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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:23

chute-magnifique

 

 

Ibn Taïmiya et le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar

(Partie 7)

 

L’excuse de l’ignorance dans le domaine de la divinité divine

 

Sheïkh Taqî e-Dîn a dit : « Quiconque attribue à un autre qu’Allah ce qui n’appartient qu’à Lui est également un mécréant si la preuve céleste considérant comme mécréant tous ceux qui la délaissent est établie contre lui. »[1]

 

« Si quelqu’un se voit établir la preuve contre lui pour avoir commis ce fameux shirk, et qu’ensuite il continue à le faire, il incombe de le mettre à mort et de lui réserver le même traitement que les païens ; il ne faut pas l’enterrer dans un cimetière musulman ni prier préalablement sur lui. Quant à l’ignorant qui n’a reçu aucun savoir (sur le sujet) et qui ne pénètre pas la substance du shirk pour lequel le Prophète (r) fit verser le sang des païens, on ne peut le taxer d’apostat (lâ yuhkam bi kufrihi). »[2]

 

« Quiconque croit que son Sheïkhpourvoit à ses besoins, qu’il le soutient, le guide, lui apporte son secours et son aide ; ou qui, parfois, lui voue l’adoration, des invocations et des prosternations ; ou qui le préfère au Prophète (r) soit dans l’absolu soit en lui reconnaissant certaines distinctions qui le rapprocheraient davantage du Seigneur ; ou que lui ou son Sheïkh sont exempts de suivre le Prophète (r) ; tous ces types d’individus sont des mécréants s’ils affichent ces croyances ou des hypocrites s’ils les tiennent secrètes.

 

Si ces types d’individus sont nombreux à notre époque, c’est parce que ceux qui prêchent le savoir et la foi se font rares et que les traces de la Révélation se sont estompées dans la plupart des pays. La plupart de ces gens-là n’ont pas un héritage suffisant de la Révélation pour leur permettre de connaitre le bon chemin. Beaucoup d’entre eux n’y ont pas accès. Lors des périodes d’affaiblissement ou d’intervalle entre les révélations (fatarât) et les endroits qui accusent ce phénomène, l’individu est récompensé pour la foi infime qu’il détient. Allah pardonne plus facilement à celui qui n’a pas reçu la hujja qu’à celui qui l’a reçue, comme en témoigne le fameux hadîth : « Il viendra une époque où personne ne connaitra ni prière ni jeûne ni pèlerinage ni ‘umra en dehors du vieil homme et de la vieille femme qui diront : « À l’époque de nos parents, les gens disaient : la ilâh illa Allah ! » On demanda à Hudhaïfa ibn e-Nu’mân (t) : « Cela pourra-t-il leur servir ?

-           Cela va les sauver de l’Enfer, répondit-il. »[3]

 

En principe, toute parole qui relève de la mécréance, selon le Livre d’Allah, la sunna et le consensus des savants, est jugée ainsi dans l’absolu (qawl yutlaq), comme le prouvent les arguments textuels ; la foi fait partie des lois qui émanent d’Allah et de son Messager. Elle n’est pas laissée à l’initiative des hommes laissant libre court aux passions et aux suspicions. De plus, toute personne disant ces paroles n’est pas nécessairement un kâfirsans remplir les conditions ni écarter toute restriction possible pour le devenir. »[4]

« Quiconque s’oppose aux enseignements établis par le Coran et la sunna devient soit un mécréant, soit un pervers, soit, un désobéissant, sauf si c’est un croyant s’étant trompé suite à un effort d’interprétation. Il a droit à une récompense pour son effort, et son erreur lui est pardonnée. Il a droit à la même excuse s’il n’a pas reçu le savoir nécessaire ayant fonction d’établir la preuve céleste contre lui. Allah révèle en effet : [Nous n’allions châtier personne avant d’envoyer un messager].[5] Cependant, si la preuve céleste émanant des textes du Coran et de la sunna est établie contre lui, et qu’il s’y oppose ensuite, il devra recevoir la punition correspondante à son cas, et pouvant aller jusqu’à la mise à mort. »[6]

 

Il n’omet pas de dire un mot sur ceux qui embrassent le sol et qui s’inclinent devant leurs Sheïkh : « En étant convaincu qu’il s’agit d’actes religieux et dévoués à Dieu, on est un vulgaire menteur égaré. Il incombe d’expliquer au fautif que ces actes ne sont ni religieux ni dévoués à Dieu ; s’il persiste dans son erreur, on lui somme alors de se repentir sous peine de mise à mort. »[7]

