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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 11:07

La propagande jette son dévolu sur le Coran des origines 2/5

 

Passons au vif du sujet (cette liste est issue en grande partie du superbe ouvrage Hunting for the world of God écrit par le chercheur D. Sami Ameri) :

 

Voir aussi : https://www.islamreligion.com/fr/articles/19/comment-le-coran-ete-preserve-partie-1-de-2/

 

Cette liste occulte volontairement des avis de spécialistes que certains articles du blog Mizab ont reproduit par le passé, dont celui de François Déroche bien que ce dernier tente tant bien que mal de noyer le poisson dans l’eau en dénigrant le processus de canonisation du Coran ; procédé qui devient quasiment une constante au sein de l’islamologie au grand bonheur du réformisme musulman qui, partageant le même référentiel, œuvre pour jeter le patrimoine islamique dans les oubliettes de l’Histoire.

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/07/initiation-a-la-science-de-la-canonisation-du-coran-1/3.html

http://mizab.over-blog.com/2018/04/la-canonisation-du-coran-a-la-lumiere-de-la-science-moderne-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2019/06/le-grand-specialiste-du-coran-ihab-fikri-repond-au-chercheur-orientaliste-hassan-chahdi.html

 

1- L’orientaliste anglais Sir William Muir, life of Mohammed 557-558 : « Le Coran de par son contenu et son ordre exprime avec force la précision de sa compilation. Les diverses parties furent assemblées d’une manière extrêmement simple et sans afféterie. On ne trouve pas dans cette compilation l’empreinte d’une main qui aurait apporté un talent ou un ordre. Elle témoigne de la foi du compilateur et son dévouement pour ce qu’il compile, car il n’a pas osé faire plus que de prendre ces versets sacrés et les mettre les uns à la suite des autres. »

 

« Il n’existe probablement aucun autre livre, dans le monde, qui soit passé à travers douze siècles [aujourd’hui quatorze] tout en conservant une telle pureté de texte. »

Sir William Muir, Life of Mohamet, London, 1894, Vol.1, Introduction.

 

2- Philip K. Hitti, history of arab p. 132 édition London 1939

 

3- BrockettAdrian Alan, Studies in two transmissions of the Qur'an. Pour Adrian Brockett, La transmission du Coran après le décès de Mohammed était essentiellement statique, plutôt qu’organique. Il y avait un seul texte, et rien d’important, pas même une matière prétendument annulée, ne pouvait être omis et rien n’y pouvait être ajouté. Ceci s’applique même aux premiers califes… La transmission du Coran a toujours été orale, juste comme elle a toujours été écrite.[1]

 

4- Georges-Louis Leblois : « Grâce à la destruction de tous les exemplaires qui différaient de celui d’Othmân, le Koran est aujourd’hui le seul livre sacré qui ne présente pas de variantes notables. Les seules divergences que l’on puisse souligner sont relatives à une division différente du texte en versets. Tel passage qui, dans une copie forme un seul verset est dans un autre subdivisé en deux. Il n’y a là rien d’extraordinaire, sachant que la subdivision du texte en versets est postérieure à Othmân… »

Les Bibles et les initiateurs religieux de l'humanité.

 

5- TorreyCharles Cutler, The history of the conquest of Egypt, North Africa and Spain : known as Fut Mir of. by: Ibn Abd al-akam, d. 870 or 71; 

 

6- Thomas Arnold, the islamic faith, 1983, p. 9 : « There is a general agreement by both muslim and no-muslim scholars that the text of this recension substantially correspond to the actual utterances of Mohammed himself. »

 

7- Maurice Gaudefroy-Demombynes : « Le Coran a été fixé peu de temps après la révélation par un texte authentique qu’il n’y a aucune raison sérieuse de considérer comme altérer. »

Les institutions musulmanes

« Le texte du Coran a donc été définitivement fixé dès le milieu du VIIe siècle, sauf quelques mots qui restent indécis. »

Mahomet

 

8- Michael Zwettler : « À ces époques reculées, alors que l’écriture était à peine utilisée, la mémorisation et la transmission orale étaient pratiquées à un degré qui nous est pratiquement inconnu et étranger, aujourd’hui. »

Michael Zwettler, The Oral Tradition of Classical Arabic Poetry, Ohio State Press, 1978, p.14.

