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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 12:07

 

Ibn ‘Abbâs fustige le taureau-bourrin 1/2

 

 

 

 

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

Jean Racine Andromaque (1667), V, 5, Oreste de Jean Racine

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/03/dialogue-avec-karim-hanifi-i/1.html

http://mizab.over-blog.com/2019/04/dialogue-avec-karim-hanifi-ii1/6.html

http://mizab.over-blog.com/2019/07/l-orientalisme-en-a-reve-karim-hanifi-l-a-fait-1/3.html

http://mizab.over-blog.com/2019/07/karim-hanifi-crucifie-sur-l-autel-du-reformisme-neo-rationaliste-1/4.html

http://mizab.over-blog.com/2019/07/karim-hanifi-crucifie-sur-l-autel-du-reformisme-neo-rationaliste-ii-1/3.html

 

Ibn ‘Abbâs est la bête noire des réformistes tels que Karim Hanifi qui use d’artifices pour remodeler à sa guise le patrimoine islamique avec son arme favorite consistant à rendre apocryphes les narrations dérangeantes. Voici trois exemples où le Maitre exégète détruit littéralement la thèse de notre cheval de Troie favori avec lesquels étrangement et peut-être bien malgré lui, Sirugue alias Karim donne forme au judéo-messianisme annoncé par Ésaïe en mettant en scène tous les ingrédients en faveur d’un futur Messie juif qui, issu de la lignée d’Isaac, règnera sur le trône de David après la construction du troisième Temple à Sion, la Jérusalem d’en bas. Est-ce un hasard, mais Karim s’est récemment distingué, avant d’entrer en PLS, avec des questions controversées comme la conservation de la Bible, l’enfant-sacrifice-Isaac, et la crucifixion de Jésus le « faux » Messie annoncé.

 

Avec la conservation de la Bible, il donne raison à Ésaïe 59:21 dans lequel l’Éternel promet de conserver Sa Parole à jamais, et donc jusqu’au moins l’avènement du Messie tant attendu. Avec sa version de l’enfant sacrifice, il fait une pierre deux coups ; il conforte la conservation de la Bible, selon ses propres aveux, et place la venue eschatologique du Messie dans la lignée d’Issac, en sachant que le messianisme judaïque reconnait sans le moindre complexe la suprématie des arabes sur les autres nations, comme annoncé dans Genèse 17.20 sous le commandement du prophète illettré Mohammed envoyé par Dieu pour le salut des habitants de la Péninsule. Avec la crucifixion de Jésus, il se débarrasse d’un concurrent à la prophétie d’Ésaïe, et amoindrit par ricochet la possibilité qu’Ahmed soit ce prétendant étant donné qu’à la fin des temps, le règne des arabes est voué à disparaitre et à se dissoudre dans le noachisme après la reconstruction des ruines du Temple sur le Mont Sion. Grâce au NOM, la religion hébraïque triomphante embrassera de son pouvoir toute la surface de la terre, avec Jérusalem pour capital, un doux rêve que caresse le messianiste Jacques Attali.

 

On pourrait rétorquer que Karim défend l’universalité de la mission du Christ qui aurait été sacrifié sur la croix pour le salut des terriens. Ce à quoi nous répondons que c’est le genre d’attrape-nigaud réservé à la cible chrétienne pour mieux brouiller les pistes. On en trouve plusieurs exemples historiques avec notamment les Témoins de Jehova et ce fameux judaïsme messianique que, d’ailleurs, mon vieil ami Roland Bruno Guillot, un ancien évangéliste, passé provisoirement par l’Islam, a rejoint afin de renouer avec le protestantisme infiltré par l’élite juive. Curieusement, bien que cela ne constitue en rien un élément probant, notre apostat, anciennement Soulayman, échangeait régulièrement avec Romain Hanifi peu avant l’annonce de son désistement à l’adhésion à l’Islam. Bien sûr, il est possible que Karim n’épouse pas ce scénario, mais, au minimum, il démontre que sa position est extrêmement venimeuse. Nous gardons le bon soupçon autant que faire ce peut. Karim peut avoir subi l’influence de sources extérieures telles que la recherche académique qu’il place, grave travers méthodologique, au-dessus des sources scripturaires.

 

Mais, passons à notre bras de fer entre le bourreau des hérétiques et notre bourrin-taureau de service :

 

1- La falsification de la Bible

 

Jérémie 8:8 Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages, La loi de l'Eternel est avec nous ? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre La plume mensongère des scribes.

Jérémie 23:36 Mais vous ne direz plus : Menace de l'Eternel ! Car la parole de chacun sera pour lui une menace ; Vous tordez les paroles du Dieu vivant, De l'Eternel des armées, notre Dieu.

