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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 16:04

magnifique montagne

 

 

 

Ibn Taïmiya et le problème du calendrier islamique

(Partie 3)

 

L’auteur poursuit :[1]

 

Par ailleurs, il n’est pas possible de vérifier à l’œil nu lorsque le soleil passe d’une constellation à une autre. Il est possible de le vérifier grâce à un calcul spécifique, subtil, problématique, et surtout sujet à l’erreur. Quoi qu’il est possible de le constater par les sens. À la fin de l’hiver et au début de la saison suivante – baptisé été par les Arabes et couramment appelé printemps –, le soleil parvient au point gamma (point vernal ou équinoxe de printemps ndt.) et qui correspond au awwal el haml. Il existe le même phénomène en automne. Il est donc facile de constater par les sens la venue de l’été et de l’hiver et plus ou moins des deux équinoxes. Quant au passage du soleil d’une constellation à une autre, il n’est possible de le voir qu’à travers le calcul. Celui-ci réclame de dépenser un temps précieux et certains efforts sans grandes utilités. Il devient évident que les repères dont il est question dans le Verset se définissent par un phénomène manifeste et accessible à tous, comme c’est le cas pour le hilâl.

 

  Pour déterminer le mois et l’année, les différentes civilisations ont recours à la logique. On utilise en effet pour les déterminer soit la manière numérique soit la manière naturelle. Il est possible d’utiliser un mécanisme numérique pour l’un et un mécanisme naturel pour l’autre et inversement. Le mécanisme numérique consiste par exemple à fixer le mois à trente jours et l’année à douze mois. Le mécanisme naturel consiste par exemple à prendre la lune comme référence pour le mois et le soleil comme référence pour l’année à laquelle on ajoute un certain nombre de jours pour combler les écarts entre deux années. L’année lunaire en effet compte trois cent cinquante-quatre (354) jours auxquels il faut ajouter un cinquième ou un sixième d’une journée. On considère qu’elle a trois cent soixante (360) jours pour compenser ses jours manquants (autre traduction possible : pour obtenir un chiffre rond ndt.). Les Arabes ont pour usage d’arrondir (ou de compléter) les jours, les mois et l’année, lorsqu’ils fixent des dates.

 

Le calendrier solaire quant à lui, compte trois cent soixante-cinq (365) jours un quart. C’est pourquoi il existe un écart d’un peu moins d’onze jours entre les deux calendriers ; ils se retrouvent tous les trente-trois ans et un tiers. Le Verset dit : [Ils sont restés dans la grotte trois cents ans auxquels ils ajoutèrent neuf années].[2] Selon une hypothèse, cela voudrait dire qu’ils sont restés trois cents ans selon le calendrier solaire et neuf ans selon le calcul lunaire. Bon nombre de civilisations tiennent compte de ses deux modes de calculs, comme c’est le cas chez les détenteurs des Écritures. Je pense que c’était également l’usage chez les mazdéens. Certaines civilisations utilisent le mécanisme naturel pour l’année et le mécanisme numérique pour les mois. On retrouve ces deux mécanismes chez les Romains, les syriaques, les Coptes, et bien d’autres sabéens et païens. Ils fixent le mois de Kânûn et ceux qui suivent selon le calcul et l’année solaire qui respecte le mouvement du soleil.

 

La quatrième méthode consiste à utiliser le mécanisme naturel pour les mois et le mécanisme numérique pour l’année. C’est l’usage en vigueur chez les musulmans et ceux qui suivent leur système. En outre, ceux qui s’en remettent à l’année naturelle, ils ne se réfèrent pas à un phénomène apparent comme nous l’avons vu. Ils se tournent automatiquement vers le calcul et les nombres. Il en est de même pour le mois naturel qui se réfèrent à la conjonction de la lune et du soleil. Ce genre de calcul est subtil, seul un petit nombre d’individus peut y avoir accès, en sachant qu’il réclame des efforts contraignants et pénibles et qu’il n’est pas à l’abri de l’erreur.

 

Notre Législation propose le meilleur système qui soit étant donné qu’il est possible de déterminer le début du mois grâce à un phénomène visible à l’œil nu et accessible à tous. Personne ne peut ainsi s’égarer de sa religion. Il permet d’économiser un temps précieux et il épargne l’individu de s’initier dans des domaines qui ne le concernent pas. Il immunise surtout d’utiliser la religion à des fins personnelles comme le font certains savants juifs et chrétiens. En revanche, il n’existe aucun phénomène observable dans le ciel capable de déterminer la nouvelle année. Il incombe donc de se tourner ici vers le calcul et les nombres. Étant donné que le mois lunaire utilise un système facile, il nous évite de suivre le calcul de la rotation (ou du mouvement ndt.) du soleil. Ainsi, l’année et les mois coïncident. D’autre part, l’usage dans toutes les civilisations veut que l’on ait recours au calcul pour compter la succession des années. Aucun élément céleste ne permet de les dénombrer. Or, le nombre de mois correspond au nombre de constellations. L’année compte donc douze mois ; c’est le nombre de constellations par lesquelles le soleil passe pour effectuer son cycle, au terme d’une année solaire. La lune également effectue son cycle durant la même période.

