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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 13:08

Réfutations des arguments judéo-chrétiens sur Ismaïl (as), sa particularité et son sacrifice II 2/4

(Article de Nordine Bennecer)

 

L’enfant Ismaïl (AS)

Ismaïl est un nom composé de « Ismaâ » et de « il ». Ismaâ signifie entendre, écouter, exaucer et c’est un verbe utilisé pour l’audition spirituelle ; Dieu a exaucé l’invocation d’Ibrahim et c’est « el ilah » en arabe, qui signifie Dieu. Qu’a-t-il exaucé ? La demande d’Ibrahim d’avoir un enfant.

Nous avons donc une particularité chez ce personnage qui a deux caractéristiques :

  1. Il a un nom théophore, c’est-à-dire qu’il a le nom de Dieu en lui et cela est une caractéristique que ne possède pas Ishaq. Ce dernier signifie « rire » et il n’a pas le nom de Dieu en lui.

Seul Ismaïl est théophore, mais en plus, il a la lettre « h ». Il est donc « au-dessus » de son frère, même si en tant que musulman, nous ne souscrivons pas à ce genre « d’analyse » car la seule supériorité qu’il pourrait y avoir, c’est celle qui est basée sur la soumission aux commandements de Dieu, sur la crainte de Dieu. Autrefois, les chrétiens croyaient que la crainte de Dieu était ce qu’il fallait atteindre : 

« Quel est l’homme qui craint l’Eternel ? L’Eternel lui montre la voie qu’il doit choisir…L’amitié de l’Eternel est pour ceux qui le craignent et son alliance leur donne instruction. (Psaumes 25. 12/14).

Le fait d’avoir le nom de Dieu en soi est extrêmement important pour les juifs (entre autres) car le nom attire les bénédictions et les faveurs divines ; il impose l’obéissance, la réussite et le succès comme nous le verrons plus bas.

Pour contrer cet argument de supériorité, les théologiens juifs avancent qu’Israël est aussi un nom théophore, et qu’il est au-dessus d’Ismaïl car son alliance est imparfaite du fait qu’il a été circoncis à l’âge de 13 ans tandis que lui, l’a été au huitième jour. Le facteur temps fait qu’il est entré dans l’alliance avant lui et donc il lui est supérieur.

Pour répondre à cet argument, nous passons au point 2.

  1. A - Ismaïl, dans sa génération n’a personne au-dessus de lui et ce ne « serait » qu’avec Israël, une génération après, qu’il passerait « second ». Dans cette hypothèse, le prophète Mouhammed (SAWS) est supérieur à Israël car il a la lettre « h » en lui, donc la présence divine, mais en plus, il est né circoncis et donc il a toujours été dans l’alliance.

Le facteur temps frappe aussi d’imperfection l’alliance d’Israël car il y est rentré au huitième jour. De ce point de vue, l’alliance d’Israël est aussi imparfaite à l’égard du prophète Mouhammed (SAWS) que celle d’Ismaïl ne l’est à son endroit.

B – En plus d’être théophore, le nom d’Ismaïl est anthroponyme. Cela signifie que non seulement il contient le nom de Dieu, mais en plus, il représente un remerciement, un hommage, une reconnaissance à une prière exprimée et exaucée. Les juifs considèrent que celui qui rêve d’Ismaïl verra sa prière exaucée comme l’a été celle d’Ibrahim.

Seul Ismaïl dans la descendance d’Ibrahim possède cette caractéristique. Ni Ishaq, ni Israël et ni qui que soit d’autre ne dispose de cette caractéristique honorifique.

La particularité de ce nom vient du fait qu’Ibrahim a demandé à Dieu une descendance et comme sa première femme était stérile, la loi l’obligeait à prendre une seconde épouse pour avoir une descendance. Le mariage avec la princesse égyptienne obéissait donc au dessein d’engendrer, et de cette union est né Ismaïl. Il porte un nom de type anthroponyme théophore et il est le seul, l’unique.

C’est un remerciement envers Dieu de l’avoir exaucé dans sa demande d’avoir une descendance. Ismaïl est donc l’enfant tant attendu tandis qu’Ishaq ne possède pas ces caractéristiques.

Lorsqu’il est annoncé, sa mère a poussé un cri et a ri. Son père d’après la Bible a ri et s’est prosterné et ne croyait pas à cette future naissance. (Génèse 17. 17) : « Naîtrait-il un fils à un homme de cent ans ? et Sara, âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans, enfanterait-elle ? »

Il n’y croyait pas car il avait déjà un fils et quel fils ! celui qui a été attendu et sur lequel toutes les fibres de sa paternité se sont exprimées, attachées et l’ont couvert, à tel point qu’à l’annonce d’Ishaq, la première invocation d’Ibrahim fût en faveur d’Ismaïl ! :

« Et Abraham dit à Dieu : Oh ! qu’Ismaïl vive devant ta face ! (Genèse 17. 18)

Pourquoi ? parce qu’il comprend que dans le cadre d’un mariage polygamique, il faut séparer les épouses qui ont des enfants car cela est source de conflits, divorce et autres calamités et c’est ce que font les musulmans polygames encore aujourd’hui. Mais c’est surtout Dieu qui lui a demandé de le faire.

