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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 11:24

Karim Hanifi crucifié sur l’autel du réformisme néo-rationaliste 1/4

 

(Psaume 135, v. 15-18) : « Les idoles des païens, or et argent, une œuvre de mains d’homme : « Elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas. « Elles ont des oreilles et n’entendent pas, pas le moindre souffle en leur bouche. « Comme elles sont ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi ».

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/07/enquete-sur-la-crucifixion-du-christ-1/6.html

 

Voici ce qu’on peut lire sur un forum où il arrive de trouver des merveilles : « La lecture intertextuelle ne doit pas être interprétée comme si le Coran avait plagié ou copié la Bible, ou en avait subi l’influence, comme l’a souvent fait une polémique chrétienne anti-islamique. Il s’agit de « relectures » par le Coran, des textes sacrés antérieurs, comme la Bible elle-même n’a cessé de relire et de réinterpréter ses propres textes : pensons au récit de l’Exode, si souvent « relu », ou encore à la réinterprétation du Premier Testament par le Nouveau. On a vu plus haut comment saint Luc et saint Matthieu reprenaient un oracle d’Isaïe. Le Coran relit lui aussi les textes antérieurs pour les réorienter et les intégrer dans une nouvelle synthèse théologique. Ignorer cela, c’est risquer tout simplement de ne pas comprendre le texte du Coran. »

 

Si cela est clair, il faut savoir que plusieurs récits coraniques sont relatés dans les textes extra-canoniques chrétiens tels que :

  • Le récit du Tirage au Sort pour désigner celui qui devait assurer la garde de Marie encore enfant est relevée dans l’Évangile de Jacques ;
  • Le récit du miracle de Jésus de l'oiseau de glaise est relaté dans l'Évangile de l'Enfance considéré comme apocryphe.

 

En outre, les feuillets d’Abraham et de Moïse feraient référence à des écrits apocryphes, « le Testament d’Abraham » et « le Testament et la mort de Moïse » (Gobillot, 2007 : 58). Il faut certes y séparer le bon grain de l’ivraie, car nombreux sont les récits extrabibliques qui sont imprégnés ou enrobés de gnosticisme, mais cela ne remet pas en question la valeur historique du « squelette » des histoires qu’ils retranscrivent, sans compter que les critères dégagés par l’Église pour assimiler un texte à la gnostique sont, pour la plupart, bien subjectifs si l’on sait que les mystères de la Trinité ou de la passion du Christ eux-mêmes sont d’origine païennes et gnostiques, comme expliqué dans l’article précédent.

 

Ainsi, pour désigner l’enfant-sacrifice, il n’est pas pertinent de rejeter le passage « ton fils premier-né », version du Livre des Jubilés, ou, selon le Targum Palestine « ton fils, ton unique engendré », sous prétexte qu’il serait extra-canonique. La seule échappatoire qui reste à Karim Hanifi pour le jeter à la poubelle, comme il se plait à le faire avec les hadiths qui le dérangent, c’est de démontrer que ces écrits ont été fabriqués après l’avènement de l’islam…

 

Le dogme de l'immaculée conception, les noms des parents de Marie et les apocryphes

 

Les catholiques romains et l'Église soutiennent la perpétuelle virginité de Marie. Cela ne figure nullement dans les évangiles canoniques, ni nulle part dans la Bible, mais se retrouve dans le Protévangile de Jacques, un écrit apocryphe dont certains passages rejoignent des extraits du Coran. Le Coran ne retient pas l'immaculée conception des apocryphes.

 

Le tirage au sort pour la garde de Marie, ainsi : [Ce sont là des nouvelles de l'Inconnaissable que Nous te révélons. Car tu n'étais pas la lorsqu'ils jetaient leurs calames pour décider qui se chargerait de Marie ! Tu n'étais pas la non plus lorsqu'ils se disputaient] (Coran 3,43).

 

Cette allusion coranique au tirage au sort par lancer de calame, pour désigner à qui devait revenir la garde de Marie encore enfant se retrouve dans des textes chrétiens extra-canoniques. Extraits : « ...Et le prêtre revêtit l'habit aux douze clochettes, pénétra dans le Saint des Saints et se mit en prière. Et voici qu'un ange du Seigneur apparut, disant : « Zacharie, Zacharie, sors et convoque les veufs du peuple. Qu'ils apportent chacun une baguette. Et celui à qui le Seigneur montrera un signe en fera sa femme. »
Des hérauts s'égaillèrent dans tout le pays de Judée et la trompette du Seigneur retentit, et voici qu'ils accoururent tous. Joseph jeta sa hache et lui aussi alla se joindre à la troupe. Ils se rendirent ensemble chez le prêtre avec leurs baguettes. Le prêtre prit ces baguettes, pénétra dans le temple et pria. Sa prière achevée, il reprit les baguettes, sortit et les leur rendit. Aucune ne portait de signe. Or Joseph reçut la sienne le dernier. Et voici qu'une colombe s'envola de sa baguette et vint se percher sur sa tête. Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. » » (Protévangile de Jacques VIII,3-IX,1).

 

Marie nourrie par des anges. Aussi, (Coran, 3:37) : [Chaque fois que Zacharie allait la voir dans le Temple, il trouvait auprès d’elle la nourriture nécessaire et lui demandait : O Marie ! D’où cela te vient-il ? Elle répondait : Cela vient de Dieu ; Dieu donne sa subsistance à qui il veut sans compter]

 

Ce passage rejoint le ch. VIII du Protévangile : « La main d’un ange la nourrissait. » et au ch. XIII : « Toi qui fus élevée dans le Saint des Saints, et qui fus nourrie de la main d’un ange. » (D. Rops - Cerf - 1952, p. 53 et 57).

 

L'autre extrait du Protévangile de Jacques fondant l'immaculée conception : « 19.3. Et la sage-femme sortant de la grotte, rencontra Salomé et elle lui dit : « Salomé, Salomé, j'ai une étonnante nouvelle à t'annoncer : une vierge a enfanté, contre la loi de nature. » Et Salomé répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si je ne mets mon doigt et si je n'examine son corps, je ne croirai jamais que la vierge a enfanté. » 20.1. Et la sage-femme entra et dit : « Marie, prépare-toi car ce n'est pas un petit débat qui s'élève à ton sujet. » À ces mots, Marie se disposa. Et Salomé mit son doigt dans sa nature et poussant un cri, elle dit : « Malheur à mon impiété et à mon incrédulité ! disait-elle, j'ai tenté le Dieu vivant ! Et voici que ma main se défait, sous l'action d'un feu. » » (Protévangile de Jacques, XIX,3-XX,2)

 

 

 

La mariolâtrie ou la divinisation de Marie

 

(Coran, 4:116) : [(Rappelle-leur) le moment où Allah dira : O jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah?][1]

 

Voici sa confirmation dans l’Évangile arabe de l'enfance, chapitre 17 : « Quand le lendemain fut venu, cette (même) femme prit de l'eau parfumée pour y baigner le Seigneur Jésus. Et après l'avoir lavé, elle prit l'eau du bain. (Or) il y avait là une jeune fille dont le corps était blanc de lèpre. Elle versa sur elle un peu de cette eau et s'en lava ; et aussitôt elle fut purifiée de sa lèpre. Quant au peuple de l'endroit, il disait : « Sans aucun doute, Joseph, Marie et l'enfant sont des dieux et non des hommes. » Et lorsque (Marie et Joseph) se résolurent à les quitter, cette jeune fille qui avait été lépreuse s'approcha d'eux et leur demanda de l'emmener. » 

Ce passage de l'Évangile arabe de l'enfance témoigne de ce que certains chrétiens contemporains de Muhammad tenaient Jésus et Marie pour des divinités. À ne pas confondre avec la notion de Theotokos, Mère de dieu.

 

La biographie de Marie

 

« Certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc. » Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides, 2009, p.9 (ISBN 978-2-8309-1340-8)

 Les catholiques conçoivent Marie comme un cocon qui doit se briser pour donner vie à leur dieu. En effet, les écrits canoniques ne font nulle mention de la vie de Marie, ni de sa mort. Elle disparait des évangiles très vite. Elle sera ressuscitée lors des débats christologiques sur la déification de Jésus. Cependant, les rares connaissances sur Marie, les noms de ses parents, etc. se retrouvent dans les écrits qualifiés d'apocryphes, dont non seulement les historiens se servent, mais également les ecclésiastiques et les fresques des églises. Le Coran aussi puise dans ces traditions précieuses (il est plus juste de dire que le texte coranique confirme certaines vérités relatées dans les apocryphes), et dépeint Marie avec beaucoup d'amour et de respect, pour ce qu'elle est, et non pour sa qualité de mère porteuse.

 

Le fils de Marie parle au berceau

 

Dès le premier verset de L‘Évangile arabe de l'Enfance, nous avons : « I. - Nous trouvons dans le livre du pontife Joseph, qui vécut au temps du Christ [quelques-uns le prennent pour Cajapha, il dit] que Jésus parla même lorsqu'il était au berceau, et qu'il dit à sa mère Marie : Je suis Jésus, fils de Dieu, ce Verbe que vous avez enfanté, comme l'ange Gabriel vous l'a annoncé ; et mon père m'a envoyé pour le salut du monde. »

 

L‘Évangile arabe de l'Enfance rapporte des prodiges réalisés par Jésus que l’on trouve également dans le Coran : « Jésus parle au berceau » dans la sourate III, La famille de ‘Imran, 46, la sourate XIX, Marie, 29-34 et la sourate V, La Table, 110 « Jésus anime de son souffle des oiseaux en argile » dans la sourate III, La famille de ‘Imran, 49 et la sourate V, La Table, 110. Tant dans l'Évangile syriaque de l'enfance que dans le Coran, Jésus est présenté comme un bébé au berceau donnant un discours très théologique en présence de la Vierge Marie à propos de leur mission respective.

 

Le miracle de l'oiseau de glaise 

 

Jésus « fabrique » des golem (Coran, 5:110) : [110. Et quand Dieu dira : « Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t'enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l'évangile ! Tu fabriquais de l'argile comme une forme d'oiseau par Ma permission ; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l'aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d'Israël pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d'entre eux qui ne croyaient pas dirent : « Ceci n'est que de la magie évidente ».]

 

Bien sûr, les incrédules assimilent ce miracle à de la magie : « Être, le plus souvent de forme humaine, le golem est créé par un acte de magie grâce à la connaissance des dénominations sacrées. Dans le judaïsme, l'apparition du terme golem remonte au Livre des Psaumes et à l'interprétation qu'en donne le Talmud ; il s'agit, dans ce contexte, tantôt d'un être inachevé ou dépourvu de forme définie, tantôt de l'état de la matière brute. Ainsi le Talmud appelle-t-il parfois Adam « golem » quand il veut faire allusion aux douze premières heures de sa vie : il s'agit là d'évoquer son corps encore dénué d'âme. Mais c'est surtout le Sefer Yesirah (le Livre de la Création) et l'exégèse ésotérique qui en fut faite qui développèrent l'idée du golem en relation avec les croyances concernant le pouvoir créatif du discours et des lettres de l'alphabet hébreu... » (Encyclopædia Universalis 2005).

Le Talmud aussi parle de la fabrication de golem par des rabbins versés dans les écritures. Le Coran insiste dans ce passage sur la prophétie ou le prodige de Jésus... Le Sefer Yetsira (Livre de la formation) mentionne la possibilité de fabriquer des golem. Ce livre est dans la tradition juive attribué au Patriarche Abraham.

 

« Le mot "golem" est utilisé dans l'Ancien Testament (psaume 139:16) pour désigner une masse embryonnaire informe. Dans le Talmud (Sanhedrin 38b), Adam est décrit comme un golem, un corps humain inachevé et sans âme, lors de ses 12 premières heures d'existence.

L'ouvrage kabbalistique Sefer Yezirah (Le Livre de la Formation), qui spécule sur la façon dont Dieu a créé le monde, s'intéresse également à la naissance des premiers hommes. Différents rabbins ont commenté cet ouvrage et y ont vu des indications qui permettraient à celui qui serait suffisamment savant pour les déchiffrer et les comprendre, de créer un humain artificiel. Il y est fait allusion dans le Talmud : le rabbin babylonien Rava est
supposé avoir fabriqué un homme artificiel à l'aide du Sefer
Yezirah, qu'il envoya voir le rabbin Zeira. Mais la créature était muette ; le rabbin Zeira compris alors que celle-ci était l’œuvre d'un magicien, et il la détruisit en la faisant retourner à son état primordial de poussière
(Sanhedrin 65b). »

 

Le Coran relate dans le chapitre 3 au verset 49 la fabrication de golems de la part de Jésus. Il est bien-sur insensé de trier certains miracles comme canoniques, ou d'autres comme apocryphes. En pratique, un miracle ne peut pas être considéré comme un fait historique ou scientifique... Seule la foi en celui-ci sera déterminante pour chacun. Mais ce prodige de Jésus selon le Coran a la particularité de montrer que Dieu peut donner vie à la poussière. La mention de cette scène dans le Livre sacré des musulmans entre parfaitement dans le cadre de la christologie coranique. Puisque Jésus voit la Vie dans la pratique de la Loi. En fabriquant ce golem à partir des sagesses de la Torah et de l'hébreu, il montre que la Loi est la Vie. Et que celui qui les pratique vivra.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

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commentaires

REBAI 11/10/2020 19:41

Merci beaucoup pour cet article très complet.