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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 10:49

 

Karim Hanifi crucifié sur l’autel du réformisme néo-rationaliste 4/4

 

La thèse de Karim Hanifi, un vulgaire plagiat amélioré ?

 

Finalement, le géantissime Karim Hanifi ne ramène rien de nouveau sous le soleil de Satan. Le chercheur américain Gabriel Said Reynolds opère à un certains syncrétisme entre Bible et Coran. D’origine libanaise, il est l’auteur d’une thèse sur la crucifixion de Jésus selon les sources musulmans. Voici le résumé de the Muslim Jesus: dead or alive ?

« Selon la plupart des commentateurs musulmans classiques, le Coran enseigne que Jésus n'est pas mort. Le jour de la crucifixion, une autre personne - qu'il s'agisse de son disciple ou son traître - a été miraculeusement transformé et supposé l'apparition de Jésus. Il a été emmené, crucifié, et tué, tandis que Jésus a été assumé corps et âme au ciel. Les chercheurs les plus critiques acceptent que ce soit bien là l'enseignement du Coran, même si le Coran dit ceci explicitement seulement que les Juifs n'ont pas tué Jésus. Dans le présent document, je soutiens que le Coran admet plutôt que Jésus est mort, et qu'il fait allusion à sa mort, comme témoin contre ses meurtriers dans l'apocalypse. Le document commence avec une analyse des références du Coran à la mort de Jésus, continue avec une description de l'exégèse musulmane classique de ces références, et se termine par une présentation de la conversation du Coran avec les Juifs. Et la tradition chrétienne sur la question de la mort de Jésus. »

 

Karim Hanifi, loin d’innover reprend exactement la même logique que Reynolds, alors qu’il nous avait vendu la lune. Le pire, c’est qu’il n’est pas besoin de chercher loin pour s’en apercevoir, il suffit juste d’aller sur la page Wikipédia vers l’article Mort d'ʿĪsā où l’on trouve noir sur blanc :

 

Si l'historicité de la crucifixion de Jésus est acceptée par de nombreux chercheurs, la plupart des musulmans croient quʿʿĪsā/Jésus n'est pas mort sur la croix, à l'exception de quelques groupes restreints. Cette tradition repose sur des passages coraniques, considérés comme ambigus par plusieurs chercheurs, et qui ont en Islam donné lieu à différentes exégèses (tafsir). Pour Reynolds, le quasi-consensus actuel s'explique par le fait de « lire le Coran à travers l'optique du tafsir », et il ajoute cette citation de Lawson : « ce sont les tafsir, et non le Coran, qui nient la crucifixion ».

 

La version francophone de cette relecture du Coran nous vient notamment du Dr Al Ajamî, Docteur en médecine, Docteur en Littérature et langue Arabes, Coranologue, Théologien, Spécialiste de l’exégèse du Coran, rien que cela. Tous ses titres auraient dû l’aider à se pencher un peu plus sérieusement sur le champ sémantique de wafa chez les linguistes dignes de ce nom. Il serait intéressant d’ailleurs d’analyser, d’un point de vue purement psychologique, le cas de ces intellectuels complexés de culture musulmane dont le mépris pour les musulmans est proportionnel à leur fascination pour l’Occident. Notons que notre Docteur épouse la thèse d’un autre islamologue déchiré avec sa personne, le désormais célèbre Hassan Chahdi, sur la possibilité de la transmission du Coran par le sens, tiens, tiens Karim quelle surprise ? On se rapproche. On pourrait presqu’anticiper que tu vas bientôt intégrer dans ton éventail cette approche ô combien alléchante pour rééquilibrer les débats avec les chrétiens. Sans te jeter la pierre, tu pourrais même faire une pierre deux coups en validant le crédo mu’tazilite du caractère créé du Coran.

 

Il faut dire que, malgré les soins que tu apportes pour dissimiler ta croyance, celle-ci nous est de plus en plus apparente, et s’impose à nous littéralement. Ce même Docteur Dr Al Ajamî construit le retour de Jésus sur sa lecture de la crucifixion, et Hassan Chahdi, beaucoup moins coraniste que ce dernier, tourne autour du pot. Ce crédo qui consiste à renier le retour de Jésus sur terre pour y faire régner la justice te colle de plus en plus à la peau. Et, c’est d’ailleurs là que le bât blesse, puisqu’il suffit de prouver que les textes scripturaires en font la prophétie pour écrouler littéralement ta thèse sur le « sosie » et le « faux semblant » que tu camouffles derrière la recherche moderne, bien essayé. Mais, ne précipitons pas les évènements, nous aurons bien le temps d’y revenir dans la prochaine partie.

 

Les dernières paroles du crucifié

 

Pour finir, notons un fait troublant, et qui est peu remarqué. L’expression de désespoir utilisée par le suppliciée peut tout aussi bien dire : « Pourquoi as-tu changé mon apparence ? »

 

Matthieu et Marc dirent : « Jésus cria d’une voix forte : Eloi, Eloi, lama sabaqthani ? » Ce qui a été traduit par : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; cela signifie aussi : « Mon Dieu, mon Dieu, Pourquoi m’as-tu teinté, pourquoi m’as-tu coloré, transformé ? » (Mt 27.46 ; Mc 15.34) Nous retrouvons quasiment la même racine en arabe sab’a signifiant teinté. Tandis que d’après Luc : « Jésus poussa un grand cri : il dit : Père, entre tes mains, je remets mon esprit. Et, en disant ces paroles, il expira » Luc 23.46 Alors que selon Jean : « Jésus dit : Tout est achevé. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit » Jean 19.30