 

9- A.T. Welch : « Pour les musulmans, le Coran est bien plus qu’une Écriture sacrée comme on l’entend généralement en Occident.  Pour la vaste majorité [des musulmans], à travers les siècles, le Coran, a toujours été avant tout un texte oral, c’est-à-dire la forme sous laquelle il a d’abord été révélé, une « récitation » qu’a psalmodié Mohammed à ses fidèles sur une période de plus de vingt ans…  Les révélations étaient mémorisées par certains compagnons de Mohammed du vivant de ce dernier, et la tradition orale ainsi établie s’est poursuivie, jusqu’à nos jours, de façon plus ou moins indépendante, et peut-être même supérieure au Coran écrit…  À travers les siècles, la tradition orale du Coran a été perpétuée par les réciteurs professionnels (qourra).  Jusqu’à tout récemment, la récitation du Coran a rarement été pleinement appréciée en Occident. »

The Encyclopedia of Islam, ‘The Quran in Muslim Life and Thought.’

 

10- William Graham : « Le Coran est probablement l’unique livre, parmi les livres religieux et laïques confondus, qui ait été mémorisé en entier par des millions de personnes à travers le monde. »

William Graham, Beyond the Written Word, UK: Cambridge University Press, 1993, p.80.

 

11- Kenneth Cragg écrit : « … ce phénomène de récitation du Coran signifie que le texte a traversé les siècles en une succession ininterrompue de dévotion.  On ne peut donc le considérer comme une antiquité ni comme un document historique provenant d’un passé lointain.  La récitation a fait du Coran un Livre présent à toutes les époques de l’histoire de l’islam, à chaque génération, et a fait en sorte qu’il ne soit jamais relégué à un simple rôle de référence. »

Kenneth Cragg, The Mind of the Quran, London: George Allen & Unwin, 1973, p.26.

 

12- John Burton, à la fin de son ouvrage étoffé sur la compilation du Coran, affirme que le Coran, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est :

« … un texte qui nous est parvenu exactement sous la même forme que celle dans laquelle il a été arrangé et approuvé par le Prophète. (…)  Ce que nous tenons aujourd’hui dans nos mains, c’est le moushaf de Mohammed. »

John Burton, The Collection of the Quran, Cambridge: Cambridge University Press, 1977, p.239-40.

 

13- Schwally : « En ce qui concerne la révélation, nous pouvons être certains que la transmission de son texte a été faite en respectant avec exactitude la disposition qu’en avait faite le Prophète. »

Schwally, Geschichte des Qorans, Leipzig: Dieterich’sche Verlagsbuchhandlung,1909-38, Vol.2, p.120.

 

14- Hamilton Gibb[2]

 

15- Stanley Edward Lane-Poole : « C'est un immense mérite dans le Coran qu'il n'y a aucun doute quand à son authenticité. »

 Stanley Lane-Poole Préface De Selections From The Kuran de Edward William Lane. 

 

16- L'écrivain britannique Ronald Bodley : « Nous avons un livre contemporain, absolument unique concernant son origine et sa préservation, dont personne n'a jamais été capable de jeter un doute sérieux sur son authenticité. »

Ronald Bodley The Messenger : The Life Of Mohammed, P.1 

 

17- Bosworth Smith

 

18- Richard Bell

 

19- Forster Fitzgerald Arbuthnot, qui était un remarquable traducteur et orientaliste britannique : « …et bien que plusieurs tentatives aient eu lieu pour produire une œuvre à l’écriture aussi élégante, toutes ont échoué. »

F. F. Arbuthnot. 1885. The Construction of the Bible and the Koran. London, p 5

 

20- Rom Landau 

 

21- Neal Robinson

22- Theodor Nöldeke[3]

 

23- Yasin Dutton dont la thèse selon laquelle il y avait des Coran personnels à l’époque de la Révélation dérange François Déroche : « Le travail éditorial nécessaire [pour disposer d’une édition du Coran] a déjà été accompli à l’époque de ‘Uthmān, avec des adaptations mineures à l’époque d’al-Hajjāj et une simplification supplémentaire des possibilités grâce à l’action de personnes comme Ibn Mujāhid, Ibn Ghalbūn et Ibn Mihrān dans leur description des sept, huit et dix systèmes de lectures canoniques. » 

Y. Dutton, « Orality, literacy and the ‘Seven aḥruf’ ḥadīth », Journal of Islamic studies, 23(1), 2012, p. 49.[4]

 

Déroche a la fâcheuse manie de dire tout et son contraire. Il reconnait la fixation immuable d’un corpus, mais il n’oublie pas au passage d’égratigner le processus de cette fixation qui accouchera de la canonisation finale. Avec Déroche, le patrimoine y laisse des plumes à la grande joie des réformistes, car il valide le texte fondateur tout en épinglant le proto référentiel. Cette démarche qui fait suite à l’échec de discréditer le texte fondateur, commence à devenir le fil conducteur du réformisme et de l’islamologie : « C’est cet envoi du Coran dans les grandes villes qui constitue l’originalité de la recension d’Othman. Et puis, il publie un texte qui jusque-là était entièrement dans le cadre privé. On peut déjà parler de canon même si le Coran voulu par Othman n’est pas aussi fermé, fixe qu’il le deviendra à compter du IXe siècle », analyse François Déroche.

 

« Lorsque l’on analyse les points de vue traditionnels, remarque notre spécialiste, on y distingue une volonté collective tenace, dont nous pouvons observer le cheminement de ‘Uthmān à al-Bukhārī, en faveur d’une simplification de la situation en ce qui concerne le Coran, ou pour être plus précis, en faveur d’un texte légitimement unique. On rencontre dans le texte de Dutton cité plus haut un résumé du point de vue défendu par l’orthodoxie. Il n’y aurait donc plus rien à ajouter en ce domaine. Cette volonté de simplification / réduction se heurte à ce que nous dit la tradition de la multiplicité des versions qui auraient vu le jour de manière plus ou moins concomitante dans les années qui suivirent la disparition de Muḥammad, des témoignages que la critique historique, il est vrai, peine à évaluer. Ces versions ont certes été progressivement écartées, mais des échos amoindris de la circulation de codices non-canoniques nous parviennent jusqu’à une date relativement tardive –  des témoins signalant que la version d’Ibn Mas‘ūd était encore en circulation au xe siècle. »[5] De la poudre aux yeux qui ne dupe que les dupes et les complexés !

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Rippin, Andrew (editor). 1988. Approaches to the History of the Interpretation of the Qur’an. Chapter: “Value of Hafs and Warsh Transmissions,” by Adrian Brockett. Oxford: Clarendon Press. pp. 44–45.

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commentaires

R
I thoroughly enjoyed this. It was so clear and succinct. Big thanks!
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N
Les orientalistes sont aux abois. D'abord on prend en contre-pied le paradigme Noldekine, ensuite on reprend la tradition pour critiquer l'historicité du Coran. On est pas à une contradiction près... Pour le reste, je suis certain que les réformistes de nos rangs n'ont aucune velléités politiques ou de manipulations, le plus souvent il s'agit d'homme de foi, parfois naïfs je le concède, mais surtout assez sincères dans la démarche. Est-ce que ça en fait des idiots utiles ? Je ne le pense pas. Nous musulmans sommes dans une phase charnières de notre évolution, et il est normal de se retrouver avec des théories difformes. Salam
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