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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 17:54

Réfutations des arguments judéo-chrétiens sur Ismaïl (as), sa particularité et son sacrifice II 1/4

(Article de Nordine Bennecer)

Voir : http://mizab.over-blog.com/2020/05/refutations-des-arguments-judeo-chretiens-sur-ismail-as-sa-particularite-et-son-sacrifice-1/4.html

 

Hajer

Ibrahim (AS) n’a pas d’enfant, il souhaite fonder une famille et transmettre le don de prophétie à celui qui sera son héritier. Il est très âgé, sa première épouse l’est aussi et elle est stérile.

Comme l’explique le rabbin Rachi dans l’exégèse du verset 3 du chapitre 16 de la genèse, « au bout de 10 ans sans enfant, l’homme est tenu d’épouser une autre femme ».

Cela signifie qu’Ibrahim (AS) doit obligatoirement épouser une seconde épouse pour avoir une descendance.

Celle-ci lui permettra de réaliser le dessein du mariage et c’est ce qu’il va faire. Hajer est donc celle qui doit lui assurer une descendance et Ismaïl est l’enfant tant attendu d’Ibrahim (AS) qui a invoqué Dieu pour l’avoir.

La difficulté rencontrée est que le patriarche a été chassé de sa patrie et il est banni, ce qui signifie la mort sociale. Il n’a ni clan pour le défendre, ni clan pour lui permettre d’épouser une seconde épouse. En effet, le mariage dans nos contrées sémites est principalement endogène, c’est-à-dire à l’intérieur du groupe. L’intérêt est de le renforcer et toute union en ce sens est vue comme une brique de plus dans l’édification du « âarch », du clan. C’est ce qu’a fait Esaü lorsqu’il a répudié ses deux femmes car elles déplaisent à ses parents (comportement et origine ethnique différente) et en a épousé deux autres, dont sa cousine Basemath, fille d'Ismaël. Esaü dit à cet effet que ce choix ravira ses parents car elle est « fille d’Ismaïl ». Basemath signifie sourire et le « th » est muet ; Esaü épouse une femme dont la signification du nom est « sourire » et dont celui de son père est « rire » …

 

Partie 2 : Ismaël dans la Bible

 

Le dilemme d’Ibrahim (AS)

Impossible pour le patriarche d’épouser une seconde épouse issue de sa contrée et de son peuple et il ne lui reste plus qu’un seul moyen qui est de s’en remettre à Dieu. Le plan divin le conduit en Egypte où le roi veut s’approprier sa femme Sarah. Voyant le miracle qui s’accomplit à travers elle, il comprend que cette femme est bénie et protégée. Plus protégé encore est Ibrahim car il est le « propriétaire » de cette femme et c’est donc lui qui est visé par cet évènement. La coutume « Ursémitique » de l’époque reconnaissait cette situation et c’est pour cette raison que le roi donne ce qu’il a de plus cher à Ibrahim et non pas à Sarah.

Comme l’explique le rabbin Rachi, les nobles s’emportent contre ce choix car pourquoi donner sa propre fille, une princesse à un homme (et non pas à sa femme) incapable de subvenir à ses besoins et qui fuit la famine ! Sa fille pourrait être Maîtresse chez le meilleur de ses généraux. Le roi répondit à ces remarques (et d’après le miracle qu’il a vu s’opérer pour Ibrahim à travers Sarah) « il vaut mieux pour ma fille d’être Esclave chez cet homme (et non pas chez cette femme) que Maîtresse chez le meilleur de mes hommes ! »

Ce de là que vient la notion d’esclave de Hajer. La réalité de l’état d’esclavage est connue et il est :

  • Soit le résultat d’une guerre dans laquelle le vainqueur se « sert » dans la population du vaincu car réduite en esclavage. Ici encore, nous constatons une nouvelle fois le recours au procédé d’inversion pour abaissement où celui qui fuit la famine de son pays et qui vient demander de la nourriture (Ibrahim et Sarah) à son hôte (qui est le maître d’Egypte) devient lui-même le maître qui reçoit une esclave du roi… cette inversion est un procédé qui permet de sortir de l’impasse dans laquelle les juifs et les chrétiens se trouvent lors de l’étude réelle et sérieuse de leurs propres textes.

Les juifs ont été pendant de nombreux siècles des esclaves et cela même jusqu’à Jésus dont il a été attendu qu’il les libère du joug des Romains. Pourtant, personne n’a dénigré ce peuple et ses prophètes.

  • Soit le résultat d’un achat dans un marché aux esclaves.