D’où sa demande de protection de son fils, l’unique, le premier né. Et que signifie « qu’Ismaïl vive devant ta face ! Cette expression, toujours utilisée chez les arabes signifie que la protection soit totale et qu’il soit l’objet de la surveillance, à tout moment ainsi que de la bienveillance.

Que lui répond Dieu ? : « Dieu fût avec l’enfant qui grandit, habita dans le désert, et devint tireur d’arc » (Genèse 21. 20). Dieu est toujours avec cet enfant, il est avec lui : ce n’est pas Emmanuel (= qui est la forme francisée de « Dieu est avec nous » et qui correspond en arabe à « I + Maâna + Il), mais « Dieu est avec lui » = I + Maâhou + Il .Dans le mot « Maâhou (en arabe), nous notons la présence du nom de Dieu « Yehouwa ». Qu’Allah bénisse Ismaïl, ancêtre de Mouhamed (SAWS).

Nous le constatons, cet enfant est particulier.

Dieu à Moïse : Voici, j’envoie un ange devant toi…Tiens-toi sur tes gardes en sa présence, et écoutes sa voix ; ne lui résiste point… (Genèse 23. 21). Pourquoi lui ordonne-t-il de faire preuve d’une totale obéissance envers cet ange ? Et bien pour une seule raison : « car mon nom est en lui ». Genèse 23. 21).

Si le simple fait que Dieu mette son nom dans une entité suffit à susciter du plus grand des prophètes juifs l’obéissance la plus totale, la servilité la plus entière, alors que dire du premier être humain à porter en lui le nom de Dieu ? Nom donné avant sa naissance par Dieu, nom anthroponyme théophore, premier né d’Ibrahim et fils unique pendant treize ans ? n’a-t-il pas une particularité que personne d’autre ne possède ?

 

 

 

Le sacrifice

D’un point de vue anthropologique, les sociétés qui ont procédé à des sacrifices humains, notamment dans le cadre de religions antiques donnaient toujours et obligatoirement le premier enfant, jamais le deuxième ou d’autre dans un ordre subséquent.

La Bible se fait l’écho de cette pratique lorsqu’elle relate qu’ « Abel en fît une [offrande] des premiers-nés de son troupeau…L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ».

C’est le premier-né qui est sacrifié et accepté, jamais le suivant. D’ailleurs, Dieu donne la manière de réaliser un sacrifice :

« Tout premier-né m’appartient, même tout mâle premier-né dans les troupeaux… ». (Exode 34. 19).

 « Tu rachèteras avec un agneau le premier-né...Tu rachèteras tout premier-né de tes fils. (Exode 34. 20).

Le don du premier enfant est une évidence pour tout anthropologue, historien ou chercheur sincère. Il y a une fois encore une inversion dans la présentation de l’ordre de choses. Le premier devient le deuxième et le deuxième, le premier, tout comme l’exilée irakienne devient une princesse et la princesse de sang royal une exilée dans le désert. Les falsificateurs usent et abusent de ce procédé au point de mentir sur leurs propres textes. Prenons le verset ci-dessous qui sert de « référence » pour affirmer qu’Ishaq « AS) est le fils sacrifié.

« Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Ishaq » (Genèse 22. 2).

Etudions cela avec la structure grammaticale arabe, seule acceptable dans l’étude biblique, comme nous avons pu le démontrer plus haut. « La comparaison avec la langue arabe permet aux rabbins de s’assurer que leur interprétation va dans la bonne direction et qu’ils ne s’écartent pas du sens de l’hébreu ancien, qui n’est qu’une copie de la langue arabe ». De la même manière, j’apportais le témoignage émouvant de Saâdiya Gaôune, premier grammairien de l’hébreu, qui justifie le recours à l’arabe par le fait « que les phénomènes sont clairs, visibles, patents alors que l’hébreu est parfois obscur ». Pour ces raisons il faut revenir à la langue arabe et à sa structure grammaticale.

Je disais plus haut concernant ce verset : 

« C’est exactement la même [présentation grammaticale que] nous avons en hébreu dans laquelle le nom d’Ishaq a été ajouté comme l’explique le Sheikh Ibn Taymiyya. En effet, pour que la phrase soit acceptable dans cette forme, il aurait fallu supprimer « Ishaq » mais cela aurait conduit à désigner directement Ismaïl (AS) par le mot « unique ». D’où l’ajout d’Ishaq (AS) après « ton unique » mais cela est totalement déconnecté des règles grammaticales sémites.

En effet, en arabe, le verset est traduit comme suit :

 « Khoudh ibnaka elwahid elladhi touhibouh Ishaq ». Le nom Ishaq ne peut être placé ici et pour que l’expression soit correcte, Ishaq doit être placé juste après le verbe « khoudh », mais cela ne se peut, car Ishaq serait accolé directement au « fils, l’unique » (el ibn elwahid) et le montage grammatical grossier serait encore plus manifeste.

 

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commentaires

S
merci de partager ce merveilleux partage; c'est vraiment utile
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