Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 13:55

Ibn ‘Abbâs fustige le taureau-bourrin 2/2

 

D’après el Bukhârî, on demanda à ‘Abd Allah ibn ‘Amr (une autre version parle de l’ancien rabbin ‘Abd Allah ibn Sallâm, ce témoignage est également imputée à Ka’b el Akhbâr) : « Parles-nous de la description du Messager d’Allah (r) dans la Thora :

  • Il est décrit dans la Thora, répondit-il, avec certaines qualités qui lui sont attribuées dans le Coran : « Ô Prophète ! Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur, et avertisseur. Le protecteur des illettrés, tu es Mon serviteur et Mon Messager, Je t’ai appelé le Mutawakkil (celui qui s’en remet à Dieu). Tu n’es pas rude, tu n’as pas le cœur dur, tu ne cries pas dans les marchés, tu ne rends pas le mal par le mal, mais tu rends le mal par le bien. Tu pardonnes et fais grâce. Je ne le ferais pas mourir avant qu’il ne redresse la religion corrompue. Je vais ouvrir par lui des yeux aveugles, des oreilles sourdes, et des cœurs fermés, tous reconnaissants que Dieu seul soit digne d’être adoré. » »[1]

 

En commentaire à ce texte, ibn Taïmiya précise : « Il faut entendre par Thora soit le nom générique pour désigner les Ecritures anciennes soit la Thora particulière à Moïse. S’il en est ainsi, ce texte ne se trouve pas dans tous les exemplaires de la Thora que j’ai pu lire. Cependant, la prophétie d’Ésaïe nous apprend : « Voici mon serviteur qui me réjouit, je lui ai consacré ma révélation. Il va faire régner ma justice sur les nations et leur faire part des recommandations. Il ne rira pas aux éclats, il ne fera pas entendre sa voix dans les marchés. Il va ouvrir des yeux borgnes, des oreilles sourdes, et faire vivre des cœurs scellés. Je vais lui octroyer ce que je n’ai donné à nul autre. Il va louer Dieu par de nouvelles louanges, il viendra de l’extrémité de la terre. Le désert et ses habitants vont exulter de joie. Ils vont clamer l’unicité de Dieu en grimpant chaque colline comme ils vont l’exalter en descendant chaque colline. Lui ne s’étiolera pas, lui ne ploiera pas, il ne penchera pas vers les passions ; il sera rayonnant, il n’avilira pas les pieux qui seront comme une poignée faible. Il va plutôt renforcer les véridiques. Il sera le prince des humbles, il sera la lumière de Dieu qui ne s’éteint pas, et les marques de son règne seront sur ses épaules. »[2]

 

Ésaïe 42, 1 mentionne atmek (Voici mon serviteur que je soutiens) au lieu de Ahmed (mon bien-aimé) comme proposé par des juifs convertis à l'avènement de l'Islam tels que Ka’b el Akhbar. Les versions actuelles qui ont subi une recension de la part de Fred Miller, mais aussi des instances israéliennes ont été remaniées, peut-être involontairement en proposant atmîk ou atmûk qui n'ont aucun sens. La voyelle en trop est probablement due à une erreur de scribe. Or, il existe maints exemples dans la Bible, de l'aveu des exégèses bibliques, où des lettres sont interverties, mais comment objectivement démontrer que la version de Ka’b el Akhbar est la bonne. Hé bien, dans les dictionnaires bibliques, mahammadim signifie bien-aimé, et, grâce à Dieu, ce terme, qui renvoie bien sûr à un nom propre dans Ésaïe a été conservé chez Mathieu ayant reproduit le verset 42.1 intact et non tronquée par le temps ou par la main coupable des scribes.

« 17 afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète : 18 Voici mon serviteur que j'ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. 19 Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues.… » Matthieu 12: 17-19

 

La version grecque mentionne Agapétos, le machmad (bien aimé) de l’hébreu ancien. Avec le Patriarche Abraham, Mohammed a le privilège d’être l’Ami de Dieu (Khalîl) annoncé dans Ésaïe 42.19 : « Qui est aveugle, sinon mon serviteur, Et sourd comme mon messager que j'envoie ? Qui est aveugle, comme l'ami de Dieu, Aveugle comme le serviteur de l'Eternel ? »

 

Il est le Prince de la paix qui cache le signe de la prophétie sur son omoplate droite : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ésaïe 9.5 D’autres passages de l’AT font allusion à la Mecque où les cœurs se tourneront sous l’ère du Bien-Aimé, le digne de louanges. Notamment : « Et j'ébranlerai toutes les nations. Et celui que désirent toutes les nations viendra et je remplirai cette maison de gloire — dit l'Éternel des armées. » voir : Aggée 2:1-14

 

Les manuscrits anciens du Livre d’Enoch 90, 81.105 parle d’une « vieille maison » au sud de Jérusalem, et les manuscrits de Qumran relèvent l’inscription « mushlim » qui signifie muslim, et « cité paisible » Ésaïe 41.[3] D’ailleurs, Sion signifie « terre aride ». Enfin, un autre passage d’Ésaïe 60 fait allusion à l’inerrance du Coran : « Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, Ni la lune qui t'éclairera de sa lueur ; Mais l'Eternel sera ta lumière à toujours, Ton Dieu sera ta gloire. »

 

Enfin, un Verset coranique décrit le nouveau Messie et ses adeptes : [Mohammed, le Messager d’Allah, et les croyants qui l’entourent sont durs avec les infidèles, mais plein de compassion les uns pour les autres ; eux, que tu vois s’incliner et se prosterner dans l’espoir de gagner la grâce et l’assentiment du Seigneur. On les reconnait à la marque laissée sur leur front à force de prosternation, comme les décrits la Thora, mais aussi l’Évangile. Ils sont semblables à une semence qui germe, puis, qui se raffermit, s’épaissit, pour enfin tenir sur sa tige à la grande joie des semeurs afin d’irriter les infidèles].[4] Ibn Hazm souligne que cette description est absente des versions actuelles de la Bible. Il en conclut qu’elle fut sciemment enlevée.[5]

 

3- La non-crucifixion du Christ

 

L’Art de la Guerre de Sun Zi classé parmi les stratagèmes des batailles déjà gagnées, qui stipule que « le grand jour est une cachette plus sûre que la pénombre. Tout montrer c’est obscurcir tout ».

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2019/08/le-retour-de-jesus-est-lie-a-l-histoire-du-sosie-1/2.html

http://mizab.over-blog.com/2019/07/enquete-sur-la-crucifixion-du-christ-1/6.html

http://mizab.over-blog.com/2019/09/quinze-hadiths-sur-le-retour-de-jesus-sur-terre-1/3.html

 

Allah (I) révèle : (Alors, Allah s’adressa à Jésus : Je vais te reprendre, t’élever vers Moi, te débarrasser des infidèles, et placer tes adeptes, jusqu’au Jour de la Résurrection, au-dessus de ces derniers. Puis, vous serez ramenés vers Moi, et là Je trancherais sur ce qui faisait l’objet de vos divergences)[6]

 

Ibn Abî Hâtim a dit : d’après Ahmed ibn Sinân, selon Abû Mu’âwiya, selon el A’mash, selon el Minhâl ibn ‘Amr, selon Sa’îd ibn Jubaïr, ibn ‘Abbâs a dit : « Le jour où Allah prit la décision de l’élever au ciel, ‘Issa rejoignit ses compagnons dans la maison où s’étaient réunis douze hommes qui composaient ses Apôtres. Il était arrivé de la fontaine qui se trouvait à l’intérieur, et son visage ruisselait d’eau. Sur place, il s’exclama : « Cette nuit, l’un d’entre vous va me renier douze fois après avoir cru en moi. Qui d’entre vous veut prendre mon apparence et se faire tuer à ma place afin d’avoir le même rang que le mien ? » L’un des plus jeunes de l’assemblée s’est alors levé. « Assis-toi, lui lança-t-il ! » Après avoir réitéré sa question, ce jeune se leva à nouveau. « Assis-toi, répéta-t-il ! » La troisième fois, le garçon en question se leva et s’écria : « moi !

  • Tu seras cet homme » affirma finalement Jésus.

Le jeune homme reçut l’apparence de son maître, et ‘Issa fut élevé au ciel par une petite lucarne de la maison. Lorsque les soldats juifs envahirent les lieux pour s’emparés d‘Issa, ils eurent à faire à son double qu’ils emportèrent pour le tuer et le mettre en croix. L’un des Apôtres renia alors douze fois le Messie après avoir cru en lui. »

 

Ibn Kathîr, qui rapporte cette annale, en a fait le commentaire suivant : « Sa chaîne narrative jusqu’à ibn ‘Abbâs est authentique. Cette annale est rapporté également par e-Nasâî, selon Abû Kuraïb, selon Abû Mu’âwîya, etc. Plus d’un ancien mentionne qu‘Issa a dit : « Qui d’entre vous veut prendre mon apparence et se faire tuer à ma place pour me tenir compagnie au Paradis ? » »[7]

 

Ibn Ishâq a dit : d’après un ancien chrétien converti à l’Islam, Allah a annoncé à Jésus : « Je vais t’élever vers moi ! » Dès lors, Jésus s’est exclamé : « Vous les Apôtres ! Qui d’entre vous veut me tenir compagnie au Paradis ? Il lui suffit de se faire passer pour moi auprès de mes bourreaux en prenant mon apparence, et de se faire tuer à ma place.

  • Moi, Esprit de Dieu, s’écria Serge !
  • Assis-toi à ma place, lui somma-t-il. »

 

Serge a pris la place d‘Issa (u) qui a été élevé au ciel. Les soldats sont alors entrés et se sont emparés de son double pour le crucifier. Ils l’ont ainsi confondu avec l’Apôtre de Dieu.

D’après ibn Jarîr, selon Mujâhid, un homme qui reçut l’apparence du Christ fut crucifié à sa place tandis qu’il fut élevé vers le Très-Haut.

 

Or, le retour de Jésus démontre à lui seul qu’il fut élevé vivant au ciel. Seule une pirouette linguistique extrêmement tirée par les cheveux serait à même de sauver Karim de cet imbroglio.

 

Le Seigneur (I) révèle : (Tous les adeptes du Livre donneront foi à son ministère avant sa mort, et, le Jour du grand jugement, il présentera son témoignage qui sera ou non en leur faveur).[8]

 

Ce Verset démontre qu‘Issa (u) fera son retour sur terre à la fin des temps. Avant la mort effective de Jésus, les adeptes des anciennes Écritures qui assisteront à son nouvel avènement vont donner foi à sa prophétie. L’Islam sera la seule religion reconnue. C’est cette explication qu’ibn ‘Abbâs a retenu, constate ibn Jarîr, à l’aune d’une chaîne narrative jugée authentique, via Sa’îd ibn Jubaïr, le dernier maillon en aval.

 

Selon ibn Bashshâr, selon ‘Abd e-Rahmân, selon Sufiân, selon Abû Husaïn, selon Sa’îd ibn Jubaïr, selon ibn ‘Abbâs : (Tous les adeptes du Livre donneront foi à son ministère avant sa mort) avant la mort d‘Issa (u). El ‘Awfî a rapporté la même chose de la part d’ibn ‘Abbâs. Quant à Abû Mâlik, il affirme au sujet du Verset : (Tous les adeptes du Livre donneront foi à son ministère avant sa mort), que cela aura lieu au moment où ‘Issa ibn Mariam (u) redescendra avant sa mort, période à laquelle tous les gens du Livre sans exception vont croire en lui.

Selon e-Dhahhâq, selon ibn ‘Abbâs : (Tous les adeptes du Livre donneront foi à son ministère avant sa mort) fait référence aux Juifs uniquement, mais pour el Hasan el Basrî il s’agirait du Négus et de son entourage. Ces deux narrations ont été rapportées par ibn Abî Hâtim.

 

Allah (I) révèle : (Et [son retour], n’en doutez point, est le signe de l’Heure de la fin du monde, alors vous n’avez qu’à me suivre sur la voie droite que je vous ai tracée).[9]

 

Dans son livre Iqâmat el burhân ‘alâ nuzûl ‘Issa  fî âkhir e-zamân, ‘Abd Allah el Ghumârî souligne au sujet de ce Verset que le retour du fils de Marie sur terre est le signe qui ne doit prêter aucun doute, de la fin du monde.

 

L’Ami d’Allah (r) l’a interprété ainsi, nous apprend ibn Hibbân dans son recueil e-sahîh, sous le chapitre ayant pour titre dhikr el bayân bi anna nuzûl ‘Issa ibn Mariam min a’lâm e-Sâ’a : selon Mohammed ibn el Hasan ibn el Khalîl, selon Hishâm ibn ‘Ammar, selon el Walîd ibn Muslim, selon Shaïbân ibn ‘Abd e-Rahmân, selon ‘Âsim, selon Abû Ruzaïn, selon Abû Yahyâ le captif d’ibn ‘Afrâ, selon ibn ‘Abbâs, le Prophète (r) a affirmé au sujet du Verset : (Et [son retour], n’en doutez point, est le signe de l’Heure de la fin du monde) : « Ce Verset annonce le retour sur terre d’Issa fils de Mariam avant la fin du monde. » Cette chaîne narrative dont les rapporteurs sont crédibles, est authentique ; ‘Âsim est une grande référence connue en matière de Lecture du Coran.

 

Des références telles qu’ibn ‘Abbâs, Abû Mâlik, el Hasan, Mujâhid, Qatâda, e-Suddî, e-Dhahhaq, ibn Zaïd et tant d’autres corroborent cette tradition. Le tafsîr d’ibn Jarîr répertorie leurs narrations avec diverses chaînes narratives qui indiquent toutes explicitement que le Verset fait allusion au retour du Messie avant la fin du monde.

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

[1] Rapporté par el Bukhârî (n° 2125).

[2] Voici le passage en question dans la version actuelle : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j’ai moi-même en faveur. J’ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement, il ne criera pas, il n’élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur, etc. » Esaïe ; 42.1-12 voir également : Esaïe ; 35.1-10 et 9.5,6.

[3] Bien sûr, les traductions modernes omettent volontairement ou non et avec plus ou moins de succès ces détails embarrassants.

[4] La grande conquête ; 29

[5] Voir : el fisal wa e-nihal (1/160).

[6] La famille d‘Imrân ; 55

[7] L’authenticité de cette narration est controversée, mais celle-ci est recoupée par un ensemble d’indices qui valident l’idée du « substitut », n’en déplaise à notre boulimique Karim Hanifi.

[8] Les femmes ; 159

[9] Les ornements ; 61

Partager cet article
Repost0

commentaires

R
I thoroughly enjoyed this. It was so clear and succinct. Big thanks!
Répondre
S
Ceci est un article génial.Merci! Vraiment cool.
Répondre
S
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.
Répondre
S
merci pour votre commentaire