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/08/est-il-vrai-que-les-musulmans-ont-fabrique-une-fausse-version-de-l-at-1/4.html

 

Ibn ‘Abbâs : « Écoutez braves gens, s’écria-t-il à son public ! Comment pouvez-vous encore vous renseigner auprès des adeptes des Écritures, alors que le Livre qui fut révélé à votre Prophète vous rapporte des nouvelles fraiches du ciel que vous lisez au quotidien, et qui, vous le concevez aisément, n’a jamais été déformé ! En revanche, Allah vous a informé que les Juifs et les chrétiens ont changé la Parole de Dieu, en Lui imputant les Écritures qu’ils ont mensongèrement manipulées afin de les troquer contre un vil prix. »[1]

 

Ce témoignage du fils d’el ‘Abbâs met à mal la prophétie d’Ésaïe, sauf si on l’a fait correspondre à l’Islam, ce qui n’arrange pas les affaires de nos coquins messianistes. Voici le passage dérangeant en question :

« mon alliance avec eux, dit l'Eternel : Mon esprit, qui repose sur toi, Et mes paroles, que j'ai mises dans ta bouche, Ne se retireront point de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, Ni de la bouche des enfants de tes enfants, Dit l'Eternel, dès maintenant et à jamais. »

Ésaïe 59:21

 

2- Ismaël, l’enfant-sacrifice

 

Genèse 10

…29 Ophir, Havila et Jobab. Tous ceux-là furent fils de Jokthan. 30 Ils habitèrent depuis Méscha, du côté de Sephar, jusqu'à la montagne de l'orient.

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/08/cadeau-a-la-veille-de-la-fete-de-l-aid-1/4.html

http://mizab.over-blog.com/2019/06/l-enfant-sacrifice-la-preuve-par-la-bible-1/3.html

 

Dieu Tout-Puissant relate la prière de Son Ami Ibrâhîm : (Seigneur, supplia-t-il, accorde-moi une pieuse postérité ! Quelques années plus tard, au cours d’une marche, autre traduction possible : Et quand l’enfant atteignit l’âge mûr, au cours d’une marche, son père lui confia : Mon fils, je me suis vu en songe en train de t’immoler).[2] Plusieurs narrations d’ibn ‘Abbâs désignent l’identité de cet enfant en la personne d’Ismaël. On pourrait avancer que ces dictions ne sont pas suffisamment fortes pour atteindre le degré d’authenticité, sauf qu’en les recoupant avec d’autres éléments qui, eux, sont imparables, leur fiabilité se consolide considérablement. Nous avons notamment une narration de ce même ibn ‘Abbâs qui, rapportée par el Bukhârî (n° 3364, 3365), jette la lumière sur le passage : (Et quand l’enfant atteignit l’âge mûr, au cours d’une marche).[3] Selon ibn ‘Abbâs, après avoir raconté en détail l’épisode d’Agar et d’Ismaël, et de la rencontre d’Abraham avec les deux épouses successives de son fils (ce passage est probablement apocryphe au vu de son caractère hautement improbable aux dires du polyglotte ibn Kathîr qui lui attribue une origine israélite, sans rejeter le hadîth dans son intégralité, contrairement aux allégations aléatoires de Karim Hanifi), il trouva ce dernier non loin de la Kaaba en train de tailler ses flèches. Le jeune homme se leva à la rencontre de son père, lui fit l’accolade, et se mit à sa disposition. Là, Ibrahim, d’un ton solennel l’interpella : « Mon fils, j’ai reçu un ordre de la part de Dieu.

  • Soit, se résigna Ismaël, tu n’as qu’à exécuter l’ordre qui te vient de Ton Seigneur !
  • Serais-tu prêt à m’aider ?
  • Je ne demande que cela.
  • J’ai reçu l’ordre de monter les fondations du Temple sacré. »

 

Dès lors, ils se mirent à l’ouvrage. Le fils faisait passer les pierres à son père qui les installait au fur et à mesure. Quand l’édifice commença à devenir trop haut, Ismaël plaça un rocher juste en dessous afin de permettre à son père d’achever sa construction. C’est exactement l’explication du passage : (Et pendant qu’Ibrahim et Ismâ’îl élevaient les fondations de la Maison sacrée, ils imploraient : Seigneur, acceptes cet humble ouvrage, Toi le Dieu Entendant et Omniscient ! • Seigneur, soumet-nous à Ta Volonté, ainsi qu’une partie de notre postérité, fais-nous voir nos rites, et pardonne-nous, car Tu es Absoluteur et Tout-Miséricordieux • Seigneur ! Envoie-leur un Messager issu des leurs afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la Sagesse, et qu’il les purifie, Tu es certes le Dieu  Puissant et Sage).[4]

 

Ainsi, « l’enfant qui atteignit l’âge mûr » est le même qui subit l’épreuve du sacrifice. La seule échappatoire possible qui s’impose à Karim Hanifi est de déplacer Isaac à la Mecque, et là, il s’empêtrerait dans un bourbier tel que les chrétiens ne pourront plus le suivre. D’ailleurs, c’est logique puisque Abraham avait demandé à Dieu de lui offrir un enfant juste après son exil sur les terres de Canaan, comme l’exprime le contexte. Et qui fut ce premier enfant que Dieu lui fit cadeau ?

