté des esclavagistes. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Lincoln

[5] Allusion au navet abyssal de série Z World war Z (2013) mettant en scène Brad Pitt qui fut marié à l’autre instrument gauchiste, Angélina Jolie.

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commentaires

R
Merci beaucoup pour cet article très complet.
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