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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:24

3372 FOR T SOMBRE

 

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

El ibâna a-t-il été falsifié ?

 (Partie 1)

 

Voir : el ashâ’ira fî mîzân ahl e-sunna (p. 689-700) de Faïsal el Jâsim.

 

Plusieurs éléments montrent qu’el ibâna n’a pas subi les transformations qui nous permettraient de jeter le discrédit dessus ou pour le moins, la suspicion sur son authenticité ; en voici les principaux :

 

Premièrement : Les différents exemplaires existants de l’ibâna sont similaires les uns les autres au niveau de l’ordonnancement des chapitres, le choix du vocabulaire, des questions soulevées, et ne dénotent aucune contradiction sensible entre elles.

 

Deuxièmement : En comparant ces fameux exemplaires de l’ibâna qui sont répandus aujourd’hui aux passages que les savants anciens ont puisé dans ses premiers manuscrits, les « révisionnistes » se rendront compte que leur similitude est accablante.

Le Hâfizh el Baïhaqî a reproduit une section entière de l’ibâna dans son ouvrage el i’tiqâd (p. 114) qui est copie conforme avec les exemplaires imprimés. Le même constat est fait avec ibn ‘Asâkir qui a retranscrit plusieurs sections de l’ibâna dans son tabyîn kadhib el muftarî (p. 152-162). Que dire de l’hérésiographe ibn Taïmiya qui reprend maints passages de l’ouvrage d’Abû el Hasan.[1] Même chose pour son élève ibn el Qaïyim,[2] mais aussi e-Dhahabî.[3]

 

Troisièmement : Mieux, il y a une ressemblance accablante entre l’ibâna et les dernières œuvres d’Abû el Hasan, comme maqâlât el islâmiyîn et risâla ilâ ahl e-thaghr. Tous reprennent le crédo des traditionalistes avec la même similitude.

 

Or, il est faux de dire qu’un livre est falsifié sous prétexte qu’il existe quelques divergences ou nuances sur le choix de certains termes, d’une version à une autre. D’autant plus que ces divergences en question n’altèrent en rien au sens général du texte ou de la phrase et ne se contredisent nullement. Ces nuances sont pratiquement naturelles et sont propres à tous les livres qui connaissent dans leur composition plusieurs copistes et plusieurs manuscrits. Le sahîh el bukhârî lui-même n’est pas épargné par les différences relevées entre les manuscrits. Nous pouvons en dire autant pour les sunan et les masânid. Est-il vraiment nécessaire de le rappeler, mais aucun livre d’inspiration humaine n’est épargné par cette critique, c’est pourquoi on parle de l'infaibillité du Coran.

 

Nos deux auteurs contribuent à véhiculer ce jugement sur l’ibâna en disant : « Les exemplaires divergent sur l’œil d’Allah : il est parfois au singulier et parfois au duel. » Ils essaient ensuite de trancher partialement entre les deux termes. Leur choix s’est porté sur le singulier sous prétexte qu’il serait plus conforme au Coran, à la sunna et aux paroles des anciens. Or, leur argument est bien loin de la réalité, mais ce qui nous intéresse ici, c’est qu’Abû el Hasan lui-même ne leur concède pas ce choix, pour le moins aléatoire. Plusieurs raisons permettent de le dire :

 

1 – Le duel est conforme au crédo des anciens. Dans sa réfutation à el Mirrîsî, e-Dârimî établit : « Concernant l’interprétation (ta-wîl dans le sens de tafsîr : explication ndt.) des paroles du Messager d’Allah (r) : « Allah n’est pas borgne » ; il nous apprend qu’Allah est doté de la vue et qu’Il a deux Yeux, contrairement au borgne. »[4] Ibn Khuzaïma pour sa part, il est l’auteur de ces paroles : « … Le Prophète (r) montre ainsi qu’Allah a deux Yeux. Cet éclaircissement est conforme au Coran (muhkum e-tanzîl).[5]

 

2 – El Ash’arî utilise également le duel dans ses autres livres. Il dit notamment dans maqâlât el islâmiyîn, en explication à la croyance traditionaliste : « Il a deux Yeux conformément au Verset [qui vogue sous nos yeux(au duel)].[6] »[7] Sous la section : la divergence sur l’œil, le visage, la main, etc. il explique : « Les traditionnistes (ashâb el hadîth) ont dit : nous nous contentons de dire comme Allah le Tout-Puissant, ou les paroles rapportées par le Messager d’Allah (r). Nous disons donc qu’Il a un Visage sans faire de description (bi lâ kaïf), deux Mains et deux Yeux sans faire de description. »[8]

 

Il explique également sous la section : voici quelques narrations de la tendance en général des traditionnistes et des traditionalistes (ahl e-sunna) : « Il a deux Yeux sans faire de description conformément au Verset [qui vogue sous nos yeux(au duel)].[9] »[10]

 

Par ailleurs, Abû el Hasan considère qu’en reniant cet Attribut (les deux Yeux d’Allah), les mu’tazilites s’éloignent des traditionalistes. Il dit notamment en parlant de la tendance mu’tazilite : section : leur tendance sur l’œil et la Main : «Certains d’entre eux reprochent de dire qu’Allah a deux Mains et reprochent de dire qu’Il a deux Yeux. »[11] Il est évident que lui-même reconnait cet Attribut. Que nos deux auteurs n’aillent pas dire que maqâlât el islâmiyîn a également été touché par la main de l’homme !

