Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 13:03

Le juif belliqueux

 

« À partir d’aujourd’hui, je répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont sous tous les cieux : quiconque entendra le bruit de ton approche sera saisi de trouble et frémira d’angoisse » (Deutéronome 2,25).

Psaumes 45 : 5. Avec éclat, chevauche et triomphe pour la vraie cause et la juste clémence. Que ta droite lance la terreur

 

Inglorious bastard (2009) n’ai rien de subversif, si ce n’est qu’il caricature une image qui, depuis une quinzaine d’années se cache de moins en moins, et qui prend de plus en plus d’assurance au vu des évènements récents parsemant la scène internationale. Il emboite le pas à Munich (2005) du réalisateur d’E.T., le propagandiste maison qui n’en est pas à son premier forfait. Ridley Scott voudra sa place dans ce cercle intimiste des hommes dévoués à l’Establishment invisible. Juste le titre : Exodus : Gods and King (2014) donne un avant-goût du prosélytisme grossier qui abonde dans sa pellicule, et qui ferait pâlir Goebbels, le chef de file de l’organe de propagande affilié au 3ième Reich. Il sera désormais très difficile de faire pire ou mieux, c’est selon. Moïse, qui sous l’aile de Pharaon maitrisait l’art de la guerre, troque symboliquement son bâton de berger avec une épée de guerrier.

 

Même la théologie n’est pas épargnée, on regretterait presque les dix commandements. L’épisode du buisson ardent est complètement déformé au profit d’une vision rationaliste de la Parole de Dieu. Scott avait déjà fait le coup avec son adaptation de la vie de Colomb (1992) où il tourne en ridicule l’Église catholique, qui, à bout de souffle, est en proie aux assauts incessants de la science moderne.

 

Scott n’a rien inventé. Il y a 2000 ans, Philon d’Alexandrie, sous l’influence de l’école péripatéticienne commente l’épisode du mont Sinaï, en disant que ce jour-là, Yahvé fit un miracle bénit. Il ordonna la création d’un « son » invisible dans l’air. Ce « son » fut doué de la parole et se faisait entendre.[1] Passionné de philosophie grecque, il passera sa vie à conjuguer entre la Bible et la pensée helléniste, avec, Platon, au premier plan. Juif hellénisé, il est le premier à introduire une lecture parabolique de l’Ancien Testament. Il pensait que la Raison (comprendre la philosophie grecque) n’allait nullement à l’encontre de la religion de Moïse. Sa pensée fut révolutionnaire à plus d’un titre ; c’était la première fois notamment qu’un Israélite condescendait à sortir des enseignements de la Thora, qui incarnaient pourtant la fierté de la communauté, face aux gentils incultes, idolâtres et souvent persécuteurs.

 

L’autre révolution dans l’œuvre de Philon fut qu’il abandonna l’hébreu, qu’il ne maitrisait peut-être pas selon certaines sources, et coucha ses traités dans la langue de Socrate. Ses lectures paraboliques du Livre sacré renfermaient des messages ésotériques destinés aux seuls initiés. Au début, il laissait indifférents ses coreligionnaires, et mourut sans connaitre la gloire parmi les siens ; nul n’est prophète en son pays. Néanmoins, par la suite, il devint un grand centre d’attraction pour les premiers Pères de l’Église. Longtemps après, les rabbins et les docteurs de la Loi le reconnurent et lui rendirent un hommage post posthume.

 

Wolfson, le spécialiste du Kalâm islamique, fut frappé par la ressemblance entre la pensée de Jahm ibn Safwân, le chef de file des hérétiques musulmans, et celle de Philon. Il en conclut, que, en utilisant les mêmes méthodes que son prédécesseur, Jahm fut le premier à conjuguer entre la Raison grecque et la religion mohammadienne.[2] Entre temps, les Pères de l’Église avaient procédé au même pillage des écrits grecs qui déboucha sur la profanation en profondeur de la religion chrétienne. Profanation dont elle ne se remettra jamais. Ainsi, l’hellénisation des trois religions était en cours, et fut à son comble chez les Juifs avec Maïmonide, dans la lignée des mu’tazilites, qui soumit la Thora à la règle suivante : tout texte qui laisse à penser que Dieu a des membres ou n’importe quel attribut doit se lire nécessairement selon une lecture imagée pour échapper à tout anthropomorphisme.[3]

 

Bref, notre artiste anglo-saxon défigure complètement l’évènement du mont Sinaï pour, au nom du rationalisme universel, le transformer en une légende empreinte de fétichisme païen.