 

Ibn Taïmiya établit dans l’un de ses ouvrages qu’il n’est pas pertinent d’interpréter les paroles d’un auteur d’une autre façon que selon ses propres intentions.[8] Cela revient en effet à mentir sur lui qu’on en ait conscience ou non. Pour mieux comprendre ses passages ambigus, il incombe de regrouper tout son discours ; c’est en tout cas, ce que réclame la rigueur scientifique. Que dire alors si le passage sur lequel règne la polémique, comme c’est le cas ici, est clair comme l’eau de roche. Il parle de lui-même. Que dire encore si les savants venus après lui qui, de surcroit, sont spécialistes de ses ouvrages reprennent à leur compte ce fameux passage et se chargent de l’éluder. Passage que nous reproduisons ici en entier tant celui-ci est éloquent. Sheïkh el Islam a dit : « Quant à ces ignorants, comparables aux païens et aux chrétiens, ils s’inspirent de hadîthfaibles ou inventés, de citations de savants qui ne font pas autorités, ou qui leur sont mensongèrement imputées, ou tout simplement qui sont des erreurs de leur part…

 

Je ne connais personne ayant rapporté une annale d’un savant de référence autorisant d’invoquer une créature. Certes, certains dévots comme le poète Sheïkh Yahyâ e-Sarsarî[9] et Sheïkh Mohammed ibn e-Nu’mân,[10] auteur de kitâb el mustaghîth bi e-Nabî fî el yaqazha wa el manâm, en vantent les vertus dans leurs ouvrages.

Certes, ces gens-là sont des pieux et des religieux, mais ils n’ont aucun lien avec les savants qui sont à même de pénétrer les intentions du Législateur. C’est de ces derniers que l’on prend les enseignements de la religion, car experts en Loi (le licite et l’illicite). Quant à ces dévots, ils ne se basent sur aucune preuve textuelle ni même une parole d’un savant de référence. Leurs pratiques sont plutôt à mettre au compte de l’usage. Beaucoup de gens, en effet, ont pris l’habitude de se tourner vers leurs Sheïkh dans les moments difficiles pour lui solliciter son aide.

Je connais personnellement certains Sheïkhconnus pour leur ascétisme et leur piété, s’avancer solennellement vers la tombe d’Abd el Qâdir pour lui implorer le secours.

Cette pratique est courante chez beaucoup de gens. Lorsqu’on attira l’attention de certains émérites parmi eux, ils revinrent tout de suite à la raison et comprirent que leur pratique n’avait rien à voir avec l’Islam, mais qu’elle était plus comparable à l’adoration des idoles. Il est connu de façon élémentaire que le Prophète (r) n’a jamais légiféré à sa communauté d’invoquer qui que ce soit parmi les morts : Prophètes, gens pieux, etc. ni à travers la formule d’el istighâtha (appel au secours) ou autre ni à travers la formule d’el isti’âna(appel au soutien) ou autre. Il n’a pas légiféré non plus à sa communauté de se prosterner pour un mort ou en sa direction, etc. Nous savons plutôt qu’il (r) a formellement interdit ce genre de pratiques qu’il a jugées comme relevant de l’association interdite par Allah et Son Messager.

 

Néanmoins, en raison de l’ignorance prépondérante, du nombre restreint de personnes initiées aux traces de la Prophétie parmi les dernières générations, nous ne pouvons pas condamner facilement les gens d’apostats pour ces raisons ; pas avant de les avoir mis au courant des enseignements du Messager stipulant la non-pertinence de leurs pratiques.C’est pourquoi, je n’ai jamais démontré ce point à des personnes imprégnées de l’Islam sans qu’elles ne se remettent en question en disant : c’est le principe même de la religion. Certains grands doyens expérimentés parmi nos amis disaient : c’est la plus grande chose que tu ais pu nous expliquer, car ils avaient pleine conscience que cela concernait le principe élémentaire de la religion. »[11]  

 

L’erreur d’interprétation dans le shirk akbar

 

Sheïkh Ahmed ibn ‘Abd el Halîm établit : « Il incombe d’interdire toute adoration qui n’est pas en vigueur ; si, en étant au courant de son interdiction, on la fait quand même, on mérite la punition, mais, sans en être au courant, ce n’est pas le cas. En outre, on peut croire qu’elle est légiférée, dans ce cas, on mérite une récompense, à condition qu’elle ait une origine dans les textes. En revanche, tout acte qui relève de l’association n’a aucune origine textuelle. Néanmoins, la chose peut être confuse aux yeux de certains qui pensent que sous certaines formes, elle soit légiférée. On ne peut pas dire qu’ils soient des savants mujtahidqui eux ne sortent jamais des preuves légales dans leur réflexion, contrairement à l’association qui n’a aucune origine textuelle. Malgré tout, celle-ci peut être motivée par un effort d’interprétation qui revient à suivre aveuglément les Sheïkh et les savants qui s’adonnent à ce genre de pratique. Ces derniers sont motivés par différentes raisons ; ils peuvent penser par expérience qu’elles sont utiles ou ils peuvent être induits en erreur par un faux hadîth.

 

Dans la mesure où la preuve céleste n’est pas établie contre eux, ils ne méritent pas d’être châtiés. Quant à être récompensé, c’est encore un autre sujet. Ils sont en effet relativement plus louables que les autres, mais sans n’avoir la récompensé prévue pour les actes de dévotion, étant donné que ce genre de pratiques n’a aucune origine textuelle. »[12] 

 

Renier un point élémentaire de la religion est en principe inexcusable

 

ibn Taïmiya établit dans un passage : « Quiconque renie l’aspect obligatoire de certaines obligations notoires (ou pratiques) communément transmises (mutawâtir), comme les cinq prières, le jeûne du ramadhan, le pèlerinage à la Maison Sacrée ; ou l’interdiction de commettre certains péchés notoires et communément transmis, comme la perversité, l’injustice, le vin, les jeux de hasard, l’adultère, etc. ; ou qui conteste certaines choses licites dont la légitimité est notoire et communément transmise comme le pain, la viande, le mariage ; c’est un mécréant apostat qui doit être mis à mort s’il refuse de se repentir. »[13]

 

Même dans ce domaine, la chose est relative : celle-ci varie en fonction des endroits, des époques et des personnes

 

Pour preuve, il soutient dans un autre passage : « On ne peut taxer d’apostat (kaffar) un cas particulier avant l’iqama et hujja, comme celui qui renie l’aspect obligatoire de la prière, la zakat, et qui autorise moralement le vin, l’adultère en faisant une erreur d’interprétation (ta-awwal)… comme l’ont fait les Compagnons avec ceux qui s’étaient autorisés le vin. »[14]

 

Ailleurs, il est plus explicite : « Le fait qu’une question soit connue de façon élémentaire par tous les musulmans est, somme toute, relatif. Le nouveau converti et le Bédouin vivant loin des villes peuvent n’en avoir aucune connaissance, avant de pouvoir parler de connaissance élémentaire. Bon nombre de savants savent de façon élémentaire que le Prophète (r)a fait la prosternation de l’oubli, qu’il a jugé que le prix de sang devait être versé par le clan du meurtrier, qu’il a jugé que l’enfant naturel était affilié au lit, etc. Certes, les spécialistes connaissent ces points de façon élémentaires, mais, au même moment, la plupart des gens n’en ont jamais entendu parler. »[15]

 

« C’est pourquoi, si un homme qui se convertit ne sait pas que la prière est obligatoire, ou que le vin est interdit, il ne devient pas mécréant en croyant le contraire, et, mieux, il ne mérite aucun châtiment, pas avant que la preuve prophétique ne lui soit parvenue. »[16]

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim Zentici

 

 

 

 

  

 

 

    

 

 

 

 



[1] Majmû’ el fatâwa (1/112) et e-rad ‘alâ el bakrî (p. 214).

[2] Jâmi’ el masâil (3/151).

[3] Rapporté par ibn Mâja (4049) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahâdîth e-sahîha (87).

[4] Majmû’ el fatâwa (35/164-165).

[5] Le voyage nocturne ; 15 voir les tafsîr d’e-Tabarî et d’ibn Kathîr.

[6] Majmû’ el fatâwa (1/113).

[7] Majmû’ el fatâwa (1/372).

[8] Voir : el jawâb e-sahîh (4/44).

[9] Poète soufi ultra hanbalite (m. 656 h.).

[10] Maitre soufi ultra malékite  (m. 656 h.).

[11] El istighâtha (2/731).

[12] Majmû’ el fatâwâ (20/32-33).

[13] Majmû’ el fatâwâ (11/405).

[14] Majmû’ el fatâwâ (7/619).

[15] Majmû’ el fatâwâ (13/118).

[16] Majmû’ el fatâwâ (11/407).

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

Abou Malik 24/01/2013 16:08


salam aleykum


http://www.maison-islam.com/articles/?p=685