 

Nous ne parlons pas des contradictions dans les différentes versions de l’évènement, bien qu’il soit parfois possible de concilier entre elles, il arrive comme ici que celles-ci soient purement et simplement incompatibles. En voici d’autres exemples :

 

L’heure de la crucifixion

 

D’après l’Évangile de Marc (traduction Louis Segond) : « C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent » (Marc 15.25) Mais d’après la traduction œcuménique de la Bible (TOB), Marc lui-même dit : « Il était neuf heures quand ils le crucifièrent » (Marc 15.25) Et d’après Jean, c’était à six heures et non pas à trois heures ou à neuf heures. (Jean 19.14-16)

 

La résurrection

 

Les évangiles enseignent que Jésus, après avoir trouvé la mort sur la croix, son corps a été mis dans une tombe, vendredi soir. Dimanche matin aux premières heures, Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques et Salomé se rendirent à la tombe et découvrirent qu’elle était vide et la pierre roulée. Entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme (Évangile de Marc), deux hommes (Évangile de Luc), un ange (Évangile de Matthieu), deux anges (Évangile de Jean) qui leur di(sen)t que Jésus est ressuscité et qu’il n’est point ici. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez comme il vous l’a dit. Elles sortirent du sépulcre et s’enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies ; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi (Évangile de Marc), elles annoncèrent toutes ces choses aux onze et à tous les autres (Évangiles de Matthieu et Luc) ; mais Jean parle de Marie de Magdala qui, après avoir vu les deux anges, vit Jésus qui lui dit : « ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses » Jean 20.15-18

 

Ainsi, les contes de la résurrection de Jésus divergent d’un évangéliste à l’autre. On ne sait à quel récit s’en tenir. A noter que les disciples, présidés par Pierre, eurent des doutes et ne crurent pas en ces contes. La première évidence sur la résurrection, comme fait remarquer George Caird : « n’était pas donnée dans les évangiles, mais dans les épîtres de Paul, spécialement 1 Co 15, écrit dix ans, au moins, avant le plus ancien des évangiles. En ce chapitre (no.15) Paul cite une tradition qu’il avait reçue de ceux qui étaient chrétiens avant lui »[1]

 

L’Apparition

 

À l’issue des tristes événements de la croix, Jésus apparut à ses disciples sain et sauf. Il les rassura qu’il était le même Jésus et qu’il n’a subi aucun mal. Il leur montra ses mains, ses pieds et son côté et leur dit : regardez, touchez ! Thomas, qui était absent ce jour-là, se montra réticent à croire, Jésus se présenta une deuxième fois à ses disciples et demanda particulièrement à Thomas de regarder et de toucher ses mains et son côté (Jean 20.27). Les disciples étaient troublés croyant voir un esprit. « Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds » (Luc 24.38.40). Il leur demanda s’ils avaient quelque chose à manger. « Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux » Luc 24.42, 43… Jésus s’est présenté à ses disciples sans blessures ni marque de la croix et ne portant aucune trace d’un revenant ou d’un ressuscité, et pour preuve : il leur a dit : « un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai ». Tout se passe comme si Jésus leur disait : « La crucifixion est une fiction, c’est faux, c’est un mensonge ! »

                           

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 


[1] Ahmad Abdel-Wahab : Dialogue transtextuel entre le Christianisme et l’Islam, Centre Abaâd, Paris 1987, page 117.

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commentaires

REBAI 11/10/2020 19:40

Merci beaucoup pour cet article très complet.

Pseudonym 27/07/2019 23:58

es-selemou 3aleykoum
Dire comme Karim que la Torah et les Évangiles sont intactes, c'est croire que Lot a eu un commerce charnel avec ses filles après que celles-ci l'eurent enivré ; que Haroun a supervisé la fabrication du veau d'or ; que le lièvre est une animal ruminant... S'il étend son authentification aux autres Livres de l' Ancien Testament reconnus canoniques, il doit alors croire fermement que David a voulu tuer un de ses soldats pour s'emparer de sa femme ; que Salomon s'est adonné à la sorcellerie ; que le prophète Osée a épousé une prostituée sur ordre de Dieu ; que Saul a fait appel aux services d'une devineresse, etc. Toutes ces positions nous sont dogmatiquement insoutenables pour deux raisons : les Prophètes sont immunisés contre les grands péchés ; par le Coran, Allah a innocenté Haroun et Souleymane des fausses accusations de koufr. Karim al Hanifi valide t-il la fabrication du veau d'or par Haroun comme l'affirme l'actuelle Torah altérée ou la nie t-il comme la nie le Coran ? Qui du Coran ou de la Torah actuelle dit vrai ? Il faut coincer Karim al-Hanifi avec les exemples de Lot et Haroun pour lui faire cracher le fond de ses croyances. Il doit aux musulmans de grosses clarifications. Je viens d'ailleurs de m'apercevoir qu'un chrétien attaque l'Islam au sujet de la crucifixion de Jésus à partir d'un entretien filmé qu'il a eu avec KAH lors duquel ce dernier lui expliquait que Jésus a bien été crucifié et elevé à la droite du Père. Al Hanifi devient un argument contre nous. Il risque de finir comme le Tariq Ramadan d'avant la prison, c'est-à-dire auto-investi d'une mission de défense de l'Islam lors de débats "contradictoires" face à des non-musulmans dont il partage et confirme les fondamentaux doctrinaux. Ne lui restera plus alors qu'à se choisir sa Caroline Fourest pour se livrer avec elle à des oppositions de surface et d'apparence pour Youtube.