 

3 – Les premières grandes références ash’arites reconnaissaient cet Attribut  (les deux Yeux d’Allah) au même titre que leur maître spirituel. Le plus connu et le plus représentatif d’entre eux s’incarne en la personne d’Abû Bakr ibn e-Taïb el Baqallânî, l’auteur des paroles suivantes : « Allah affirme qu’Il est doté de Noms et d’Attributs… » Après avoir énuméré certains Attributs, il poursuit : « Les deux Yeux que le Coran considère clairement comme un Attribut et que confirment les annales venant du Messager (u) communément transmises. Allah dit notamment : [et que tu sois élevé sous nos yeux].[12] »[13]

 

Ainsi, l’un des adeptes les plus illustres d’el Ash’arî reconnait les deux Yeux, et ne se contente pas d’en reconnaitre un seul.

 

4 – Cette divergence entre les termes n’est pas nouvelle. Elle existait déjà dans les anciennes versions de l’ibâna qui servit de sources pour les savants. Ibn ‘Asâkir utilise le singulier dans sa version qu’il utilise pour tabyîn kadhib el muftarî. Tandis qu’ibn Taïmiya rapporte le duel de la version qu’il utilise dans ses livres.[14] Ibn el Qaïyim rapporte également le duel.[15] Cela démontre que la différence entre les exemplaires de l’ibâna n’est pas un phénomène nouveau.

Ibn Taïmiya retranscrit même des passages de tabyîn kadhib el muftarî d’ibn ‘Asâkir qui s’inspire de l’ibâna. Il utilise également ici le duel.[16] Ibn el Qaïyim reprend également l’expression au duel en s’inspirant d’ibn ‘Asâkir.[17]

 

5- Il n’y a aucune contradiction entre le terme singulier et le duel. Le singulier est en effet utilisé pour exprimer le genre, dans le sens où Allah est doté de l’œil, pour désigner qu’Il a deux yeux, de la même façon qu’il est doté de la Main, pour désigner les deux Mains.

 

À suivre…

 

Traduit par :

Karim Zentici

 

 



[1] Voir : naqdh e-ta-sîs (p 63-85), majmû’ el fatâwa (3/224-225), (5/93-98, 168-178), bayân talbîs el jahmiya (1/420-422), (2/10-26, 348-349).

[2] Hâshiya ‘alâ tahdhîb e-sunan (13/35-36), mukhtasar e-sawâ’îq (2/169) dans lesquels il rapporte les textes qui parlent de la Main d’Allah, ijtimâ’ el juyûsh el islâmiya (182-190).

[3] El ‘Ulû (p. 218) et el ‘Arsh (291-303).

[4] E-radd ‘alâ el Mirrîsî (1/328).

[5] E-tawhîd : bâb dhikr ithbât el ‘aïn li Allah (U) (p. 42).

[6] La lune ; 14

[7] maqâlât el islâmiyîn (1/285).

[8] Idem. (1/290).

[9] La lune ; 14

[10] maqâlât el islâmiyîn (1/345).

[11] Idem. (1/271).

[12] Ta-Ha ; 39

[13] El insâf fî bayân sifât Allah ta’âlâ (p. 24).

[14] Voir : majmû’ el fatâwa (5/94), el fatâwa el kubrâ (5/337), et bayân talbîs el jahmiya (1/422),

[15] E-sawâ’îq el mursala (1/265) et ijtimâ’ el juyûsh el islâmiya (p. 289).

[16] El fatâwa el kubrâ (5/337).

[17] Ijtimâ’ el juyûsh el islâmiya (p. 289).

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commentaires

A
<br /> salam alayk akhi, tu as ecrit dans ton article :<br /> <br /> <br /> " la perfectibilité du coran"<br /> <br /> <br /> Perfectibilité : Caractère de ce/celui/celle qui est perfectible.<br /> <br /> <br /> Perfectible : Qui peut se perfectionner...<br /> <br /> <br /> barakAllahu fik akhi pour tes efforts dans la da3wa,<br /> <br /> <br /> puisse Allah augmenter ton 3ilm et ta piété<br /> afin de servir encore plus la ccommunauté<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Oui, exactement, j'avoues que je ne sais plus pour quelle raison j'ai mis ce mot, ai-je confondu avec un terme qui lui est proche,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quoi qu'il en soit, j'ai changé par infaillibilité, jazaka Allah, en espérant qu'il n'est pas de mauvaises connotations,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Encore une fois, baraka Allah fik, le croyant est le miroir de son frère,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis friant de ce genre de remarques !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />