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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 07:16

chute-magnifique

 

 

Ibn Taïmiya et le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar

(Partie 3)

 

Pour les questions claires de la religion, le Coran suffit en lui-même pour établir la preuve céleste

 

Ibn Taïmiya explique : « Les bases fondamentales de la religion se présentent de la façon suivante : soit, il s’agit de questions auxquelles il incombe de donner foi, de prononcer verbalement, ou de mettre en pratique. Ex. : les questions qui touchent à l’Unicité, aux Attributs, au destin, à la prophétie, à l’eschatologie (la vie après la mort ndt.), ou toutes les questions qui les démontrent…

Toutes les questions que l’individu à besoin de connaitre et de croire d’une foi ferme ont été pleinement clarifiées par Allah et Son Messager, de sorte qu’elles ne lui offrent aucune excuse. Elles incarnent les plus grands enseignements que le Messager a clairement transmis, et expliqués aux hommes. Elles incarnent également les plus grands enseignements avec lesquels Allah a établi la preuve céleste contre Ses créatures, par l’intermédiaire des messagers qui menèrent leur mission à bien. D’une part, le Livre d’Allah qui fut fidèlement véhiculé tout d’abord par les Compagnons, puis par leurs successeurs directs, en ayant pris soin de garder intacts les termes et la compréhension que le Messager leur a transmis ; et d’autre par la Sagesse qui incarne la Tradition prophétique qui nous fut également véhiculée par ces derniers ; tous deux répondent à ce besoin d’éclaircissement de la façon la plus parfaite… »[1]

 

Or, ce discours est relatif ; il varie en fonction des endroits, des époques et des personnes

 

Ibn Taïmiya explique : « Une fois que le Coran fut entièrement révélé et que la religion fut parachevée, il est possible qu’un individu n’en reçoive qu’une partie. Dans ce cas, il incombe de croire en gros, à tous les enseignements du Messager, et en détail, à ceux qu’il connait en particulier. Quant à ceux qu’il n’a pas reçus et qu’il n’est pas dans la possibilité de connaitre, il doit y donner foi en détail s’ils venaient à lui parvenir. Un homme peur croire au Messager d’une foi ferme et venir à mourir avant l’entrée de la prière ou l’obligation d’accomplir tel ou tel acte. Dans ce cas, il est mort en ayant une foi parfaite par rapport à ce qui lui était demandé. Quand vient l’heure de la prière, on est obligé de la faire. On est ainsi soumis à un nouveau commandement auquel on n’était pas tenu auparavant… Ainsi, la foi qui incombe à la personne responsable varie d’une part en fonction des nouvelles révélations venant du ciel, et, d’autre part, en fonction de ce qui lui en parvient. »[2]

 

Le savoir minimum que chacun doit connaitre

 

Ibn Taïmiya explique : « Il incombe à toute personne responsable de connaitre ce qu’Allah lui a ordonné. Elle doit connaitre ce qui touche à la foi qu’Il lui a ordonné d’avoir, et le savoir qu’Il lui a ordonné d’avoir ; par exemple, si elle est concernée par la zakât, il devient obligé dans son cas d’apprendre ses lois ; si elle est concernée par le pèlerinage, il devient obligé dans son cas d’apprendre ses lois, etc. Il incombe à l’ensemble de la communauté d’apprendre tous les enseignements que le Messager (r)nous a transmis de façon à ne rien en perdre ; ils correspondent à tout ce qui touche au Coran et à la sunna. Néanmoins, tout ce qui vient en plus de ce que chacun doit apprendre relève de l’obligation collective. Autrement dit, si une partie de la communauté s’en charge, le reste en est déchargé. »[3]

 

« … C’est pourquoi, il incombe aux savants d’avoir un niveau de croyance qui n’incombe pas d’avoir aux gens simples, comme il ne sera pas demandé aux habitants d’un territoire où règne le savoir et la foi la même chose que ceux vivant dans un territoire où règne l’ignorance. »[4]

 

« Il n’est pas demandé à tout musulman de connaitre tout enseignement ou tout commandement qui se trouve dans le Coran et la sunna »[5]

 

Il n’est pas demandé à tout le monde de connaitre le dogme en détail comme le Prophète (r), mais chacun en fonction de ses possibilités

 

Sheïkh Taqî e-Dîn nous apprend : « Ainsi, tout individu qui donne foi à Dieu est croyant proportionnellement en fonction de l’intensité de son adhésion. En outre, si la preuve céleste n’est pas établie contre lui, il ne devient pas mécréant en reniant ces enseignements que les textes font pourtant mention. Pour expliquer ce point, nous disons que la plupart des fidèles (qui font la prière) croient d’une foi ferme en Dieu et à Son Messager, bien qu’ils aient une conception différente de Leur divinité et de Ses Attributs. Nous ne parlons pas des hypocrites qui affichent la foi du bout de la langue, mais qui renient le Messager du fond du cœur ; ceux-là ne sont pas des croyants proprement dits.

 

Néanmoins, tout individu qui se revendique musulman, sans n’être un hypocrite au fond de lui, est un croyant. Sa foi sera en fonction des efforts qu’il aura fournis dans ce sens. Tôt ou tard, il sortira de l’Enfer, quand bien même il renfermerait la foi la plus infime (mot-à-mot : une foi pas plus lourde qu’un grain de moutarde ndt.). Nous pouvons compter dans cette catégorie, tous les hérétiques qui divergent dans les domaines des Attributs divins et du destin, toute tendance confondue.

 

Si, pour entrer en Paradis, il fallait connaitre Allah aussi bien que Son Prophète (r), personne ou presque dans sa communauté n’y aurait droit. La plupart des musulmans en effet ne sont pas capables d’avoir une telle croyance détaillée. Pourtant, ils iront au Paradis, en sachant qu’ils auront des échelons différents en fonction de leur foi et de leur connaissance. Un homme peut renfermer une foi avec laquelle il connait Son Seigneur, mais l’un de ses semblables peut le dépasser dans ce domaine, alors que lui, il en est incapable. Il ne lui est pas imposé une chose qui est au-dessus de ses capacités… »[6]

 

Le nouveau converti et le Bédouin vivant loin des villes sont excusables à l’unanimité des savants

 

Ibn Taïmiya explique : « Bon nombre de gens vivent dans des endroits ou des époques où s’estompe une grande partie du savoir prophétique, de sorte qu’il n’y a personne pour transmettre les enseignements du Coran et de la sagesse qu’Allah a ordonné à Son Messager de transmettre aux hommes. De nombreux enseignements sont alors ignorés, d’autant plus qu’il n’y a personne pour les transmettre. Ce genre d’individus ne devient pas mécréant. C’est pourquoi, les grandes références sont unanimes à dire que si le Bédouin vivant loin des villes [et des savants], et, en outre, étant un nouveau converti, renie les lois évidentes et communément transmises, on ne peut le juger mécréant avant de le mettre au courant de ces enseignements prophétiques, comme en témoigne le fameux hadîth : « Il viendra une époque où personne ne connaitra ni prière ni jeûne ni pèlerinage ni ‘umra en dehors du vieil homme et de la vieille femme qui diront : « À l’époque de nos parents, les gens disaient : la ilâh illa Allah ! » On demanda à Hudhaïfa ibn e-Nu’mân (t) : « Cela pourra-t-il leur servir ?

-           Cela va les sauver de l’Enfer, répondit-il. »[7] »[8]

   

L’ignorance n’est pas toujours un facteur excusable

 

Ibn Taïmiya explique : « En délaissant une obligation non par conviction ni par une forme d’ignorance qui est légitimement excusable, mais tout simplement par une ignorance qui est née d’une volonté de se détourner du savoir qu’il incombe d’apprendre, tout en y ayant accès. Il est possible également de ne pas adhérer à une obligation ou à une interdiction après l’avoir entendu, sans forcément renier la prophétie, mais tout simplement en s’en détournant. Ces deux cas sont souvent la raison pour laquelle on néglige son devoir d’apprendre le savoir obligatoire. C’est ce qui pousse à délaisser une obligation ou à enfreindre une interdiction sans savoir qu’on va à l’encontre de la Loi, ou bien, même en le sachant, on daigne y adhérer soit par esprit de chauvinisme envers sa tendance, soit pour avoir succombé à ses passions. Ce cas revient à délaisser une croyance obligatoire sans excuse valable. »[9]

 

Ainsi, ibn Taïmiya distingue entre l’ignorance involontaire ou indépendante de la volonté et impossible à remédier dans l’immédiat et l’ignorance volontaire ou qu’il est possible de remédier.[10]

 

Le statut des suiveurs des sectes hérétiques qui s’opposent aux grands fondements de la religion comme les soufis ultras

 

Ibn Taïmiya décrit certains agissements des soufis ultras : « Certains d’entre eux s’autorisent moralement à faire certaines immoralités, comme se permettre de prendre des femmes étrangères pour petite amie et de les rencontrer dans l’intimité pour leur offrir la baraka en faisant avec elles ce que la religion leur interdit pourtant. Ils se permettent également ce genre de choses avec des imberbes sous prétexte de jouir de leur contemplation et d’avoir certains attouchements avec eux, à la manière de certains initiés. Le but, c’est d’atteindre l’amour du Créateur en passant par l’amour des créatures. Ils préconisent également certaines prémices à l’adultère ; ils peuvent aller jusqu’à autoriser moralement à faire directement l’adultère. »[11]

 

Ailleurs, il signe : « Quiconque ne croit pas d’une foi ferme que la religion du Messager d’Allah s’adresse à l’Humanité entière ; qu’il incombe à tous les hommes de le suivre ; que le licite est ce qu’il a rendu licite et que l’illicite est ce qu’il a rendu illicite ; que la religion est ce qu’il a légiféré est un vulgaire mécréant à l’image de ces hypocrites, notamment, qui autorise à sortir de sa religion, sa législation, et de son obéissance. »[12] 

 

Qu’en est-il des suiveurs ? Voici la réponse : « Certains prétendent que le discours de ces gens-là renferme un secret subtil, et que sa face cachée est une vérité contenant des mystères que seule l’élite de l’élite de la création est à même de percer. De deux choses l’une, soit l’auteur d’une telle parole est un grand zindîq athée et imposteur soit un grand ignorant égaré. Le premier doit être mis à mort et le second doit être informé de leur situation. Si, après avoir établi contre lui la preuve céleste, il s’entête dans sa mauvaise croyance, il doit également être mis à mort. »[13]

 

« Plus on est au courant de la face cachée de cette tendance tout en y adhérant, plus on sombre dans la mécréance et l’athéisme. Or, certains ignorants se font une bonne opinion de leurs paroles, mais sans les comprendre réellement. Ils pensent qu’ils ont à faire au même genre qu’aux maitres initiés, dont le discours, bien qu’il soit juste, est indéchiffrable pour beaucoup. Ces suiveurs ont souvent la foi et sont relativement fidèles au Coran et la sunna, conformément à la croyance traditionnelle. S’ils approuvent le discours des premiers, c’est uniquement dans la mesure où ils se font une bonne opinion d’eux, tout en se soumettant à eux les yeux fermés proportionnellement à leur ignorance et à leur égarement. Ils ne se mettent pas à l’esprit que seuls un mécréant athée ou un ignorant égaré peuvent donner crédit à leurs discours…

 

Leurs discours, qu’il soit pris au pied de la lettre ou non, relèvent entièrement de la mécréance à l’unanimité des musulmans. En venant à douter de leur mécréance, après avoir eu connaissance de leurs réelles intentions et de leur véritable religion, on prend le même statut qu’eux, car c’est comme si on doutait de la mécréance des Juifs, des chrétiens, et des païens. »[14]

 

L’une de ses fatwastraite du panthéisme et du monisme d’ibn ‘Arabî. En voici un extrait : « Or, ceux qui ne pénètrent pas les subtilités de leur discours s’en sont laissé abuser, exactement comme ceux qui se laissent abuser par le discours ésotérique des qarmates. Ces derniers se sont, en effet, fait passer pour des fatimides (descendants de Fâtima ndt.) affiliés au shiisme. Leurs suiveurs ont penché vers eux, sans vraiment connaitre le fond de leur discours qui est rempli de mécréance. Ainsi, deux catégories d’individus peuvent avoir une attirance pour eux : soit un zindîq hypocrite soit un ignorant égaré. Nous pouvons dire la même chose pour les partisans du monisme. Leurs chefs de file sont de vulgaires mécréants qu’il incombe de mettre à mort, sans accepter le repentir d'aucuns d’entre eux, à condition de les attraper avant qu’ils ne se repentissent.

 

Ils sont en effet les pires des zindîqqui cachent derrière leur appartenance trompeuse à l’Islam, la pire des mécréance. Ceux-là pénètrent très bien leur discours et ils ont pleine conscience qu’il s’oppose littéralement à la religion des musulmans.  

 

Il incombe de punir toute personne qui s’affilie à eux, les défend, leur fait les éloges, encense leurs ouvrages, qui est connue pour les aider et les soutenir, qui déteste entendre du mal d’eux, qui leur cherche des excuses en disant qu’un tel ne connaît pas le sens de telles paroles, qu’il n’en connaît pas l’auteur, ou qu’il a composé tel ouvrage…

 

Ce genre d’excuses ne peut que provenir d’un ignorant ou d’un hypocrite. Il incombe plutôt de punir toute personne qui, au courant de leur situation, ne contribue pas à mettre fin à leurs manigances. S’opposer à eux représente l’un des plus grands devoirs du musulman, car ils ont corrompu l’esprit et la religion de bon nombre d’individus parmi les Sheïkh, les savants, les rois, et les princes. Ils sèment le désordre sur terre et détournent les gens du chemin d’Allah. 

 

Les dégâts qu’ils font à la religion sont pires que les dégâts matériels causés aux musulmans notamment par les bandits de grand chemin. Ces derniers ne s’attaquent pas en effet à la religion des gens. Dans cet ordre, nous avons les tatars qui ne convoitent que leurs richesses, mais sans s’en prendre à leurs convictions. Ceux qui ne savent pas à qui ils ont affaire ne doivent pas prendre la chose à la légère. Leur égarement et leur mauvaise influence est plus grands que l’on puise se l’imaginer. Ils sont la tendance la plus proche des qarmates bâtinites. C'est pourquoi ils cautionnent la venue des tatars à la tête des pays musulmans, et leur offrent leur soutien contre leurs propres concitoyens – à part les gens simples qui gonflent leurs rangs, et qui n’ont aucune idée de leur vrai visage.

 

Ceux-là mêmes qui approuvent la situation des Juifs et des chrétiens et qui considèrent qu’ils sont sur le droit chemin. Ils n’en pensent pas moins pour les adorateurs des idoles. Chacune de leur revendication représente à elle seule la pire des mécréance qui soit.

Ainsi, il incombe d’informer sur leur situation tous ceux qui se font une bonne opinion d’eux, et qui prétendent n’être pas au courant de leurs vraies intentions. Après cela, s’ils ne se séparent pas d’eux et s’ils n’affichent aucun mécontentement envers eux, ils auront droit au même statut qu’eux, et seront considérés comme eux et comme faisant partie d’eux. »[15]

 

Sheïkhel Harrânî fut interrogé également sur le cas d’une personne étant convaincu que les Sheïkh soufis sont capables de sauver leurs adeptes le jour du jugement dernier contre le châtiment d’Allah. Il répondit que cette parole relève de la mécréance, car cela revient à trouver que son Sheïkh est meilleur que Mohammed ibn ‘Abd Allah (r). On doit sommer à l’auteur d’une telle parole de se repentir sous peine d’être condamné à mort. Puis, il poursuivit : « Quant aux adeptes du SheïkhYûnas, bon nombre d’entre eux mécroient en Allah et en Son Messager ; ils ne reconnaissent ni l’obligation des cinq prières par jour, ni du jeûne du ramadhân, ni du pèlerinage à la Maison sacrée. Ils ne voient pas les interdictions d’Allah et de Son Messager ; ils profèrent même des blasphèmes contre Allah, Son Messager, le Coran, et l’Islam, comme peuvent en témoigner ceux qui les connaissent réellement.

 

En revanche, les gens simples parmi eux qui ne connaissent pas leur face cachée, ils ont la même foi que la grande majorité des musulmans, et qu’ils ont apprises chez les musulmans normaux, non chez eux. Leur élite, à l’image du SheïkhSallûl, Jahlân, e-Sahbânî, etc. ne voient pas l’aspect obligatoire de la prière, et ils allaient même plus loin, en ne reconnaissant pas la prophétie de Mohammed (r). »[16]

 

Ailleurs, il renchérit : « Les philosophestinites sont des mécréants. Leur mécréance est évidente pour les musulmans, comme il le souligne lui-même – en parlant de Ghazâlî – ainsi que d’autres savants. Des musulmans beaucoup moins instruits et moins religieux se rendent compte de cette évidence, à condition bien sûr, qu’ils assimilent leur véritable discours. Sinon, leur mécréance peut, en effet, leur échapper. Certains musulmans qui n’ont pas conscience de leur gravité peuvent malheureusement s’en imprégner, mais ces derniers sont excusables en raison de leur ignorance. »[17]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 



[1] Dar-u ta’ârudh el ‘aql wa e-naql (1/27-28).

[2] Majmû’ el fatâwa (7/519).

[3] Majmû’ el fatâwa (3/328-329).

[4] Majmû’ el fatâwa (3/328).

[5] El îmân (p. 390).

[6] Majmû’ el fatâwa (3/328).

[7] Rapporté par ibn Mâja (4049) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahâdîth e-sahîha (87), et sahîh el jâmi’ (6/339).

[8] Majmû’ el fatâwa (11/407-408).

[9] Majmû’ el fatâwa (5/254-255).

[10] Majmû’ el fatâwa (2/281).

[11] Majmû’ el fatâwa (11/405).

[12] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/44).

[13] Majmû’ el fatâwa (2/378).

[14] Majmû’ el fatâwa (2/367-368).

[15] Majmû’ el fatâwâ (2/131-132).

[16] Majmû’ el fatâwâ (2/106-107).

[17] Sharh el asbahâniya (p. 628-629).

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Publié par mizab - dans Takfir
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