 

Le fétichisme

 

Exode 20:4-6 tu ne te feras point d’image taillée ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. 5 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux…

Esaïe 40:18-20 A qui voulez-vous comparer Dieu ? Et quelle image ferez-vous son égale ? 19 C’est un ouvrier qui fond l’idole, et c’est un orfèvre qui la couvre d’or, et y soude des chaînettes d’argent.

Deutéronome 4:15-16 puisque vous n’avez vu aucune figure le jour où l’Éternel vous parla du milieu du feu, à Horeb, veillez attentivement sur vos âmes, 16 de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez une image taillée, une représentation de quelque idole, la figure d’un homme ou d’une femme, 17 la figure d’un animal qui soit sur la terre, la figure d’un oiseau qui vole dans les cieux, 18 la figure d’une bête qui rampe sur le sol, la figure d’un poisson qui vive dans les eaux au dessous de la terre. 19 Veille sur ton âme, de peur que, levant tes yeux vers le ciel, et voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des cieux, tu ne sois entraîné à te prosterner en leur présence et à leur rendre un culte : ce sont des choses que l’Éternel, ton Dieu, a données en partage à tous les peuples, sous le ciel tout entier.

 

Les marchands du Temple des temps modernes, ces légendaires esprits rebelles, enfermés dans leur matérialisme superficiel en quête de nouveaux veaux d’or, injectent dans les nations le culte des saints et le fétichisme païen. Les trois grandes religions monothéistes ont été contaminées par ce fléau destructeur.

 

Du côté des musulmans, les ésotéristes ismaéliens ont mis deux siècles pour mettre en place leur propagande païenne par le biais de leur organisation secrète ikwân e-safâ (les frères de la pureté, qui donnera la fraternité maçonnique, l’une des hypostases de la trinité républicaine ?) qui coucha leur croyance dans cinquante lettres. Leur structure était si hermétique qu’un grand point d’interrogation règne jusqu’aujourd’hui sur l’identité de leur auteur, bien que chacun y va de son hypothèse, plus ou moins crédible, pour lever le voile sur cet anonymat. Les shiites duodécimains leur ont emboité le pas.

 

El Kawtharî, un moderne, prétend, sur les traces des lettres d’ikhwân e-safâ, qu’en se séparant de son corps, l’âme des élus se débarrasse des carcans des mortels, et a directement accès aux mystères de l’inconnu.[4]

 

La propagande hollywoodienne véhiculent ce genre de légende avec l’épisode où, sous son « froc » à capuche, Obi-Wan "Ben" Kenobi éteint son sabrolaser pour laisser l’ancien Élu déchu, en finir avec sa carapace humaine, devenue trop étroite pour la mission qu’il s’était assignée. Le coup de grâce le fait disparaitre physiquement, mais son esprit veille sur Luke tout au long de ses périples. Il accède ainsi à l'immortalité à travers la Force et voit ses pouvoirs se décupler en se séparant de son corps, le fardeau des simples mortels. Il fait de temps à autre des apparitions pour conseiller son disciple fidèle.[5]

 

Paradoxalement, à mesure que le progrès technique avance, le retour à l’idolâtrie primaire et aux sciences occultes à l’image de la sorcellerie prend du terrain. C’est le signe du vide spirituel ambiant et de l’échec des sociétés matérialistes ayant tourné le dos à Dieu, comme pour évacuer toute prise de conscience, se vautrant dans la superficialité, à la faveur d’une fuite en avant éhontée.

 

Gageons que pour son avant-dernier acte, Tarantino agrémentera son récit de fétichisme houleux, mais en attendant, délectons-nous de la new Wonder Woman israélienne !