 

La prophétie d’Ésaïe

 

Voir : https://www.youtube.com/watch?v=xOsjw3g9KbE&t=40s

 

« Le jour où le Prophète arriva à Médine, je me mêlais à la foule pour étancher ma curiosité. Quand je vis son visage, je sus immédiatement qu’il n’avait pas les traits d’un menteur. Je l’entendis clamer à la foule : « Répandez le salut entre vous, partagez votre nourriture, entretenez les liens de sang, et vous entrerez au Paradis en paix. » »

‘Abd Allah ibn Sallâm, un rabbin qui se convertit à l’Islam.[5]

 

[Et lorsque Jésus fils de Marie fit savoir à son peuple : enfant d’Israël, Allah m’envoya vers vous en tant que Messager pour corroborer la Thora qui fut révélée avant moi, et pour annoncer la venue prochaine d’un Messager du nom d’Ahmed, mais dès lors qu’il leur présenta des preuves éclatantes, ils crièrent à la magie manifeste !].[6]

 

« Aux yeux de certains spécialistes, souligne ibn Taïmiya, Ahmed est à la forme superlative pour exprimer sa propension à louer Dieu au-delà de n’importe qui. Autrement dit, il serait le louangeur qui loue Dieu sans cesse. Cette définition serait synonyme du Paraclet évoqué dans l’Évangile de Jean, qui, selon une hypothèse signifie « le grand loueur ». La plupart des chrétiens optent toutefois pour « le sauveur ». »[7]

 

Karim Hanifi prétend que Ahmed n'est pas évoqué explicitement dans l'AT, ce qui s'oppose explicitement au Coran, d'où sa parade d'adjectif superlatif, non de nom propre sur la racine : Ahmed.[8]   Alors, on peut lui donner relativement raison en disant que Mohammed n'est pas nommément cité dans la Bible, mais déjà, le Coran parle de Ahmed, non de Mohammed ; Ensuite, Mohammed existe bien dans la Bible, mais peut-être, et il faut vérifier ce point, pas en tant que nom propre, comme dans les Psaumes. En cela, Karim a raison de réfuter la position de Deedat, sauf que mahammaddim est utile pour comprendre Esaïe 42, car il signifie "bien-aimé", non le loué, ce qui l'aurait peut-être induit en erreur. Et Ahmed, qui a été conservé avec Atmek, nous allons le voir, signifie "bien-aimé" en hébreu ancien, et non le loué (quoi qu'il faille vérifier son champ sémantique), en sachant qu’un bien-aimé est forcément loué, donc, l'un n'empêche pas l'autre.  Le bien-aimé est le khalîl en arabe, et non le habîb qui est beaucoup plus atténué. Donc, khalîl ici implique les louanges.  

En définitive, Karim a éventuellement été perturbé par les annonces qui ont dû l'enthousiasmer lorsqu'il s'est converti, et qui, après vérification, s'avéraient fausses ou bancales. Or, il s'est mis, volontairement ou non, à systématiser la chose en voulant déconstruire quasiment tout le discours musulman sur les annonces de Mohammed dans la Bible, sauf qu'il s'est tiré une balle dans le pied, car il ne s'agit pas de rejeter en bloc les erreurs éventuelles, mais de les corriger et de les peaufiner pour, comme le prétend lui-même, fustiger davantage le discours chrétien.   Donc, le "coup du sort", c'est le point qui a perturbé Karim et avec lequel probablement, il s'est insurgé contre les musulmans, qui se retourne contre lui et qui détruit à la racine sa thèse selon laquelle, et pour démontrer que la Bible n'est pas falsifiée, Ahmed n'est pas nommément cité dans la Bible. C'est l'histoire éternelle chez Hanifi de l'arroseur arrosé ou du loup qui se mord la queue.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] Narration rapportée par Bukhârî (n° 2539).

[2] Les rangées d’anges ; 101

[3] Les rangées d’anges ; 101

[4] La vache ; 127-129

Avec l’avènement de Mohammed, la prophétie s’est accomplie : « A l'égard d'Ismaël, je t'ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l'infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » La Genèse ; 17.20

[5] Il est impossible que ‘Abd Allah ibn Sallâm se soit converti sur la seule connaissance que Karim Hanifi attribue aux juifs contemporains à Mohammed des annonces bibliques de sa prophétie, notamment grâce à la fameuse gématrie de Genèse à laquelle Karim Hanifi ne croit même pas si ce n’est que pour endormir son auditoire.

[6] Les rangs ; 6

[7] Voir : El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (5/298).

I Il s’agit obligatoirement d’un nom propre lorsque le terme est introduit par « On l’appelle », « on le nomme », « il s’appelle », « on le baptise », etc.

On peut utiliser le titre (toute proportion gardée) : mon nom est Personne pour réfuter l'argument de Karim au sujet d'Ahmed qui ne serait pas un nom propre, mais un superlatif.  Quand on dit : mon nom...   Derrière, il y a forcément un nom propre : Personne avec une majuscule. De la même manière que : on l'appelle...   Derrière, il y a forcément un nom propre : Trinita.

 

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commentaires

R
I thoroughly enjoyed this. It was so clear and succinct. Big thanks!
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