 

Ainsi, il est possible de mieux comprendre le sens du Verset : [et Il a déterminé ses phases afin que vous connaissiez le nombre d’années et le calcul].[3] Il est possible de déterminer la succession des mois et des années à partir des phases de la lune. On utilise le même procédé pour le calcul. La nouvelle lune sert de référence pour repérer les délais fixés au terme de certains moins. Nous pouvons dire la même chose pour le Verset : [elles servent de repères pour les hommes et pour le hadj].[4] Il devient évident après toute cette analyse que le hilâl sert de repère pour déterminer le mois et l’année. Rien ne peut remplacer la nouvelle lune pour ce calcul étant donné qu’il est clair, constant (dans le sens où les nombres auxquels on se réfère sont connus à l’avance ndt.), simple et accessible à tous. Il procure d’autres intérêts et ne concède aucun inconvénient. Les juifs, les chrétiens, les sabéens, les mazdéens, etc. connaissent d’énormes difficultés pour déterminer leurs jours de fête, leurs rituels et leurs calendriers. Il suffit de se pencher sur ces multiples inconvénients pour remercier le Seigneur davantage et se rendre compte de la valeur de notre religion. Toutes les confessions s’accordent à dire que leurs prophètes n’ont jamais légiféré de tels procédés. Ce sont les philosophes sabéens qui, après avoir embrassé ces différentes religions, ont légiféré à leurs membres des lois sans n’avoir reçu aucun consentement préalable du Très-Haut.

 

Notre discours n’a d’autre prétention que de préserver notre religion de la corruption, car c’est justement le genre de choses susceptibles de la transformer. Les Arabes de l’ère païenne ont transformé les lois d’Ibrahim, avec la pratique du Nasî qu’ils ont innovée. Elle consistait à augmenter l’année en lui intercalant à des fins personnelles, un mois de plus. Ils ont ainsi déréglé les saisons du pèlerinage et les mois sacrés avec leur système d’années bissextiles. Ainsi, le hadj tombait parfois en muharram et d’autres fois en safar pour revenir (tous les vingt ans) en dhû el hidja. Ces pratiques ont duré jusqu’à l’avènement de Mohammed (r) par l’intermédiaire duquel Allah rectifia la religion d’Ibrahim. Le Pèlerinage de l’Adieu en effet correspondit à dhû el hidja ; cette année-là, le temps a repris son cours initial. D’après el Bukhârî, Muslim et d’autres,  le Messager d’Allah (e) déclara lors de son sermon, à l’occasion de ce fameux hadj : « Le temps a fait un tour pour revenir comme le jour où Allah créa les cieux et la terre ; une année correspond à douze mois parmi lesquels quatre sont sacrés. Trois d’entre eux se succèdent : dhû el qi’da, dhû el hidja, et muharram. Le dernier est rajab de (la tribu) Mudhar, celui qui se trouve entre jumâdâ et sha’bân. »[5] Avant cela, le hadj ne tombait jamais en dhû el hidja. Abû Bakr lui-même fit son pèlerinage en l’an neuf (de l’Hégire ndt.) en dhû el qi’da. C’est l’une des raisons pour laquelle le Prophète (e) entreprit si tardivement ce rite. Allah révèle à ce sujet : (Les mois auprès d’Allah sont au nombre de douze dans le Livre d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre ; quatre d’entre eux sont sacrés. Telle est la religion droite).[6] Allah (I) nous informe que cette religion est droite pour nous faire savoir que les usages comme le nasî ou autre pratiqués par les autres confessions ne sont pas ainsi, car sujets à l’erreur et à la corruption.

 

Le discours concernant le mois et l’année est aussi valable pour le jour et la semaine.[7] Le jour en effet se détermine de façon naturelle du lever au coucher du soleil, mais la semaine se détermine de façon numérique, car elle contient les six jours au cours desquels Allah créa les cieux et la terre. Puis, Il s’établit sur Son Trône le septième jour. Il y a donc un ajustement entre le soleil et la lune basée sur le jour, tandis que la semaine dépend de la rotation du soleil. Quant au mois et à l’année, tous deux dépendent de la rotation de la lune. C’est à partir de ses deux astres que se fonde le calcul. Ainsi, il devient possible de faire revenir : [afin que vous connaissiez] à [qui a fait]. Cela voudrait dire qu’Allah donna notamment à ces deux astres de servir de calcul.[8]

 

Concernant les Deux Versets : (Il a fait de la nuit un repos et du soleil et la lune une mesure),[9] (Le soleil et la lune évoluent selon une mesure)[10] ; husbân (mesure) prend le sens de calcul (hisâb) selon une certaine opinion, bien qu’une autre opinion allègue qu’il s’agit de la mesure ou de la rotation d’un moulin pour exprimer que les astres sont ronds. Il n’existe aucune divergence sur la question. Je dirai même que le Coran, la Sunna et le consensus des savants musulmans arrivent aux mêmes conclusions que les astronomes et disant que la terre n’est pas plate, mais qu’elle est ronde ![11]

 

Traduit par :

Karim ZENTICI 

        

     



[1] Voir : majmû’ el fatâwâ (25/137-142).

[2] La caverne ; 25

[3] Yûnas ; 5

[4] La vache ; 189

[5] Rapporté par el Bukhârî (1741) et Muslim (1679). Ibn Rajab s’est certainement inspiré de ce passage dans Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘âm min el wazhâif dans le chapitre de rajab.

[6] Le repentir ; 36

[7] Il n’est donc pas pertinent de comparer entre le calendrier des prières quotidiennes qui se base sur le soleil et le calendrier mensuel qui se base sur la lune.

[8] La traduction de se paragraphe est très approximative !

[9] Le bétail ; 96

[10] Le Miséricordieux ; 5

[11] Voir pour cette question : majmû’ el fatâwa (25/193-198).

 

 

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commentaires

Abou Malik 24/01/2013 15:45


salam aleykum


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