 

La religion universelle (le monachisme) sous l’égide de Jérusalem, la Capitale du Nouvel Ordre Mondial

 

« Lorsque le Messie des juifs viendra, Dieu joindra les monts Sinaï, Tabor et Carmel ensemble et rebâtira le Temple de Jérusalem ».[6]

 

La seconde expérience pro-féministe de Scott, avec son incorrigible G.I. Jane (1997), fut un fiasco : trop de zèle tue le talent. Il rebondira (sic), quelques années plus tard, avec Kingdom of heaven (2005) qui reçut, malgré tout, un accueil mitigé, et pour cause. On ne peut pas toujours à la fois servir la cause et satisfaire le public outre-Atlantique ô combien chauvin. En fait, on ne sait pas trop où il veut en venir. Oserait-il faire l’apologie du guerrier musulman en plein bourbier irakien et afghan ? Non, bien sûr. Le message est ailleurs. Il prépare seulement les musulmans et les chrétiens à un statuquo : une cohabitation issue de la reconstruction du Temple, mais la paix a un prix. Ha bon, lequel ? Ils devront courageusement s’émanciper de leur religion résiduelle comme des bêtes castrées ou des zombies lobotomisés. Les planificateurs ont du pain sur la planche, car le programme est rudement chargé, comme on l’a vu, mais tout vient à point qui sait attendre !

La mission du frère du défunt Tony Scott s’arrêtera là, d’autres prendront le relais, mieux vaut ne pas abattre ses cartes d’un coup, et donner les pièces du puzzle à compte-goutte pour ne pas dévoiler ses plans trop tôt ! La prochaine étape revient à Noé (2014) qui déblaye le terrain pour accueillir la nouvelle religion universelle. Il fut bien aider par Scott qui se contentera cette année de lui fournir les armées avec SON Exodus. Daren Aronofsky, réalisateur de talent originaire de Brooklyn, n’oubliera pas, au passage, de parsemer à petite dose le récit de doux fétichismes aux odeurs de magie noire, comme si Noé n’était pas le père immaculé du monothéisme !

 

Conclusion

 

« Sion est l’autre nom de Jérusalem, dit Thomas Römer. C’est le centre du pays promis aux Juifs qui reviennent en terre d’Israël, une ville sainte toujours protégée par Dieu. Dans la Bible hébraïque, Sion subsiste même si tout sur la Terre est détruit. Les psaumes disent aussi que le Messie arrivera à cet endroit. »

Vous voulez une pilule rouge ?

 

Les frères Wachowski sont devenus des transfuges du sexe opposé. Les concepteurs de Matrix sont désormais à prendre au féminin ; ils ne sont plus des réalisateurs, mais des réalisatrices, ni des frères, mais des sœurs. Ils(elles) incarnent le symbole de notre époque où les valeurs sont inversées, comme une croix à l’envers, si chère aux satanistes. La montagne de Zion (avec un S inversé) se transforme comme par magie, en caverne de Platon, et l’avènement de l’élu qui émerge au milieu des rebelles, thème si souvent traité au cinéma (la saga Star wars, Dune (1984) de l’obscure David Lynch, etc.) prépare en réalité l’arrivée de l’Antéchrist, que les Wachowski appellent de tous leurs vœux, à la faveur de rites inversés et contre-natures, comme pour mieux attiser le courroux céleste. L’Imposteur profitera du chaos imposé par les guerres et l’aliénation du genre humain pour, sur le trône de David d’où il commandera la révolution des ténèbres à dimension planétaire, partir à la conquête du monde qu’il aura ensorcelé de sa magie.

 

 

[1] The philosophy of the kalam Wolfson (p. 276)

[2] The philosophy of the kalam Wolfson (p. 222)

[3] Jinâya e-ta-wîl el fâsid de Mohammed Lûh (p. 165).

[4] Voir : maqâlât el kawtharî (p. 383).

[5] Je ne parle pas de l’image épouvantable à laquelle renvoie Jabba, un horrible crapaud dont l’activité favorite, lors de ses retraites dans son palais planté au milieu du désert sur la planète Tatooine, est de faire subir à ses victimes les supplices les plus vils, devant les yeux médusés de son harem et de ses esclaves.

Partager cet article
Repost0

commentaires

R
Merci beaucoup pour cet article très complet.
Répondre