Hajer s’inscrit-elle dans un de ces deux cas ? Non, évidemment car elle n’est pas esclave à proprement parlé mais « simplement » princesse, fille du souverain le plus puissant du monde connu et elle-même souveraine. Tout autre considération n’est que rajout pour délégitimer la branche Ismaélienne. Il n’a qu’à lire les commentaires des rabbins sur le mariage du prophète Youssef et de son épouse Asnath, issue de la « haute noblesse égyptienne » ; que dire d’Hajer, princesse de sang royale et fille du plus puissant souverain du monde connu ?

Les juifs reconnaissent dans leurs études religieuses la symbolique, la particularité, la prégnance et l’ancrage divin en la seconde épouse d’Ibrahim et cela, Sarah ne les possède pas.

« En hébreu, si le nom Abram ne contient pas de « h », le nom de Saraï ne le contient pas non plus. Lors du changement de nom, Abram devient Abraham, (Genèse 17,5) et Saraï devient Sara (Genèse 17,15). Quant à Hagar, son nom commence par un « h ».

Ce « h » évoque inévitablement le nom propre et imprononçable de Dieu, YHWH soulignant la présence de Dieu, attentif à chacun de nos personnages ! 

C'est pourquoi, même si la traduction Bayard [mais aussi les autres traductions] originale a choisi d'écrire « Sara » [sans h], nous avons ajouté à cette dernière ce « h » qu'elle partage dans la langue originale avec les deux autres protagonistes de l'histoire. » Sophie Mermod-Gilliéron, (Camp Biblique Œcuménique. Vaumarcus 2015, Abraham, Sarah et Hagar).

Seule Ibrahim et Hajer comportent la lettre « h » qui symbolise la présence de Dieu. Sarah ne l’a pas et Dieu ne l’a pas mis en elle ; seuls les juifs ont ajouté de leur propre chef la lettre « h » pour intégrer Sarah dans le plan divin.

Nous pouvons donc affirmer que le plan divin consistait à rapprocher Ibrahim de Hajer pour la concoction du dessein qu’il avait promis à Ibrahim, celui de bénir toutes les familles de la terre en son nom.

Le plan divin d’Ibrahim et de Hajer

Nous parlons à juste titre de plan divin car le mariage du patriarche avec la princesse égyptienne représente le plan divin à appliquer à l’humanité. Seule la religion islamique applique ce plan et contient dans son livre saint cette prescription rejetée par les juifs et les chrétiens sans ambages.

Nous avons dit plus haut que le mariage polygamique était la règle et en dehors de ce modèle anthropologique, point de survie. Le seul moyen pour Ibrahim d’avoir une descendance est de contracter un mariage polygamique et c’est ce que Dieu va offrir sur un plateau d’or à Ibrahim (AS).

Ce mariage avec une princesse égyptienne va représenter d’après le rabbin Rachi « une alliance ». C’est une alliance au sens politique et au sens spirituel.

Politiquement, elle concerne le mariage entre deux parties au cours duquel le vassal donne sa fille au suzerain. Cela est fondateur car en agissant de la sorte, le souverain reconnaît la supériorité du pouvoir du patriarche sur le sien et c’est donc un acte de soumission.

Spirituellement, c’est donc la reconnaissance de la supériorité du pouvoir spirituel représenté par Ibrahim (AS) sur le pouvoir temporel représenté par le roi égyptien, qui malgré son comportement autrefois outrancier, s’amende honorablement. Pas de laïcité, ni de lois des hommes, rien et uniquement la loi de Dieu. Et qui s’en acquitte actuellement parmi les religions du livre ?

De plus, il offre des terres, de l’argent, des animaux et des hommes (esclaves et soldats) pour mettre Ibrahim et sa famille à l’abri de tous besoins. Pour cette raison, nous voyons dans la Bible qu’il avait après cet épisode (le mariage avec Hajer) des biens matériels de toutes natures alors qu’il était venu pauvre, demander de la nourriture. Le silence a été fait sur leur origine… : « Et Abram remonta d’Egypte…Et Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or.

Hajer, fille du souverain le plus puissant du monde connu « donnée » comme « offrande de réparation » et acte de soumission est particulière. Elle a la lettre « h » dans ses deux qualités : l’exilée (Hajer) et la princesse (Sarah) et donc une double bienveillance de Dieu à son égard.

De plus, elle est celle par qui Ibrahim (AS) réalise son obligation de prendre une seconde épouse pour cause de stérilité de la première et d’avoir un fils. Elle est mère d’Ismaïl (AS), fils tant attendu d’Ibrahim qui vient ouvrir une nouvelle « fenêtre » dans le champ de la vie de ce dernier.

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commentaires

R
I thoroughly enjoyed this. It was so clear and succinct. Big thanks!
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S
Ceci est un article génial.Merci! Vraiment cool.
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